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Le socialisme tue aussi sûrement que la barbarie

Mais il ment, par-dessus le marché.

Dans un article intitulé Making Kids worthless: Social Security’s Contribution to the Fertility Crisis, Oskara Juurikkala observe un parallélisme effrayant entre la croissance des paiements de sécurité sociale et le déclin des taux de fertilité en Europe. La démonstration chiffrée rejoint bien la conséquence au fond très logique de l’effet psychologique des mesures de sécurité sociale.

Pour assurer ses vieux jours, il n’est plus nécessaire d’avoir des enfants — les institutions sociales s’en chargent, pour de l’argent. Alors qu’il fallait autrefois, pour garantir son avenir, avoir une progéniture et s’en faire aimer, il suffit aujourd’hui de gagner de l’argent, le plus possible. Et comme le système est obligatoire, il faut une sorte de sens du sacrifice pour s’en détourner et croire tout de même à l’appel de la vie.

D’autre part, comme avoir des enfants coûte cher, beaucoup choisissent de s’en passer, et les esprits de gauche s’empressent de soutenir aussi ce penchant contraire à la vie en facilitant autant que possible les avortements. Ainsi, le socialisme encourage les faiblesses morales: manque de courage devant l’existence, égoïsme, insensibilité, manque de compassion, de charité – pour tous ces défauts en fait faciles à surmonter dans une société qui croit en elle, le socialisme propose un palliatif qui permet d’éviter la peine d’en guérir.

Le socialisme consiste à décourager les comportements vitaux en échange de promesses de sécurité souvent fallacieuses (en tout cas sans jamais engager de responsabilité individuelle) et contre de l’argent, sur la gestion duquel vivent les leaders socialistes. Et lorsqu’on les laisse faire, ils ne cessent de gonfler l’État, leur vache à lait, et les voies de retour s’amenuisent dangereusement.

Oui, le socialisme est par essence l’allié de la barbarie.

Comment se sauver du socialisme sans révolution?

La manière suisse romande de traiter les critiques de la fiscalité suisse proférées par un membre du cortège électoral de Ségolène Royal a quelque chose de cocasse.

Avant-hier, la TSR (télévision suisse romande) proposait à un socialiste suisse de répliquer à ces critiques. Et hier soir, pour changer, elle donne la parole à une socialiste suisse, la présidente, pour 2007, de la Confédération, Micheline Calmy-Rey. Au-delà du déséquilibre flagrant des arguments proposés au public à travers un choix d’invités aussi unilatéral (2007 est une année électorale en Suisse, et la TSR a visiblement certaines préférences), la chose est cocasse surtout car si la gauche suisse réalise ses objectifs affichés, il y a fort à parier qu’elle perdra aussi les avantages fiscaux critiqués aujourd’hui en France (et à Bruxelles) au nom même de la gauche.

Car tout ce que veut la gauche d’une manière générale — un système de santé unifié, unique; une harmonisation étatique de l’enseignement et de la formation; de solides protections des travailleurs, appuyées par des syndicats puissants; des dispositifs étendus de redistribution des richesses; une diplomatie axée sur l’apaisement; des projets (volontiers mondiaux) inspirés par des idéaux égalitaristes et écologiques –, la France l’a déjà réalisé. L’État, devenu une énorme machine administrative, y prend soin de tous ces éléments essentiels de la vie sociale jusqu’à devenir l’interlocuteur privilégié des Français pour un très vaste éventail de questions. L’État y est très présent aussi dans la vie médiatique, y contrôle de grands quotidiens, des chaînes de télévision et même une agence de presse. Une préfiguration très fidèle, vraiment, de ce que la gauche suisse prépare à ses adeptes — gageons que l’attrait fiscal helvétique n’y survivra pas.

Ainsi, le courroux vaguement nationaliste des socialistes suisses contre les socialistes français n’est guère qu’une tempête dans une tisane de pensée unique. Car que reste-t-il, dans un tel système, de la droite, la vraie, dont le credo essentiel sur toutes ces questions consiste à restreindre au maximum l’importance de l’État, car elle considère qu’un État trop bien installé est un danger potentiel pour ses citoyens, et pas seulement au niveau fiscal — rappelons que les fascistes, comme les communistes, ont absolument besoin d’un État puissant; ils arrivent donc tous deux au pouvoir en usant, au moins, des charmes insensibilisants du socialisme.

Qu’on y pense, donc, en écoutant ces charmeuses et charmeurs professionnels: quel système d’essence socialiste arrivé à maturité a jamais produit une civilisation innovante, créative, exemplaire — ou seulement viable? Mais surtout, s’il est relativement facile de corriger les erreurs d’un système peu étatisé, et donc d’évoluer, comment revenir d’une erreur socialiste? Que faire en France, par exemple?

Lorsque l’État est le premier employeur d’un pays, le retour à la droite authentique équivaut à fermer un grand nombre des filiales de la principale «entreprise» de l’économie, et c’est en principe aussi la plus protégée, et il faut pour cela contrer un énorme courant d’opinion désinformée par les médias aux ordres de la classe dirigeante, qui décide ainsi de la rectitude politique du moment. Et tout projet participatif, qui respecterait les filières politiques en place, est fortement compromis par la nature même du système: l’État, surdimensionné, devenu terriblement complexe, ne peut plus être gouverné que par des professionnels formés tout exprès dans ce but, et réduire l’État est bien le dernier des intérêts, et la dernière des pensées, de tels spécialistes.

La seule voie salvatrice devant cette aliénation semble alors souvent être la révolution, une voie extrêmement difficile à négocier pacifiquement, surtout en France, où l’on donne si volontiers un grand R à cette rage destructrice. À cet égard, il vaut la peine d’examiner le projet de la Révolution bleue, qui diffuse des chroniques hebdomadaires sur Internet. 

À noter que le projet prévoit (point 2) l’introduction de ce que nous appelons en Suisse le droit de référendum et d’initiative populaires. J’avais participé, en son temps, à l’élaboration de ce programme «révolutionnaire», ou tout au moins à son processus de consultation, et la présence de ces droits est peut-être la trace de mes recommandations. Mais ma proposition consistait en fait à remplacer la révolution elle-même par une lutte politique visant à l’instauration de ces droits. Puis d’imposer les autres points par ce biais. Car je pense que ces éléments de démocratie directe sont indispensables — et suffisants, dans le monde moderne — pour révolutionner une société malade sans trop risquer de blesser les principes de base des démocraties (dignes de ce nom).

Et c’est sans doute grâce à ces deux droits qu’en Suisse aussi, nous pourrons résister, notamment cette année, à l’erreur socialiste. Grâce à eux et à une information non filtrée du public. Et peut-être aussi à certaines remises en question du financement de certains médias, comme la TSR. 

Le socialisme est synonyme d’insensibilité

Il a toujours été possible de le démontrer intuitivement: confier à une chose – l’État – le soin de «faire le bien» (solidarité, charité) n’encourage pas l’action de bien. Au contraire, dans une communauté où l’État est censé pourvoir aux besoins des démunis, les gens sont découragés de faire preuve de charité.

La démonstration en est apportée en ce moment par un Américain, le professeur Arthur C. Brooks dans un livre – Who Really Cares – dont je découvre l’existence sur un de mes blogs favoris. L’auteur semble parfait pour ce rôle – c’est un ancien démocrate (au sens américain du terme, donc partisan du modèle socialiste) aujourd’hui indépendant après avoir été républicain, professeur d’administration publique chevronné, qui a vraiment disposé des moyens d’établir ce qu’il propose comme un fait établi: les républicains (au sens américain du terme, donc partisans du moins d’état) sont sensiblement plus généreux pour leurs semblables que les démocrates, et non seulement au niveau financier, mais dans tous les domaines possibles, y compris les travaux bénévoles et les dons de sang.

Et quoi de plus normal? Si l’on veut encourager la solidarité, la vraie, celle des gens, celle du coeur, il faut éviter comme la peste que l’État s’en charge, car alors plus personne n’a besoin d’être charitable, théoriquement, et les gens oublient aisément de l’être. Si voter pour un système étatique qui se charge de la charité à sa place peut avoir quelque chose de charitable au premier degré, comment éviter qu’ensuite, les électeurs partisans de ce modèle n’attendent systématiquement de l’État qu’il se charge de toutes les petites misères humaines alentour et ne cessent de s’investir dans ce domaine?

Comment éviter aussi que ce modèle n’attire tous les électeurs dont le coeur est fermé à la charité? La charité, la solidarité, est considérée comme une vertu dans toutes les sociétés saines, mais certains ne se sentent pas autrement portés à aider leur prochain – pour se démunir en faveur d’autrui, il faut avoir foi en la bonté de l’homme. Comment vont voter ceux qui n’ont pas cette foi? Socialiste, bien sûr, car c’est ainsi qu’ils peuvent passer pour «bons» à moindre compte. Car il n’y a plus besoin d’être généreux, charitable et compassionné, lorsqu’on est socialiste, pour passer pour quelqu’un de généreux, de charitable et de compassionné. Et surtout lorsqu’on est élu socialiste, bien sûr.

Si bien que les partis à vocation socialiste attirent irrésistiblement les égoïstes, les indifférents et les insensibles qui se soucient de leur bonne réputation. Et dans une société bien-pensante, ils sont une majorité, car il faut un engagement politique ferme et résolu pour prétendre alors ouvertement que l’action sociale est au fond nuisible lorsqu’elle est étatisée. Ces partis attirent aussi les gens qui ne nourrissent aucune réflexion politique, ou qui ne pensent aux questions politiques qu’en termes primitifs (les socialistes sont gentils – la preuve: ils le disent, ils vantent sans cesse leurs préoccupations pour les moins favorisés). Et il y a encore tous les gens à qui les socialistes aigris ont fait croire, à force de calomnies, que seule la gauche se soucie du bien des gens. Et bien sûr il y a ceux qui comptent sur les aides de l’État pour faire leur chemin dans l’existence. Car il semble plus facile, à des esprits oisifs, de voter pour obtenir un éventail de droits sociaux quasi automatiques que de faire la preuve de leur nécessité devant ses pairs.

Naturellement, il y a aussi tout de même des réflexions politico-historiques un peu plus sérieuses qui parlent en faveur du socialisme. Par exemple, pour en citer une assez commune, il me semble, seule la résistance de la gauche serait à même de freiner suffisamment les ardeurs fascistes dont l’Europe a tant souffert au siècle passé. Mais bon, ces fascistes se présentaient comme des socialistes avant de prendre le pouvoir. Oui, qui veut régner par le pouvoir de l’État tend à faire donner un maximum de pouvoir à l’État. Et c’est là le principal écueil strictement politique de la théorie socialiste: dès lors que l’on met en place un instrument étatique extrêmement puissant, peu importe dans quel but, il sera convoîté par les gens que le pouvoir corrompt, beaucoup plus que par les gens qui se soucient des qualités humaines que le socialisme prétend défendre. Et tôt ou tard, cet État cessera d’agir pour le bien commun et infligera, à cause de son pouvoir immense, des dommages incalculables à sa population. Le socialisme est un piège politique impitoyable.

Il faut au contraire responsabiliser les gens, individuellement, et faire en sorte que l’État, si tant est qu’il doive intervenir d’une quelconque manière à ce niveau, se contente de simplement récompenser les actes de solidarité des personnes ou des entreprises, afin d’en favoriser l’expression spontanée. Et il doit le faire dans toute la mesure du possible sans augmenter ses propres prérogatives, sans créer de nouveaux offices étatiques. L’État doit être le plus inexistant possible. Il doit uniquement veiller à ce que la société civilisée soit réalisable: défendre le pays, y faire régner les droits et les libertés (mais pas les fournir), gérer la construction et l’entretien des infrastructures communautaires. Le reste est l’affaire des citoyens et doit le rester. Car l’État, en réalité, n’est autre que ses citoyens. Le reste est illusion, simple convention de langage.

Et, comme le montre Arthur C. Brooks, justement, les gens qui pensent ainsi (républicains) sont, dans l’ensemble, naturellement plus enclins à se montrer charitables et compassionnés, personnellement. Car ils ont, généralement, le sens du risque, la fibre de la vraie solidarité et l’énergie de la foi en l’homme nécessaires à toute entreprise qui ne compte pas sur une sorte d’entité permanente sécurisante, telle que l’État, pour réussir.

Les États-Unis infantilisent les Européens

Interview de Daniel Pipes réalisée le mois passé par Iivi Anna Masso à Helsinki:

Q: Les médias européens traitent souvent Israël d’État hors-la-loi de la région. On a même suggéré que la création de cet État avait été une erreur. Considérez-vous Israël comme un État hors-la-loi?

DP: Il est étrange d’avoir à argumenter pour montrer qu’Israël n’est pas un État hors-la-loi et qu’il est digne d’être soutenu. En effet, selon tous les standards admis, c’est un État libre, prospère, où règne l’état de droit. Bref, c’est un État occidental, dont le niveau de vie et le mode de vie sont comparables à ceux qu’on trouve en Europe et très différents de ceux de ses ennemis – les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Iran et ainsi de suite. C’est une inversion des faits.

En novembre 2003, un sondage Flash Eurobaromètre indiquait que les Européens considéraient Israël comme l’État le plus dangereux du monde. C’est une opinion aberrante, qui reflète non pas la réalité d’Israël, mais le triste état du débat politique en Europe, le manque de connaissance sur le Moyen-Orient, le conflit israélo-arabe, l’identité des alliés et des ennemis, les problèmes et les solutions. C’est une évolution très regrettable.

Q: Les relations entre l’Europe et Israël vous semblent-elles s’améliorer ou se dégrader?

DP: Il y a eu quelques améliorations ces dernières années, notamment à la suite des changements intervenus dans le gouvernement de plusieurs pays, tout particulièrement en France. Mais la réputation d’Israël a été très défavorable pendant bien des années à présent et il faudra beaucoup de travail pour que cela change.

Q: Pensez-vous que le Hamas devrait être respecté au titre de force politique légitime, en raison de son succès populaire dans le cadre d’élections démocratiques?

DP: Le Hamas est un mouvement islamiste qui a massivement misé sur le terrorisme pour atteindre ses objectifs, dont le premier est l’élimination d’Israël et son remplacement par un ordre islamiste. Le Hamas est terroriste et islamiste – c’est l’ennemi. Je peine à m’expliquer pourquoi quiconque, en Occident, pourrait souhaiter soutenir le Hamas ou aider ce mouvement qui est non seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi l’ennemi de l’Occident dans son ensemble. Je pense que ce serait une grave erreur de le légitimer et de traiter avec lui.

Q: Vous avez écrit la préface d’un ouvrage de Jonathan Schanzer, à paraître prochainement, sur le conflit entre le Hamas et le Fatah. Ce conflit peut-il être considéré comme un élément du développement d’une démocratie palestinienne?

DP: Le Hamas et le Fatah partagent les mêmes objectifs – les deux veulent éliminer Israël. Mais ils adoptent des démarches différentes, ils ont des philosophies différentes, des membres différents, des tactiques différentes. Alors, parfois ils travaillent ensemble et parfois ils s’affrontent; il n’y a pas entre eux de conflit permanent ou de coopération permanente – leurs relations sont fluides, elles changent avec le temps. Elles ont été très mauvaises ces dernières années, mais elles pourraient fort bien s’améliorer.

Q: Le conflit israélo-palestinien est-il de nature politique (nationaliste) ou théologique?

DP: En définitive, le conflit israélo-arabe repose sur l’affirmation musulmane selon laquelle un territoire placé sous le règne des Musulmans ne peut plus être dirigé par des non-Musulmans – il reste à jamais un territoire musulman. Le fait qu’une population non musulmane arrive, y prenne le pouvoir et y règne est vécu comme profondément hostile.

Cela dit, au cours du siècle écoulé, il y a eu quatre différentes étapes dans le conflit israélo-arabe, ou quatre types d’approche arabe. La première était pan-syrienne et visait la création d’une grande Syrie; la deuxième était panarabe et ambitionnait d’établir un grand État arabe; la troisième était le nationalisme palestinien et la quatrième, l’étape actuelle, est islamiste. Il pourrait y avoir une cinquième ou une sixième phase. L’élément déterminant n’est pas la démarche, qui change toutes les quelques décennies, mais bien la croyance profondément enracinée dans la conscience musulmane qu’Israël est un État illégitime parce qu’il se situe sur un territoire que des Musulmans ont dirigé un millénaire auparavant.

Q: Ce conflit peut-il prendre fin?

DP: Je le pense, oui. Je ne crois pas que ce conflit durera éternellement, car aucun conflit ne dure éternellement. Je pense qu’il sera possible d’y mettre un terme d’ici 20 ou 30 ans, lorsque les Palestiniens auront acquis la certitude qu’Israël est bien là, de manière permanente, et qu’ils réaliseront qu’ils ne peuvent rien y faire, qu’ils l’accepteront et, au lieu de chercher à éliminer Israël, qu’ils tenteront de réparer leur système politique, leur économie, leur société et leur culture.

Islam

Q: Vous avez beaucoup écrit sur la distinction entre l’Islam et l’«islamisme», appelé aussi «Islam radical», ou «fondamentalisme». Comment expliquez-vous cette différence?

DP: L’Islam est une foi personnelle et il existe de nombreuses manières différentes de comprendre ce que cela signifie d’être un Musulman. On peut être un soufi, un mystique, on peut aussi chercher à vivre très strictement selon la loi, on peut être un Musulman de nom, sans se soucier vraiment de sa religion – toutes ces attitudes, et bien d’autres, sont possibles au sein de la religion islamique.

L’islamisme est une approche très spécifique, soutenant que les Musulmans seraient puissants et riches s’ils appliquaient la loi islamique dans tous ses détails. Les islamistes souhaitent appliquer cette loi dans le monde entier et considèrent les non-Musulmans comme des inférieurs, des gens qu’il faut vaincre. Cette idéologie trouve ses racines dans les origines de l’Islam, mais elle n’a émergé sous sa forme actuelle que quelque 80 ans auparavant. C’est une partie de l’Islam, mais ce n’est pas l’intégralité de l’Islam.

Q: Mais les Musulmans de la ligne dure, de même que certains critiques de l’Islam, affirment qu’on ne saurait être un Musulman authentique sans respecter la loi islamique – cela tend à faire disparaître la distinction entre Islam et islamisme.

DP: Il est intéressant de noter que tant les islamistes que ceux qui affirment que l’Islam lui-même est le problème s’accordent à dire que j’ai tort et que l’islamisme est l’Islam. Les islamistes disent cela parce qu’ils veulent présenter leur version de l’Islam comme la seule juste. Et ceux qui pensent que l’Islam est le problème amalgament la religion et l’idéologie. À mon avis, c’est une erreur. Même face à des Occidentaux, non musulmans, qui pensent ainsi, je maintiendrais qu’ils feraient mieux d’adopter mon point de vue, car un gouvernement occidental ne peut pas combattre l’Islam. Nos États ne sont pas des croisés. Ainsi, il faut combattre l’idéologie de l’islamisme, et non la religion de l’Islam. Nous savons comment combattre des idéologies. Nous avons combattu le fascisme et le communisme – et maintenant il y a l’islamisme. Mais nous [nos gouvernements] ne pouvons pas combattre une religion. Donc, si la chose se réduit à une religion, nous n’avons pas les moyens de nous en protéger.

Q: Un Islam non islamiste serait donc un Islam sécularisé, relégué à la sphère privée?

DP: La laïcité a deux significations. Un laïc est une personne non religieuse. Une société laïque est une communauté où la religion est séparée de la politique. L’Islam non islamiste n’a pas à être laïque au niveau personnel – une personne peut être pieuse sans être islamiste. Mais il doit être laïque au niveau sociétal – il faut que la politique y soit séparée de la religion. Par exemple, le régime d’Atatürk, en Turquie, est laïque – les gens peuvent être religieux, mais la religion n’a pas droit de citer dans la sphère politique.

Q: Que pensez-vous du terme «islamophobie», très utilisé en Europe ces derniers temps?

DP: L’«islamophobie» est une notion fondamentalement erronée. En effet, les gens que l’Islam inquiète ne sont pas la proie d’une phobie. La «phobie» implique une crainte injustifiée, irraisonnée, alors que les gens préoccupés par le terrorisme, l’instauration de la loi islamique, ou charia, traitent de problèmes bien réels. Les insulter est à la fois injuste et délégitimant, alors que leurs préoccupations sont réelles et légitimes – il faut les aborder.

Europe

Q: Dans une récente interview, vous avez déclaré que l’avenir de l’Europe avait 5% de chances de se révéler harmonieux et 95% de chances d’évoluer soit vers la domination de l’Islam, soit vers la réaffirmation des Européens de souche, et que cela pourrait impliquer une guerre civile. Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire?

DP: Il est frappant de voir à quel point la majorité des Européens veulent croire que les relations entre Européens et Musulmans vont bien fonctionner. Il y a quelques problèmes aujourd’hui, mais ils seront résolus bientôt, pense-t-on. Je ne vois pas quelles sont les sources de cet optimisme. Si l’on observe les Musulmans vivant en Europe, on constate une tendance au repli, beaucoup plus qu’à l’ouverture. Les enfants des immigrés sont plus hostiles envers la civilisation européenne que les immigrés eux-mêmes. Du côté européen, on voit croître les préoccupations, les inquiétudes, les craintes vis-à-vis de la présence musulmane. De sorte que l’espoir que tout le monde s’entende bien ne semble pas fondé sur des réalités. Je ne lui accorde donc que peu de chances de se concrétiser. Il y a des chances, mais elles sont minimes.

Par ailleurs, les alternatives, soit la domination musulmane ou la réaffirmation européenne, me semblent plutôt équilibrées. Je ne pourrais pas dire laquelle est la plus probable. Des crises qui se préparent nous aideront à déterminer dans quel sens se dirige l’Europe.

Q: À quel type de crise faut-il s’attendre, au-delà de celles que nous connaissons déjà?

DP: Il y a eu des troubles mineurs. L’affaire Rushdie. L’affaire du voile. L’affaire du pape. Ce ne sont pas de vraies crises. De petites émeutes ici et là. Mais rien de tout cela n’a engendré des changements majeurs. Je pense donc que nous avons cinq, dix ou quinze ans devant nous. Je ne peux pas prévoir précisément, mais ce peut être quelque chose comme les émeutes françaises de 2005 en beaucoup plus violent – non plus seulement brûler des voitures, mais tuer des gens. Ce pourrait être l’élection d’un gouvernement qui décide de renvoyer les immigrés musulmans dans leur pays d’origine. Je ne saurais prédire la nature des événements, je pense simplement que nous avons des problèmes devant nous et que ceux-ci nous montreront dans quelle direction l’Europe pourrait se diriger.

Q: Que devraient faire les Européens pour prévenir une crise grave?

DP: Il y a de nombreuses mesures que les Européens pourraient prendre. Par exemple, l’intégration des immigrés musulmans. D’une manière générale, les pays européens sont ce que j’appelle de grandes familles. Vous êtes membre d’un pays parce que vous venez de sa lignée, que vous y avez été à l’école, que vous en parlez le langage et en partagez la religion. Et maintenant, pour la première fois dans de nombreux pays européens – en fait tous les pays européens sauf la France – la question se pose de savoir ce que signifie être finlandais, ou suédois, ou estonien. Personne n’avait à expliquer cela jusqu’à présent. Maintenant, il le faut. Et c’est une crise. Je pense que c’est une crise qui doit être traitée. Que faire en présence de gens qui semblent différents, qui prient autrement, mangent autrement? Comment créer une nationalité qui les inclue?

Par ailleurs, les Européens doivent avoir plus d’enfants s’ils entendent préserver leur civilisation. Vos taux de natalité sont très bas en ce moment. Sans un changement important, il est difficile d’imaginer comment il pourrait encore exister une Europe qui ressemble à celle d’aujourd’hui d’ici un siècle.

Du côté des immigrés, il faut une volonté plus marquée de participer et d’accepter l’existence de la civilisation européenne – de ne pas la changer, mais de vivre en son sein.

Liberté d’expression

Q: Vous avez écrit un livre sur «l’affaire Rushdie» en 1990, juste après qu’elle se soit déroulée. Plusieurs conflits similaires, basés sur des «insultes contre l’Islam», ont eu lieu en Occident récemment. Qu’est-ce qui a changé depuis l’affaire Rushdie?

DP: L’affaire Rushdie a été un choc, car c’était la première fois que des Musulmans affirmaient ce qui pouvait et ne pouvait pas être écrit ou déclaré en Occident. Les autres exemples, et il y a en a eu un assez grand nombre, ont répété et confirmé cet aspect. Avec le temps, les Musulmans sont devenus toujours plus déterminés à restreindre la liberté d’expression – ils interviennent par exemple aux Nations unies pour créer des bases légales permettant d’interdire certaines déclarations. Les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, sont de plus en plus mal à l’aise devant ces restrictions.

Q: Les pressions exercées aux Nations unies pour interdire la «diffamation de la religion» dans le monde entier vont-elles obliger l’Occident à accepter que, dans notre monde de plus en plus interdépendant et multiculturel, la liberté d’expression ne puisse plus être ce qu’elle a été, au moins durant les dernières décennies?

DP: On assiste à une réduction bien réelle de la liberté d’expression dans de nombreux pays occidentaux. Par ailleurs, un événement intéressant a eu lieu à ce sujet en Arabie Saoudite, cette année: le Conseil consultatif saoudien était prié de confirmer la notion selon laquelle aucune critique de la religion ne devrait être tolérée. Le conseil a rejeté cette idée car, selon ses membres, elle équivaudrait à reconnaître les religions polythéistes, ce qui leur a paru «inacceptable». L’intention réelle est donc de protéger l’Islam et je serais très surpris qu’une telle législation puisse être instaurée.

Q: En somme, si l’interdiction de la critique devait concerner toutes les religions de la même manière, les Musulmans n’en voudraient pas?

DP: C’est cela.

Q: En ce qui concerne ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire, vous avez écrit que l’Occident aussi, et même les États-Unis, éprouvent des difficultés croissantes à nommer l’ennemi dans la «guerre contre la terreur»?

DP: L’esprit moderne a de la peine à parler franchement, sans ambages, de tels problèmes. Cela provient d’un manque d’assurance et du sentiment qu’il est impoli et inutile de dire les choses crûment. Il vaut mieux parler de manière indirecte et avec précaution. Mais en temps de guerre, je pense qu’il faut parler clairement de l’identité de l’ennemi. Par exemple, quand on retrace l’évolution des déclarations du président George W. Bush, on s’aperçoit qu’elles sont d’abord très vagues, puis qu’elles se précisent pour redevenir vagues à présent. C’est assez typique de l’Occident dans son ensemble, avec son incertitude sur l’identité de l’ennemi et la nature de cette guerre. C’est problématique. Près de sept ans se sont écoulés depuis le 11 septembre 2001, près de 30 ans depuis la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, et après toutes ces années, le gouvernement américain n’a toujours pas compris qui est l’ennemi et quel est le problème.

Q: Comment nommez-vous l’ennemi?

DP: J’appellerais l’ennemi Islam radical ou islamisme. C’est un mouvement, un corps de pensée. Comme le fascisme et le communisme.

Q: Est-il devenu plus difficile encore de parler de ce conflit ces dernières années?

DP: Il y a tant de courants opposés. Il m’est difficile de généraliser, de désigner une tendance, de dire dans quel sens vont les choses. On pourrait dire qu’il y a en ce moment énormément d’euphémismes, de discours indirects, et que les choses ne semblent pas s’améliorer.

Q: Avant le 11 septembre 2001, même les médias de gauche évoquaient le «fascisme islamique». Maintenant, c’est devenu impensable.

DP: On assiste à une intensification de l’alliance entre la gauche et l’islamisme. Cela remonte à la visite à Téhéran de Michel Foucault, en 1978-79. Il était très excité de voir la tournure des événements. Son point de vue a d’abord rencontré des résistances considérables au sein de la gauche, mais avec le temps, cette résistance s’est estompée. Je pense que le principal événement s’est déroulé en février 2003, quand les islamistes et les gauchistes ont organisé ensemble des manifestations contre la guerre d’Irak, alors imminente. C’est ce qui a créé les bases de l’union.

Ils ont les mêmes cibles – ils sont opposés aux mêmes idées et aux mêmes institutions, aux mêmes pays et aux mêmes gens. Ils ne sont pas en faveur des mêmes choses, mais ils sont contre les mêmes choses. Ce sont donc des alliés plutôt superficiels, ils ne coopèrent pas au niveau stratégique, mais au niveau seulement tactique. On retrouve ce phénomène partout en Occident.

Mais, et c’est intéressant, on ne le trouve pas dans le monde musulman. Par exemple en Turquie, si vous étiez contre les islamistes lors des élections de l’année dernière, vous votiez à gauche. On constate que les gauchistes et les islamistes s’opposent systématiquement les uns aux autres en Égypte, au Pakistan et ailleurs. Mais en Occident, ils collaborent étroitement, de même qu’en Inde, où on assiste à ce même rapprochement. Et c’est très préoccupant. Cette alliance est comparable à celle entre Hitler et Staline – c’était une alliance brune-rouge à l’époque et c’est une alliance rouge-verte aujourd’hui, verte au sens de la couleur de l’Islam. C’est un grand danger pour le monde civilisé.

Q: Cette alliance est particulièrement troublante, car les objectifs du mouvement islamiste semblent se situer plutôt à l’extrême-droite qu’à gauche.

DP: On comprend mieux le phénomène par les oppositions qu’il implique que par les points communs. Les deux ne partagent pas leurs principes. Le socialisme, l’égalité des sexes et la foi en Dieu n’a rien pour les réunir. Mais on peut comprendre ce qui les rassemble en observant ce à quoi ils s’opposent – George W. Bush en est l’un des symboles, mais d’une manière plus générale on peut citer la civilisation occidentale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, les Juifs, les Chrétiens pratiquants, la mondialisation – ce à quoi les deux mouvements s’attaquent.

Q: Ainsi, lorsque des universitaires féministes défendant les droits des homosexuels qualifient le Hamas et le Hezbollah de «progressistes», c’est de cela qu’il s’agit – d’ennemis communs?

DP: Les féministes qui ignorent ce qu’est l’Islam agissent ainsi parce que c’est utile actuellement sur le plan tactique. Comme en Iran dans les années 1970, lorsque la gauche travaillait avec les islamistes contre le shah. Une fois que le shah a été vaincu, les deux groupes avaient des objectifs totalement opposés, et l’un a vaincu l’autre. C’est donc juste tactique – cela ne dure qu’aussi longtemps que l’adversaire commun est là. Mais si celui-ci est vaincu, les dissimilitudes deviennent prédominantes, de sorte que chacun poursuit ensuite des objectifs très différents.

Politique des États-Unis

Q: Que pensez-vous du terme «néoconservateur»? Acceptez-vous d’en être qualifié?

DP: Je suis indécis. Les néoconservateurs sont peut-être 40 ou 50 dans le monde. Ce n’est pas précisément un grand mouvement. Et on leur prête un pouvoir impressionnant. De sorte que j’aime assez l’idée d’être l’un d’entre eux. Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux positions politiques spécifiques, comme la guerre en Irak ou l’effort visant à démocratiser rapidement le Moyen-Orient, nous avons de réels désaccords. Je ne pense donc pas, finalement, que le terme me convienne.

Q: Vous avez écrit récemment sur la possibilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis. Dans ce conflit, l’Europe considère une nouvelle fois les États-Unis comme le principal agresseur potentiel.

DP: Les Européens ont le luxe de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles. Parce qu’ils savent que les États-Unis seront là pour le faire à leur place, et qu’ils pourront alors critiquer les États-Unis. Je pense que les États-Unis ont commis une erreur en prenant trop de responsabilités depuis la Deuxième Guerre mondiale. En ce qui concerne les relations avec les Soviets et autres, nous aurions dû dire: tenez, si vous pensez que nous ne faisons pas cela correctement, faites-le vous-mêmes. Si vous n’aimez pas cela, si vous ne voulez pas de missiles Pershing, en 1981-82, très bien – débrouillez-vous avec les Soviets. Et maintenant, c’est la même chose: si vous pensez qu’il est tolérable que l’Iran se dote de missiles, très bien – nous ne vous protégerons pas. Cela engendrerait plus de réalisme. Mais hélas, nous prenons l’initiative, et d’autres nous critiquent pour cela. Il serait beaucoup plus constructif de laisser les Européens prendre leurs décisions difficiles eux-mêmes, au lieu de simplement nous critiquer. Nous autres Américains encourageons les Européens à se conduire comme des enfants, qui n’ont aucune décision importante à prendre – nous les prenons pour eux. Je pense que cela n’est pas sain, ni pour les Européens, ni pour nous.

Q: Un resserrement de l’intégration européenne pourrait-il contribuer à faire de l’Europe une union plus mature?

DP: Je pense que l’Union européenne a ses limites. C’est une union utile aux niveaux économique et politique, mais je ne crois pas qu’elle devrait tenter de devenir davantage qu’une fédération, de se transformer en un seul État. Ce serait une erreur compte tenu de l’histoire de l’Europe. Faire de l’Europe une unité militaire serait également une erreur – je pense que l’OTAN est une bien meilleure voie.

Q: Dans quel sens la prochaine élection présidentielle américaine aura-t-elle une grande importance pour le monde?

DP: Barack Obama transformerait la politique du gouvernement américain en une politique européenne. Les États-Unis deviendraient une entité politique à l’européenne, en opposition à ce qu’ils ont été depuis au moins quelques décennies. Nous avons donc un choix très fondamental devant nous – plus fondamental qu’à n’importe quel autre moment depuis 1972, quand [le candidat démocrate] George McGovern se présentait, lui aussi, avec une démarche européenne, très à gauche.

Reprise: Pourquoi les Américains sont en Irak

J’avais traduit ce texte au début de 2005, pour un forum, et il a été republié, en partie, sur le site de l’upjf. L’original est une conférence donnée par David Horowitz en octobre 2004 et publiée en ligne sur frontpagemag.com en novembre 2004. Je le reprends ici en intégralité car il explique bien les éléments du débat de l’époque aux États-Unis, que personne ou presque n’a entendu en Europe, et les raisons pour lesquelles les Américains ont envoyé leurs troupes renverser Saddam Hussein.

Avant d’entamer ce texte, il faut se souvenir que 80% des armements qui avaient fait de l’Irak la quatrième puissance militaire mondiale des années 1980 provenaient de trois pays: l’URSS, la Chine et la France. Trois pays qui se sont ardement opposés à l’élimination du régime de Saddam Hussein. Et peut-être encore un mot à propos de ces fameuses ADM irakiennes et des options américaines dans l’Irak actuel. 

(more…)

La menace alliée [islamiste-gauchiste]


par Daniel Pipes
National Review, 14 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5720

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l’islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l’an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu’«en collaborant, l’Iran et Cuba pourrait mettre l’Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L’islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les États-Unis».

Et il n’y a pas que les gauchistes d’Amérique latine à discerner un potentiel dans l’islamisme. Ken Livingstone, l’ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l’ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s’est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l’Habitat, des Quartiers et de l’Intégration, est si bien disposée envers l’islamisme qu’un critique, le professeur d’origine iranienne Afshin Ellian, l’a appelée «la ministre de l’islamisation».

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J’ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l’éloge d’Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l’esprit de l’internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l’islam. D’autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l’islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d’art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

Et rien de tout cela n’est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l’Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l’ayatollah Khomeiny en 1964, «l’Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l’Amérique et l’Union soviétique est pire que les deux. Chacun d’eux est pire que les autres, chacun d’eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd’hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu’est l’Amérique.» En 1986, j’écrivais que «l’URSS ne subit guère qu’une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l’expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

Tout au long de sa vie, la conception de l’authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l’artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l’ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l’ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d’«une sorte de saint».

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l’islamisme privilégie les musulmans. L’une rêve d’un paradis des travailleurs, l’autre d’un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l’égalité des sexes; l’islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l’esclavage; certains islamistes l’approuvent. Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l’islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l’ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L’islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l’individualisme extrême sur le point d’échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L’esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l’«Alliance impie» entre la gauche et l’islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

Premièrement, comme l’explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l’analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d’exercer afin, concrètement, d’opposer une résistance aux religieux libéraux».

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l’Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d’«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l’Amérique est «l’un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d’opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l’antiaméricanisme se répande et qu’Israël soit éliminé. Elles s’accordent également sur l’immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d’une «alliance internationale contre l’impérialisme et le sionisme».

Troisièmement, l’islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d’étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu’une ère islamique éternelle s’instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l’intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D’une manière plus générale, l’analyste iranien Azar Nafisi relève que l’islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s’effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d’établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s’est évanoui. Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l’Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l’Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects. Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s’il ne serait pas «naturel qu’ils s’unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l’observent l’analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s’unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d’organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l’idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l’élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l’impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l’épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d’appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte. Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l’empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d’une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d’avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d’une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d’el-Banna comme «un profond honneur», bien que l’homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d’entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d’Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l’International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d’«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s’accrochait à la lie d’une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d’un véhicule, d’un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d’un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l’un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d’autoprotection de l’Occident. Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l’alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l’Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même. La coalition actuelle représente la même menace, d’une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine. Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.

Le legs du fascisme: le libéralisme


par Daniel Pipes
Jerusalem Post
, 10 janvier 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5355

[Note du traducteur: la notion américaine de libéralisme politique n’est pas traduisible hors de son contexte spécifiquement américain; son plus proche équivalent en français est sans doute ce qu’on appelle la social-démocratie de l’Europe actuelle]

Le fascisme libéral sonne comme un oxymoron – ou une expression servant aux conservateurs à insulter leurs adversaires libéraux. En fait, elle a été forgée par un auteur socialiste respecté et influent, H.G. Wells, qui, en 1931, appelait ses amis progressistes à devenir des «fascistes libéraux» et des «nazis éclairés». Vraiment.

Mussolini et Hitler étaient tous deux socialistes

En effet, ses paroles s’inscrivent dans un projet beaucoup plus large, visant à fusionner le socialisme et le fascisme: Mussolini, qui a été une figure de proue socialiste, s’est détourné de l’internationalisme pendant la Première Guerre mondiale en faveur du nationalisme italien et qualifia cette nouvelle version de fascisme. De même, Hitler dirigeait le Parti national-socialiste des travailleurs allemands.

Ces faits dérangent parce qu’ils contredisent l’éventail politique qui modèle notre vision du monde depuis la fin des années 1930 et qui place le communisme à l’extrême-gauche, suivi du socialisme, du libéralisme au centre, puis du conservatisme et enfin du fascisme à l’extrême-droite. Mais cet éventail, comme le relève Jonah Goldberg dans un nouvel ouvrage brillant, profond et original – Liberal Fascism: The Secret History of the American Left from Mussolini to the Politics of Meaning (Le fascisme libéral: l’histoire secrète de la gauche américaine de Mussolini à la politique du sens; Éd. Doubleday) –, reflète l’utilisation du terme fasciste par Staline, soit comme un épithète servant à jeter le discrédit sur qui bon lui semblait – Trotski, Churchill, les paysans russes – et déforme la réalité. En 1946 déjà, George Orwell observait que le terme fascisme avait dégénéré jusqu’à désigner simplement «quelque chose d’indésirable».

Pour comprendre pleinement la signification du fascisme, il faut mettre de côté la déformation du terme introduite par Staline et écarter également la Shoah pour revenir à la période que Goldberg nomme l’«heure fasciste», soit approximativement les années 1910 à 1935. Le fascisme, une idéologie étatiste, se sert de la politique comme d’un outil pour faire passer la société du stade d’individus épars à celui d’ensemble organique. Pour ce faire, il donne l’ascendant à l’État sur l’individu, aux connaissances d’experts sur les débats et au socialisme sur le capitalisme. Il est totalitariste dans l’interprétation originale mussolinienne du terme – «Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État». Le message du fascisme se résume à «moins de paroles, plus d’action!». Son principal attrait est son efficacité pratique.

En revanche, le conservatisme prône un gouvernement restreint, l’individualisme, le débat démocratique et le capitalisme. Ses attraits sont la liberté ainsi qu’une grande latitude laissée aux citoyens.

Le triomphe de Goldberg consiste à établir la parenté entre le communisme, le fascisme et le libéralisme. Tous dérivent en effet de la même tradition qui remonte aux Jacobins de la Révolution française. Son éventail politique révisé sur cette base est axé sur le rôle de l’État et s’étend du libertarianisme aux diverses moutures du fascisme – américaine, italienne, allemande, russe, chinoise, cubaine, et autres – en passant par le conservatisme.

Comme le suggère cette liste, le fascisme est très souple; ses variations diffèrent par les détails, mais elles partagent «des impulsions émotionnelles ou instinctives». Ainsi, Mussolini a ajusté le programme socialiste pour mettre l’État en exergue; Lénine a fait des travailleurs l’avant-garde du progrès; Hitler a ajouté la race. Alors que la version allemande était militariste, la variante américaine (que Goldberg qualifie de fascisme libéral) est presque pacifiste. Goldberg cite l’historien Richard Pipes à ce propos: «Le bolchevisme et le fascisme étaient des hérésies du socialisme.» Il prouve cette concordance de deux manières.

Premièrement, il propose une «histoire secrète de la gauche américaine»:

  • Le progressisme de Woodrow Wilson comportait un programme «militariste, fanatiquement nationaliste, impérialiste, raciste», rendu possible par les exigences de la Première Guerre mondiale.
  • Le «New Deal fasciste» de Franklin D. Roosevelt reprenait et étendait le gouvernement de Wilson.
  • La «Great Society» de Lyndon B. Johnson établissait l’État-providence moderne, «la concrétisation ultime» (pour l’instant) de cette tradition étatiste.
  • Les jeunes révolutionnaires de la Nouvelle Gauche des années 1960 apportèrent «une modernisation américanisée» de la vieille droite européenne.
  • Hillary Clinton espère «insérer l’État profondément au sein de la vie familiale», un pas essentiel du projet totalitaire.

Pour résumer près d’un siècle d’histoire, alors que le système politique américain traditionnel encourage la poursuite du bonheur, «un nombre croissant d’entre nous souhaitent cesser de le chercher et se le faire livrer à domicile».

Deuxièmement, Goldberg dissèque le programme libéral américain – racial, économique, environnemental, même le «culte du bio» – et montre ses affinités avec ceux de Mussolini et Hitler.

Si ce condensé vous paraît trop peu plausible, vous devriez tout de même lire Liberal Fascism en entier pour ses citations pittoresques et sa documentation convaincante. L’auteur, connu pour son esprit vif et son talent de polémiste acéré, a prouvé être un penseur politique majeur.

Outre d’offrir une manière radicalement différente d’aborder la politique moderne, dans laquelle le qualificatif de fasciste n’est pas plus insultant que celui de socialiste, l’extraordinaire ouvrage de Goldberg fournit aux conservateurs les instruments nécessaires pour répliquer à leurs persécuteurs libéraux et même passer à l’offensive. Si les libéraux peuvent agiter éternellement le spectre de Joseph McCarthy, les conservateurs peuvent bien répondre par celui de Benito Mussolini.

L’argent comme vecteur d’islamisation

Le secteur bancaire islamique est en plein boom. Il gère ou influence déjà certainement plus de mille milliards de dollars d’actifs (700 milliards à 1 billion selon une étude de 2005) et des pronostiqueurs lui prédisent une croissance annuelle de 20% dès cette année, comme le précise le Conseil des services financiers islamiques en annonçant son prochain congrès:

L’IFSB [Islamic Financial Services Board], l’organisation internationale qui a pour mandat de fixer des normes de précaution et de supervision pour le secteur mondial de la finance islamique, tiendra son 5e sommet annuel les 13 et 14 mai 2008 à Amman, en Jordanie, avec pour thème central «la mondialisation financière et les services financiers islamiques».

L’impressionnante croissance de la finance islamique par rapport à l’année précédente permet de bien augurer de la pérennité future du secteur. En dépit du manque de recherches empiriques sur la taille du marché, certains observateurs estiment que le secteur va progresser de 20% par an ces prochaines années.

Pourtant, ce secteur financier florissant unique en son genre (connaît-on des financements chrétiens, baptistes, bouddhistes?) n’est basé que sur du vent, en termes économiques. Il résulte uniquement de la volonté de financiers ou d’investisseurs de coller l’étiquette «Islam» sur leurs opérations financières. Comme le conclut un spécialiste de ce secteur, Timur Kuran, la notion même de sciences économiques islamiques n’a aucune réalité concrète dans les traditions islamiques et ne satisfait aucun de ses objectifs affichés:

1) «Nulle part l’intérêt n’a disparu des transactions économiques et l’islamisation économique ne bénéficie nulle part d’un soutien massif.» Les opérations exotiques et complexes de participation aux pertes et profits comme ijara, mudaraba, murabaha et musharaka font toutes intervenir des paiements d’intérêts déguisés. En fait, les banques qui se prétendent islamiques «ressemblent davantage aux autres instituts financiers modernes qu’à un quelconque héritage de l’Islam». Bref, il n’y a pratiquement rien d’islamique dans les pratiques bancaires islamiques – ce qui explique en grande partie pourquoi Citibank et d’autres grandes banques occidentales détiennent des dépôts conformes à l’Islam beaucoup plus considérables que les banques spécifiquement islamiques.

2) L’ambition de réduire les inégalités en imposant la zakat n’a réussi «nulle part». Kuran estime que cet impôt «ne génère pas nécessairement un transfert de ressources vers les pauvres et peut même en fait conduire à un transfert de ressources négatif pour eux». Pire encore, en Malaisie, l’imposition de la zakat, supposée aider les pauvres, semble plutôt servir de «prétexte fort commode pour promouvoir des objectifs islamiques et pour enrichir les responsables religieux».

3) «Le nouvel accent porté sur la morale économique n’a eu aucun impact sensible sur les comportements économiques.» Ceci en raison du fait que, comme dans le socialisme, «certains éléments du programme économique islamique sont contraires à la nature humaine».

Concrètement, les finances islamiques ont pour seul impact notable de répandre l’islamisation. Et ainsi la charia, comme je l’écrivais en juin dernier dans une lettre ouverte à la Commission fédérale des banques:

L’économie selon la charia est un anachronisme hérité d’une époque et d’une civilisation où l’une des principales activités économiques, sinon la principale, était l’esclavagisme – le fait de réduire systématiquement des gens en esclavage puis d’en faire le commerce –; et dans un contexte où les guerres d’expansion et les pillages étaient considérés comme des devoirs religieux, précisément au sens de la loi islamique, la charia.

Et comme l’ont souligné la Cour constitutionnelle turque et la Cour européenne des Droits de l’homme,

[La] Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable.

La finance islamique est une régression vers l’obscurantisme, l’effort de croyants déraisonnables, mais riches, qui veulent croire au message de l’Islam. C’est une erreur.

UPDATE: Le Congrès musulman canadien (site en anglais) dit ceci à propos des services bancaires islamiques:

Les services bancaires islamiques ne sont rien d’autre qu’un moyen par lequel les islamistes, avec l’appui des institutions financières du Moyen-Orient et de leurs partenaires occidentaux, tentent d’effrayer les musulmans du Canada et de leur faire croire qu’ils doivent débourser plus d’argent tout en obtenant moins de services des banques pour respecter l’esprit de leur religion.”

Les services bancaires conformes à la charia cachent une tentative outrageuse d’escroquerie envers la communauté musulmane, qui est déjà marginalisée, alors qu’ils leur promettent exactement le contraire. D’un côté, les imams disent aux musulmans qu’ils se retrouveront dans les flammes de l’enfer s’ils font affaire avec les banques du système existant. De l’autre côté, ces mêmes chefs religieux sont payés par les banques pour inciter les musulmans à se tourner vers un système bancaire fondé sur le mensonge et la déception.

Pas de propagande socialiste sans mensonge

http://video.google.com/videoplay?docid=-5572536349196626462

Il s’agit de l’interview, réalisée en 1984, d’un dissident soviétique, Yuri Bezmenov, qui a rallié les États-Unis en 1970. L’homme explique comment le Parti organisait les efforts de propagande nécessaires pour installer son système à l’étranger.

C’est encore le même système, quoique très dilué, qui inspire les socialistes actuels: diaboliser sciemment les pays, les systèmes, les groupes et les gens qui fonctionnent bien sans eux (les riches sont forcément des voleurs) en présentant leurs défauts ponctuels comme autant de principes fondamentaux (les UDC s’attaquent aux étrangers criminels, ils sont donc xénophobes); promettre une société parfaite au prix de la réunion d’un maximum de pouvoirs dans un gouvernement acquis à un certain système (le marxisme-léninisme, le communisme, le socialisme, le mitterrandisme, l’étatisme, l’écologie, etc.); puis ancrer ce système dès que possible. Ensuite, si cela réussit, c’est la déchéance systématique, mais les rêveurs du rose-vert, comme tous les bonimenteurs politiques et autres menteurs, par définition, croient qu’ils échapperont à l’échec.

Entre-temps, le principal pilier du communisme s’est effondré, mais les esprits crédules qui ont voulu croire à ses sirènes, et diffuser ses promesses creuses à crédit, sont toujours là. Certes, ils réfléchissent plus à l’aise depuis 1991, et s’assagissent, surtout s’ils se frottent un peu aux réalités. Et peut-être même, contrairement à ce qu’affirme Yuri Bezmenov, qui ne prévoyait pas la chute de l’URSS, qu’ils pourront comprendre leur erreur et s’amender. Mais en attendant, à l’image des gens bien intentionnés qui vantent un Islam soi-disant pacifique et ainsi diffusent le poison dont se nourrissent les pires criminels, ils continuent de soutenir un système de pensée basé sur le mensonge et l’accusation gratuite.

Qui a besoin des «services publics»?

La question va sembler abusive à beaucoup, car

Le «service public» est omniprésent dans le discours politique. Aucun parti n’ose le remettre en question: si le Parti socialiste suisse se définit comme «le parti du service public», les autres partis affirment tout au plus vouloir le réformer ou le moderniser, lorsqu’ils ne le soutiennent pas ouvertement. 

Mais elle mérite tout de même d’être posée. Et de recevoir, entre autres, les éléments de réponse élaborés (en français et en allemand) par l’Institut Constant de Rebecque, car 

Le «service public» sert de slogan pratique à bon nombre de politiciens, alors qu’en réalité les services publics consistent en des monopoles étatiques qui servent surtout à maintenir des privilèges pour certains, au détriment de la grande majorité des consommateurs.

C’est bien le coeur du problème. De toute évidence, certains services doivent être accessibles à l’ensemble de la communauté, mais il y a très peu de bonnes raisons, tangibles, de penser que l’État est mieux à même que l’économie privée d’assurer ces services.

Au fond, la raison la plus puissante provient de cette charlatanerie du siècle passé, le communisme, qui voulait croire que la recherche de profit est intrinsèquement malveillante et doit donc être sévèrement régulée. Mais aujourd’hui, alors que tous les systèmes communistes ont fait faillite, en maintenant leurs populations dans la médiocrité et le mensonge, et que la quasi-totalité des progrès qui ont profité à l’humanité peuvent être attribués à des sociétés capitalistes, il serait temps, vraiment, de jeter enfin le socialisme étatique dans la poubelle de l’histoire.

Sciences économiques islamiques?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 26 septembre 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4973

Sans que le monde extérieur en prenne vraiment conscience, une quantité d’argent importante et en croissance rapide est gérée aujourd’hui en accord avec la loi islamique, la charia. Selon une étude, «à la fin 2005, plus de 300 institutions de plus de 65 juridictions géraient des actifs d’une valeur globale de l’ordre de 700 milliards à un billion de dollars d’une manière compatible avec la charia».

L’économie islamique prend une ampleur de plus en plus incontournable grâce à une profusion de portefeuilles d’exportateurs de pétrole et une multiplication d’instruments financiers islamiques (tels que des emprunts sans intérêts et des obligations sukuk). Mais à quoi rime tout cela? Les instruments conformes à la charia peuvent-ils concurrencer l’ordre financier international? L’instauration d’un régime économique islamique va-t-elle vraiment de pair, comme l’affirme un enthousiaste, avec la fin de l’injustice grâce à «l’intervention de l’État pour le bien de tous»?

Pour comprendre ce système, le meilleur point de départ est Islam and Mammon, un brillant ouvrage que Timur Kuran a écrit alors qu’il occupait (paradoxalement, vu le soutien saoudien à l’économie islamique) la chaire «King Faisal Professor of Islamic Thought and Culture» (pensée et culture islamiques) de l’université de Californie du Sud.

Kuran, qui enseigne actuellement à Duke University, estime que l’économie islamique ne remonte pas à Mahomet, qu’elle est une «tradition inventée» qui a émergé en Inde, dans les années 1940. La notion de discipline des sciences économiques «qui serait clairement et ouvertement islamique est très récente». Il y a encore un siècle, même les plus savants des Musulmans auraient été interloqués par l’«économie islamique».

L’idée a été forgée à l’origine par un intellectuel islamiste, Abul Ala Maududi (1903-79), pour qui l’économie islamique servait de moyen vers de nombreuses fins: minimiser les relations avec les non-Musulmans, renforcer le sentiment collectif d’identité musulmane, étendre l’Islam dans un nouveau domaine d’activité humaine et moderniser sans occidentaliser.

Les sciences économiques islamiques ont pris leur essor en tant que discipline universitaire vers la moitié des années 1960. Elles ont bénéficié d’un élan institutionnel pendant le boom pétrolier des années 1970, lorsque les Saoudiens et d’autres Musulmans exportateurs de pétrole, qui entraient alors pour la première fois en possession de fortes sommes d’argent, ont apporté un «vaste soutien» au projet.

Les partisans de l’économie islamique avancent deux propositions fondamentales: que le système capitaliste a échoué et que l’Islam fournit la solution. Pour évaluer cette dernière assertion, Kuran se penche avec beaucoup d’attention sur le fonctionnement concret de l’économie islamique et sur ses trois principales affirmations, à savoir qu’elle abolit l’intérêt sur l’argent, qu’elle engendre l’égalité économique et qu’elle établit une éthique commerciale supérieure. Sa conclusion est qu’elle échoue totalement à ces trois niveaux.

  • «Nulle part l’intérêt n’a disparu des transactions économiques et l’islamisation économique ne bénéficie nulle part d’un soutien massif.» Les opérations exotiques et complexes de participation aux pertes et profits comme ijara, mudaraba, murabaha et musharaka font toutes intervenir des paiements d’intérêts déguisés. En fait, les banques qui se prétendent islamiques «ressemblent davantage aux autres instituts financiers modernes qu’à un quelconque héritage de l’Islam». Bref, il n’y a pratiquement rien d’islamique dans les pratiques bancaires islamiques – ce qui explique en grande partie pourquoi Citibank et d’autres grandes banques occidentales détiennent des dépôts conformes à l’Islam beaucoup plus considérables que les banques spécifiquement islamiques.
  • L’ambition de réduire les inégalités en imposant la zakat n’a réussi «nulle part». Kuran estime que cet impôt «ne génère pas nécessairement un transfert de ressources vers les pauvres et peut même en fait conduire à un transfert de ressources négatif pour eux». Pire encore, en Malaisie, l’imposition de la zakat, supposée aider les pauvres, semble plutôt servir de «prétexte fort commode pour promouvoir des objectifs islamiques et pour enrichir les responsables religieux».
  • «Le nouvel accent porté sur la morale économique n’a eu aucun impact sensible sur les comportements économiques.» Ceci en raison du fait que, comme dans le socialisme, «certains éléments du programme économique islamique sont contraires à la nature humaine».

Kuran rejette la notion même de sciences économiques islamiques. «Il n’existe pas de manière spécifiquement islamique de construire un bateau, de défendre un territoire, de guérir une épidémie ou de faire des prévisions météorologiques», alors pourquoi l’argent? Il conclut que l’importance de l’économie islamique réside non pas dans l’économie, mais dans l’identité et la religion. Ce projet «a promu la propagation de courants de pensées antimodernes (…) dans l’ensemble du monde islamique. Il a aussi favorisé la formation d’un milieu encourageant le militantisme islamiste.»

En fait, l’économie islamique contribue à l’instabilité économique mondiale en «empêchant les réformes sociales et institutionnelles nécessaires à un développement économique sain». Ainsi, si les Musulmans avaient bel et bien l’interdiction de verser et de facturer des intérêts, ils seraient relégués «dans la marge de l’économie internationale».

Bref, l’économie islamique ne fournit qu’une contribution insignifiante aux sciences économiques, mais elle constitue un important et pernicieux danger politique.

* * *

Voir aussi:
Lettre ouverte à la Commission fédérale des banques
Le vrai sens du djihad intérieur
La banque qui soutient le terrorisme

La loi suisse antiraciste et la religion islamique

En 1995, la Suisse a instauré une norme pénale protégeant les victimes de discrimination raciale et religieuse. Une étude (fondée sur une base de données) vient de paraître sur la jurisprudence des dix premières années d’application de cette loi. On y apprend notamment que les Juifs sont le groupe le plus fréquemment victime (20% des cas) de discriminations en Suisse, sept fois plus que les Musulmans (3% des cas). Ajoutons ici que les Musulmans sont 17 fois plus nombreux en Suisse (env. 350.000) que les Juifs (env. 20.000).

Le bien-fondé de cette loi antiraciste est contesté à très haut niveau et une initiative populaire fédérale intitulée «Pour la liberté d’expression — non aux muselières!» demande même son abrogation pure et simple. Les auteures de l’étude estiment en conclusion (page 14) que la «la punissabilité (…) ne contrevient pas à la liberté d’expression» en se basant sur les décisions de justice. C’est omettre, ce qui n’est pas entièrement correct, les ennuis imposés aux personnes acquittées et la masse grise de menaces de plaintes, équivalant souvent bel et bien à une muselière, que doivent affronter les gens qui souhaitent traiter publiquement de certains sujets.

Mais l’aspect le plus intéressant du papier est que la jurisprudence suisse ainsi réunie et condensée permet d’examiner la religion islamique, ou sa pratique, à la lumière des interprétations des tribunaux en matière de discrimination. Entrons donc dans le vif du sujet, avec le premier alinéa de la loi:

Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse; (…) sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

Et observons les interprétations des juristes résumées par les auteures de l’étude:

Le terme d’inciter englobe aussi le fait d’exhorter. C’est-à-dire également, selon le Tribunal fédéral, le fait d’exciter ou d’attiser des émotions et d’engendrer haine et discrimination sans les provoquer explicitement. Dans la doctrine et dans la jurisprudence, il y a incitation ou exhortation à la haine et à la discrimination quand une personne agit, de manière durable et insistante, afin de créer ou de renforcer une atmosphère hostile envers la victime ou qu’elle fait naître le sentiment qu’il s’agit d’un être inférieur qui n’a pas les mêmes droits fondamentaux que les autres.

Que penser dans ce contexte de la principale prière des Musulmans, l’Al-Fatiha, qui fait dire 17 fois par jour aux Musulmans pratiquants l’équivalent du fait que les Juifs seraient maudits par Dieu et les Chrétiens égarés? Que penser du fait que la récitation ou l’étude du Coran présente systématiquement les Juifs comme des êtres malfaisants (voir l’exemple de la deuxième sourate du Coran)? Que penser du fait que le Coran, vanté comme un ouvrage contenant la vérité divine notamment par tous les Musulmans qui font profession d’enseigner la religion islamique, contient des centaines d’incitation à haïr, à tuer et d’une manière générale à déconsidérer les incroyants?

Alinéa suivant:

celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie ou d’une religion;

Interprétation de la jurisprudence:

Pour le Tribunal fédéral, la question de savoir si l’idéologie au sens de l’art. 261bis CP doit être une véritable construction de la pensée ou si quelques rares idées suffisent à la constituer est sujette à caution. Le Tribunal fédéral est toutefois parvenu à la conclusion que le législateur était parti d’une conception relativement large de l’idéologie: dans le message du Conseil fédéral, l’élément constitutif de l’infraction existe quand il s’ensuit une action programmée et ciblée. Le critère de la «propagation d’idéologies» est déjà donné quand l’auteur est conscient que ses déclarations ou ses actes illustrent des idées qui s’inscrivent dans une certaine logique.

Que penser des gens, musulmans ou pas, qui ont étudié l’Islam, la formation de sa jurisprudence spécifique (par exemple concernant le djihad et les normes pénales islamiques) et qui favorisent tout de même la diffusion des bases de cette législation (notamment le Coran et les hadiths) dans notre pays? Ne propagent-ils pas, sciemment et sans aucune mesure de précaution qui pourrait les disculper, une idéologie visant, comme nous l’avons vu plus haut, à porter préjudice aux membres de certaines religions?

Ajoutons ceci, en pensant aux sympathisants suisses du Hezbollah:

Jusqu’à présent, la jurisprudence a qualifié d’idéologies (…) le fait (…) de faire le salut hitlérien (…). En conséquence, l’utilisation générale des symboles du national-socialisme tombe sous le coup de l’al. 2. (…) Le fait d’adresser à ceux qui partagent les mêmes idées le salut hitlérien n’a pas été considéré jusqu’ici, dans la jurisprudence, comme la propagation d’une idéologie prohibée, même lorsqu’il s’est produit publiquement. Le salut nazi n’est punissable que quand il s’adresse à des tiers.

Puis observons le Hezbollah dans ses oeuvres publiques (cliquer sur l’image pour voir une collection ou cliquer ici pour une séquence télévisée):

Les gens qui, en Suisse, soutiennent ou louent le Hezbollah, ne se rendent-ils pas coupables de propagation d’idéologies, au sens de l’alinéa 2 de la loi antiraciste suisse?

Alinéa 3:

celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part;

Interprétation juridique:

On entend par actions de propagande certains comportements en matière de communication, tels que le fait de prononcer des discours, prêter ou distribuer des écrits, exposer des images, porter des insignes, mais aussi de faire certains gestes (communication non verbale) comme le salut hitlérien. L’alinéa 3 punit l’organisation, l’encouragement ou la participation à des actions de propagande. Cette clause englobe toutes les formes de participation susceptibles de faciliter l’exécution d’actions de propagande. Les termes dans le même dessein se réfèrent à l’art. 261bis, al. 1 et 2 CP: ils délimitent les actions de propagande qui incitent ou appellent à la haine et à la discrimination (al. 1) ou propagent des idéologies destinées à abaisser ou dénigrer systématiquement (al. 2).

Que penser, dans ce cadre, des mosquées, des associations et institutions à caractère ostensiblement islamique, qui organisent des prières, des récitations, des rencontres, des conférences, des camps de vacances avec discours, le tout entre autres dans le but de propager des textes incitant de facto à la haine et à la discrimination? Que penser des banques suisses qui, en acceptant d’adapter leur mode de fonctionnement à la charia, la loi sacrée islamique, promeuvent de facto une idéologie vecteur de haine et de discrimination?

Alinéa 4:

celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité;

Interprétation juridique:

Par «crimes contre l’humanité», on entend l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, l’expulsion, l’emprisonnement, la torture, le viol, les persécutions pour des raisons politiques, raciales ou religieuses et autres actes inhumains, (…). Les actes doivent en outre avoir été perpétrés au cours d’un conflit international ou interne armé et contre des personnes civiles. (…) Le complément chercher à justifier signifie légitimer le tort commis, accepter la violence exercée ou du moins ne pas en refuser la possibilité.

Que penser, à la lumière de cet article de loi, de gens qui soutiennent que le fait de décapiter des centaines d’hommes et de garçons et de réduire en esclavage le reste des membres d’une tribu, tous d’une certaine ethnie et d’une certaine religion, peut être légitime en certaines circonstances?

En fait, la simple [adhésion] volontaire et active à la religion islamique, de manière religieuse, juridique ou simplement académique (expert non musulman promouvant l’Islam en Suisse), implique une violation d’un ou plusieurs des alinéas de cette loi.  

Bien sûr, il serait difficile d’obtenir une condamnation, car les conditions politiques ne sont pas réunies et d’autres lois peuvent être invoquées pour protéger la religion, quelle qu’elle soit. Mais ce n’est pas là l’important. Peu importe l’issue juridique de telles actions, ce qui compte vraiment est leur aspect informatif: si des centaines de telles plaintes étaient déposées et surtout dûment motivées, à l’aide d’un dossier juridique réunissant les meilleures références islamiques possibles, les médias devraient lentement aborder cet aspect du débat, les Suissesses et les Suisses apprendraient alors à quoi s’en tenir et pourraient faire usage de leur bon droit, populaire, pour se prémunir de cette calamité millénaire qu’est la religion islamique.

À propos de Bechara, du négationnisme, du Monde, du Hezbollah, des mollahs et du communisme

Voici une réaction vraiment intéressante à l’affaire de la plainte contre la TSR qui sera jugée le 4 mai prochain à Berne. Le personnage principal du film attaqué, Soha Bechara, a porté plainte (classée entretemps par le Procureur général genevois; j’ignore si un recours a été interjeté) contre les plaignants, les accusant notamment de négationnisme. C’en était trop pour Alain Rubin, à qui je cède la parole:

«Négationnisme»

Le quotidien parisien «le monde», relaye la réaction d’une ancienne militante «communiste» libanaise s’estimant, selon le quotidien, victime «d’un réseau qui reproche à la télévision suisse TSR d’avoir diffusé un film ou elle apparaît et permet aux reporters d’approcher le Hezbollah aux côtés desquels elle prend partie dans le conflit de juillet 2006.

«Ces gens font du négationnisme», explique-t-elle.

Ils font du «négationnisme», «ces gens» qui reprochent à la TSR de cacher certaines données essentielles du problème; ils font du négationnisme parce qu’ils nieraient des exactions israéliennes menées au moyen de l’armée du Liban sud (ALS), allant jusqu’aux meurtres de prisonniers d’une prison militaire encadrée par ces éléments libanais.

«Ces gens font du négationnisme, ils ont mis en doute mon témoignage sur le camp de Khiam. C’est au nom de ceux qui y ont été exécutés et torturés que je dépose cette plainte.»

Admirez la formule. Désormais, on peut «faire du négationnisme»… 

Je relisais hier la plainte contre la TSR, il n’y était pas fait mention du camp de Khiam et des accusations portées par Soha Béchara. Par contre, il y est démontré que l’enlèvement des deux militaires israéliens n’est pas un acte isolé provoquant une contre attaque «disproportionnée», mais le premier acte d’une action de guerre mûrement préparée et décidée sciemment et qui en prépare une prochaine, comme l’indique d’ailleurs cyniquement et ouvertement un cadre politique pro Hezbollah interrogé par les reporters de la TSR.

Notre blanche colombe, persécutée – nous dit Le Monde – par d’ignobles individus, par un réseau «d’extrême droite», invente ici un nouveau concept – «faire du négationnisme». Or, il se trouve, répétons-le, que la plainte contre la TSR ne porte pas sur ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé au camp de Khiam. Notre blanche colombe centre néanmoins son accusation sur cette question. Est-ce pour éviter de répondre à des contradicteurs montrant la nature fasciste, totalitaire, et volontairement va-t-en guerre du Hezbollah?

Que le führer libanais, qui a pris le pouvoir de décider de la guerre et de la paix entre le Liban et Israël, dirige une armée privée, que ses milices soient habillées de vert, qu’il soit un religieux disciple de Khomeiny et non un ancien caporal autrichien n’est pas décisif pour déterminer si oui ou non, son mouvement politico-religieux et militarisé procède de la Démocratie et de l’émancipation nationale et sociale des Libanais ou, au contraire, de la dictature. Le fascisme pro hitlérien ne fut pas forcément identique dans ses origines; on l’a connu dans une version cléricale du type gouvernement slovaque de monseigneur Tiso. Celui qui nous préoccupe aujourd’hui représente un type de fascisme dans un pays non impérialiste; c’est un type de fascisme comme celui qui s’impose depuis 25 ans aux peuples et aux nations enfermés dans la prison qu’est devenue l’Iran des pasdarans et des ayatollah de gouvernement.

L’accusation de Soha Béchara, «faire du négationnisme», telle qu’elle apparaît dans l’extrait de sa déclaration donnée par le quotidien parisien, est entièrement déconnectée du phénomène dont il est né, à savoir: l’extermination* systématique d’une population non belligérante, en l’occurrence les Juifs.

Madame Béchara, voudrais-je lui dire, on ne «fait (pas) du négationnisme» comme on peut faire de la prose, sans le savoir. Le «négationnisme», ce n’est pas un travers, ni un manque d’objectivité, ni de la mauvaise foi. Si c’était le cas, alors, pratiquement tous les hommes et toutes les femmes politiques, et beaucoup de journalistes, feraient du négationnisme.

Le négationnisme, Madame Soha Béchara, c’est quelque chose de précis.
 
Le négationnisme consiste à nier, par exemple, que sur les 3,3 millions de Juifs  vivant en Pologne en 1940, avant l’écrasement militaire du pays, seulement trois cent mille étaient encore de ce monde en 1945 (deux cent mille qui étaient parvenus à se réfugier en URSS et cent mille s’étant cachés dans les forêts auprès de groupes de maquis polonais ou en ayant eux mêmes formés), les autres ayant été exterminés.

Le négationnisme nie que ces trois millions de Juifs de Pologne ont subi brimades, travail forcé, humiliations quotidiennes, enfermement dans des quartiers clos et surpeuplés (ghettos), privés de tout, victimes de tueurs sadiques fusillant sans raison autre que celle que les victimes étaient juives, qu’on les a affamés jusqu’à la mort, que les enfants mouraient comme des mouches, beaucoup livrés à eux-mêmes, sans toit et sans famille vivante, quémandant ici et là des miettes de croûtes de pains pour survivre encore un jour ou deux ou seulement quelques heures.

Le négationnisme nie que la rafle des Juifs, préparant leur mise à mort, se soit passée dans tous les pays occupés d’Europe et que dans sa partie la plus orientale et en union soviétique occupée et les pays baltes, en Lituanie notamment ou vivait une importante minorité nationale juive, 80 à 90% de celle-ci a été exterminée.

Le négationnisme ne veut pas savoir qu’on a poussé hors des villes et des bourgades des centaines de milliers de Juifs (en Ukraine et dans certaines régions de l’est de la Pologne et dans les pays baltes), pour les fusiller; les mères emmenées avec leurs enfants dans les bras ou accrochés à elles, les vieillards hommes et femmes et les hommes dans la force de l’âge, poussés à coups de crosse de fusil, tous massés, parfois pendant des heures, dans certains cas pendant plusieurs jours, devant de grandes fosses où on les a fusillés à bout portant. Dans ces centaines de fosses, on retrouve aujourd’hui les restes de leurs dépouilles et les douilles des munitions qui ont servi à perpétrer ces assassinats en masse.

Le négationnisme nie que ceux que l’on n’a pas tué de cette façon ont été transférés vers les abattoirs industriels d’Auschwitz Birkenau, Majdanek, Sobibor, Treblinka et tous les autres lieux d’abattage industrialisé des Juifs.

Le négationnisme, c’est nier que la majeure partie des Juifs des zones de l’URSS occupée par les forces nazies ont été exterminés, à l’exception des quelques rares chanceux, ceux qui furent cachés par de courageux voisins non Juifs prenant le risque d’être eux aussi massacrés pour leur réaction de compassion.

Le négationnisme nie que six millions de Juifs, au total, ont été exterminés de 1941 à 1945, les femmes, les enfants, les hommes, les vieillards, en majorité des gens misérables, sans autre raison que le fait qu’ils étaient Juifs.

Le négationnisme, c’est prétendre, par exemple, que si la population juive de Salonique, qui formait la majorité des habitants de la ville grecque à l’arrivée de l’armée nazie, n’existait plus en 1945, ce n’est pas parce qu’elle fut emmenée à Auschwitz et envoyée à la chambre à gaz. Non, le négationnisme prétendra que, probablement, les Juifs n’habitaient pas Salonique ou qu’ils n’y formaient pas la majorité jusqu’à l’arrivée des nazis… Que peut être bien, si effectivement elle y avait vécue jusqu’à l’arrivée des armées nazies, cette majorité de Juifs de Salonique et qu’on on ne la retrouvait plus en 1945, c’est parce qu’elle serait parvenue à s’enfuir. Pour aller où, s’enfuir de Salonique en 1942? «Sûrement quelque part», dira le négationniste; les Juifs de la ville grecque auront quitté Salonique et la Grèce, à la nage ou à pied, mais pas dans des wagons à bestiaux pour le camp de mise à mort d’Auschwitz.

C’est cela le «négationnisme», Madame Béchara.

Le négationnisme, ce n’est pas douter ou nier le témoignage d’une personne, vous en l’occurrence, ayant un parti pris comme le montre son apologie du Hezbollah. Mais en la circonstance, la plainte contre la TSR ne porte pas sur ce témoignage qui serait contesté.

En portant cette accusation déplacée, notre héroïne ne cherche t-elle pas à faire juger les amis des Juifs revenus vivre sur la terre de leurs aïeux pour le délit reproché aux amis des organisateurs de la Shoah: «faire du négationnisme».

Le négationnisme m’expliquera, autre exemple, que quatorze de mes parents, père, grands-parents, oncles, tantes, cousins (le plus jeune Marco ayant huit ans et demi), poussés dans des wagons à bestiaux après leur sortie du camp de Drancy, entassés pour trois jours de «transfert vers l’est», ont seulement disparus… Disparus sans laisser d’adresse. Peut être les a-t-on laissé descendre de leur prison roulante et se sont-ils perdus dans la nature?

C’est cela, Madame Béchara, que l’on appelle le négationnisme.

Soha Béchara, qui a une faiblesse certaine pour le Hezbollah, et qui paraît tirer fierté de la sympathie des hezbollistes pour sa personne, n’a pas l’air de savoir ou ne trouve pas important que cette organisation, qui émane de la politique iranienne au Liban, se retrouve «objectivement» – aurait-elle dit quand elle était «communiste» – à regarder avec tendresse une organisation proche de négationnistes avérés. Je veux parler de négationnistes avérés au sens strict du terme: à savoir Ahmadinejad et consort.

(more…)

La gauche est un désastre. La droite est mal inspirée. Où voter?

Aujourd’hui, l’UDC annonce qu’une victoire de la gauche aux prochaines élections législatives nationales (dans 200 jours) serait un désastre pour la Suisse. La gauche au pouvoir est forcément un désastre. Mais que penser d’une droite qui confond l’islamisme avec l’immigration et qui choisit de dialoguer béatement avec les ennemis plutôt que de les écarter de la scène politique?

Voter pour l’UDC, telle qu’elle se présente, c’est promouvoir un danger pire encore, dans l’immédiat, que celui du socialisme, car ces gens se précipitent tête baissée dans l’erreur que des gauchistes, plus intellectualisés, ne commettraient qu’avec plus de réticence et surtout avec une attitude si veule qu’elle préviendrait bien des violences. Le Parti démocrate chrétien, à cet égard, ne vaut pas mieux.

Peut-être faudrait-il fonder un Parti?

Quelque chose de provisoire, histoire de corriger le tir, de dire les choses importantes que personne, semble-t-il, dans le petit monde fragile des ambitions politiques, n’est capable de dire? Le PPI, Parti politiquement incorrect? Qui durerait le temps qu’il faudrait pour faire connaître les messages qui manquent dans le débat public et politique actuel?

Un parti qui dirait par exemple que les propositions visant à renforcer les prérogatives d’une police fédérale sous prétexte de lutter contre le terrorisme des Musulmans fanatiques n’est qu’un moyen de temporiser, de perdre un temps précieux et qui ne freine nullement, en revanche, au contraire, le pire des islamismes, celui qui travaille au sein de nos systèmes, pacifiquement?

Que les incitations les plus efficaces à nous tuer, à nous renverser et à changer nos lois sont le véritable leitmotiv du Coran, le principal thème de cet amas de papier sans autre intelligence que l’affirmation hypnotique de sa nature divine, et de la tradition du prophète de l’Islam, un capharnaüm cauchemardesque rempli de cadavres sans têtes?

Que les mosquées ne sont des lieux de culte que dans une mesure infime, l’Islam, au niveau sociétal, étant essentiellement une loi, puis un système de gouvernance, puis, accessoirement, un culte fruste et primitif, le tout encourageant ses adeptes à ne se comporter humainement et avec bienveillance qu’entre (bons) croyants et à mentir de tout leur coeur au reste du monde aussi longtemps qu’ils ne sont pas en position d’imposer enfin leur loi parfaite et leur gouvernement d’inspiration divine?

Et que, pour ceux qui croient à la fable du prophète, comme croit un croyant, dans tout cela, l’avis des hommes ne compte pas? Et que malgré la difficulté de tant d’intellectuels à comprendre comment croit un croyant, les croyants croient vraiment? Et ce d’autant plus qu’ils ont l’occasion de se répéter les phrases assassines qui garnissent les textes sacrés islamiques et d’autant plus que les lieux de prière islamique, d’études islamiques, de coutumes islamiques, de financement islamique, se multiplient, croissent et deviennent prestigieux?

Que l’islamisme est le moteur de l’Islam, le seul vrai? Et que l’Islam serein n’est que celui des soumis tranquilles, aussi peu ostensibles que possible? Que tous les Musulmans authentiquement croyants sont islamistes par définition, mais que les Musulmans, dans leur ensemble, ne sont pas plus croyants qu’un quelconque autre groupe de population, à moins bien sûr qu’on ne les enferme dans une société pleine de mosquées, de centres islamiques, d’associations islamiques de toutes sortes, d’où on ne s’échappe que par la mort ou l’exil?

Que nous ne pourrons vivre en paix avec les Musulmans qu’à la condition expresse que leur religion guerrière ne quitte pas l’intimité de leur conscience? Que chaque manifestation publique, chaque institution, chaque conférence, chaque mention de cette religion est pour eux un appel à la lutte pour la suprématie, que nous sommes parfaitement en droit de ne pas tolérer?

Pour ma part, je préfèrerais une autre voie. Je préfèrerais lancer le débat par le biais d’une initiative populaire, sans parti, sans politique, sans appareil, sans grosse tête. Puis répandre les informations nécessaires sur l’Islam par le biais d’actions en justice, seules capables, à mon avis, de fournir un cadre suffisamment structuré pour abriter et permettre la démonstration objective des dangers de l’Islam pour la communauté humaine.

Car je pense que ce problème, décidément, dépasse l’écrasante majorité des politiques, encombrés de leurs inévitables soucis électoraux. Il faut donc travailler directement avec les gens. Et ne pas espérer de quelconques élus qu’ils se montrent capables de protéger le peuple du danger islamique.

Test d’humanisme pour les candidats à la présidence

D’une manière générale, je me désintèresse des élections françaises. Je pense que l’appareil étatique français est trop «socialisé» pour être encore gouvernable, au point que l’identité du président et des ministres n’a plus d’importance réelle. Je conseille ainsi aux Français de voter plutôt pour eux-mêmes en exigeant sur leur bulletin de vote que soit introduit dans leur constitution le droit de référendum d’initiative populaire.

Mais je reproduis volontiers ici cette idée de François Celier:

À l’aune d’Auschwitz

23 décembre 2006. Avec mon épouse et mon fils aîné, nous nous sommes rendus à Auschwitz. Ce jour-là, seuls quelques rares visiteurs s’étaient hasardés. Cet immense laboratoire génocidaire fut édifié par des hommes cultivés mais, hélas, idéologiquement envoûtés dans leur conscience par un voile mortifère d’ordre irrationnel. Durant quatre heures, nous avons arpenté cette frontière de l’enfer, gorges nouées et yeux gonflés de larmes. Tout ce que nous savions jusqu’alors n’était que livresque, films et photos d’horreurs abstraites, inassimilables à notre entendement. Ce jour-là… nous avons vus et sentis dans nos coeurs les cris de souffrance sourdant des baraquements aux briques rouges maculées du sang et des cendres des corps brûlés.

Toute personne qui veut connaître la mesure de son humanisme devrait s’y rendre, notamment les dirigeants des nations, les maîtres à penser et tout homme de bonne volonté. Les prétendants à la Présidence de la République française en particulier. S’ils manifestaient ce courage, les candidats pourraient alors y découvrir l’aune de l’éthique occidentale à son plus bas degré d’inhumanité. Ils pourraient y mesurer leur propre niveau de valeur morale personnelle, avant de continuer d’haranguer et promettre monts et merveilles à leurs électorats respectifs et potentiels.

Le bourreau d’Auschwitz fut pendu, Hitler se suicidera, Sadam Hussein a été pendu. Mais en dépit des solennels plus jamais ça, les vociférations des génocidaires retentissent  toujours, avec des Ahmadinejad et autres djihadistes, prédicateurs de haine.

Pour tout croyant en Dieu, cette filiation criminogène ne sera brisée qu’à la venue du Messie qui jugera les nations et les hommes; pour ceux qui demeurent hors la foi, l’intelligence de leur combat contre toute barbarie n’en sera que plus éclairée. 

Il m’a paru utile que l’exercice de haute conscience que je propose puisse toucher certains candidats, susciter: soit l’indifférence du silence, l’irritation du haussement d’épaule ou le courage de connaître leur valeur. Il arrive parfois que des idées simples ou singulières ouvrent des perspectives ontologiques inattendues. Mon propos interpellera-t-il ceux qui aspirent à exercer de hautes responsabilités politiques? Cet appel «À l’aune d’Auschwitz» est proposé à tous les candidats aux Présidentielles, aux Parlementaires français et européens et aux hommes de pouvoirs en général. Après tout, Varsovie n’est qu’à deux heures d’avion de Paris.                                                                              
  
À la veille des élections présidentielles françaises, se trouvera-t-il un homme (ou une femme) qui osera affronter sa mesure d’humanité à l’aune d’Auschwitz? Cette expérience d’humanisme, d’éthique et d’équité, présente  l’opportunité non d’évaluer ou de juger tel ou tel candidat, déjà tendu dans l’effort mobilisateur de ses forces et de son talent politique mais, au-delà de son ambition légitime, de l’éclairer lui-même sur sa valeur personnelle, son intelligence de l’Histoire, de la condition humaine en général et de sa conception démocratique républicaine en particulier. Qu’il (ou elle) veuille bien se manifester d’un commentaire par email à Francelier@tele2.fr, et mieux encore, aller à Varsovie, auquel cas je pourrais lui être de quelque utilité pour se rendre à Auschwitz, sous le regard de Dieu.

Quand comprendrons-nous enfin?

Rédigé pour et publié par [feu] Strix Americanis dans la rubrique Le cri du Rütli:

Que Mahomet n’est qu’un lapin de Pâques

Certes, on sait tout de lui, jusqu’à ses moindres habitudes alimentaires. On a plus de témoignages sur l’existence de cet homme que sur celle de Karl Marx. Mais tous viennent des mêmes sources et aucuns ne sont corroborés par d’autres. On trouve des traces de Jésus, qui a vécu des siècles auparavant. On en trouve même de Moïse, en cherchant bien. Mais seuls des croyants musulmans ont jamais eu vent de témoignages de la présence de cet homme célèbre entre tous — le prophète Mahomet. Et tous ces témoignages — des dizaines de milliers à l’origine — sont censés être restés oraux des décennies et des siècles durant avant que quiconque ait pensé à porter sur le papier ces événements décisifs pour l’histoire de l’humanité… Trêve de sottises! Si l’on s’en tient à l’histoire telle que les historiens occidentaux la comprennent, seules les invasions sauvages des Arabes hors de leur désert recoupent les récits coraniques. Et la totalité des textes sacrés islamiques sont des faux, inventés et rédigés en fonction de considérations politiques d’une époque révolue et pour justifier, et même sanctifier, la campagne d’invasions lancée par des hordes de brigands sans autre foi ni loi que la compréhension du mécanisme de la terreur.

Bataille de Badr (more…)

Le manifeste de la mauvaise foi

Hier, le 7 juillet 2006, comme pour commémorer les attentats terroristes commis par certains de ses coreligionnaires britanniques, au nom de leur religion, il y avait juste un an, le plus fameux islamiste helvétique publia un manifeste, sur son site Internet et dans divers journaux (notamment The Independent et The Guardian), intitulé «Pour un nouveau ‹NOUS› [en majuscules dans le texte] – Un appel aux Musulmans d’Occident et à leurs concitoyens». En voici la version intégrale (sous-titres exceptés) commentée et décodée:

(more…)

Miniblogs 4

Montrer l’exemple:
Le prophète a dit, le prophète a fait
(selon les Musulmans)

Attaquer (en justice):
Media-Ratings/Karsenty
répond à POI/Schemla

Echouer:
L’ONU ne sait toujours pas traduire le mot terrorisme

Approfondir:
À quoi ressemblerait la religion du diable?
À l’Islam? Oh, pourquoi?

Amputer:
La justice iranienne applique le Coran à la lettre [5:33]

Rêver:
Instaurer le règne d’Allah dans le monde entier

Mentir:
Ou quand un premier ministre se fiche de (la mort violente de) ses concitoyens

Recommander:
Chrétienne, n’épouse pas un Musulman!
Et (rappel):
Occidentale, n’épouse pas un Saoudien!

Enfermer:
Une (future) féministe en Islam

Croire (de plus en plus):
Le président iranien a des visions, suscite des miracles
Et: prépare l’avènement du Mahdi

Hâter le désastre:
Pas d’émeutes, tous des Français à 100% qu’il faut récompenser

Envisager:
Et si Israël disparaissait?

Redresser:
Non, les Musulmans ne sont pas juifs…

Sauver (l’honneur des hommes plutôt que la vie des femmes):
78% d’augmentation en trois ans

Exposer:
L’âme du djihad: la bataille de Badr

Exposer:
The meaning behind the words

Exposer:
A woman speaks the truth

Exciser (encore):
Nombres absolus en hausse de 50%

Surveiller (son langage):
Islamiquement correct de rigueur

Insulter:
Raciste antimusulman!

Exciser:
Muhammad said…
(lire le 1er commentaire)

Négocier (avec les islamistes):
Pro und Kontra

Gagner la guerre (et la paix):
Dans les rues des cités européennes

Attaquer (en justice):
Media-Ratings/Karsenty
contre POI/Schemla

Profiler (les auteurs d’attentats-suicide):
Jeunes, musulmans, mâles

Elucider:
Les talons d’Achille du djihad et de l’Occident

Prévenir (le terrorisme islamique):
Une question de principe

Taire:
Le terrorisme fonctionne

Appeler (au djihad):
Son arabe, texte français
Gestion GB, hébergement USA
Vidéo sans commentaire

Commenter:
Ceux de Pan

Se retrouver:
Le caïd, l’imam et la République

Rappeler:
La guerre contre les infidèles est la norme islamique
2e partie

Croire:
Le président iranien annonce le messie, le chaos mondial et la fin des temps

(psych)Analyser (les émeutiers):
L’origine est peut-être discutable mais la direction est évidente

Se protéger:
Une barrière de sécurité de 4000 km

Diviser:
La gauche a mal à son islam

Mourir pour terroriser:
Question de nationalisme?

Supprimer (Israël):
Y penser. Le dire. Le faire?

Passer ses caprices:
Un robot suisse sauve des enfants esclaves

Restreindre (l’information):
Moyen-Orient et Afrique du Nord
Et même Tunisie

Traduire (l’arabe):
La France terre de djihad?

Elire (en Egypte):
L’Islam est la solution

Recruter (des terroristes):
Le djihad en haute école

Reconnaître (l’arbre à ses fruits):
How do I know what islam is?

Apostropher:
Nouredine, ouvre les yeux!

Cibler:
Le centre du monde: La Mecque

Interroger:
Cinq bonnes questions

Traduire:
En ligne, ensemble, en temps réel

Conspirer:
Ce sont les Juifs. idiot!

Tirer (sur le poète):
C’est la démographie, idiot!

Créer:
Un blog préventifAppeler:
Les mots sont graves

Rassurer:
Tout en douceur

Trier:
Les causes et les conséquences (des émeutes)

Censurer:
Les internautes français interdits de contre-islamisme
(au lendemain de la publication de ceci)

Embrouiller, taire, camoufler, accuser, supposer, impliquer, nier, fabuler, théoriser, prétendre, revendiquer, phraser, louvoyer, victimiser, sous-entendre, répéter, leurrer, mystifier, feindre, égarer, duper et conclure sur un lieu commun:
Mais enfin puisqu’on vous le dit que l’Islam ne pose pas de problèmes

Décompresser
C’est la faute aux Ricains

S’instruire:
L’histoire du djihad

Persécuter (les croyants):
Officiellement, islamiquement

Interdire (au nom de l’Islam):
Un ouvrage universitaire sur le djihad
Amazon.fr l’a (encore)

Bercer:
Les airs enchanteurs du socialisme multiculturalisant

Récompenser:
La barbarie a gagné

Révolutionner:
La France entrouvre les yeux sur son cauchemar

Déraisonner:
Erdogan: voilez vos femmes et changez vos mentalités

Définir:
Le nouveau champ de bataille du djihad international

Tirer le portrait:
Le plus noble (?) dhimmi d’Europe

Rappeler:
Les pieux mensonges de l’enseignement en France

Compter:
Avant de pomper: investir

Menacer de mort:
La routine islamique

Argumenter:
Le naufrage des sociologues

Sonner le tocsin:
L’Europe a une guerre sur les bras

Interdire l’Islam:
Une question de vie ou de mort

Mentir (aux infidèles):
Les Musulmans n’ont pas à dire la vérité sur leur religion

Plisser les yeux:
Les Australiens écoutent les prêcheurs
et montrent les dents

Fermer les yeux:
Les Français ignorent l’évidence et hurlent à la lune

Ouvrir les yeux:
Les contribuables suisses financent la lutte contre Israël

Eurabier:
La dhimmitude volontaire de l’Europe

Fabriquer (des bombes humaines):
Dessins animés aux desseins assassins

Reconnaître:
Les poseurs de bombes parmi nous

Financer (le terrorisme):
L’argent laisse des traces fiables

Réagir:
Six mois avant la bombe?

Photographier:
Trop beau pour être vrai

Inciter:
Les pires ennemis sont rarement violents

Trouver:
Les Musulmans défilent pour clamer leur vérité

Chercher:
Où sont les Musulmans sains d’esprit et pacifiques?

Gérer (la Bourse):
La terreur, comme d’habitude

Remettre en question:
L’info rattrape le renseignement

Arrêter (à Genève):
Quand Zurich parle avec New York

Définancer (le terrorisme):
L’argent ne joue (presque) aucun rôle

Eduquer:
Les Iraniens de demain

Désinformer:
La TV autrichienne aime les détours
La presse autrichienne sauve l’honneur

Rapporter:
L’ONU n’a rien fait.
Comme toujours face au crime.

Haïr (les Juifs):
Politiquement correct en République islamique

Agir:
Du matériel, des conseils,
une obsession
¨

Pétouiller:
Le sommet des lieux communs

Interdire l’Islam:
Un Américain sur quatre. Et en Suisse?

Enquêter:
Cyberterrorisme à l’uni de Genève

Bouder (les collectes):
L’Islam ne fait plus recette

Croire:
L’éloquence des faits

Eclairer:
L’évolution d’Israël

Dénoncer:
Verzerrte Werte

Obliger:
Voile obligatoire dès 60% de Musulmans

Honorer:
L’antisémite de l’année

Inventorier:
Le radeau de la méduseProtéger:
La liberté ou la vie

Rayer de la carte:
Ahmadinejad les met sur la table

Vivre:
Un univers à part, au coin de la rue

Philosopher:
L’Islam à la lumière d’un Judaïsme enrichi de Bouddhisme

Craindre (l’Islam):
Évidemment!

S’entêter:
Sans cervelle

Brimer:
Comme à l’aube de l’effrondrement

Faire rimer:
L’une des pires races en route vers une chambre à gaz

Finasser:
Terreur? Vous avez dit terreur? Ce doit être une erreur

Différencier:
Entre l’inévitable et l’intolérable

Approuver (les attentats suicide):
En public: non; en secret: oui

Chuter:
Le sol se dérobe sous la Syrie alaouite

Aduler:
Mahomet, Oussama, Jacques

Communiser:
Modèle social unique et obligatoire

Démocratiser:
Malgré l’Europe simpliste

Gueuler:
Don’t Mess With Texas

Railler (la religion):
Bon pour le croyant

Interdire l’Occident:
Quelque part, l’Islam est en avance

Propager:
Le cybershow des soldats d’Allah

Juger (Saddam):
Le processus prime sur la sentence

Défendre:
Les droits humains des terroristes

Assassiner (les femmes infidèles):
Un Turc sur trois. Pourquoi?

Assiéger:
L’Europe sans solutions

Comprendre:
Musulmans ≠Al Qaida = Islam

La maladie de la France

L’élan de soutien manifesté – surtout en France, mais aussi dans le monde arabe – par la communauté musulmane en faveur de la libération des deux otages français retenus en Irak est une bonne chose. Mais pas pour les raisons avancées généralement.

En fait, cette évolution est même tout à fait regrettable. Certes, il serait heureux que cela conduise à la libération des deux journalistes et de leur chauffeur. Certes, il faut se réjouir de ce que les Musulmans de France, notamment, fassent ainsi front contre le terrorisme islamiste.

Mais les interprétations qu’on en fait en France sont des plus inquiétantes. Le ministre français des affaires étrangères Michel Barrier loue la «solidarité et l’émotion qui s’expriment unanimement des plus hautes autorités de l’Islam». Le Hamas et Téhéran y compris? Gilles Kepel, islamologue et auteur d’un récent ouvrage sur le sujet, expose avec assurance sur Europe1 que les «groupes extrémistes islamistes sont isolés (…). Ils ont échoué dans les années quatre-vingt-dix, ils ont échoué en Algérie, (…) en Égypte, (…) en Bosnie, (…) au Cachemire (…).» Bref, ils sont finis. Depuis les années 1980, cette prédiction revient avec chaque belle saison dans la bouche des experts.

Le terrorisme djihadiste, une nouvelle fois, est présenté comme un phénomène mineur au sein de l’Islam, provoqué par quelques rares fanatiques sans aucun soutien populaire. L’Islam aime la paix, l’Islam est beauté, piété, sens de l’essentiel, voie vers le divin. L’islam est foncièrement bon, veut-on nous dire, et seuls quelques esprits faibles, écœurés sans doute par les persécutions incessantes de l’Occident, se laissent aller à des actes totalement étrangers à la substance de l’Islam et, naturellement, contraires à sa loi sacrée, la charia.

Balivernes. Le prophète Mahomet pratiqua l’assassinat politique (Al Nader, Ocba, Asma bint Marwan, Abu Afak, tout cela justifié par la sourate VIII.67: «Il n’appartient pas au prophète de faire des captifs, tant que sur Terre, il n’a pas complètement vaincu les incrédules») et ordonna lui-même l’exécution de centaines de civils, femmes et enfants, par égorgement (Sir W. Muir. The Life of Muhammad. Edimbourg, 1923. Cité dans Ibn Warrack, Pourquoi je ne suis pas Musulman, pp. 129–130):<

Durant la nuit, des fosses suffisamment grandes pour contenir les corps furent creusées de l’autre côté de la place du marché. Au matin, Muhammad ordonna que les hommes captifs soient emmenés par groupes de cinq ou six à la fois. On les faisait asseoir sur un rang au bord de la tranchée qui deviendrait leur tombe. On les décapitait et les corps étaient précipités dans la fosse. (…) La boucherie, commencée tôt le matin, dura tout le jour et se prolongea dans la soirée à la lumière des torches. Après avoir ordonné que le sol détrempé par le sang des sept à huit cents victimes fût aplani sur leurs restes, Muhammad abandonna l’horrible spectacle pour aller se consoler avec les charmes de Rihana, celle-là même dont le mari et tous les parents mâles venaient juste de périr dans le massacre.

S’il est vrai qu’Oussama Ben Laden est davantage un personnage télégénique qu’un leader idéologique, son succès n’en reste pas moins éclatant. Et si le réseau Al-Qaida historique n’existe plus, son influence est plus que persistante. En 2001, 72% des Palestiniens soutenaient la destruction totale d’Israël. Le dernier attentat réussi s’inspirant de ce soutien populaire «dépérissant» a fait 16 victimes à Beersheba le 31 août – voici leurs visages. Et des références sur le terrorisme palestinien, les dernières nouvelles du terrorisme international, un dossier plus général, une liste des plus éloquentes et une visite guidée édifiante.

Ainsi, comme le dit Abdel Rahman al-Rashed, le directeur d’Al-Arabiya, dans le titre arabe (le titre anglais est plus politiquement correct) d’un cri de désespoir repris aujourd’hui par le Sunday Telegraph de Londres: «La dure vérité est que tous les terroristes du monde sont des Musulmans!»

Cet appel est une première du genre et il constitue un signe très positif, dans la mesure où l’on peut espérer qu’il marque un tournant, mais pour l’instant, il signale surtout l’ampleur énorme du problème (je pense quant à moi que le message dont les Musulmans ont besoin est celui-ci).

Alors, pourquoi tant d’aveuglement? Pourquoi tant d’obstination, chez les Français, d’une manière générale, à ignorer les faits?

Historiquement, il y a sans doute d’abord ce qu’Alexis de Tocqueville appelait «le principe de l’égalité» faisant, entre autres, que des «peuples voisins (…) se ressemblent (…) en ce point qu’ils redoutent également la guerre et conçoivent pour la paix un même amour». À cela s’ajoute, toujours selon Tocqueville, «la lassitude extrême que les guerres de la Révolution et de l’Empire ont laissée». Et le fait est que, depuis lors, la France n’a cessé de se montrer coupablement frivole face à l’éventualité d’une guerre.

Ensuite, le gauchisme. En France, la rationalisation de la pensée marxiste a atteint des sommets bien visibles dans les structures politiques et administratives tentaculaires de l’hexagone. Or le gauchisme a donné naissance au tiers-mondisme: la révolution de Marx étant restée en panne, on a minutieusement adapté sa théorie pour en faire celle de l’oppression non plus des travailleurs par les propriétaires, mais du tiers-monde par les pays développés. Et il reste des intellectuels français attachés à cette fable.

Autres héritières, sinon du gauchisme, du moins de ses dissidents tardifs, les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains entretiennent également une vision faussée du monde et celle-ci est très sensible dans le berceau des droits de l’Homme.

Aujourd’hui, les ONG sont largement institutionnalisées par les Nations Unies. Comme le déclare Kofi Annan, les ONG sont «des partenaires essentiels et indispensables pour les gouvernements et pour la communauté internationale et constituent un moteur de l’élaboration et de la mise en œuvre des décisions prises lors des principales conférences des Nations Unies». Mais même les plus importants poids louds parmi les ONG ne font l’objet d’aucun contrôle indépendant contraignant. Seuls des organismes privés tentent de conserver une vue d’ensemble de leurs activités.

Or, les principales ONG de défense des droits humains sont profondément noyautées par des idéologies proches de celles auxquelles s’abreuvent, par exemple, les supporters des ambitions palestiniennes («Libération totale de la Palestine»), comme en témoignèrent, par exemple, la Conférence de Durban – qui devint un unique acte d’accusation contre Israël – en septembre 2001, les mensonges patents diffusés par certaines de ces ONG lors de l’opération de Tsahal à Jénine en avril 2002 ou la campagne de discrédit qu’elles menèrent pour dissuader Israël de construire une barrière de sécurité dont tout indique qu’elle permet de sauver des vies humaines.

Et puis, la France a eu le malheur de confier, des décennies durant, à des hommes de caractère douteux des positions d’autorité sur les questions arabes. Ainsi Louis Massignon (1883–1962), un Catholique converti à l’Islam à la suite d’une «révélation» dans un moment de grande précarité, un mystique plus qu’un scientifique, qui consacra sa thèse à une obscure figure médiévale et qui fut connu pour laisser déraper ses cours de loi islamique ou de littérature arabe (au Collège de France, de 1926 à 1954) vers de virulentes attaques marxistes contre les sociétés multinationales, les souverains ou l’État, et qui attribuait, contre l’évidence la plus manifeste, toutes les tares de l’Islam à l’influence occidentale.

Mais cet homme, pour égaré qu’il paraisse à un observateur moderne attentif, reste adulé par les gens en place: un colloque lui était encore consacré au Centre de recherche français de Jérusalem en mai et juin derniers.

Autre géant de l’enseignement de la civilisation arabo-musulmane en France: Jacques Berque (1910–1995), conseiller personnel de Jean-Pierre Chevènement, qui déclarait (El Moudjahid, Alger, 5 juin 2004) à propos de Berque qu’«il aurait été conforté par la courageuse position du président Jacques Chirac» sur la guerre en Irak.

Jacques Berque fut officier français au Maroc de 1934 à 1953. Pendant ses loisirs, il rédigea une étude anthropologique des Berbères qui lui valut, en 1956, la chaire d’histoire de l’Islam contemporain du Collège de France, chaire qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1981.

Dans ses mémoires, Berque révèle comment il s’éprit de l’Islam, notamment à travers ses premières amours, une «amie attitrée» des quartiers chauds de Casablanca. L’homme souffrait d’un complexe de culpabilité envers l’Islam, s’y sentait un hôte indésirable et, travaillé par ce dilemme entre les penchants de son cœur et les impératifs de ses origines, finit par prendre parti pour les premiers.

En 1953, il devint un officiel de l’UNESCO en Égypte où, selon ses propres termes, il se «tiers-mondisait». Son parcours consista ensuite à marteler la superficialité de la civilisation moderne et les valeurs bafouées d’un «humanisme authentique» qu’il voulait déceler en terre d’Islam.

Pour lui, le terrorisme était une péripétie, un pas vers un monde meilleur, au pire une phase désagréable. Il admirait la Révolution culturelle chinoise, clamait la supériorité d’un système à parti unique, affirmait que les Arabes constituaient une force de résistance contre l’injustice, qu’ils étaient les vrais alliés de la démocratie et du socialisme. Il donna son soutien au FLN algérien.

Cet amoncellement d’erreurs reste presque intact, tel un monument, et continue d’inspirer l’action du gouvernement français et la pensée de beaucoup de Françaises et de Français, comme le montre cette petite enquête sur le comportement auto-subversif des internautes lorsqu’ils mentionnent les villes irakiennes de Nadjaf et Kerbala.

Bref, la France est comme infectée par la maladie de l’Islam. Elle aussi succombe à la «mauvaise foi» de l’Islam qui se manifeste dans des revendications religieuses fantaisistes, l’attachement à des attitudes autodestructrices, la propension à créer des chaos indescriptibles, le refus obstiné d’affronter la réalité, des comportements puérils et primitifs et l’absence quasi-totale de réaction positive à cette situation.

Si comme le veut l’adage, à quelque chose malheur est bon, à quoi la maladie de la France est-elle bonne?

Cette évolution a conduit la France à conserver et entretenir une diplomatie surdimensionnée et des contacts privilégiés dans le monde arabe. Et ce dispositif vient de prouver son efficacité sur le terrain, avec un coup de pouce discret des forces américaines. Ainsi, lorsqu’elle bouge, la diplomatie française avance. Je pense qu’elle devrait bouger plus, beaucoup plus.

Lorsque l’Amérique se préparait à envahir l’Irak, je rêvais d’une entreprise dédiée à la bonne gouvernance. Une année plus tard, j’en dessinai l’esquisse technique.

Cette année, Francis Fukuyama, l’homme qui prévoyait, à tort certes, mais avec talent et à-propos, la «fin de l’histoire», ou plutôt la fin des idéologies, en observant la chute du rideau de fer, désigne une nouvelle fois les réflexions qui devraient occuper le devant de la scène. Il se pourrait bien qu’il voie plus juste, cette fois ¨[UPDATE: il semble qu’il faille bel et bien oublier Fukuyama]. Et si la France se réveille, elle peut retrouver sa superbe dans le cadre de cet effort.

Se réveillera-t-elle?