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Al Dura — l’arrêt du 21 mai 2008 par le menu

Il s’agit ici d’un condensé de huit petits billets (1-2-3-4-5-6-7-8) que j’ai consacrés il y a quelque temps à un arrêt que si peu de gens concernés semblent avoir lu qu’il mérite bien une reprise.

Le 21 mai dernier, donc, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects problématiques de leur reportage selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Philippe Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie, ce à quoi France 2 et son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin, l’auteur dudit reportage, répliquaient par une plainte en diffamation. 

L’affaire Al Dura, du nom de l’enfant en question, connaissait ainsi un tournant très discret et pourtant décisif: c’était en effet la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire, en exigeant par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Cet arrêt reflète le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure. En voici les principaux thèmes, classé en huit chapitres:

1. Le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 

Ce premier chapitre nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi. Voici les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 de l’arrêt) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées [...]. Ce premier épisode est une pure fiction [...]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie [...]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans [...]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 de l’arrêt):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 de l’arrêt). Nous allons voir maintenant comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

2. Une déontologie en question 

Nous découvrons ici des aspects très importants de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 de l’arrêt):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN;

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir. À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Nous allons pouvoir examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

3. Le mystère de l’agonie disparue

Une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes [...] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort [...] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Les éléments de l’arrêt permettent-ils de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance?

4. L’actualité mise en scène?

Ce quatrième chapitre se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens;

que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l'enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, [...] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talal ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 de l’arrêt):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment.

On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? À leur sujet, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal? Examinons un peu les éléments de preuve potentiels:

5. Où sont les balles?

Les balles mortelles (l’hôpital palestinien parlera de onze impacts au total) constitueraient des preuves accablantes, car les Israéliens utilisent des munitions bien spécifiques, qui provoquent aussi des blessures internes reconnaissables. Mais les balles ont été recueillies sur le site par le caméraman palestinien, selon ses propres dires, et ne sont jamais réapparues:

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).

– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…

– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

6. Où est le sang?

Les armes automatiques utilisées par les Israéliens tirent des projectiles très rapides qui traversent en principe un corps humain de part en part et causent donc de forts saignements. Qu’en est-il des traces de sang? Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.

– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a, semble-t-il, été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

7. Où sont les blessures? 

Le père de l’enfant, Jamal Al Dura, n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
- Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu – si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

8. Où sont les témoins?

Qu’en est-il des témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide? Il faut préciser ici que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est ni direct, ni ferme: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité plus haut. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles; bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins: 

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement, qui aurait duré queque 40 minutes, plus le transport à l’hôpital? Les journalistes présents sur place avaient-ils mieux à faire?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman>
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées. Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:

Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.

Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alors que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications). 

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et sur cette base, l’examen de l’arrêt permet de considérer comme établi par un tribunal

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Et nous venons de voir que la situation des personnes concernées ne permet pas de considérer leur témoignage comme «parfaitement crédible». Il ressort donc d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. 

Pour les développements intervenus depuis cet arrêt, voir debriefing.org

Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

Commençons par ce communiqué surréaliste publié hier par le Ministère de la Justice de Mainz, en Allemagne (je traduis):

Les investigations effectuées ce week-end par la police criminelle de Coblence ont permis d’identifier les auteurs d’une vidéo hostile à l’Islam qui avait été diffusée en ligne, sur youtube, le 20 juin 2008.

Les suspects sont un homme de 22 ans et son amie de 23 ans, tous deux de Gelsenkirchen (…) Les deux suspects ont avoué les faits qui leur sont reprochés (…) Aucun élément ne permet de lier l’affaire à l’extrême-droite.

Non, contrairement à ce que laisse entendre cet étrange communiqué, la police allemande ne lance pas, d’ordinaire, des enquêtes criminelles contre les auteurs de vidéos anti-Islam diffusées sur youtube. Le procureur qui l’a signé a seulement «oublié» de préciser pourquoi cette affaire a pu être confiée à la police criminelle. Et là réside tout l’intérêt de ce fait sinon seulement divers.

La femme qui s’exprimait sur les (deux, semble-t-il) vidéos en question prétendait être Doris Ulfkotte, l’épouse du juriste et criminologue allemand Udo Ulfkotte, auteur notamment de nombreux ouvrages, dont certains sur l’islamisme. Or ces vidéos étaient si virulentes et ont eu tant de succès (on parle de 140.000 visionnements et 4500 commentaires en quelques heures) que les Ulfkotte sont depuis lors littéralement submergés de menaces de mort et vivent sous une lourde protection policière. D’où leur plainte et l’enquête, qui vient d’aboutir, semble-t-il.

Mais les Ulfkotte ne sont pas au bout de leurs peines. Si les vidéos ont disparu de la toile, personne ne paraît se soucier de disculper le couple allemand auprès des dizaines de milliers de Musulmans en colère dont beaucoup ont juré de les traquer jusqu’à la mort. Il faut savoir qu’une récente enquête commanditée par le Ministère allemand de l’Intérieur a révélé qu’un Musulman allemand sur quatre est prêt à faire usage de violence contre les non-Musulmans.

D’autre part, aucune organisation islamique ou turque n’a daigné informer ses membres de l’affaire. Aucun politicien n’a jugé judicieux de se porter garant de la bonne foi des Ulfkotte. La presse allemande est extrêmement peu intéressée, pour user d’un doux euphémisme. Et nous avons vu plus haut que la Justice est elle aussi très avare d’explications à cet égard. Pour l’instant en tout cas. De sorte que seule une infime fraction des assassins potentiels lancés à leurs trousses a été informée de la chose. Seul point positif:

Ces derniers jours, un grand coup de main est venu de l’étranger (un politicien suisse a offert un refuge, de même qu’une grande organisation chrétienne des États-Unis) ainsi que des rangs de la police.

La police, qui en est réduite à enquêter individuellement, longuement, sur des centaines de cas de menaces proférées anonymement sur Internet. Les Ulfkotte en ont certainement pour des années de danger constant. Tous les gens qui sont tentés d’enquêter sur l’islamisme vont sentir un nuage noir de plus se former au-dessus de leur avenir. Les organisations islamiques ne trouveront bien sûr aucun intérêt à freiner cette évolution. Les politiques et les journalistes auront d’autant plus peur de jouer les héros. Et après?

UPDATE: Un premier politicien, Hans-Jürgen Irmer (CDU, chrétien, conservateur) s’engage en faveur des époux Ulfkotte en faisant adresser le communiqué suivant à la presse (je traduis):

Irmer appelle au soutien en faveur des Ulfkotte
Les associations musulmanes doivent se distancier des menaces de mort

Le député CDU (…) Hans-Jürgen Irmer qualifie d’intolérable le fait que des milliers de menaces de mort aient été proférées par Internet contre l’ex-rédacteur de la Frankfurter Allgemeine Zeitung et auteur Udo Ulfkotte après la publication sur le site Youtube de déclarations hostiles à l’Islam faussement attribuées à son épouse. Il a été établi entre-temps qu’il s’agissait d’une supercherie, réalisée au détriment des époux Ulfkotte.

Ulfkotte est certes bien connu pour ses positions très critiques envers l’Islam, positions qu’Irmer partage personnellement. Mais cela ne saurait, en aucunes circonstances, justifier des appels au meurtre, des incitations à l’attentat ou des menaces de quelque nature que ce soit. Irmer dit avoir la certitude que la majorité des musulmans n’acceptent pas cette attitude. Les associations musulmanes régionales mais aussi nationales apporteraient une aide et un soutien bienvenus aux Ulfkotte en se distanciant de manière univoque de ces appels au meurtre.

Ces associations sont donc instamment priées de signaler clairement sur leurs sites Internet que le recours à la violence pour résoudre un litige est également exclu du point de vue islamique.

Par la même occasion, le député CDU appelle les autorités politiques berlinoises ainsi que le ministre de l’Intérieur à faire savoir aux organisations musulmanes, dans le cadre de leur dialogue politique, qu’on ne peut tolérer sans réaction ni commentaire qu’un citoyen allemand soit la cible de propos diffamatoires et de menaces de la part de citoyens turcs.

«Il faut agir avant que les choses ne s’enveniment», souligne le député CDU. «Si, n’importe où dans notre République, le président d’une association islamique était menacé de mort sur Internet par des radicaux de droite, on verrait des manifestations et on entendrait des discours de solidarité et des cris d’indignation dans tout le pays – et ce à juste titre. Il doit en être de même dans la situation inverse.»

UPDATE: Un autre responsable politique allemand, Wolfgang Bosbach, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, a offert son soutien aux Ulfkotte. Entre-temps, les auteurs des vidéos qui ont mis le feu aux poudres en appelant au meurtre de masse contre les citoyens allemands d’origine turque ont été remis en liberté par le juge chargé de l’affaire et doivent donc également être protégés par la police…

UPDATE: Les vidéos des deux jeunes idiots qui, entre deux crises de fou rire, prônent le gazage ou l’abattage de tous les Musulmans d’Europe et se sont fait passer pour les Ulkotte peuvent être visionnées sur un blog, à cette adresse:
http://akkaly.blogspot.com/2008/06/trkei-gewinnt-gegen-kroatien-stimme-der.html

Un exemple:

Il est évident que ces gens n’ont rien à voir avec les Ulfkotte, ni par leur personne (ils sont beaucoup plus jeunes que les Ulfkotte), ni par leur message (très café du commerce après l’heure de fermeture), ni par la forme de leur communication. Il est donc extrêmement douteux que les auteurs des menaces de mort aient pu croire sincèrement qu’il s’agissait des Ulfkotte.

UPDATE: Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

Plaintes contre la TSR — flop programmé

Les deux plaintes collectives lancées contre la TSR, rejetées (première, deuxième) par l’Autorité de surveillance en première instance et soumises au Tribunal fédéral viennent d’atteindre leur destination finale: la corbeille à papier, le Tribunal fédéral ayant jugé que je n’avais pas la qualité requise pour recourir.

Pour résumer, les plaintes ont été rejetées pour des raisons qu’il est vraiment permis de trouver fantaisistes (une émission isolée peut bien être biaisée, ce serait aux plaignants de monitorer toutes les émissions des mois durant pour démontrer qu’il y a un parti-pris régulier; une émission peut fort bien traiter superficiellement une situation qui cause régulièrement des morts; et elle peut aussi être mauvaise, contenir des erreurs et induire en erreur, le tout toujours dans le même sens politique, sans violer la concession) et seule une personne directement impliquée dans l’émission et pouvant faire valoir une atteinte particulière et un intérêt digne de protection peut espérer voir alors son recours examiné par la deuxième et dernière instance du pays.

Ainsi, il est pratiquement impossible de réunir les conditions qui permettraient d’obtenir gain de cause en droit. Pour se servir de la loi actuelle dans un cas de désinformation par un média suisse subventionné, il faut réunir un consensus politique, et non juridique, parmi les juges concernés. Sinon, toute plainte qui s’attaque au travail journalistique de nos médias peut être balayée sans difficulté. Et quitte à réunir un consensus politique, pourquoi s’embarrasser ensuite d’une procédure soi-disant juridique?

Certains entendent poursuivre dans cette voie. Ce sera sans moi.

UPDATE: Hier, 6 mars, des terroristes palestiniens ont abattu, délibérément, de sang froid, de jeunes étudiants juifs dans une école, à Jérusalem. Je m’associe au communiqué de l’Union des communautés juives d’Île-de-France pour affirmer que

tous les accusateurs d’Israel, toutes les chancelleries, les organisations internationales comme l’ONU, l’Union Europenne, toutes les ONG qui ne manquent jamais d’accuser l’Etat d’Israel lorsque ce pays défend légitimement sa population bombardée jour et nuit au Nord et au Sud par les terroristes du Hamas ou du Hezbollah, portent une part de responsabilité dans ces crimes.

et pour ajouter à ces accusateurs, dans le contexte des plaintes susmentionnées, les journalistes responsables des émissions attaquées, les juges qui n’ont pas réagi et le législateur suisse, qui a manqué de clairvoyance.

UPDATE: La Suisse officielle, celle en tout cas du Département fédéral des affaires étrangères de Mme Calmy-Rey, est d’avis que c’est Israël qui abat sciemment des civils. Voilà qui souligne bien l’urgence d’une action plus politique que juridique dans le domaine.

La TV du Hezbollah à la conquête du monde

Il semble que, depuis ce mois, la télévision du Hezbollah, Al-Manar, une chaîne qui a déjà été condamnée pour ses contenus inacceptables par divers gouvernements occidentaux, pourrait transmettre ses émissions sur le réseau satellitaire Thaicom. De quoi arroser de haine la majeure partie de l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe centrale. Un dossier de l’IICC. Update: version française.

UPDATE: Thaicom s’est ravisée et a stoppé la retransmission des émissions de Al-Manar.

Voir aussi:
Le rapport manquant (HRW sur le Hezbollah)
Le Hezbollah crée des zones interdites au Liban
Le Hezbollah établit des réseaux de communication parallèles dans ses fiefs
Le N° 2 du Hezbollah loue Khomeiny …
Comment les médias sont devenus les partenaires du Hezbollah …
L’adjoint de Nasrallah: se suicider pour tuer est une chose noble, …
Gardes révolutionnaires iraniens et Hezbollah — cherchez la différence
Le Parti de Dieu poursuit son projet
L’Iran est de plus en plus clair. Enfin assez?
Plainte contre la TSR – les profondeurs du débat
La propagande du Hezbollah sur Internet
Les Nazis de notre temps portés aux nues par notre TV
Un autre «reportage» sur le Hezbollah
Les adeptes du parti d’Allah en Occident
Le parti d’Allah est indigne
Terroriste d’État (islamique)

2e plainte contre la TSR — motivations du rejet

Les motivations de la deuxième plainte contre la TSR, qui attaquait cette fois diverses émissions du Journal d’information de la chaîne suisse romande et qui a été rejetée en juin dernier, me sont parvenues aujourd’hui.

Le premier volet de la plainte, qui évoquait la situation des Chrétiens de Bethléem, avait été rejeté à l’unanimité. Les compléments d’information qui paraissaient indispensables, au moins sous la forme d’une mention, aux 45 signataires de la plainte, n’ont paru dignes de considération à aucun des juges.

En revanche, le deuxième volet de cette plainte, qui attaquait une rétrospective de la guerre de l’été 2006 au Liban, a tout de même convaincu quatre juges sur neuf que l’émission en question viole le principe de la présentation fidèle des événements (voire les deux pages relatant cet avis divergent ou les 14 pages des motivations complètes). Je cite (et je mets en gras):

L’élément décisif aux fins de l’appréciation de ce reportage consiste dans le fait qu’il s’agit d’une retrospective de l’année en cours. Certes, en tant que telle, cette émission présente indiscutablement les événements de manière sommaire et elle ne reflète qu’une partie de l’actualité qui a marqué l’année. Partant, elle ne peut s’intéresser aux détails et ne peut approfondir les sujets présentés. En revanche, et pour cette même raison, ce genre d’émission doit répondre à deux impératifs: se limiter, d’une part, aux faits et aux événements essentiels et les retransmettre de manière correcte, voire objective, et, de l’autre, ne formuler aucune opinion personnelle et ne pas émettre d’avis ou prendre parti.

Or, cette émission ne tient pas compte de ces impératifs. Cela, à plus d’un titre. Elle donne en effet l’impression que les seuls belligérants impliqués dans ce conflit sont Israël et l’armée libanaise. Une séquence entière est d’ailleurs consacrée à cette dernière, que l’on montre lors de son “retour triomphal” à Beyrouth (“retour triomphal de l’armée libanaise”). Or, c’était en réalité le Hezbollah, soit une organisation non étatique, qui était la faction opposée à Israël, du moins dans le Sud Liban — région qui a été le théâtre central de ce conflit. L’armée libanaise se contentait largement d’observer le conflit de manière impuissante. De plus, le reportage suggère que l’enlèvement de deux soldats israéliens serait l’unique fait à l’origine d’un conflit qui a engendré de nombreux morts et des destructions massives survenus au Sud Liban. En revanche, on passe sous silence l’existence des bases militaires que le Hezbollah a installées en plein centre des villages situés au Sud Liban. Cependant, ces bases-là sont justement aussi à l’origine des gros dégâts qui ont été causés. A cela s’ajoute le fait qu’à la fin de l’année 2006, la rédaction était parfaitement au courant des attaques brutales commises de part et d’autre (recours à des bombes à sous-munitions, bombardement de bâtiments civils, etc.). Enfin et malgré cela, on met l’accent exclusivement sur la situation du Liban en guerre; aucune image des roquettes tirées régulièrement depuis le Liban et affectant la population civile en Israël n’est montrée. Les tirs de roquettes du Hezbollah visant la partie nord d’Israël ont pourtant provoqué des pertes aussi bien humaines (plus de 40 victimes ont été dénombrées) que matérielles.

Malgré la concision qui caractérise ce genre de reportage, il eût été facile de rappeler brièvement par le texte et les images quelles étaient les conséquences de cette guerre pour Israël.

Les rétrospectives présentées à la fin de chaque année ont également un aspect documentaire, grâce auquel on rappelle en mémoire les événements marquants à tous ceux qui les ont suivis. Le public doit cependant pouvoir partir du principe qu’il ne s’agit que d’un bref rappel des événements les plus importants et que ceux-ci sont simplement résumés. Dans une séquence ultérieure, la rétrospective revêt le caractère d’un documentaire. Elle sert alors à orienter rapidement le public et de manière sommaire à propos d’un thème. Dans les deux cas, il est indispensable de traiter le sujet abordé avec rigueur, une certaine prudence et de s’en tenir strictement aux faits. Si on ne repecte pas ces principes, le téléspectateur se trouve dans l’impossibilité de se former librement une opinion.

Enfin, il sied de relever que pour produire cette rétrospective relative à des événements vieux de quelques mois, la rédaction ne devait pas travailler dans l’urgence ou sous pression. En outre, elle disposait en l’espèce d’une grande quantité d’images et de matériel sonore. De par sa présentation des faits unilatérale et en partie erronée (rôle de l’armée libanaise) et en raison de la pondération que la rédaction a faite des éléments qui constituent ce sujet, elle a violé le devoir journalistique de diligence.

Enfin, s’agissant de la présente rétrospective annuelle, les connaissances préalables du public ne jouent finalement qu’un rôle fort restreint. Car les événements en question remontaient à près de six mois et seul un public composé de personnes plus intéressées que la moyenne par la politique et l’histoire se souvenait à ce moment-là du déroulement précis du conflit et des responsabilités respectives des belligérants. En revanche, pour le public ordinaire de référence, qu’il convient de prendre en compte pour examiner si et dans quelle mesure il y a eu violation du devoir de présenter fidèlement les événements, la rétrospective assumait une fonction d’information sous forme abrégée. Or, si le rappel de l’actualité est fait de manière unilatérale, il y a violation de la libre formation de l’opinion du public. Force est donc d’admettre que le diffuseur intimé a manipulé le public par la sélection des éléments du sujet aussi bien que par leur illustration, que ce soit par les images diffusées tout autant que par les commentaires faits dans le cadre de l’émission controversée.

Fin de citation. Je rappelle qu’il s’agit là de l’avis divergent exprimé par quatre juges sur neuf et que la plainte a donc été rejetée. Pour mémoire, voici une nouvelle fois le texte de cette plainte, sans les références, que l’on peut consulter dans ce document pdf:

(more…)

1ère plainte contre la TSR — recours au TF

La plainte contre la Télévision suisse romande déposée au début de l’année et rejetée en première instance par l’AIEP, l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (motivations), a fait l’objet d’un recours auprès du Tribunal fédéral (avis de réception du 20 décembre).

En effet, l’AIEP admet dans ses considérants que l’émission incriminée est bel et bien biaisée et qu’elle ne présente pas les arguments en présence de manière équilibrée, bien que la complexité de la situation en présence oblige à une prudence accrue sur ce point, mais elle estime que cela ne viole pas le droit en vigueur, car les téléspectateurs disposeraient déjà de suffisamment d’informations pour combler les lacunes de l’émission.  

Cependant, Temps Présent n’a consacré aucune autre émission au sujet qui permette de compenser les manquements en question et l’émission incriminée a été diffusée plus de trois mois après le lancement des hostilités par le Hezbollah, le 12 juillet 2006, soit longtemps après que ce thème ait cessé d’occuper l’actualité quotidienne.

La position de l’AIEP équivaut donc à exiger de quiconque souhaitant contester la véracité, la transparence, la diligence et l’absence de préjugés des journalistes de la TSR qu’il monitore la totalité des émissions pendant des mois, ce qui vide de tout sens le respect, garanti par la constitution, de l’équité du travail de la Télévision suisse. Et cela prive de facto le citoyen de la faculté de porter plainte pour violation des règles imposées aux médias subventionnés du pays.

Le recours exige donc, en substance, que le Tribunal fédéral annule la décision de l’AIEP et qu’il condamne la TSR à diffuser le film Obsession — Radical Islam’s War Against the West, comme le proposaient les plaignants dans une lettre ouverte soutenue à l’époque par quelque 150 personnes et qui était annexée à la plainte soumise à l’AIEP.

1ère plainte contre la TSR — motivations du rejet

Plus de six mois après la décision effective, le 4 mai dernier, je viens de recevoir les motivations (envoi: 15 novembre 2007) de l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision, laquelle rejettait ainsi à l’unanimité une plainte administrative contre une émission consacrée au Hezbollah libanais.

En substance, il n’y a rien de mal à faire une apologie d’un mouvement théocratique armé qui commet sciemment des crimes de guerre systématiques (comme l’indique un autre document tardif) du moment qu’on promet justement de faire cela. Et c’est aux plaignants, le cas échéant, de prouver que la TSR n’a pas suffisamment présenté les autres aspects du problème dans le cadre d’autres émissions sur une période de plusieurs mois.

Pendant que le monde compte les moutons…

Même le Conseil des droits des terroristes s’attaque aux blancs moutons helvétiques. Et beaucoup en profitent pour perdre le vernis de bon sens qui leur sert de respectabilité et se saouler de la forme pour oublier le contenu, que rappelle Christoph Blocher aujourd’hui: les étrangers en Suisse, d’une manière générale, et les jeunes en particulier, deviennent de plus en plus criminels.

Et ce n’est certainement pas à cause des brebis de l’UDC. Pour que des enfants nés en Suisse ou longtemps après une guerre dans leur pays soient plus criminels que leurs parents, il faut qu’ils subissent des incitations à la haine. Et la principale source d’incitation à la haine, de nos jours, ce n’est pas le nazisme, ni l’extrême-droite, qui n’ont plus la moindre importance (pas même dans les statistiques d’actes de violence), c’est la religion islamique.

Aucun autre message, aujourd’hui, n’est à la fois aussi ségrégationniste, agressif, cruel, perfide et plus tonitruant que le cri de guerre des Arabes du VIIe siècle transformé plus tard, par un amoncellement grotesque d’affabulations, en un carcan normatif pour le peuple et une justification de tous les crimes pour ses gouvernants.

La religion est la source des plus profondes convictions partagées des populations. Et celle de l’Islam, il faut enfin cesser de l’ignorer, enseigne la haine du non-croyant, donc de l’Occident laïque, la haine des Juifs, la haine de l’autre, de celui qui n’est pas ou plus musulman (les Juifs seraient des Musulmans qui auraient renié l’Islam). Mais en même temps, elle oblige à propager la religion, donc, en position de faiblesse, à sourire à l’autre, à le séduire, le charmer, l’amener à l’Islam. C’est pourquoi nous avons cette dichotomie énorme entre le sabre du terrorisme et le loukoum du Ramadan.

Mais la haine est toujours là, puissante, vigoureuse, si bien portée par les pétrodollars qui financent la multiplication de la supercherie coranique et de son enseignement qu’elle a l’air d’une conviction respectable à ceux qui préfèrent la forme à la substance. Le vilain terroriste parle de sales kouffar et le gentil prosélyte parle de racistes ou d’islamophobes. Mais ils ont en eux la même haine. Contre l’autre, celui qui ne pense pas comme il faut. Et cet élan de haine, incompréhensible pour quiconque refuse d’en chercher par lui-même les origines dans l’Islam, entraîne d’innombrables opportunistes, avec parfois un reste de sincérité ou de naïveté, à au moins condamner les mêmes choses, persuadés que tant de haine ne peut provenir que d’une offense réelle. 

Mais l’Islam n’a besoin de prétextes concrets ou politiques pour haïr le non-Islam qu’en position de faiblesse. En position de force, il fait sa prière, il lit son livre saint et le piège se referme sur lui.

Et il ne faut pas tant de jugeote pour s’en rendre compte: les gens qui tuent par haine, aujourd’hui, sont presque tous musulmans, les gens qui se suicident pour un paradis de pubertaire égaré sont presque tous musulmans. Les criminels montants des sociétés européennes ont presque tous des ascendances musulmanes ou apprécient l’Islam. Ils ne connaissent souvent pas bien la religion, c’est vrai, mais ils en ont toutes les cibles.

Car ce n’est pas la peine de bien connaître l’Islam pour en acquérir la haine: c’est son coeur même. Il suffit de connaître le parcours de son prophète fantôme et de le trouver légitime. Cet homme aurait commis tous les crimes que commettent les islamistes aujourd’hui. Il a été intolérant (envers la religion d’autrui), a versé le premier sang, a rompu le premier la trève sacrée, a autorisé le mensonge, a fait assassiner ses adversaires politiques, a pillé, chassé, exécuté et massacré en masse. Tout cela accompagné des pires accusations et malédictions possibles contre les gens qu’il éliminait physiquement. Et il a ordonné de continuer jusqu‘à ce que seule règne la religion qu’il exemplifiait. Enfin tout cela au conditionnel, car les seules sources de son passage dans ce monde sont des croyants et, de son vivant, personne ne prit la moindre note de son existence.

Comment croire à une telle histoire et penser qu’elle décrit la vie d’un homme de Dieu sans devenir un criminel, au moins par complicité de pardon d’office à ceux qui le deviennent réellement? Et que valent les paroles sucrées des gens qui vantent l’Islam devant des écrits aussi poivrés? Et si nous continuons d’écouter les sirènes ramadanesques, vers quelles rives nous mèneront-elles, sinon celles d’un monde régi non pas par leurs paroles de circonstances, mais par leurs textes sacrés? Et, en maximisant notre bonne volonté, une fois arrivés, charmés, dans leur Islam, que sera devenue la haine qu’ils répandent aujourd’hui par leurs textes? Se sera-t-elle métamorphosée en douce rosée?

De même, que deviendra la criminalité des étrangers et des jeunes si le débat porté à bout de bras par l’UDC est écarté pour cause de manque de goût? Et qu’adviendra-t-il alors des moutons?

Le rapport manquant (HRW sur le Hezbollah)

Plus d’un an après les faits, plus de neuf mois après le rapport israélien, dix mois après l’écoeurant reportage apologique d’une TSR menée par le bout du nez, huit mois après une autre production TSRienne dégoulinante de parti-pris pro-Hezbollah et des mois après les rejets (1 + 2) des plaintes administratives lancées par des citoyens suisses scandalisés, voici que l’une des principales sources de l’assurance des journalistes en question fait enfin le procès du Hezbollah:

Hezbollah forces in Lebanon fired thousands of rockets into Israel, causing civilian casualties and damage to civilian structures. Hezbollah’s means of attack relied on unguided weapons that had no capacity to hit military targets with any precision. It repeatedly bombarded cities, towns, and villages without any apparent effort to distinguish between civilians and military objectives. (…)

Rockets killed and injured Israelis in their homes and workplaces, and on the streets of villages and cities. Rockets struck hospitals in Nahariya, Safed, and Mazra, an elementary school in Kiryat Yam, and a post office in Haifa. Such attacks on civilians and civilian structures were often the foreseeable consequence of Hezbollah’s attacks, and, as its statements indicate, were at times intended. (…)

Hezbollah rockets repeatedly hit populated areas in Israel. In some of those cases, we could find no evidence there had been a legitimate military target in the vicinity at the time of the attack, suggesting it was a deliberate attack on civilians. In other cases, we found that there had been a military object in the vicinity but, even assuming Hezbollah had been intending to hit the military target instead of civilians, the unguided rockets it used was incapable of distinguishing between the two. At the time of attack, Hezbollah also failed to take all feasible precautions to minimize loss of civilian life, such as by issuing “effective advance warning . . . of attacks which may affect the civilian population.”

Based on an assessment of numerous declarations and 89 wartime communiqués issued by Hezbollah about its attacks in Israel, we also conclude that, although Hezbollah leaders and spokesmen often expressed support for the principle of sparing civilians on both sides from attack, they both repeatedly threatened to attack Israeli towns and settlements and claimed responsibility for specific attacks on Israeli towns and settlements, alongside the claims they made of hitting specific military targets inside Israel. Hezbollah’s attacks in violation of the laws of war, when combined with such statements indicating criminal intent, is strong evidence that some Hezbollah members and commanders were responsible for war crimes.

Oui, le Hezbollah a délibérément visé des civils et s’en est vanté à la télévision. Et si ses gesticulations ne font pas leur effet d’ici là, HRW présentera dans quelques temps le deuxième volet de son rapport, consacré aux victimes libanaises:

We will be addressing additional aspects of the conflict, including allegations that Hezbollah repeatedly used civilian “shields,” in a forthcoming report, Accounting for the Dead: Civilian Deaths in Lebanon during the 2006 Israel-Hezbollah War.

Où l’on «apprendra» que les victimes étaient sans doute beaucoup plus militaires que civiles et qu’Israël, de son côté, contrairement au Hezbollah, a déployé d’immenses efforts pour éviter de toucher des civils. Mais depuis plus d’un an, les médias ont perverti l’opinion en abreuvant l’Occident du message selon lequel cette guerre et ses victimes sont à mettre au débit du seul État moderne et démocratique du Moyen-Orient.

C’est l’occasion de publier une nouvelle fois cet extrait du dossier refusé par les juges de l’autorité suisse de surveillance des médias audiovisuels subventionnés:

Émission du 29 décembre 2006

La rétrospective démarre sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Cette phrase et ces images suggèrent qu’Israël bombarde: 1. l’entier du Liban-Sud, y compris Beyrouth; 2. des Libanais. Et que ce n’est pas la première fois. Le choc de cette entrée en matière donne une impression générale d’attaque massive, indifférenciée et réitérée contre le pays et sa population. Et cela de manière unilatérale: ce n’est que dans la prochaine phrase, sur des images qui montrent alors des immeubles détruits, des tas de gravas, des gens qui s’activent dans des décombres fumants, que la commentatrice donnera une raison, la seule mentionnée, pour ce comportement de l’armée israélienne:

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Le ton est accusateur. Israël a commis là des actes injustifiés et répréhensibles. Le terme de «massacre», qui évoque des tueries d’une cruauté exécrable, est même prononcé. Les images soutiennent ce réquisitoire, toujours bien alignées sur le commentaire:

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Israël, semble-t-il, détruit uniquement des installations civiles, des immeubles en ville, des ponts, des routes et des réservoirs de pétrole, causant même une «immense» marée noire. Israël semble concentrer son effort de guerre sur la société civile libanaise. Puis les images montrent des foules en liesse brandissant des drapeaux libanais (ceux du Hezbollah sont absents) au passage de troupes (sur des routes en parfait état). Commentaire:

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

De quel triomphe l’armée libanaise pouvait-elle se réclamer? Puis les images nous montrent des soldats français (brassards tricolores bien visibles):

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Et la rétrospective se termine sur des images d’embouteillages et une sombre perspective:

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Pour présenter les choses de cette manière, il faut faire abstraction de très nombreuses informations, fournies notamment par les autorités israéliennes. Sans entrer dans le détail des origines et des effets de la «guerre de 78» (trois ans après l’invasion du Liban par les troupes syriennes et alors que le Liban-Sud était le bastion de l’OLP), il faut relever au moins les informations suivantes:

L’attaque du Hezbollah, le 12 juillet 2006, ne se résumait pas au rapt de deux soldats. C’était «la plus grave attaque commise depuis le retrait de Tsahal du Liban en mai 2000», un acte de guerre exécuté par un commando bien armé (lourdes charges explosives au sol, missiles anti-char, appui d’artillerie) et entraîné, avec franchissement de frontière et mort d’hommes. L’opération avait visiblement été orchestrée: un engin blindé israélien lancé à la poursuite des attaquants a été détruit et son équipage tué sur le coup par une charge de quelque 300 kilos d’explosif placée sur sa route logique à la poursuite du commando. Des unités d’infanterie et des blindés qui tentèrent alors de récupérer le char furent pris pour cibles par des tireurs embusqués. Le tout était accompagné de tirs de missiles sur plusieurs localités israéliennes (on dénombra alors notamment trois blessés à Shetula) et des positions de Tsahal dans le secteur.

Or les événements allaient très vite montrer que ces attaques étaient elles aussi bien planifiées, au point de pouvoir se poursuivre malgré les bombardements israéliens: le Hezbollah a tiré 120 à 150 roquettes ainsi que des obus de mortier et des missiles anti-char entre le 12 et le 13 juillet, faisant deux victimes civiles et 115 blessés. Et ce rythme a été maintenu tout au long du mois de juillet, comme l’indique cette estimation des tirs quotidiens sur Israël:

Ces tirs provenaient essentiellement des lieux suivants…

…et visaient délibérément des objectifs non militaires, comme l’indique l’analyse de listes de cibles de tirs de l’une des positions du Hezbollah, à Shihin (la carte ci-après indique les cibles de cette position de tir en Israël):

Sur les 91 cibles prévues par cette liste (un tableau de trois pages rédigé en arabe), 56 sont purement civiles et 27 sont des positions et des bases trop petites pour être visées efficacement par les roquettes utilisées, de sorte qu’il fallait s’attendre à ce que des civils soient touchés également (par au moins une roquette sur deux). À relever que ces listes de cibles prouvent que le Hezbollah est coupable de l’équivalent, pour une nation, de crimes de guerre prémédités, préparés de longue date (les listes datent de décembre 2005) par son commandement central.

Mais la question troublait si peu les dirigeants du Hezbollah qu’ils se vantaient à la télévision, sur des clips passant plusieurs fois par jour, de viser justement des villes et des villages israéliens. Voici deux images de ces clips énumérant la liste des cibles du Hezbollah en Israël.

Une bande permanente y annonçait même (Al-Manar, 19 juillet) que 176 «implantations» (au sens de «colonies illégales», car pour le Hezbollah, l’État Israël n’existe pas et le nord du pays est en fait «le nord de la Palestine occupée») et 480.000 habitants avaient été pris pour cibles. De fait, les roquettes du Hezbollah ne touchèrent guère que des civils, malgré les mesures de précaution prises en Israël (descente aux abris systématique pour un million de personnes, déplacements de près de 500.000 autres). Les pires dommages causés à l’armée israélienne par ces engins furent dus à une roquette qui toucha un groupe de réservistes près de l’entrée d’un kibboutz (Kfar Giladi, le 6 août).

Sur le terrain, rien ne confirmait les premières déclarations télévisées de Hassan Nasrallah, le 12 juillet, sur Al-Manar, selon lesquelles son organisation «n’était pas intéressée par une escalade du conflit». L’armée israélienne faisait face au contraire, dès le premier jour, à une agression concertée et à des dizaines de «cibles légitimes» d’où des attaques étaient lancées non seulement contre elle, mais surtout contre la population civile israélienne – il était du devoir de cette armée de faire taire ces sources de feu. Et si elle n’y est pas parvenue rapidement, malgré sa supériorité militaire, c’est en raison du degré de préparation du Hezbollah.

Depuis six ans, le Hezbollah avait en effet consacré des moyens et des efforts considérables à moderniser son infrastructure militaire, à la rendre résiliente aux attaques israéliennes, à en faire une source de menace sérieuse pour la population israélienne et à asseoir son pouvoir politique au Liban, tout cela avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, comme l’a d’ailleurs confirmé lui-même entre-temps le chef du Hezbollah:

«L’Iran soutient l’organisation [le Hezbollah] en fournissant des fonds, des armes et de l’entraînement, sur la base d’une fraternité religieuse et d’une solidarité ethnique. Et l’aide est transmise via la Syrie, et tout le monde le sait.»

La tâche de Tsahal était rendue très délicate par le choix de positions d’attaque du Hezbollah, ici aussi délibéré et préparé de longue date, au mépris le plus total du droit de la guerre. Ainsi, de très nombreux missiles étaient tirés depuis les villages du Liban-Sud. Voici une statistique établie sur la base des relevés radars des FDI:

Et c’est en fait toute l’infrastructure du Hezbollah qui prenait l’allure d’installations civiles:

Des enquêtes sur le terrain, des films tournés par les forces aériennes, des interviews de combattants du Hezbollah arrêtés par les FDI, des plans de stockage et d’usage d’explosifs, des plans de mission, des contrats de location, des listes de fournisseurs «agréés», des listes de cibles, des déclarations publiques, des photographies aériennes, des relevés radar indiquent que la quasi-totalité des infrastructures militaires du Hezbollah qui pouvaient l’être ont été camouflées dans des installations à destination civile: armes transportées dans des véhicules civils, installations militaires dissimulées dans des stations d’antennes civiles, résidences entières servant de caches d’armes ou de lieux de commandement, idem pour des caves de résidences, des bâtiments annexes, des pièces isolées de logements, des étages isolés d’immeubles d’habitation, des bâtiments adjacents à des moquées et jusqu’aux logis entiers des habitants – toutes les infrastructures civiles du Liban-Sud étaient à la disposition des combattants du Hezbollah, qui en firent largement usage, allant jusqu’à piéger des bâtiments civils. Tout ceci au mépris de toutes les considérations du droit applicable.

Et, compte tenu de l’imbrication exceptionnellement élevée du Hezbollah dans la population et les infrastructures civiles, Israël a pris plusieurs mesures, militairement fort peu judicieuses, afin de prévenir autant que possible les victimes civiles:

Des centaines de milliers de tracts ont été largués par avion sur plusieurs régions et à plusieurs reprises pour inviter la population à se rendre au nord de la rivière Litani (par exemple 510.000 le 16 juillet, 350.000 le 21 juillet). D’autres tracts ont été largués sur les quartiers sud de Beyrouth et sur tous les districts concernés, enjoignant la population de quitter les endroits utilisés par le Hezbollah. Des appels téléphoniques personnels ont été lancés aux responsables politiques locaux. Des messages en arabe ont été émis sur une station de radio. Des dizaines de milliers de messages vocaux ont été adressés à des abonnés réguliers. Des stations de radio libanaises ont été piratées pour diffuser des avertissements sur des fréquences largement écoutées au Liban. Des actions ponctuelles ont aussi été lancées pour prévenir les habitants des mouvements de véhicules et des actions de l’armée israélienne, en dépit du manque d’efficacité militaire évident de telles précautions.

Les médias locaux ont repris ces informations. Ces campagnes ont notamment été signalées sur Al-Arabya TV, par Reuters (en arabe) et par le quotidien libanais Al-Nahar.

Au vu et au su de ce qui précède, le raccourci, la simplification extrême proposée par la rétrospective de la TSR, qui établit un lien direct entre la capture de deux soldats israéliens et le bilan libanais, induit le public en erreur, de même, par ailleurs, que le fait de qualifier le Hezbollah de simple «mouvement». Cette présentation des événements, ce lien établi entre une information tronquée et un bilan global exprimé en nombre de morts, en précisant le nombre d’enfants parmi eux, révèle même une intention d’orienter l’impression générale transmise aux téléspectateurs.

En effet, les informations disponibles permettaient de démontrer valablement que le Hezbollah se servait systématiquement de la population libanaise comme d’un bouclier humain, utilisait systématiquement des installations en principe purement civiles et visait systématiquement des populations civiles en Israël. Ceci tandis que l’armée israélienne faisait de réels efforts pour ne viser que des cibles légitimes au sens du droit applicable et pour minimiser le nombre de victimes civiles libanaises. Une information équitable peut-elle passer sous silence des faits d’une telle importance et aussi solidement établis?

Et qu’en est-il, en revanche, de l’information que la TSR croit utile de rappeler à propos du «massacre de Cana»? Comme nous venons de le voir, cette tragique affaire était en majeure partie due à la politique de mise en danger systématique des civils pratiquée par le Hezbollah. Le nombre de ses victimes a été d’abord largement exagéré (plus de 50 selon la TSR lors du premier flot de nouvelles, 28 selon la Croix Rouge ). Et le «massacre de Cana» a servi à une propagande morbide détestable – des dépouilles d’enfants ont été transportées, déplacées et orientées exprès pour les journalistes, par des gens qui maîtrisaient visiblement les techniques de prises de vue, au point qu’il faut douter de la véracité des images et des comptes rendus des médias réalisés à Cana.

Les journalistes de la TSR ignoraient-ils cela? S’ils ne l’ignoraient pas, pouvaient-ils remplir dignement le mandat confié par la Confédération à la TSR sans en tenir compte d’aucune manière dans le cas d’espèce?

D’autant plus qu’à ce doute ponctuel s’ajoutent plusieurs incidents révélant que les médias ont été sciemment manipulés par le Hezbollah pendant cette guerre. Des images d’agence parues dans les plus grands médias de la planète ont été retouchées ou mises en scène. Le PDG de Reuters déclara sur les ondes de CNN que le phénomène était largement répandu. Un journaliste de CNN a déclaré publiquement qu’il avait été manipulé par le Hezbollah pour orienter son reportage de manière à donner une image négative d’Israël.

D’autre part, les autorités israéliennes ont indiqué que 150 roquettes avaient été lancées avant l’attaque depuis Cana et ses abords immédiats et que les résidents avaient été avertis à plusieurs reprises, par plusieurs moyens, qu’ils devaient quitter les lieux. Montrer des images de Cana sans préciser aucun de ces éléments, dans le contexte en question, équivalait à faire porter à Israël le blâme de ce drame. Or l’examen des éléments d’information dont les journalistes disposaient en décembre 2006 ne permettait nullement de présenter les choses de cette manière sans compromettre gravement la pluralité des faits et la diversité des opinions et sans répandre une impression générale orientée.

Qu’en est-il également de ce que le commentaire de la TSR qualifie d’«immense marée noire»? Selon un site proche du ministère français de l’Écologie et du développement durable et de milieux écologiques, la plus grave marée noire de source unique a été celle du puits sous-marin Ixtoc One, dans le golfe du Mexique, en 1979, avec entre 470.000 et 1.500.000 tonnes de pétrole déversés. Pendant la première guerre du golfe, en 1991, 700 à 900.000 tonnes de pétrole auraient été répandues dans la mer. D’autres marées noires de grande ampleur sont répertoriées notamment au Brésil (plateforme pétrolière en 2001, 350.000 tonnes) et en Afrique du Sud (Castillo de Bellver, 250.000 tonnes). En Méditerranée, on peut citer l’affaire de l’Urquiola en 1976 (100.000 tonnes), de l’Amoco Cadiz en 1978 (223.000 tonnes), de l’Independenta en 1979 (95.000 tonnes), de l’Irenes Serenade en 1980 (102.000 tonnes), du Haven en 1991 (140.000 tonnes) ou encore de l’Aegian See en 1992 (80.000 tonnes).

Avec 15.000 tonnes, il paraît donc excessif de parler d’une «immense marée noire», d’autant qu’il s’agit d’un maximum – le rapport le plus officiel indique «entre 10000 et 15000 tonnes». Ici aussi, le choix des images et le commentaire ont pour effet d’orienter l’information, ce qui compromet la mission d’information confiée par la Confédération à la TSR. Et ce dans un sens qui semble largement systématique. Surtout si l’on considère que la rétrospective ne dit pas un traitre mot sur les victimes israéliennes (les deux soldats enlevés exceptés) et les dégâts subis par Israël – également sur le plan environnemental – pendant ce conflit.

Ainsi, ce résumé de la TSR
– simplifie de manière outrancière le cours des événements,
– en exagère certains aspects au détriment d’autres,
– ne présente aucun élément d’information permettant d’expliciter le comportement d’Israël et
– passe entièrement sous silence les crimes de guerre qualifiés perpétrés systématiquement, sciemment et ouvertement par le Hezbollah,
ce qui engendre une impression générale faussée, incitant les téléspectateurs, concrètement, à condamner Israël et à ignorer les crimes du Hezbollah.

* * *

La loi suisse antiraciste et la religion islamique

En 1995, la Suisse a instauré une norme pénale protégeant les victimes de discrimination raciale et religieuse. Une étude (fondée sur une base de données) vient de paraître sur la jurisprudence des dix premières années d’application de cette loi. On y apprend notamment que les Juifs sont le groupe le plus fréquemment victime (20% des cas) de discriminations en Suisse, sept fois plus que les Musulmans (3% des cas). Ajoutons ici que les Musulmans sont 17 fois plus nombreux en Suisse (env. 350.000) que les Juifs (env. 20.000).

Le bien-fondé de cette loi antiraciste est contesté à très haut niveau et une initiative populaire fédérale intitulée «Pour la liberté d’expression — non aux muselières!» demande même son abrogation pure et simple. Les auteures de l’étude estiment en conclusion (page 14) que la «la punissabilité (…) ne contrevient pas à la liberté d’expression» en se basant sur les décisions de justice. C’est omettre, ce qui n’est pas entièrement correct, les ennuis imposés aux personnes acquittées et la masse grise de menaces de plaintes, équivalant souvent bel et bien à une muselière, que doivent affronter les gens qui souhaitent traiter publiquement de certains sujets.

Mais l’aspect le plus intéressant du papier est que la jurisprudence suisse ainsi réunie et condensée permet d’examiner la religion islamique, ou sa pratique, à la lumière des interprétations des tribunaux en matière de discrimination. Entrons donc dans le vif du sujet, avec le premier alinéa de la loi:

Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse; (…) sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

Et observons les interprétations des juristes résumées par les auteures de l’étude:

Le terme d’inciter englobe aussi le fait d’exhorter. C’est-à-dire également, selon le Tribunal fédéral, le fait d’exciter ou d’attiser des émotions et d’engendrer haine et discrimination sans les provoquer explicitement. Dans la doctrine et dans la jurisprudence, il y a incitation ou exhortation à la haine et à la discrimination quand une personne agit, de manière durable et insistante, afin de créer ou de renforcer une atmosphère hostile envers la victime ou qu’elle fait naître le sentiment qu’il s’agit d’un être inférieur qui n’a pas les mêmes droits fondamentaux que les autres.

Que penser dans ce contexte de la principale prière des Musulmans, l’Al-Fatiha, qui fait dire 17 fois par jour aux Musulmans pratiquants l’équivalent du fait que les Juifs seraient maudits par Dieu et les Chrétiens égarés? Que penser du fait que la récitation ou l’étude du Coran présente systématiquement les Juifs comme des êtres malfaisants (voir l’exemple de la deuxième sourate du Coran)? Que penser du fait que le Coran, vanté comme un ouvrage contenant la vérité divine notamment par tous les Musulmans qui font profession d’enseigner la religion islamique, contient des centaines d’incitation à haïr, à tuer et d’une manière générale à déconsidérer les incroyants?

Alinéa suivant:

celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie ou d’une religion;

Interprétation de la jurisprudence:

Pour le Tribunal fédéral, la question de savoir si l’idéologie au sens de l’art. 261bis CP doit être une véritable construction de la pensée ou si quelques rares idées suffisent à la constituer est sujette à caution. Le Tribunal fédéral est toutefois parvenu à la conclusion que le législateur était parti d’une conception relativement large de l’idéologie: dans le message du Conseil fédéral, l’élément constitutif de l’infraction existe quand il s’ensuit une action programmée et ciblée. Le critère de la «propagation d’idéologies» est déjà donné quand l’auteur est conscient que ses déclarations ou ses actes illustrent des idées qui s’inscrivent dans une certaine logique.

Que penser des gens, musulmans ou pas, qui ont étudié l’Islam, la formation de sa jurisprudence spécifique (par exemple concernant le djihad et les normes pénales islamiques) et qui favorisent tout de même la diffusion des bases de cette législation (notamment le Coran et les hadiths) dans notre pays? Ne propagent-ils pas, sciemment et sans aucune mesure de précaution qui pourrait les disculper, une idéologie visant, comme nous l’avons vu plus haut, à porter préjudice aux membres de certaines religions?

Ajoutons ceci, en pensant aux sympathisants suisses du Hezbollah:

Jusqu’à présent, la jurisprudence a qualifié d’idéologies (…) le fait (…) de faire le salut hitlérien (…). En conséquence, l’utilisation générale des symboles du national-socialisme tombe sous le coup de l’al. 2. (…) Le fait d’adresser à ceux qui partagent les mêmes idées le salut hitlérien n’a pas été considéré jusqu’ici, dans la jurisprudence, comme la propagation d’une idéologie prohibée, même lorsqu’il s’est produit publiquement. Le salut nazi n’est punissable que quand il s’adresse à des tiers.

Puis observons le Hezbollah dans ses oeuvres publiques (cliquer sur l’image pour voir une collection ou cliquer ici pour une séquence télévisée):

Les gens qui, en Suisse, soutiennent ou louent le Hezbollah, ne se rendent-ils pas coupables de propagation d’idéologies, au sens de l’alinéa 2 de la loi antiraciste suisse?

Alinéa 3:

celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part;

Interprétation juridique:

On entend par actions de propagande certains comportements en matière de communication, tels que le fait de prononcer des discours, prêter ou distribuer des écrits, exposer des images, porter des insignes, mais aussi de faire certains gestes (communication non verbale) comme le salut hitlérien. L’alinéa 3 punit l’organisation, l’encouragement ou la participation à des actions de propagande. Cette clause englobe toutes les formes de participation susceptibles de faciliter l’exécution d’actions de propagande. Les termes dans le même dessein se réfèrent à l’art. 261bis, al. 1 et 2 CP: ils délimitent les actions de propagande qui incitent ou appellent à la haine et à la discrimination (al. 1) ou propagent des idéologies destinées à abaisser ou dénigrer systématiquement (al. 2).

Que penser, dans ce cadre, des mosquées, des associations et institutions à caractère ostensiblement islamique, qui organisent des prières, des récitations, des rencontres, des conférences, des camps de vacances avec discours, le tout entre autres dans le but de propager des textes incitant de facto à la haine et à la discrimination? Que penser des banques suisses qui, en acceptant d’adapter leur mode de fonctionnement à la charia, la loi sacrée islamique, promeuvent de facto une idéologie vecteur de haine et de discrimination?

Alinéa 4:

celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité;

Interprétation juridique:

Par «crimes contre l’humanité», on entend l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, l’expulsion, l’emprisonnement, la torture, le viol, les persécutions pour des raisons politiques, raciales ou religieuses et autres actes inhumains, (…). Les actes doivent en outre avoir été perpétrés au cours d’un conflit international ou interne armé et contre des personnes civiles. (…) Le complément chercher à justifier signifie légitimer le tort commis, accepter la violence exercée ou du moins ne pas en refuser la possibilité.

Que penser, à la lumière de cet article de loi, de gens qui soutiennent que le fait de décapiter des centaines d’hommes et de garçons et de réduire en esclavage le reste des membres d’une tribu, tous d’une certaine ethnie et d’une certaine religion, peut être légitime en certaines circonstances?

En fait, la simple [adhésion] volontaire et active à la religion islamique, de manière religieuse, juridique ou simplement académique (expert non musulman promouvant l’Islam en Suisse), implique une violation d’un ou plusieurs des alinéas de cette loi.  

Bien sûr, il serait difficile d’obtenir une condamnation, car les conditions politiques ne sont pas réunies et d’autres lois peuvent être invoquées pour protéger la religion, quelle qu’elle soit. Mais ce n’est pas là l’important. Peu importe l’issue juridique de telles actions, ce qui compte vraiment est leur aspect informatif: si des centaines de telles plaintes étaient déposées et surtout dûment motivées, à l’aide d’un dossier juridique réunissant les meilleures références islamiques possibles, les médias devraient lentement aborder cet aspect du débat, les Suissesses et les Suisses apprendraient alors à quoi s’en tenir et pourraient faire usage de leur bon droit, populaire, pour se prémunir de cette calamité millénaire qu’est la religion islamique.

Depuis quand n’a-t-on pas le droit de combattre des terroristes?

Cette question, plus d’un/e Suisse/sse sur deux mérite de se la voir poser, à en croire une enquête commentée ce matin notamment dans Le Temps. Outre plusieurs résultats indiquant une recrudescence des «sentiments anti-juifs», on y trouve en effet une perle fort révélatrice:

Le Hezbollah libanais ne semble pas mieux loti dans l’opinion suisse puisque 53% le considèrent également comme une «organisation terroriste» (…).

Ces 53% ont raison. Le Hezbollah mise à fond sur le terrorisme, vise sciemment des civils et met sciemment en danger des civils dans le cadre d’opérations violentes préparées de longue date.

Aux yeux des Suisses, la nature et les activités de l’organisation chiite ne justifient cependant pas la guerre du Liban lancée le 12 juillet 2006 par Israël afin de récupérer deux de ses soldats qui venaient d’être enlevés par un commando islamiste.

Même le journalisme, ici, nous glisse au passage que c’est Israël qui a lancé la guerre. Honte!

60% d’entre eux pensent en effet que l’Etat hébreu «n’avait pas le droit» de riposter comme il l’a fait à cette opération. 

Depuis quand, donc, n’a-t-on pas le droit de combattre des terroristes? Depuis quand doit-on respecter, laisser en paix, un mouvement que l’on considère comme terroriste? Et comment se fait-il que les gens puissent être si confus à cet égard?

Histoire d’y réfléchir, voici un extrait d’une plainte administrative (version avec références complètes) contre une émission de la TSR relatant les combats en question:

Émission du 29 décembre 2006

La rétrospective démarre sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Cette phrase et ces images suggèrent qu’Israël bombarde: 1. l’entier du Liban-Sud, y compris Beyrouth; 2. des Libanais. Et que ce n’est pas la première fois. Le choc de cette entrée en matière donne une impression générale d’attaque massive, indifférenciée et réitérée contre le pays et sa population. Et cela de manière unilatérale: ce n’est que dans la prochaine phrase, sur des images qui montrent alors des immeubles détruits, des tas de gravas, des gens qui s’activent dans des décombres fumants, que la commentatrice donnera une raison, la seule mentionnée, pour ce comportement de l’armée israélienne:

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Le ton est accusateur. Israël a commis là des actes injustifiés et répréhensibles. Le terme de «massacre», qui évoque des tueries d’une cruauté exécrable, est même prononcé. Les images soutiennent ce réquisitoire, toujours bien alignées sur le commentaire:

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Israël, semble-t-il, détruit uniquement des installations civiles, des immeubles en ville, des ponts, des routes et des réservoirs de pétrole, causant même une «immense» marée noire. Israël semble concentrer son effort de guerre sur la société civile libanaise. Puis les images montrent des foules en liesse brandissant des drapeaux libanais (ceux du Hezbollah sont absents) au passage de troupes (sur des routes en parfait état). Commentaire:

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

De quel triomphe l’armée libanaise pouvait-elle se réclamer? Puis les images nous montrent des soldats français (brassards tricolores bien visibles):

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Et la rétrospective se termine sur des images d’embouteillages et une sombre perspective:

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Pour présenter les choses de cette manière, il faut faire abstraction de très nombreuses informations, fournies notamment par les autorités israéliennes. Sans entrer dans le détail des origines et des effets de la «guerre de 78» (trois ans après l’invasion du Liban par les troupes syriennes et alors que le Liban-Sud était le bastion de l’OLP), il faut relever au moins les informations suivantes:

L’attaque du Hezbollah, le 12 juillet 2006, ne se résumait pas au rapt de deux soldats. C’était «la plus grave attaque commise depuis le retrait de Tsahal du Liban en mai 2000», un acte de guerre exécuté par un commando bien armé (lourdes charges explosives au sol, missiles anti-char, appui d’artillerie) et entraîné, avec franchissement de frontière et mort d’hommes. L’opération avait visiblement été orchestrée: un engin blindé israélien lancé à la poursuite des attaquants a été détruit et son équipage tué sur le coup par une charge de quelque 300 kilos d’explosif placée sur sa route logique à la poursuite du commando. Des unités d’infanterie et des blindés qui tentèrent alors de récupérer le char furent pris pour cibles par des tireurs embusqués. Le tout était accompagné de tirs de missiles sur plusieurs localités israéliennes (on dénombra alors notamment trois blessés à Shetula) et des positions de Tsahal dans le secteur.

Or les événements allaient très vite montrer que ces attaques étaient elles aussi bien planifiées, au point de pouvoir se poursuivre malgré les bombardements israéliens: le Hezbollah a tiré 120 à 150 roquettes ainsi que des obus de mortier et des missiles anti-char entre le 12 et le 13 juillet, faisant deux victimes civiles et 115 blessés. Et ce rythme a été maintenu tout au long du mois de juillet, comme l’indique cette estimation des tirs quotidiens sur Israël:

Ces tirs provenaient essentiellement des lieux suivants…

…et visaient délibérément des objectifs non militaires, comme l’indique l’analyse de listes de cibles de tirs de l’une des positions du Hezbollah, à Shihin (la carte ci-après indique les cibles de cette position de tir en Israël):

Sur les 91 cibles prévues par cette liste (un tableau de trois pages rédigé en arabe), 56 sont purement civiles et 27 sont des positions et des bases trop petites pour être visées efficacement par les roquettes utilisées, de sorte qu’il fallait s’attendre à ce que des civils soient touchés également (par au moins une roquette sur deux). À relever que ces listes de cibles prouvent que le Hezbollah est coupable de l’équivalent, pour une nation, de crimes de guerre prémédités, préparés de longue date (les listes datent de décembre 2005) par son commandement central.

Mais la question troublait si peu les dirigeants du Hezbollah qu’ils se vantaient à la télévision, sur des clips passant plusieurs fois par jour, de viser justement des villes et des villages israéliens. Voici deux images de ces clips énumérant la liste des cibles du Hezbollah en Israël.

Une bande permanente y annonçait même (Al-Manar, 19 juillet) que 176 «implantations» (au sens de «colonies illégales», car pour le Hezbollah, l’État Israël n’existe pas et le nord du pays est en fait «le nord de la Palestine occupée») et 480.000 habitants avaient été pris pour cibles. De fait, les roquettes du Hezbollah ne touchèrent guère que des civils, malgré les mesures de précaution prises en Israël (descente aux abris systématique pour un million de personnes, déplacements de près de 500.000 autres). Les pires dommages causés à l’armée israélienne par ces engins furent dus à une roquette qui toucha un groupe de réservistes près de l’entrée d’un kibboutz (Kfar Giladi, le 6 août).

Sur le terrain, rien ne confirmait les premières déclarations télévisées de Hassan Nasrallah, le 12 juillet, sur Al-Manar, selon lesquelles son organisation «n’était pas intéressée par une escalade du conflit». L’armée israélienne faisait face au contraire, dès le premier jour, à une agression concertée et à des dizaines de «cibles légitimes» d’où des attaques étaient lancées non seulement contre elle, mais surtout contre la population civile israélienne – il était du devoir de cette armée de faire taire ces sources de feu. Et si elle n’y est pas parvenue rapidement, malgré sa supériorité militaire, c’est en raison du degré de préparation du Hezbollah.

Depuis six ans, le Hezbollah avait en effet consacré des moyens et des efforts considérables à moderniser son infrastructure militaire, à la rendre résiliente aux attaques israéliennes, à en faire une source de menace sérieuse pour la population israélienne et à asseoir son pouvoir politique au Liban, tout cela avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, comme l’a d’ailleurs confirmé lui-même entre-temps le chef du Hezbollah:

«L’Iran soutient l’organisation [le Hezbollah] en fournissant des fonds, des armes et de l’entraînement, sur la base d’une fraternité religieuse et d’une solidarité ethnique. Et l’aide est transmise via la Syrie, et tout le monde le sait.»

La tâche de Tsahal était rendue très délicate par le choix de positions d’attaque du Hezbollah, ici aussi délibéré et préparé de longue date, au mépris le plus total du droit de la guerre. Ainsi, de très nombreux missiles étaient tirés depuis les villages du Liban-Sud. Voici une statistique établie sur la base des relevés radars des FDI:

Et c’est en fait toute l’infrastructure du Hezbollah qui prenait l’allure d’installations civiles:

Des enquêtes sur le terrain, des films tournés par les forces aériennes, des interviews de combattants du Hezbollah arrêtés par les FDI, des plans de stockage et d’usage d’explosifs, des plans de mission, des contrats de location, des listes de fournisseurs «agréés», des listes de cibles, des déclarations publiques, des photographies aériennes, des relevés radar indiquent que la quasi-totalité des infrastructures militaires du Hezbollah qui pouvaient l’être ont été camouflées dans des installations à destination civile: armes transportées dans des véhicules civils, installations militaires dissimulées dans des stations d’antennes civiles, résidences entières servant de caches d’armes ou de lieux de commandement, idem pour des caves de résidences, des bâtiments annexes, des pièces isolées de logements, des étages isolés d’immeubles d’habitation, des bâtiments adjacents à des moquées et jusqu’aux logis entiers des habitants – toutes les infrastructures civiles du Liban-Sud étaient à la disposition des combattants du Hezbollah, qui en firent largement usage, allant jusqu’à piéger des bâtiments civils. Tout ceci au mépris de toutes les considérations du droit applicable.

Et, compte tenu de l’imbrication exceptionnellement élevée du Hezbollah dans la population et les infrastructures civiles, Israël a pris plusieurs mesures, militairement fort peu judicieuses, afin de prévenir autant que possible les victimes civiles:

Des centaines de milliers de tracts ont été largués par avion sur plusieurs régions et à plusieurs reprises pour inviter la population à se rendre au nord de la rivière Litani (par exemple 510.000 le 16 juillet, 350.000 le 21 juillet). D’autres tracts ont été largués sur les quartiers sud de Beyrouth et sur tous les districts concernés, enjoignant la population de quitter les endroits utilisés par le Hezbollah. Des appels téléphoniques personnels ont été lancés aux responsables politiques locaux. Des messages en arabe ont été émis sur une station de radio. Des dizaines de milliers de messages vocaux ont été adressés à des abonnés réguliers. Des stations de radio libanaises ont été piratées pour diffuser des avertissements sur des fréquences largement écoutées au Liban. Des actions ponctuelles ont aussi été lancées pour prévenir les habitants des mouvements de véhicules et des actions de l’armée israélienne, en dépit du manque d’efficacité militaire évident de telles précautions.

Les médias locaux ont repris ces informations. Ces campagnes ont notamment été signalées sur Al-Arabya TV, par Reuters (en arabe) et par le quotidien libanais Al-Nahar.

Au vu et au su de ce qui précède, le raccourci, la simplification extrême proposée par la rétrospective de la TSR, qui établit un lien direct entre la capture de deux soldats israéliens et le bilan libanais, induit le public en erreur, de même, par ailleurs, que le fait de qualifier le Hezbollah de simple «mouvement». Cette présentation des événements, ce lien établi entre une information tronquée et un bilan global exprimé en nombre de morts, en précisant le nombre d’enfants parmi eux, révèle même une intention d’orienter l’impression générale transmise aux téléspectateurs.

En effet, les informations disponibles permettaient de démontrer valablement que le Hezbollah se servait systématiquement de la population libanaise comme d’un bouclier humain, utilisait systématiquement des installations en principe purement civiles et visait systématiquement des populations civiles en Israël. Ceci tandis que l’armée israélienne faisait de réels efforts pour ne viser que des cibles légitimes au sens du droit applicable et pour minimiser le nombre de victimes civiles libanaises. Une information équitable peut-elle passer sous silence des faits d’une telle importance et aussi solidement établis?

Et qu’en est-il, en revanche, de l’information que la TSR croit utile de rappeler à propos du «massacre de Cana»? Comme nous venons de le voir, cette tragique affaire était en majeure partie due à la politique de mise en danger systématique des civils pratiquée par le Hezbollah. Le nombre de ses victimes a été d’abord largement exagéré (plus de 50 selon la TSR lors du premier flot de nouvelles, 28 selon la Croix Rouge ). Et le «massacre de Cana» a servi à une propagande morbide détestable – des dépouilles d’enfants ont été transportées, déplacées et orientées exprès pour les journalistes, par des gens qui maîtrisaient visiblement les techniques de prises de vue, au point qu’il faut douter de la véracité des images et des comptes rendus des médias réalisés à Cana.

Les journalistes de la TSR ignoraient-ils cela? S’ils ne l’ignoraient pas, pouvaient-ils remplir dignement le mandat confié par la Confédération à la TSR sans en tenir compte d’aucune manière dans le cas d’espèce?

D’autant plus qu’à ce doute ponctuel s’ajoutent plusieurs incidents révélant que les médias ont été sciemment manipulés par le Hezbollah pendant cette guerre. Des images d’agence parues dans les plus grands médias de la planète ont été retouchées ou mises en scène. Le PDG de Reuters déclara sur les ondes de CNN que le phénomène était largement répandu. Un journaliste de CNN a déclaré publiquement qu’il avait été manipulé par le Hezbollah pour orienter son reportage de manière à donner une image négative d’Israël.

D’autre part, les autorités israéliennes ont indiqué que 150 roquettes avaient été lancées avant l’attaque depuis Cana et ses abords immédiats et que les résidents avaient été avertis à plusieurs reprises, par plusieurs moyens, qu’ils devaient quitter les lieux. Montrer des images de Cana sans préciser aucun de ces éléments, dans le contexte en question, équivalait à faire porter à Israël le blâme de ce drame. Or l’examen des éléments d’information dont les journalistes disposaient en décembre 2006 ne permettait nullement de présenter les choses de cette manière sans compromettre gravement la pluralité des faits et la diversité des opinions et sans répandre une impression générale orientée.

Qu’en est-il également de ce que le commentaire de la TSR qualifie d’«immense marée noire»? Selon un site proche du ministère français de l’Écologie et du développement durable et de milieux écologiques, la plus grave marée noire de source unique a été celle du puits sous-marin Ixtoc One, dans le golfe du Mexique, en 1979, avec entre 470.000 et 1.500.000 tonnes de pétrole déversés. Pendant la première guerre du golfe, en 1991, 700 à 900.000 tonnes de pétrole auraient été répandues dans la mer. D’autres marées noires de grande ampleur sont répertoriées notamment au Brésil (plateforme pétrolière en 2001, 350.000 tonnes) et en Afrique du Sud (Castillo de Bellver, 250.000 tonnes). En Méditerranée, on peut citer l’affaire de l’Urquiola en 1976 (100.000 tonnes), de l’Amoco Cadiz en 1978 (223.000 tonnes), de l’Independenta en 1979 (95.000 tonnes), de l’Irenes Serenade en 1980 (102.000 tonnes), du Haven en 1991 (140.000 tonnes) ou encore de l’Aegian See en 1992 (80.000 tonnes).

Avec 15.000 tonnes, il paraît donc excessif de parler d’une «immense marée noire», d’autant qu’il s’agit d’un maximum – le rapport le plus officiel indique «entre 10000 et 15000 tonnes». Ici aussi, le choix des images et le commentaire ont pour effet d’orienter l’information, ce qui compromet la mission d’information confiée par la Confédération à la TSR. Et ce dans un sens qui semble largement systématique. Surtout si l’on considère que la rétrospective ne dit pas un traitre mot sur les victimes israéliennes (les deux soldats enlevés exceptés) et les dégâts subis par Israël – également sur le plan environnemental – pendant ce conflit.

Ainsi, ce résumé de la TSR
– simplifie de manière outrancière le cours des événements,
– en exagère certains aspects au détriment d’autres,
– ne présente aucun élément d’information permettant d’expliciter le comportement d’Israël et
– passe entièrement sous silence les crimes de guerre qualifiés perpétrés systématiquement, sciemment et ouvertement par le Hezbollah,
ce qui engendre une impression générale faussée, incitant les téléspectateurs, concrètement, à condamner Israël et à ignorer les crimes du Hezbollah.

* * *

Fin de l’extrait. Les juges n’ont pas accepté cette plainte (de peu). Leurs motivations ne sont pas encore connues. Mais au nom de quoi peuvent-elles être valables? Soit le Hezbollah est terroriste et nous devrions le condamner et le combattre à ce titre, partout où il exerce son influence, et soutenir ceux qui ont le courage de l’affronter sur le terrain, malgré toutes ses manigances ignobles, soit il est un mouvement politique légitime. Les informations fournies ici ne permettent-elles pas de trancher?

UPDATE: Pour le Hezbollah, en tout cas, la conclusion est claire:

Last summer, many of Hezbollah’s rocket batteries were located in unpopulated rural areas, where the guerrillas dug networks of tunnels and fortifications, the officials said. But the army’s new intelligence indicates that those positions have now largely been abandoned in favor of populated villages, which provide better cover for the group’s activities.

Le prochain affrontement sera donc encore plus «civil». 

UPDATE: Dix jours de guerre de plus aurait peut-être permis de débarrasser le Liban du Hezbollah:

In the interview, the unnamed officer said Hizbullah gunmen would have surrendered if the fighting last summer had continued for another 10 days. (…) [He] said the organization’s gunmen had been running low on food and water and facing rapidly diminishing arms supplies.

The officer also said that many Hizbullah commanders were ordered to hide before the war started, and that the gunmen who remained were forced to fire Katyusha rockets from inside urban populations because of the IDF’s efficiency in destroying launchers minutes after a launch had been detected. He said that when the gunmen relocated to cities and villages, they knew innocent civilians would be hurt as a consequence.

2e plainte contre la TSR — rejetée, mais…

Le deuxième volet de la 2e plainte contre la TSR, consacré à une rétrospective de la guerre entre Israël et le Hezbollah l’été dernier, n’a pu être rejeté que de peu, sur décision de la présidente:

La plainte déposée contre l’émission « Le journal : 19 :30 » du 24 décembre 2006 diffusée sur la Télévision Suisse Romande concernant Bethlehem a été rejetée à l’unanimité. La plainte déposée contre l’émission « Le Journal: 19.30 » du 29 décembre 2006 consacrée à une rétrospective au sujet du Liban a été rejetée après le départage des voix par la présidence (b. 551).

Ce sera peut-être pour la prochaine fois. Il faudra bien étudier les motivations écrites. Celles de la 1ère plainte, rejetée à l’unanimité le 4 mai dernier, ne sont d’ailleurs toujours pas disponibles.

J’ai commis un délit – mes excuses à la TSR

Le 19 décembre 2006, au buffet de la gare de Lausanne, dans le cadre d’une procédure de plainte contre la TSR, j’ai illicitement enregistré une séance de médiation réunissant quatre plaignants et quatre membres de la TSR. Je m’engage à ne plus enregistrer de telles séances et je prie la TSR et Blaise Rostan, du service juridique de la TSR, qui ont tous deux porté plainte pénale contre moi pour ce motif, de bien vouloir accepter mes excuses et de retirer leur plainte.

Les médias fomenteurs de haine

Cliquez sur l’image pour visionner Icon of Hatred.

Pour la petite histoire, lorsque le groupe de plaignants de la première plainte contre la TSR (rejetée entre-temps) a rencontré les responsables de Temps Présent (l’émission attaquée), Daniel Monnat, le rédacteur en chef des magazines d’information de la TSR, après avoir refusé catégoriquement de diffuser Obsession — la guerre de l’Islam radical contre l’Occident en guise de réinformation, nous a demandé, par curiosité, si nous accepterions la diffusion du dernier film de Charles Enderlin à la place. Nous avons répondu que non et il a trouvé ça drôle.

2e plainte contre la TSR — délibérations le 22 juin

Cette plainte administrative contre la Télévision suisse romande porte sur deux courtes rubriques du Journal du soir de la TSR, l’une consacrée aux Chrétiens de Bethléem et l’autre à une rétrospective de la guerre entre Israël et le Hezbollah en été 2006. Dans sa prise de position du 5 juin dernier, la TSR rejette l’ensemble des griefs des plaignants. Les juges de l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision délibèreront de l’affaire le vendredi 22 juin 2007 à partir de 12 heures, dans les locaux de la Monbijoustrasse 51A, à Berne. Les personnes qui souhaitent assister aux délibérations sont priées de s’annoncer, par exemple à cette adresse: info@ubi.admin.ch

Pour mémoire, voici le corps de la plainte: (more…)

Les petits lapsus révélateurs de «notre» télévision

Trouvé aujourd’hui sur le site de la TSR (Google cache et idem sur RSR):

«Temps Présent» avait suivi le retour au Liban d’une …

Et la date de diffusion effective était le 26 octobre.
Voir aussi 1ère plainte contre la TSR — rejet unanime par l’AIEP

1ère plainte contre la TSR — rejet unanime par l’AIEP

Ce midi, l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio et de télévision a rejeté la première plainte contre la TSR à l’unanimité. La décision devrait apparaître très bientôt sur son site web.

Étaient présents notamment Daniel Monnat, rédacteur en chef des magazines d’information de la TSR, Anne-Frédérique Widmann, productrice de Temps Présent, et une employée du service juridique de la TSR. Soha Bechara était là aussi, assise juste à côté de moi, par hasard semble-t-il, ce qui m’a donné l’occasion de la féliciter en personne.

Les possibilités de recours sont à l’étude. À suivre. Mais je dois admettre que mon conseil à l’UDC de l’autre jour me paraît aujourd’hui sensiblement moins judicieux. Je ne commande pas encore ma carte de membre, mais j’y réfléchis presque. Et je ne pense pas que je ferai les frais d’un autre déplacement à Berne pour la deuxième plainte contre la TSR.

Cette fois, il se pourrait que le débat sur l’Islam soit lancé en Suisse

Après le pétard mouillé du Parti démocrate chrétien de l’an passé, l’étrange initiative populaire de l’UDC pourrait enfin déclencher un véritable débat. Voir le bon dossier du Temps de ce matin (qui cite ajm.ch):

L’islam dans le collimateur
«Attention, pyromanes»
«Les minarets de la discorde»
«L’islam européen, une chance de réforme»
«L’initiative contre les minarets repose la question du respect du droit international»

Voici les passages me concernant, que je commente brièvement:

Faute d’organisation, les ennemis de l’islam s’expriment sur Internet. Leurs raisons sont énumérées de façon très prolixe sur le site http://www.ajm.ch, animé par le rédacteur et traducteur Alain Jean-Mairet.

Ce dernier n’y va pas par quatre chemins: il milite pour interdire, non les minarets, mais l’islam lui-même. Une provocation, précise-t-il quand ont l’interroge, qui ne vise qu’à susciter la discussion.

Plus précisément, je propose une initiative populaire (transfert à la Confédération du droit de légiférer sur les communautés religieuses actuellement alloué aux cantons) qui aurait pour objet de créer un réel débat sur la chose religieuse. Car le problème me semble concentré dans cet aspect. Et parallèlement, pendant ce débat, je propose de répandre les bonnes raisons de renoncer définitivement à toute manifestation publique de la religion islamique en multipliant les actions en justice basées sur les interprétations honnêtes et savantes de l’Islam, celles des juristes musulmans, au détriment des fadaises et des croyances des apologistes.

Car ce sera toujours cette version, juridique, que l’on qualifie d’extrémiste à juste titre, qui fera loi dans une communauté où l’Islam est considéré comme une chose acceptable. Et c’est cela qui compte. Peu importe ce que les gens croient, dans l’Islam: la loi et donc les forces les plus puissantes de la communautés (police, armée, administration) y sont forcément extrémistes et la vie y est forcément étouffée par le totalitarisme religieux.

On s’y méprendrait: l’islam, pour lui, n’est pas une religion légitime mais un ensemble de pratiques contraignantes de nature avant tout juridique. Quant au Coran, il s’agit d’«un bouquin plutôt médiocre, mal fagoté, imposé par la terreur». Qui ne recherche pas la fraternité mais justifie la violence, la dissimulation, la discrimination et l’esclavage. Bref: la lecture fondamentaliste qui justifie les châtiments corporels, l’assassinat des apostats et la guerre sainte n’est pas une déviation de l’islam mais la seule manière adéquate d’interpréter les textes. «Des quatre grandes écoles juridiques du sunnisme, aucune ne dit autre chose.»

Alain Jean-Mairet a tout lu: le Coran, les hadiths, les récits de la vie du Prophète – dont il est par ailleurs persuadé qu’il n’a pas existé. Un savoir précieux pour qui veut disserter sur les dangers de l’islam. Des représentants de l’UDC, assure-t-il, l’ont approché, mais il a décliné l’invitation. «Je ne suis ni xénophobe ni favorable à l’extrême droite. J’ai essayé de parler de mes préoccupations aux Verts, dont je me sens plus proche. Mais là, il n’y a rien à faire.»

Ceci n’est pas tout à fait exact. J’ai dit que les gens de gauche (et les verts) n’ont pas la possibilité, contrairement aux gens de droite, notamment à l’UDC, d’intervenir politiquement dans ce débat de cette manière. Car toute vélléité d’aborder la simple éventualité que l’Islam en lui-même puisse constituer la cause centrale du problème musulman est écartée d’office, de manière idéologique.

Tant Alain Jean-Mairet qu’Arnaud Dotézac assurent ne pas viser le moins du monde la grande majorité de musulmans qui pratiquent pacifiquement leur religion. Au contraire, ils ont l’ambition de les protéger. «Aujourd’hui, assure le second, ils sont livrés aux fondamentalistes qui parlent en leur nom et les terrorisent. Ceux qui refuseraient de reconnaître la primauté de nos lois pourraient être tenus pour responsables d’actes de violence commis au nom de la religion. Et cela aiderait ceux qui souhaitent une réforme de l’islam.»

Ceci aussi n’est pas vraiment correct. À mon avis, la pratique pacifique de la religion islamique est plus dangereuse encore que le terrorisme, car elle fait croire aux gens, aux Musulmans et aux autres, que l’Islam peut être pacifique, ce qui, au niveau sociétal, n’est qu’illusion et endort les gens face au danger.

Ainsi, on oblige les jeunes Musulmans à croire que le Coran est la parole de Dieu et ils en restent fascinés pour la vie. Mais ce livre est la pire incitation à la haine jamais couchée par écrit (à ma connaissance). De sorte que lorsque, plus tard, ces croyants par a priori y cherchent de vraies solutions, par exemple une loi, ils y trouvent le devoir de faire la guerre contre les non-croyants et de leur imposer un statut social humiliant sous leur règne, de pratiquer des châtiments corporels en place publique et surtout, surtout, de haïr les non-Musulmans, tout particulièrement les Juifs et les Chrétiens. Inévitablement.

Ce n’est pas d’une interdiction au sens strict dont nous avons besoin, c’est d’une simple prise de conscience, d’une lecture raisonnable et sceptique de la supercherie alors manifeste que sont le Coran et l’histoire du prophète Mahomet.

Alain Jean-Mairet a déposé contre la TSR une plainte que l’Autorité indépendante examine ce matin. Elle vise le documentaire Soha, retour au pays du Hezbollah, diffusé par Temps présent en octobre 2006.

En effet, je serai à Berne tout à l’heure pour entendre les délibérations.

À propos de Bechara, du négationnisme, du Monde, du Hezbollah, des mollahs et du communisme

Voici une réaction vraiment intéressante à l’affaire de la plainte contre la TSR qui sera jugée le 4 mai prochain à Berne. Le personnage principal du film attaqué, Soha Bechara, a porté plainte (classée entretemps par le Procureur général genevois; j’ignore si un recours a été interjeté) contre les plaignants, les accusant notamment de négationnisme. C’en était trop pour Alain Rubin, à qui je cède la parole:

«Négationnisme»

Le quotidien parisien «le monde», relaye la réaction d’une ancienne militante «communiste» libanaise s’estimant, selon le quotidien, victime «d’un réseau qui reproche à la télévision suisse TSR d’avoir diffusé un film ou elle apparaît et permet aux reporters d’approcher le Hezbollah aux côtés desquels elle prend partie dans le conflit de juillet 2006.

«Ces gens font du négationnisme», explique-t-elle.

Ils font du «négationnisme», «ces gens» qui reprochent à la TSR de cacher certaines données essentielles du problème; ils font du négationnisme parce qu’ils nieraient des exactions israéliennes menées au moyen de l’armée du Liban sud (ALS), allant jusqu’aux meurtres de prisonniers d’une prison militaire encadrée par ces éléments libanais.

«Ces gens font du négationnisme, ils ont mis en doute mon témoignage sur le camp de Khiam. C’est au nom de ceux qui y ont été exécutés et torturés que je dépose cette plainte.»

Admirez la formule. Désormais, on peut «faire du négationnisme»… 

Je relisais hier la plainte contre la TSR, il n’y était pas fait mention du camp de Khiam et des accusations portées par Soha Béchara. Par contre, il y est démontré que l’enlèvement des deux militaires israéliens n’est pas un acte isolé provoquant une contre attaque «disproportionnée», mais le premier acte d’une action de guerre mûrement préparée et décidée sciemment et qui en prépare une prochaine, comme l’indique d’ailleurs cyniquement et ouvertement un cadre politique pro Hezbollah interrogé par les reporters de la TSR.

Notre blanche colombe, persécutée – nous dit Le Monde – par d’ignobles individus, par un réseau «d’extrême droite», invente ici un nouveau concept – «faire du négationnisme». Or, il se trouve, répétons-le, que la plainte contre la TSR ne porte pas sur ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé au camp de Khiam. Notre blanche colombe centre néanmoins son accusation sur cette question. Est-ce pour éviter de répondre à des contradicteurs montrant la nature fasciste, totalitaire, et volontairement va-t-en guerre du Hezbollah?

Que le führer libanais, qui a pris le pouvoir de décider de la guerre et de la paix entre le Liban et Israël, dirige une armée privée, que ses milices soient habillées de vert, qu’il soit un religieux disciple de Khomeiny et non un ancien caporal autrichien n’est pas décisif pour déterminer si oui ou non, son mouvement politico-religieux et militarisé procède de la Démocratie et de l’émancipation nationale et sociale des Libanais ou, au contraire, de la dictature. Le fascisme pro hitlérien ne fut pas forcément identique dans ses origines; on l’a connu dans une version cléricale du type gouvernement slovaque de monseigneur Tiso. Celui qui nous préoccupe aujourd’hui représente un type de fascisme dans un pays non impérialiste; c’est un type de fascisme comme celui qui s’impose depuis 25 ans aux peuples et aux nations enfermés dans la prison qu’est devenue l’Iran des pasdarans et des ayatollah de gouvernement.

L’accusation de Soha Béchara, «faire du négationnisme», telle qu’elle apparaît dans l’extrait de sa déclaration donnée par le quotidien parisien, est entièrement déconnectée du phénomène dont il est né, à savoir: l’extermination* systématique d’une population non belligérante, en l’occurrence les Juifs.

Madame Béchara, voudrais-je lui dire, on ne «fait (pas) du négationnisme» comme on peut faire de la prose, sans le savoir. Le «négationnisme», ce n’est pas un travers, ni un manque d’objectivité, ni de la mauvaise foi. Si c’était le cas, alors, pratiquement tous les hommes et toutes les femmes politiques, et beaucoup de journalistes, feraient du négationnisme.

Le négationnisme, Madame Soha Béchara, c’est quelque chose de précis.
 
Le négationnisme consiste à nier, par exemple, que sur les 3,3 millions de Juifs  vivant en Pologne en 1940, avant l’écrasement militaire du pays, seulement trois cent mille étaient encore de ce monde en 1945 (deux cent mille qui étaient parvenus à se réfugier en URSS et cent mille s’étant cachés dans les forêts auprès de groupes de maquis polonais ou en ayant eux mêmes formés), les autres ayant été exterminés.

Le négationnisme nie que ces trois millions de Juifs de Pologne ont subi brimades, travail forcé, humiliations quotidiennes, enfermement dans des quartiers clos et surpeuplés (ghettos), privés de tout, victimes de tueurs sadiques fusillant sans raison autre que celle que les victimes étaient juives, qu’on les a affamés jusqu’à la mort, que les enfants mouraient comme des mouches, beaucoup livrés à eux-mêmes, sans toit et sans famille vivante, quémandant ici et là des miettes de croûtes de pains pour survivre encore un jour ou deux ou seulement quelques heures.

Le négationnisme nie que la rafle des Juifs, préparant leur mise à mort, se soit passée dans tous les pays occupés d’Europe et que dans sa partie la plus orientale et en union soviétique occupée et les pays baltes, en Lituanie notamment ou vivait une importante minorité nationale juive, 80 à 90% de celle-ci a été exterminée.

Le négationnisme ne veut pas savoir qu’on a poussé hors des villes et des bourgades des centaines de milliers de Juifs (en Ukraine et dans certaines régions de l’est de la Pologne et dans les pays baltes), pour les fusiller; les mères emmenées avec leurs enfants dans les bras ou accrochés à elles, les vieillards hommes et femmes et les hommes dans la force de l’âge, poussés à coups de crosse de fusil, tous massés, parfois pendant des heures, dans certains cas pendant plusieurs jours, devant de grandes fosses où on les a fusillés à bout portant. Dans ces centaines de fosses, on retrouve aujourd’hui les restes de leurs dépouilles et les douilles des munitions qui ont servi à perpétrer ces assassinats en masse.

Le négationnisme nie que ceux que l’on n’a pas tué de cette façon ont été transférés vers les abattoirs industriels d’Auschwitz Birkenau, Majdanek, Sobibor, Treblinka et tous les autres lieux d’abattage industrialisé des Juifs.

Le négationnisme, c’est nier que la majeure partie des Juifs des zones de l’URSS occupée par les forces nazies ont été exterminés, à l’exception des quelques rares chanceux, ceux qui furent cachés par de courageux voisins non Juifs prenant le risque d’être eux aussi massacrés pour leur réaction de compassion.

Le négationnisme nie que six millions de Juifs, au total, ont été exterminés de 1941 à 1945, les femmes, les enfants, les hommes, les vieillards, en majorité des gens misérables, sans autre raison que le fait qu’ils étaient Juifs.

Le négationnisme, c’est prétendre, par exemple, que si la population juive de Salonique, qui formait la majorité des habitants de la ville grecque à l’arrivée de l’armée nazie, n’existait plus en 1945, ce n’est pas parce qu’elle fut emmenée à Auschwitz et envoyée à la chambre à gaz. Non, le négationnisme prétendra que, probablement, les Juifs n’habitaient pas Salonique ou qu’ils n’y formaient pas la majorité jusqu’à l’arrivée des nazis… Que peut être bien, si effectivement elle y avait vécue jusqu’à l’arrivée des armées nazies, cette majorité de Juifs de Salonique et qu’on on ne la retrouvait plus en 1945, c’est parce qu’elle serait parvenue à s’enfuir. Pour aller où, s’enfuir de Salonique en 1942? «Sûrement quelque part», dira le négationniste; les Juifs de la ville grecque auront quitté Salonique et la Grèce, à la nage ou à pied, mais pas dans des wagons à bestiaux pour le camp de mise à mort d’Auschwitz.

C’est cela le «négationnisme», Madame Béchara.

Le négationnisme, ce n’est pas douter ou nier le témoignage d’une personne, vous en l’occurrence, ayant un parti pris comme le montre son apologie du Hezbollah. Mais en la circonstance, la plainte contre la TSR ne porte pas sur ce témoignage qui serait contesté.

En portant cette accusation déplacée, notre héroïne ne cherche t-elle pas à faire juger les amis des Juifs revenus vivre sur la terre de leurs aïeux pour le délit reproché aux amis des organisateurs de la Shoah: «faire du négationnisme».

Le négationnisme m’expliquera, autre exemple, que quatorze de mes parents, père, grands-parents, oncles, tantes, cousins (le plus jeune Marco ayant huit ans et demi), poussés dans des wagons à bestiaux après leur sortie du camp de Drancy, entassés pour trois jours de «transfert vers l’est», ont seulement disparus… Disparus sans laisser d’adresse. Peut être les a-t-on laissé descendre de leur prison roulante et se sont-ils perdus dans la nature?

C’est cela, Madame Béchara, que l’on appelle le négationnisme.

Soha Béchara, qui a une faiblesse certaine pour le Hezbollah, et qui paraît tirer fierté de la sympathie des hezbollistes pour sa personne, n’a pas l’air de savoir ou ne trouve pas important que cette organisation, qui émane de la politique iranienne au Liban, se retrouve «objectivement» – aurait-elle dit quand elle était «communiste» – à regarder avec tendresse une organisation proche de négationnistes avérés. Je veux parler de négationnistes avérés au sens strict du terme: à savoir Ahmadinejad et consort.

(more…)

1ère Plainte contre la TSR — délibérations publiques le 4 mai 2007 à Berne

La plainte collective (35 signataires) contre l’émission de Temps Présent Soha, retour au pays du Hezbollah sera traitée par l’AIEP le 4 mai prochain à Berne. Ce sera la deuxième affaire de la toute première séance publique de l’AIEP, dont la procédure a été modifiée en ce sens ce mois-ci. Voici l’annonce qui vient de paraître sur son site web:

date: 4 mai 2007, 10h30

lieu: Berne, Monbijoustrasse 51 A, salle de conférence „Eiger“ (les personnes intéressées sont priées d’attendre à la loge.)

sujets traités au cours de cette séance:

  • 10h30: Tele Züri, émission « ZüriInfo », reportage du 30 octobre 2006 concernant une campagne de la ligue zurichoise de la protection des animaux (« Zürcher Tierschutzbund ») tendant à introduire une appellation « sans fourrure ».
  • 11h45 env.  Télévision suisse romande (TSR), émission « Temps présent » du 26 octobre 2006, reportage intitulé « Soha BECHARA, retour au pays du Hezbollah ».   

Quelques places seront réservées pour les représentants des médias et des parties. Sinon:

Les personnes intéressées (…) sont priées de s’annoncer (…) par téléphone auprès du secrétariat (031/322’55’38). Le nombre des places disponibles est limité.

Et l’annonce précise:

Les prises de son et de vues ne sont pas autorisées. Le président peut cependant prévoir des exceptions sur demande formelle, explicite.

La plainte de la sympathisante du Hezbollah est classée. Et maintenant?

La plainte pour calomnie lancée par Soha Bechara, ex-assassin manquée non repentie et aujourd’hui sympathisante du Hezbollah, que le journal Le Monde avait jugé utile de soutenir d’une tartine, a été classée par le Procureur général du Canton de Genève le 12 avril, comme me l’apprend une copie de l’acte transmis à la même date à l’avocate de Soha Bechara et aux principales personnes visées, dont trois élus UDC, à savoir les conseillers nationaux Oskar Freysinger et Jacques Pagan ainsi que le député au Grand Conseil genevois Yves Nidegger, et votre serviteur.

Le Procureur motive sa décision d’abord en doutant que Genève puisse être le for de l’action en question, puis en indiquant que la notion de «terroriste» n’a toujours pas de définition précise au niveau international, contrairement à ce que qu’allègue Bechara. Or, en l’absence d’une telle définition, c’est celle du langage courant qui fait foi et le Procureur, se basant sur le Larousse, estime que l’action de Bechara, telle qu’elle la revendique elle-même, «rentre dès lors dans la définition large admise (…), raison pour laquelle l’on ne peut admettre, sous le plan pénal, que les personnes visées dans la plainte aient voulu calomnier» Soha Bechara.

Le Procureur relève également que le prix de la Ville de Genève «Femme exilée, femme engagée» octroyé à Bechara en 2006 «ne l’exonère pas de la responsabilité de l’acte qu’elle a commis en 1988, qui demeure inscrit dans l’Histoire».

Et le procureur, se référant notamment à une déclaration de Soha Bechara dans le film qui est à l’origine de cette affaire, ajoute cette phrase:

Enfin, le classement s’impose en opportunité, dès lors qu’il est établi que de toute manière, [Soha Bechara] a tenté de tuer autrui au moyen d’une arme à feu en préméditant son acte, comportement qui, quels que soient les mobiles politiques de son auteur, se définit en droit suisse comme un crime manqué d’assassinat, acte qui se rapproche fort peu de l’action de Mohandas Karamchand GANDHI, qui n’a jamais tenté de tuer quiconque et qui prônait à l’inverse la non-violence.

Notre sympathisante du Hezbollah a maintenant dix jours pour recourir contre cette décision auprès de la Chambre d’accusation. Si elle n’obtient pas gain de cause, les personnes qu’elle vise dans sa plainte pourront tenter de l’attaquer à leur tour pour les accusations qu’elle a lancées publiquement contre elles, notamment dans le journal Le Monde. Un journal que l’agence de notation des médias Media-Ratings place sous sa loupe aujourd’hui, pour cette même affaire. Extrait:

La première chose qui choque dans cet article est l’insignifiance de l’information développée.

Rendez-vous compte: une personne a déposé une plainte en diffamation contre une autre personne qui s’est indignée du caractère propagandiste d’un reportage dans lequel se trouvait la première personne. Tout ceci se passe en Suisse et concerne un reportage tourné au Liban. Dernier point: la plainte n’a pas encore été reçue…

Cette information était-elle si importante pour les lecteurs du Monde? Ou bien était-ce un coup de main apporté à la sympathisante d’un mouvement terroriste?

Voilà une excellente question. Et je rappelle que pour autant que je sache, Le Monde n’a toujours pas publié le droit de réponse que la loi française l’oblige, dans un tel cas, à faire paraître dans les trois jours.

À PROPOS: La SSR avait demandé un nouveau délai pour déposer sa prise de position sur la plainte administrative attaquant le film en question, avec Soha Bechara dans le rôle de la «perle rare», si bien que son examen par les juges ne débute en fait que ces jours-ci. À suivre aussi.

UPDATE: L’avocate de Soha Bechara annonce qu’elle fera «probablement» recours contre la décision du Procureur général, dont elle critique le point de vue sur le terrorisme:

Avec son approche, «n’importe quel assassin pourrait être qualifié de terroriste». Selon Mme Leuenberger, le terrorisme a pour but de faire peur à la population civile, ce qui n’était pas le cas pour sa cliente.

Rappelons les termes du Procureur général sur cette question:

En second lieu, contrairement à ce qu’allègue [Soha Bechara], la notion de terrorisme n’a pas reçu à ce jour de définition précise au niveau international. Plusieurs tentatives de définitions du terrorisme ont été faites à l’ONU, mais aucune n’a abouti, notamment pas la proposition de définition à laquelle [Soha Bechara] se réfère. Il y a dès lors lieu de se rapporter à l’acception généralement admise de la notion de terrorisme en langue française. Selon le Larousse, le terrorisme se définit comme un ensemble d’actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité ou renverser le gouvernement établi. En l’occurrence, [Soha Bechara] admet avoir tenté d’assassiner de deux coups de feu le Général Antoine LAHAD, alors qu’elle militait au sein du Front de la résistance nationale libanaise. Cette action rentre dès lors dans la définition large admise par le dictionnaire précité, raison pour laquelle l’on ne peut admettre, sous le plan pénal, que les personnes visées dans la plainte aient voulu calomnier [Soha Bechara]. Cela est d’autant plus vrai que tant la plainte adressée à l’organe de médiation de la RTSR que les articles de presse subséquents laissent clairement entendre que l’acte commis par [Soha Bechara] a été de tenter d’assassiner un militaire, représentant l’ordre établi à une certaine époque au Liban, et non un civil, de telle sorte que tout lecteur peut aisément comprendre la portée des actes imputés à [Soha Bechara], qu’elle revendique au demeurant.

Et ma propre approche, telle que je l’avais rédigée sur le présent blog, dans le cadre d’une conversation avec Yvan Rochat, le mari de Soha Bechara:

[Mes déclarations] consistent à rappeler que Soha Bechara a préparé un assassinat politique, s’est introduit par la ruse et le mensonge au coeur d’une famille dans le but d’en tuer le père, qu’elle a effectivement tenté de le faire en tirant deux balles à bout portant sur sa poitrine. Et elle a fait cela avant, selon ses propres termes, prononcés devant une caméra de télévision, qu’elle ou sa famille ait eu a se plaindre d’une atteinte à leur intégrité. En outre, [Soha Bechara], loin de regretter ce geste meurtrier et raté (car l’homme a survécu), s’en vante à qui veut l’entendre, jusque sur les ondes du principal média audiovisuel de la région. Et une personne, voyez-vous, qui tue ou tente de tuer, de manière préméditée, à froid, sans avoir souffert dans sa chair ni dans son coeur, mais seulement dans ses convictions politiques, et qui ne s’en repent pas, est un ou une terroriste jusqu’à preuve du contraire.

Yvan Rochat et moi avions poursuivi cet échange un moment.

Réplique au Monde: un droit de réponse, une avalanche d’autres actions et un bouquet de fleurs

Le bouquet de fleurs ci-contre doit parvenir demain, mardi 10 avril 2007, à l’auteure de l’article du Monde d’hier qui mentionne les plaintes administratives collectives lancées contre trois émissions de la Télévision suisse romande (TSR) grâce à la coordination assurée par le présent blog.

Ceci en signe de remerciement pour le surcroît de notoriété dont lesdites plaintes bénéficient grâce à elle.

Mais l’article du monde présente tout de même quelques imperfections. Pour y remédier, la demande de droit de réponse suivante vient d’être transmise par courriel aux responsables du Monde. Bien entendu, elle sera également envoyée en recommandé [dont acte + télécopie]:

Droit de réponse 
contre l’article [intitulé] Soha Béchara, ex-militante libanaise, en butte à l’extrême droite suisse paru dans l’édition du Monde du 8 avril 2007

Madame,
Dans son numéro daté du 8 avril 2007, ainsi que dans sa version Internet datée du 7 avril à 12h31, le journal Le Monde a publié un article dans lequel je suis nommément visé et qui m’ouvre le droit de réponse suivant, que je vous remercie de bien vouloir publier dans les trois jours, conformément aux dispositions de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881:

Dans un article du 8 avril, Le Monde évoque diverses plaintes déposées par plusieurs dizaines de particuliers contre trois émissions de la Télévision publique de suisse romande (TSR). Ces actions sont fondées sur une loi fédérale helvétique qui permet, conformément aux principes démocratiques suisses, à tout citoyen ou résident permanent, de faire contrôler l’objectivité des informations télévisées par une autorité indépendante. L’une des émissions mises en cause est axée sur Soha Bechara, une activiste libanaise emprisonnée pour assassinat manqué.

Cette action, soutenue par des gens de tous horizons politiques et confessionnels et coordonnée sur un blog, ajm.ch, est présentée par ledit article comme émanant d’un groupe «islamophobe», «d’extrême droite», «adepte du négationnisme», semblant «ignorer la complexité de cet épisode de l’histoire libanaise» et qui colporterait des «allégations mensongères».

Le Monde n’a pris la peine ni de m’interroger ni de se rapprocher de l’un des plaignants pour contrôler ses affirmations. Je démens catégoriquement, à titre personnel, être militant ou sympathisant d’extrême droite d’une quelconque manière. Je réfute toute allégation d’islamophobie me concernant, à moins qu’on ne fasse ce même reproche à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui a jugé la Sharia contraire aux droits de l’Homme dans son arrêt du 31 juillet 2001 (Refah C/Turquie). Et je démens avoir émis des «allégations mensongères».

Je vous remercie de votre diligence et vous prie de recevoir, Madame, l’assurance de ma plus parfaite considération.

Alain Jean-Mairet

Je précise que ce droit de réponse n’est pas limité à ma personne. L’article de la loi française sur la liberté de la presse qui le fonde précise, et la jurisprudence le confirme, que toute personne désignée dispose d’un tel droit:

Le directeur de la publication sera tenu d’insérer dans les trois jours de leur réception, les réponses de toute personne nommée ou désignée dans le journal ou écrit périodique quotidien (…)

D’autre part, l’article 29 de la même loi, dont le libellé est le suivant

Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés.

permet à l’ensemble des signataires desdites plaintes, ainsi bien sûr qu’à tous les signataires de la lettre ouverte associée à cette plainte (env. 150 personnes) et à toutes les personnes pouvant être mises en rapport de collaboration avec moi, le présent site, lesdites plaintes ou l’une des personnes engagées dans lesdites actions, de déposer une plainte en diffamation contre Le Monde.

Enfin, il est fort possible que l’article puisse être attaqué aussi dans notre pays, ce qui serait plus confortable pour les personnes résidant en Suisse. À suivre.

UPDATE: L’affaire est exposée dans Media-Ratings, qui relève notamment:

La première chose qui choque dans cet article est l’insignifiance de l’information développée.

Rendez-vous compte: une personne a déposé une plainte en diffamation contre une autre personne qui s’est indignée du caractère propagandiste d’un reportage dans lequel se trouvait la première personne. Tout ceci se passe en Suisse et concerne un reportage tourné au Liban. Dernier point: la plainte n’a pas encore été reçue…

Cette information était-elle si importante pour les lecteurs du Monde? Ou bien était-ce un coup de main apporté à la sympathisante d’un mouvement terroriste? (…)

En somme, il apparaît donc que Le Monde a publié un article qui défend la sympathisante d’un mouvement terroriste libanais sans informer pleinement ses lecteurs. Inutile d’ajouter que la «journaliste» du Monde n’a pas poussé l’investigation au bout en s’abstenant d’interroger les signataires de la pétition…

La TSR fait bel et bien la propagande des terroristes

Le 20 mars dernier, des gens qui se décrivent comme un «collectif d’activistes pour la justice sociale» mirent sur pied une projection du film de la TSR «Soha, retour au pays du Hezbollah» (voir la plainte lancée contre la TSR à ce sujet) suivie d’une conférence:

La soirée comprenait la projection d’un film documentaire produit par la Télévision Suisse, centré sur le retour de Soha Bechara, une ancienne prisonnière politique Libanaise, au Liban après la guerre de 2006.

Oui, sur le site qui présente l’événement (copie d’écran), Soha Bechara est qualifiée de «prisonnière politique» pour les dix ans qu’elle passa en prison après avoir tenté d’assassiner un homme par traîtrise. Pour les organisateurs, «au Liban et dans tout le Moyen-Orient, le Hezbollah est vu comme un acteur politique légitime» et ils militent pour que leur pays, le Canada, cesse de le qualifier d’organisation terroriste:

Si vous voulez soutenir cette campagne de retrait du Hezbollah de la liste des organisations “terroristes” au Canada, si vous voulez vous impliquer ou si vous avez des questions sur nos activités, n’hésitez pas à nous contacter!

La vérité sur le terrain est pourtant que le Hezbollah est la plus importante et la plus abjecte organisation terroriste de notre temps. Elle est terroriste car elle s’attaque délibérément à des civils pour atteindre des objectifs politiques. Elle est sans doute la plus importante puisqu’elle a prouvé être en mesure de résister à une armée moderne et parfaitement équipée. Et elle est la plus abjecte car elle fait l’usage le plus systématique connu de la victimisation des civils pour arriver à ses fins, comme le démontre éloquemment ce rapport de 300 pages sur son mode de fonctionnement de l’été dernier.

Et ce n’est pas par hasard que des gens qui veulent considérer cette organisation comme normale et légitime estiment judicieux de présenter la production de la TSR pour appuyer leur propos. Ils ont bien raison, d’ailleurs, ce film présente une image tout à fait respectable du Hezbollah. Si tout ce que nous savions de cette organisation nous venait de la TSR, nous serions bien en peine de la qualifier de terroriste.

2e plainte contre la TSR — acceptée par l’AIEP

Comme l’indique ce document (cliquer sur l’image pour l’agrandir), l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radiotélévision (AIEP) a accepté la deuxième plainte (voir la première) déposée contre la TSR pour dénoncer ses informations déséquilibrées sur la situation au Moyen-Orient. À suivre.

UPDATE: Texte du communiqué de presse transmis à une sélection de médias suisses le 31 mars 2007.

2e plainte contre la TSR — dépôt à l’AIEP

La deuxième plainte contre la TSR vient d’être expédiée en recommandée à l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radiotélévision (AIEP). Elle est accompagnée de 45 signatures, soit plus du double du nombre nécessaire (20) et largement davantage aussi que lors de la première plainte de ce type (35).

De plus, cette fois-ci, les signataires potentiels ont été informés d’emblée qu’ils pouvaient déposer leur déclaration de soutien directement auprès de l’AIEP et j’ignore encore combien de personnes ont opté pour cette solution. Nous ne saurons qu’à l’échéance du délai, au lendemain du 30 mars, combien de déclarations de soutien cette plainte aura finalement réunies.

Si vous souhaitez vous aussi soutenir cette action, vous pouvez télécharger ce document pdf puis le remplir et le poster ou le faxer à l’adresse indiquée (AIEP). Vous pouvez bien sûr aussi simplement copier ou écrire à la main le texte suivant et indiquer vos coordonnées.

Voici le texte:

Je soussigné/e déclare soutenir la plainte du 27 mars 2007 à l’AIEP, rédigée par Alain Jean-Mairet, à l’encontre des émissions 19:30 de la TSR du 24 et du 29 décembre 2006.

Prénom et nom: 
Rue et numéro:
NPA et lieu:
Année de naissance:
Signature:

Et voici l’adresse:

AIEP – Autorité indépendante
d’examen des plaintes
en matière de radiotélévision
Case postale 8547
3001 Berne
Fax: 031 322 55 58

Merci à toutes et à tous!

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