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Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Par Maurice G. Dantec

Voici la réaction de Maurice G. Dantec, à la déclaration unilatérale d’indépendance de la province serbe du Kosovo. La version définitive en sera publiée dans la prochaine édition d’Égards.

* * *

LE KOSOVO EST SERBE, COMME LE MASSACHUSETTS EST AMÉRICAIN.
Par Maurice G. Dantec

Il arrive très souvent aux nations de commettre des erreurs fatales. Il arrive plus souvent encore aux empires de les commettre au nom de la justice. Tout le monde connaît depuis longtemps mes positions pro-américaines et pourtant hostiles à la religion démocratique, pro-israéliennes et pourtant catholiques, pro-occidentales et pourtant pro-russes, pro-européennes et pourtant anti-bruxelloises. Des positions qui m’ont valu tout le dictionnaire des noms d’oiseaux disponibles dans les magasins de la République, et quelques insultes de cour de récréation de la part du nouveau parolier de la Front-National Académie, surtout depuis que mon dégoût pour le Zéropa-Land bruxellois se double de la volonté affirmée mille fois de voir renaître un Saint Empire Romain susceptible d’unifier pour de bon le continent des indo-européens.

Je ne suis pas à une contradiction près, car le monde que j’observe se déliter lentement est précisément le point nodal de tous ces paradoxes et ce qui s’est passé dimanche dernier au Kosovo en est comme l’aboutissement «post-moderne», ce moment ineffable où la pensée humanitaire a remplacé les fondamentaux millénaires de toute authentique politique.

Les USA et l’Union Européenne n’ont pas joué exactement le même rôle dans cette tragi-comédie onuzienne qui prépare déjà un conflit majeur dans les Balkans d’ici les dix prochaines années.

L’UE est un spectre sans la moindre souveraineté, elle est uniquement capable de s’appuyer sur les fonctionnaires de l’ONU pour produire quoi que ce soit en matière de politique étrangère, autant dire rien.

Les USA sont le premier empire circumterrestre/orbital de l’Histoire, cela fait longtemps qu’ils ont compris que l’Europe ne serait jamais un continent fédéré, cela fait longtemps qu’ils ont compris qu’elle ne ferait jamais un allié vraiment fiable, cela fait longtemps aussi qu’ils savent qu’ils n’ont pas vraiment d’autre choix que de la défendre, y compris contre elle-même.

Et c’est précisément ici que tout s’est joué à la fin du XXe siècle, sur cette ligne de fuite qui à la fois distancie et relie les deux continents de la conquête occidentale. C’est ici, dans la poudrière balkanique multicentenaire que tout a commencé, et que tout finira. Car c’est ici que l’histoire s’est renversée, au cours des dernières années du siècle précédent, c’est ici, dans la seule et unique «Europe» qui existe vraiment, que les aberrations du communisme ont conduit à la folie islamiste, c’est ici que l’Europe institutionnelle a baissé les bras devant les génocides de Milosevic et de sa clique, c’est ici que l’armée américaine a dû prendre la relève du néant, en empêchant de justesse le régime bolchevique de Belgrade de conduire jusqu’au bout sa politique absurde, criminelle et suicidaire de nettoyage ethnique dans la province albanophone. C’est-à-dire la mise en place de tous les éléments nécessaires et suffisants pour que sa séparation soit un jour acclamée comme une «victoire de la démocratie».

Que les Américains soient en train de commettre une erreur historique bien plus grave que celle qui a consisté à aider les combattants afghans antisoviétiques sans trop de discernement ne devrait non seulement échapper à personne, mais plus encore il conviendrait de comprendre que cette erreur n’est que le produit de l’incurie européenne, de son incapacité ontologique à faire régner ses principes, et en particulier ceux de la souveraineté nationale.

Dans le même temps il convient de remarquer certains faits non dénués d’intérêt, au regard de la crise qui vient de s’ouvrir:

Les opinions publiques européennes, et leurs gouvernances, ont majoritairement soutenu les communistes serbes lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Cela n’a commencé à changer que vers 1994 et surtout après les abominations de Srebrenica qui, soit dit en passant, ont représenté par la suite un des points clés de la propagande djihadiste diffusée à travers le monde pour susciter des vocations.

De nombreuses manifestations de soutien au régime de Belgrade se sont déroulées dans tout l’Occident, lorsque l’US Air Force bousilla trois chars yougoslaves, deux ponts, une usine, et la moitié d’une centrale électrique en 1999.

La Serboslavie était alors encore aux mains de l’ami des progressistes, notre vieille connaissance, Slobodan Milosevic qui, une fois délogé de son trône et assis sur le banc du TPI, ne tarda pas à mourir juste avant de désigner ses complices, dont certains siégeaient au Tribunal.

Milosevic avait ouvert l’ère de la translation, il la ferma. De l’opposition intra-occidentale démocratie/communisme, en dix ans, le monde se configura selon la nouvelle faille: Occident contre islamisme.

On aurait pu alors penser que la Serbie s’étant délivrée du totalitarisme rouge, en parallèle avec la Russie, une nouvelle unité politico-militaire pouvait surgir des cendres du siècle précédent. On pouvait imaginer une adhésion de tous les «pays de l’Est» à l’OTAN, puis une transformation de l’Alliance en une structure de défense hémisphérique, qui inclurait la Russie.

Mais le communisme et l’islamisme en ont décidé autrement, en se repassant le relais du démoniaque au tournant du siècle.

En obligeant les Américains à intervenir contre son propre pays, en les poussant dans les bras de l’UCK et des partis «démocratiques» du Kosovo, Milosevic ne savait pas ce qu’il faisait, bien sûr, comme tous les petits planteurs de clous de l’Histoire.

Il ignorait qu’il signait l’arrêt de mort de la province historiquement matricielle de sa propre nation, il ignorait qu’à cause de lui, et de sa sorcière, les Serbes seraient marqués au fer rouge du sceau de l’infamie au moment même où, lui et ses complices disparus, l’infamie allait se retourner contre son propre peuple.

Car l’ignorance, même celle des roitelets de république populaire, n’a jamais stoppé la roue implacable de l’histoire, cette roue qui broie tout sur son passage, et qui ne pardonne aucune erreur.

Ainsi, à la lumière de ces événements tragiques, qui marquent officiellement le début de la dislocation de l’Europe, avant même sa fondation, voit-on on mieux comment la France, et ses supplétifs de Zéropa-Land, ont à chaque fois trahi les Serbes quand, dans l’Histoire, ils furent directement menacés par les invasions islamiques ou germaniques, pour ne les soutenir en retour que lorsqu’ils glissaient sur la pente du totalitarisme (lire «progressisme») et du génocide socialisant.

Maintenant que ce peuple s’est libéré des griffes du communisme, le voilà pris dans les rets de la «politique» onuzie, c’est à dire cette époque nouvelle qui a décidé d’exterminer les souverainetés historiques au profit d’un morcelage ethnique pacifié, démocratique, poursuivant paradoxalement la politique des génocidaires communistes, avec d’autres moyens, mais des visées assez semblables: extraire les peuples de leurs matrices historiques, les reconfigurer selon des quotas raciaux et linguistiques, les soumettre aux lois de la «communauté internationale», leur allouer la liberté d’obéir ou d’être punis. 1984 va très vite ressembler à un épisode de la Petite Maison dans la Prairie.

Que les États-Unis, si pointilleux sur la notion de souveraineté nationale, aient pu se faire embarquer par les Zéropéens dans cette misérable farce qui sert à ces derniers à faire oublier, de tous leurs larmoiements humanistes, l’inaction complice dont ils ont fait preuve pendant quatre années pleines lors de la guerre civile yougoslave, montre avec quelle intensité la réversion démonique communisme/islamisme a franchi le mur du siècle.

La roue de l’histoire n’épargne pas les empires dominants, bien au contraire. S’ils oublient qu’ils en sont les serviteurs, les «servo-moteurs», s’ils s’en croient les maîtres tout-puissants, les «ordinateurs», les voilà placés devant la lumière aveuglante de l’absurde, devant l’infernale logique des causalités historiques qu’ils n’ont pas su prévoir. Alors qu’ils sont engagés, à l’échelle du globe, dans une guerre tous azimuts contre l’islamisme radical et, osons le dire, contre la poussée générale de la dé-civilisation islamique, les USA soutiennent les Européens et l’ONU dans cette sinistre première qui voit un pays séparé de son cœur historique par un décret «démocratique» de fonctionnaires non élus.

Jamais, même au cours du terrible XXe siècle, on en était arrivé là. On avait déjà, au prix de quelques guerres mondiales, pulvérisé des empires, comme l’Autriche-Hongrie, ou l’Empire Ottoman, on avait déjà rediscuté le tracé de frontières disputées, on avait accordé subséquemment des pays à ce qui avait été des minorités nationales à l’intérieur de ces grandes structures fédérales, mais on avait jamais encore attenté directement au principe fondateur de la souveraineté politique, et en tout cas on ne l’avait jamais fait en organisant pour ce faire le plus grand «téléthon» humanitaire de l’histoire.

Cette époque, qui s’ouvre comme les cuisses d’une catin au plus offrant, les Américains et les Européens vont devoir la méditer longuement. Les Russes, isolés comme toujours, se sont avérés incapables de retourner la situation en leur faveur. Ils en avaient eu pourtant l’occasion à de nombreuses reprises, depuis 2001. Une alliance bipolaire entre USA et Russie aurait évidemment déverrouillé tout le processus. La Russie est aujourd’hui dans la position de l’Allemagne en 1914 ou en 1939. Où qu’elle se tourne, il n’y a plus que des ennemis, ou des amis peu fiables: Europe occidentale, ex-marches ukrainiennes/biélorusses, Chine, Asie Centrale, Nord-Caucase, Iran, Turquie, Japon, elle n’avait donc pas d’autre choix que de risquer le grand saut transpacifique, en rejoignant le continent nord-américain par le détroit de Béring. Une telle alliance aurait déporté tout l’axe du monde vers un autre avenir que celui qui nous est réservé par l’ONU et ses sbires.

L’affaire du Kosovo se serait réglée par un compromis, une large autonomie de la province, les Serbes n’auraient pas été soumis au joug des terroristes albanais et des bureaucrates de Bruxelles, l’Europe aurait sans doute fini par comprendre qu’il était temps de devenir une grande puissance alliée des deux premières, avec toutes les nations qui la composent, toutes les nations, et dans toute leur intégrité.

Au lieu de cela, nous voyons de nouveau l’Occident se diviser lui-même, se désagréger de l’intérieur, alors que les puissances islamiques s’y introduisent, par l’immigration, la démographie, le terrorisme et l’influence économico-politique.

Les Américains accepteraient-ils une motion, osons dire une directive, venue du grand immeuble de New York, dans laquelle l’État du Massachusetts serait séparé par décret «démocratique» et remis à je ne sais quelle «communauté» arrivée d’où vous voulez et dont la population serait devenue majoritaire? Les Britanniques accepteraient-ils que le nord-est de l’Angleterre soit rattaché au Pakistan? Les Français seront ils d’accord le jour où les communautés arabophones de la région de Marseille demanderont leur indépendance ou leur rattachement au Maghreb? Que feront-ils tous lorsque, de surcroît, ces exigences seront appuyées par les 200 autres États de la «communauté internationale»?

Accepteront-ils de devoir plier devant le vote d’un délégué du Swaziland, du Botswana, du Pérou ou du Turkménistan? Accepteront-ils de voir leur pays se faire émietter au nom de principes «démocratiques» édictés par des personnes qui ne se sont jamais rendues devant les urnes? Accepteront-ils que des pans entiers de leurs territoires soient gérés par des «forces de maintien de la paix» qui serviront à bétonner les séparations et les agrégations ethniques, fatales pour leur nation? Accepteront-ils que leurs millénaires d’histoire soient rayés d’un trait de plume par une Europe qui n’arrive même pas à se faire? Accepteront-ils de voir les islamistes se servir des «droits de l’homme» tout en s’activant pour leur Jihad?

Il va falloir que tout le monde comprenne bien ce qui vient d’être mis en jeu, ce dimanche:

Désormais les constructions politiques humaines créées tout au long de l’histoire – disons les 6000 dernières années écoulées– ne sont plus que des abstractions que la Matrice Supranationale Onuzie a pour fonction de remodeler selon les lois humanitaires qu’elle se charge de concocter.

Les Américains, qui ont appuyé cette folie, ne savent pas qu’ils viennent de créer un précédent extrêmement dangereux pour eux-mêmes.

Aveuglés par les pleurnicheries européennes, sans doute désireux de faire un peu de realpolitik à l’égard des pays musulmans, ayant attendu des années un geste de la Russie, mais n’ayant pas su, en retour, instaurer les conditions d’un vrai dialogue, les Américains ont cru que le Kosovo était albanais et que, probablement, affaiblir la Serbie était de bonne guerre.

Toutes les guerres sont «bonnes», ce n’est pas le problème. Le problème est de savoir qui les déclenche et pourquoi. Détruire les fondations occidentales du concept de souveraineté politique est le geste d’un homme épuisé qui se suicide. De l’Europe, difficile de s’en étonner. D’une nation aussi vigoureuse que les USA, ce n’est compréhensible qu’en fonction de la réversibilité démoniaque qui a fait se déplacer le conflit contre le communisme sur le terrain bien plus général de la guerre totale à l’islamisme. Les deux anciens ennemis s’étaient chacun servi de leur influence dans les pays musulmans, durant la guerre froide. Jusqu’au jour où le mur de Berlin tomba, l’année même où Milosevic commençait à provoquer la crise qui conduirait à la dislocation de la Yougoslavie, précisément au Kosovo. Les anciens ennemis auraient dû devenir amis mais sont restés rivaux. Les anciens alliés ont tous changé de camp, soit pour celui d’en face, soit pour celui du Jihad. Et désormais c’est la civilisation européenne elle-même qui prend la décision mortifère de pulvériser les fondamentaux sur laquelle elle s’est construite.

Constatons la terrifiante nature de la réversibilité qui est en œuvre ici: l’UE n’ayant aucune réelle compétence juridico-politique, ce sera aux nations qui la composent d’approuver ou non la décision unilatérale d’indépendance que cette même «Union» aura pourtant promue. Mieux encore, nous allons très vite constater comment ce sont les pays de tradition jacobine-progressiste, telle la France, qui reconnaîtront ce fait accompli, en dépit du droit international, et les nations de nature fédérative, comme l’Espagne, qui sauront sans doute déceler le piège à temps. En attendant, le crime a été perpétré, et ses responsables continuent de s’en vanter à la télévision, leur sourire d’assassins humanitaires en travers de la face.

Il faudra un jour rappeler à tous ces enfants de putain que même l’Alsace est partie intégrante de la France, eu égard à tous ceux qui sont tombés pour elle et venaient de cette marche rhénane. Il faudra rappeler à tous les cuistres progressistes comment ils ont joliment ondulé du bassin entre le soutien total à la Serbie de Milosevic, quand elle se faisait bombarder par les avions de l’Air Force, et leur appui consensuel au complot islamiste en œuvre aujourd’hui au Kosovo. Il faudra que certains m’expliquent comment on peut à la fois soutenir les Serbes, ce peuple qui se tient droit face à l’envahisseur turc depuis plus de six siècles, et les pathétiques crapules criminelles d’Al Qaeda, dont on sait qu’ils tirent les ficelles de l’Armée de Libération Albanaise. Il faudra que d’autres m’éclairent sur l’incapacité des nations européennes à se regrouper autour d’un projet politique commun, celui d’une véritable union fédérative capable de faire pièce à tous les totalitarismes. Il faudra bien que ces concentrés madréporaires de crasse stupidité, ces agrégats d’inculture instruite devenus géopoliticiens de sous-préfecture, s’expliquent un jour sur leur obstination à ne présenter aux Européens que le choix truqué entre leur Union de jacobins technocrates et… rien.

Et puis, bien sûr, je ne manquerais pas de questionner mes amis américains, qui croient naïvement soutenir un projet «démocratique» d’indépendance nationale, sur leur réaction possible si j’évoquais la séparation immédiate d’un des 50 États de leur fédération, par une déclaration unilatérale de sécession, appuyée par l’ONU. Je serais le premier à leur expliquer que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe. Comme la Saxe est allemande. Comme l’Île-de-France est française.

Je suis sûr que beaucoup se mettront à comprendre en quoi ils se sont fourvoyés. Évidemment, je leur dirais aussi en quoi il est désormais trop tard.

Montréal – le mardi 19 février 2008 –

Quelques images pour conclure:

YouTube Preview Image

Et une pétition: http://www.sosfrance.com/serbie/soutien_serbie.php

Comments

  1. February 20th, 2008 | 2:58 pm

    [...] Lire chez notre confrère suisse AJM ici [...]

  2. Wilfried
    February 20th, 2008 | 3:08 pm

    “Massachusetts” et non “Massachussets”.
    AJM: Deux occurrences corrigées. Merci!

  3. February 20th, 2008 | 4:49 pm

    Voit on avec cette incroyable “première” l’aboutissement de cette “guerre sans armes” au niveau des balkans, la “guerre économique totale”…qui passerait donc par l’étouffement des micro revendications à l’échelle mondiale de “peuples” en mal de liberté…
    je suis terrifié depuis l’ annonce
    SARAJEVO en 14/18
    On connait la suite

    merci http://www.fdesouche.com qui m’a renvoyé chez vous…

    continuons d’informer…oui, mais avons nous la puissance de feu pour contrer l’information “ennemie?”

  4. February 20th, 2008 | 5:24 pm

    Article de Dantec sur le Kosovo…

    Je parle régulièrement de l’écrivain Maurice G. Dantec sur ce blogue. On peut lire un article de cet écrivain polémiste, auteur d’ouvrages de science-fiction, en suivant ce lien. Comme on peut en juger par le titre, LE KOSOVO EST SERBE, COMME LE…

  5. Pm
    February 20th, 2008 | 7:23 pm

    Ce texte manque de sérieux. Par exemple quand il dit que l’Europe était pro serbe du temps de la guerre en Yougoslavie: au contraire on s’est précipité pour reconnaître la Croatie sans négocier, sans penser aux conséquences.

    La politique américaine au Kossovo est la même qu’en Bosnie: diviser les Balkans en de multiples Etats pro américains.

    Ce texte ne tient aucun compte des études récentes (d’Alexandre Del Valle notamment) qui prouvent qu’il n’y a PAS eu au Kossovo, de nettoyage ethnique même par Milosevic contre les albanais… mais contre les Serbes, si, par les Albanais, après.

    Il y a eu récemment une vraie analyse de la propagande de l’OTAN à ce propos ; que M. DANTEC se renseigne.

    Dantec, tout en critiquant l’attitude de l’Europe et des USA au Kossovo, reprend tous les clichés médiatiques sur l’attitude des Serbes au Kossovo et en ex Yougoslavie en général pour les années 92-99.

    lisez : 16.02.2008 Kosovo : démontage de la propagande du Figaro

  6. PYves Rennes
    February 22nd, 2008 | 6:28 pm

    La situation entre Kosovo – Serbie n’a rien à voir avec des pakistanais ou que sais je encore et l’angleterre.
    Albanophones et serbes ont coexisté durant des siècles sur le même territoire européen des balkans, kosovars et serbes sur la même terre du Kosovo, cette terre est au 2 groupes ethniques, l’un islamisé (un islam modéré) au XIV ème suite à une invasion ottomane . Il se trouve que les serbes ont toujours été minoritaires au Kosovo mais acceptés car ayant une histoire commune avec les albanophones.
    Les pakistanais sont arrivés au RU pour des raisons économiques, ce n’est pas légitimement leur terre pour la revendiquer, comme les maghrébins en france. Ils sont issus des anciennes colonies devenues indépendantes après des guerres pour certaines et ont des pays respectifs, ne sont chez nous que depuis tout au plus 100 ans. Ce raprochement n’a pas lieu d’être fait. Les Kosovars sont de langue et culture albanaise, ex sous-citoyens serbes. Si les serbes leurs avaient garantie une grande autonomie sous Milosevic et abandonné leur rêve panslave de grande serbie nous n’en serions pas là . Je pose la question donc, à qui la faute ?
    Je déteste les islamistes barbus braillant leur haine et embrigadant des milliés de paumés chez les arabes et les iraniens, les Kosovars ne sont pas de ceux là, même s’ils ont combattu avec l’UCK pour leur identité. Tous les pays ont combattu pour sauvegarder leur identité, même du temps de l’empire gallo romain avec les tribus celtes, certains avec les armes d’autres sans.

  7. February 24th, 2008 | 12:19 am

    [...] On s’était tous fourvoyés… Le Kosovo est serbe comme… [...]

  8. Charles Martel.
    March 6th, 2008 | 9:09 pm

    Ils faut motiver les serbes de Bosnie et du nord du kosovo (sud-est ?) de retourner a la mere patrie serbe.
    Pour forces rassemblee, le momment echeant, pour une possible guerre a venir, si besoin re-christianiser les albanais (certains sont chrypto-catholiques, peut etre pourront-ils s’exprimer maintenant, si l’islam integriste n’y prend pas pied totalement).
    Mais pour cela, il faut que la chretiente romaine et orthodoxe se rassemble enfin.
    C’est beaucoup plus important que de dialoguer avec l’islam. Nous avons des films, des livres et des carricatures pour cela.

  9. Kae
    March 13th, 2008 | 3:23 am

    Lorsque le Massachusetts est devenu américain, la Serbie avait entièrement disparu dans l’empire ottoman.
    L’état serbe contemporain n’a envahi le Kosovo qu’en octobre 1912, pour massacrer 20’000 de ses hanitants, parce que les Albanais y étaient majoritaires aux deux tiers et que les Serbes n’y étaient qu’un quart.

    Combien y avait-il alors de non-Américains au Massachusetts ? Et combien d’entre eux les Etats-Unis ont-ils massacrés pour annexer celui-ci par la force ?

    Le “Kosovo serbe”, les Serbes peuvent se le garder : personne ne songe à le leur prendre, puisqu’il n’existe que dans leur tête, et dans celle de quelques gogos de leur propagande.
    Le Kosovo qui existe réellement, en-dehors de leur imagination, il est monoethniquement albanais.

    Mais Maurice Dantec ne sait rien du Kosovo ni des Albanais. Ce drapeau que les Kosovars brandissent, sait-il seulement que c’est celui de Scanderbeg, qui défendit victorieusement la chrétienté contre l’envahisseur musulman ?
    Sait-il que son rouge est celui du sang des martyrs chrétiens ?

    L’Europe aux Européens, le Kosovo aux Kosovars.

    AJM: http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/europe/Kosovo.htm

    Vers le IIe millénaire av. J.-C., les Illyriens (les ancêtres des Albanais actuels) occupèrent une grande partie de la péninsule des Balkans, englobant le Kosovo actuel. Les territoires illyriens, qui comprenaient le Kosovo et une partie de la Macédoine, finirent par être annexés par l’Empire romain. Au VIIIe siècle, ces peuples romanisés furent refoulés sur les côtes de la mer Adriatique par les Serbes, qui fondèrent plusieurs principautés. L’unification de la Serbie se fit au XIIe siècle. Le roi des Serbes, le tsar Étienne IX Duchan (1331-1355), régna sur un territoire qui englobe aujourd’hui la Macédoine, l’Albanie et la Grèce. Pour les nationalistes serbes, le Kosovo constitue donc le berceau de la Serbie médiévale. Les Serbes dominèrent le Kosovo à cette époque, et de nombreux monastères orthodoxes attestent de leur présence. Ainsi, pour les Serbes, le Kosovo serait serbe depuis le Moyen Âge et les Albanais se seraient approprié peu à peu cette région. Pour les Kosovars, le Kosovo a toujours été albanais et les Serbes ne sont que des occupants.

    L’histoire nous montre que les Kosovars n’ont jamais trouvé les ressources intérieures nécessaires pour fonder un État, une civilisation, et leur structure actuelle, à base essentiellement ethnique, est portée à bout de bras, au niveau institutionnel, par des nations étrangères. Rien ne suggère qu’ils sont capables d’en faire un État digne de ce nom. Il est irresponsable de favoriser une telle chimère. Tout indique que cet état sera mafieux, islamo-mafieux.

  10. Kae
    March 15th, 2008 | 12:29 am

    Économie du Kosovo, économie criminelle ?
    Michel Svetchine et Marc Auboin, avril 2005

    Pristina — Une économie criminelle est une économie dominée par les activités criminelles, ou une économie dans laquelle celles-ci ont pris une place significative. Ces activités sont définies comme « criminelles » par référence à leur qualification pénale (« le crime », par opposition au « délit ») ; il s’agit principalement du trafic de drogue et d’armes, de la prostitution organisée, du faux monnayage, du racket et de l’extorsion de fonds, de l’organisation de circuits d’immigration clandestine, du trafic d’organes humains. Ces activités criminelles sont généralement le fait «d’organisations criminelles», plus ou moins structurées.

    L’économie criminelle ne se confond pas avec l’économie « informelle » ou « souterraine ». Ces termes recouvrent des activités intrinsèquement légales, mais qui sont exercées de manière irrégulière, c’est-à-dire sans respecter les règles en vigueur, notamment en matière de déclaration d’activité, d’enregistrement, de tenue de comptes, de paiement d’impôts et de cotisations sociales, de respect du droit du travail, etc.….

    Au Kosovo, l’économie informelle tient certainement une place notable, même si elle ne doit pas être surestimée dans un territoire où les dépenses publiques et internationales contribuent pour prés des 2/5éme du PNB.

    Qu’en est-il de l’économie criminelle ?

    1) Le concept « économie criminelle » peut recouvrir deux réalités :

    - la prise de décisions par les autorités sous la pression des « criminels » (menaces physiques, corruption), ou sur le fondement de comportements criminels des décideurs eux-mêmes ;

    - la génération ou le recyclage de revenus provenant d’activités criminelles.

    2) Les autorités au Kosovo sont-elles sous l’influence des organisations criminelles ?

    Au Kosovo, les décisions sont encore largement le fait de l’UNMIK et des personnels internationaux, tandis que les décisions du ressort du PISG portent pour l’instant sur des montants de faible ampleur. Ces dernières sont de surcroît prises sous les regards de la communauté internationale.

    En particulier, le processus de privatisation, qui dans certains pays a donné lieu à des opérations « criminelles » de vaste ampleur (corruption des autorités, accaparement de richesses au moindre coût, pillage des entreprises privatisées…) s’opère au Kosovo de manière transparente et sous le contrôle des autorités de l’ONU. Il a même été reproché à ces autorités de se montrer trop sévères, en éliminant certains postulants (ainsi 40% des offres ont été éliminées). De plus, les privatisations ont, pour l’instant, porté sur des opérations unitaires de faible ampleur (moins de 2 millions d’euros).

    Affirmer que « l’économie du Kosovo est entre les mains d’organisations criminelles » ce serait accuser les institutions internationales d’en faire partie.

    Par ailleurs, s’il ne faut sûrement pas exclure l’existence de commissions, ou de décisions prises sous l’influence de considérations claniques, il ne peut être sérieusement soutenu que les décisions des autorités échappent totalement, ou largement, aux logiques administratives et financières habituelles. De toute façon, le budget du PSIG s’élève à environ 750 millions d’euros, dont une large part est dévolue au paiement de salaires, de sorte que les décisions potentiellement criminelles sont de faible envergure.

    Enfin, au quotidien, et encore une fois contrairement à ce qui peut être observé dans certains pays, les décisions des tenants subalternes de l’autorité –tels les policiers, les douaniers, les officiers d’état civil…- ne semblent pas fondées sur des comportements «criminels» ou simplement illicites.

    Si le Kosovo n’est pas aux mains du crime organisé, n’est-il pas le théâtre d’activités de blanchiment, ou le réceptacle de fonds importants provenant d’activités criminelles ?

    3) La génération ou le recyclage de revenus «criminels» au Kosovo

    Il s’agirait plus précisément :

    - D’une part de la génération de revenus à partir d’activités criminelles (la production de drogue, le faux monnayage, le trafic d’armes…) exercées sur le territoire considéré. En ce sens, il peut être soutenu que certaines régions de Colombie, d’Afghanistan, de Birmanie, de Thaïlande, voire du Rif marocain, sont des « économies criminelles » dans la mesure où une partie significative des revenus provient d’activités criminelles.

    - D’autre part du recyclage d’activités criminelles exercées à l’étranger dont les produits sont placés ou investis dans un pays donné (paradis fiscaux ou pays d’origine des criminels) ; c’est le « blanchiment ». A titre d’exemple, les pays et territoires considérés comme non coopératifs par le GAFI (les PTNC) sont soupçonnés de prêter directement ou non leur concours à du blanchiment d’activités criminelles. De même, certaines activités économiques facilitent les opérations de blanchiment (immobilier, hôtellerie restauration, jeux et casinos, gestion de fonds dans des territoires offrant des dispositifs opaques, marchés financiers non réglementés…)

    Qu’en est-il au Kosovo ?

    4) Les activités criminelles

    S’il existe des activités criminelles au Kosovo, elles sont très discrètes :

    - prostitution et trafic de drogue sont peu apparents,

    - le nombre des billets contrefaits détectés par le secteur bancaire et la BPK est dans la moyenne de l’Union Européenne,

    - il n’y a pas eu (à notre connaissance) de découvertes de laboratoires de traitement et de conditionnement de drogues.

    De plus :

    - les frontières sont contrôlées et difficiles à franchir,

    - le pays est quadrillé par des forces de l’ordre nombreuses et par des organisations internationales de toute nature.

    Aucun fait précis n’est venu confirmer l’existence sur le territoire Kosovar d’activités criminelles d’une certaine ampleur (la contrebande de cigarettes exceptée). Ceci ne signifie pas pour autant que des Kosovars ne soient pas partie prenante à des activités criminelles à l’étranger, notamment dans les zones de forte immigration (la prostitution et le négoce de drogue en Allemagne sont par exemple souvent cités).

    En défnitive, si l’économie kosovare devait être influencée par des activités illicites ce serait à travers le blanchiment de capitaux d’origine criminelle.

    5) Le blanchiment

    Les experts distinguent trois étapes dans le blanchiment des capitaux provenant d’activités criminelles :

    - le « placement »
    - « l’empilage »
    - « l’intégration ».

    En résumé, les opérations de « placement » consistent à introduire dans l’économie, de manière aussi discrète que possible, des fonds provenant d’activités criminelles. Il s’agit le plus souvent d’espèces reçues par les « fourmis » (les petits dealers) et plus généralement par les criminels de base (souteneurs, membres des réseaux de voleurs de voitures, introducteurs de fausse monnaie, revendeurs d’armes….). C’est l’étape la plus difficile pour les criminels, car il importe de ne pas attirer l’attention, soit par des consommations disproportionnées (train de vie luxueux), soit par des mouvements de fonds incompatibles avec l’activité affichée ou présumée.

    Après leur regroupement éventuel (par « empilage » ou « schroumphage ») et leur acheminement vers leur destination finale, les fonds sont «investis», sans que les criminels recherchent nécessairement à en tirer de grands profits. Le but le plus souvent recherché est la conservation de valeur, l’épargne du bon père de famille en somme !

    Le Kosovo est a priori concerné par le placement et l’intégration, car l’empilage met généralement en œuvre des techniques bancaires ou financières (virements, transferts rapides, aller et retour sur des titres ou des produits financiers…) qui n’existent pas sur le territoire, ou qui y sont difficiles à mettre en œuvre.

    Quelle est l’ampleur de ces phénomènes ?

    6) Les opérations d’intégration

    Il est plus probable que des Kosovars ayant gagné de l’argent à partir d’opérations criminelles réalisées à l’étranger effectuent des dépôts d’espèces sur des comptes ouverts en leur nom et au nom de leurs proches dans des banques du territoire.

    Ces dépôts d’origine criminelle gardent cependant une ampleur limitée :

    - il existe une obligation pour les banques de déclarer les transactions en espèces supérieures à 10 000 euros et toute opération douteuse effectuée en espèces (« suspicious cash transactions ») à un organisme spécialisé (le FIC) placé sous contrôle de l’UNMIK ;

    - le secteur bancaire est contrôlé de près par la BPK avec l’assistance d’experts internationaux ;

    - les deux plus grandes banques, qui totalisent prés de 2/3 des dépôts, sont sous contrôle international ;

    - les sorties nettes d’espèces telles que mesurées par les mouvements aux caisses de la BPK se sont élevées à 177 millions d’euros en 2004, chiffre à comparer au montant des transferts nets (espèces et virements) en provenance des Kosovars immigrés qui est estimé à environ 350 millions d’euros par an. ; les transferts en provenance des Kosovars de l’étranger s’élèvent à environ 15% du PIB, ce qui est compatible avec les mouvements constatés dans les pays voisins ; ces transferts sont opérés en partie en espèces (notamment au moment des vacances) de sorte que les billets apportés au Kosovo ressortent ensuite du territoire via les opérations de la BPK; l’ordre de grandeur de ces sorties nettes de billets n’est pas hors de proportion avec les apports licites attendus des Kosovars travaillant à l’étranger ; il en serait tout autrement si des dépôts massifs de billets d’origine criminelle étaient effectués ;

    - les véhicules juridiques qui facilitent le versement discret de fonds d’origine criminelle, tels les fiducies, les trusts, les fondations, les comptes anonymes n’existent pas au Kosovo ;

    - il en est de même des instruments financiers pouvant aisément occulter l’origine criminelle des fonds : bons anonymes, dépôts fiduciaires, nantissement de dépôts constitués à l’étranger ;

    - de même, l’usage de personnes morales, ou de comptes d’affectation, enregistrés dans des paradis fiscaux et zones off-shore n’a pas été relevé.

    La transformation d’espèces « sales » en chiffre d’affaires ou en profits d’apparence « propre » est encore plus problématique au Kosovo qu’ailleurs, en dépit des affirmations souvent avancées, selon lesquelles les stations services, les hôtels, ou les commerces « servent à blanchir de l’argent sale ». Cela ne signifie pas pour autant que des actifs immobiliers ou commerciaux n’aient pas été financés par des fonds « gris » ou « noirs » , mais il s’agit dans ce cas d’investissement d’argent sale et non pas de «blanchiment», au sens où ces actifs ne servent pas à générer de l’argent propre . Tout au plus sont-ils destinés à essayer –avec des succès variables- à préserver la valeur des fonds illégalement gagnés (cf. supra).

    Pourquoi les stations services hôtels et commerces ne sauraient-ils constituer des « lessiveuses » de grande ampleur au Kosovo ?

    Essayons de tordre le coup à des affirmations parfois simplistes :

    - Pour qu’une station service serve à blanchir des fonds, il convient de surestimer les recettes (c’est facile dans un pays où tout est réglé en espèces) et, simultanément, de pouvoir justifier d’achats de fuel en rapport direct avec les ventes, car les marges sont faibles dans la distribution de produits pétroliers. Pour ce faire, le « blanchisseur station service » doit disposer de fausses factures d’achat. Or le Kosovo importe tout son fuel, il existe en outre un strict contrôle douanier aux frontières, par ailleurs les pompes comportent des compteurs, ce qui complique à la fois la surestimation éventuelles des ventes et des achats ; enfin, au Kosovo, le fuel lui-même est souvent réglé en espèces aux importateurs, ce qui paraît peu compatible avec des opérations de blanchiment de grande ampleur.

    - Quant aux hôtels, restaurants et autres activités de service, il est vrai que les recettes peuvent être largement payées en espèces, que les marges sont élevées, et qu’il est possible d’obtenir sans trop de difficultés de fausses factures de charges ou d’achats (contrairement au négoce de produits pétroliers), ce qui permet de générer des profits fictifs crédibles, comme l’ont montré certaines enquêtes en Europe occidentale (cf. affaire de la « pizza connection »). Dans ces cas, le blanchisseur, établit, fait certifier, publie des comptes annuels faisant apparaître un chiffre d’affaires et des bénéfices surestimés ; il accepte même de payer les impôts correspondants pour légitimer ses revenus. Le blanchiment est alors parfait. Or, au Kosovo, les pratiques habituelles sont toute autre : paiement des achats en espèces, sous estimation du chiffre d’affaires, sérieuses lacunes comptables, sous déclaration fiscale. Par ailleurs, les entreprises sont de petite taille et l’offre commerciale surabondante, ce qui rend peu crédible l’existence d’une surestimation importantes des recettes, de sorte qu’il est exclu qu’il existe une « industrie du blanchiment » présentant une quelconque ampleur.

    Rien ne laisse en définitive entendre, bien au contraire, que le Kosovo soit le théâtre d’opérations significatives de blanchiment.

    Pour autant le Kosovo ne reçoit-il pas en grandes quantités des fonds d’origine criminelle ?

    7) Les opérations d’intégration ou de placement

    L’investissement de produits d’activités criminelles ne doit pas être considéré comme sans effet sur l’économie, même si les activités en question se déroulent à l’étranger.

    Tout d’abord, l’intégration de sommes importantes perturbe le marché des actifs et conduit à des hausses de prix pouvant provoquer des effets d’éviction aux dépens des investisseurs dont l’origine des fonds est « légale ». De tels phénomènes ont par exemple été observés en Floride. De plus, la création de commerces à partir de fonds d’origine criminelle perturbe les entreprises légales, dans la mesure où ces dernières se trouvent en compétition avec des unités n’ayant pas le profit pour principal objectif et n’ayant pas à financer leurs investissements avec des bénéfices régulièrement acquis.

    Au Kosovo, il est très vraisemblable que des investissements immobiliers ou commerciaux soient financés par le produit d’activités criminelles. Il est même possible que l’intégration de fonds d’origine criminelle ait provoqué des hausses de prix d’actifs (terrains, villas…).

    L’ampleur et la portée du phénomène doivent cependant être appréciées à la lumière des observations suivantes :

    - il n’existe pas d’opérations immobilières d’envergure (promotion, lotissement) tandis que les entreprises sont de petite taille et à structures familiales (ce qui exclut l’action de gangs structurés),

    - la plupart des entreprises font appel au crédit bancaire,

    - on ne retrouve pas au Kosovo les manifestations habituelles de l’argent facilement gagné (voir plus loin).

    Il est même vraisemblable qu’au Kosovo certains investissements de fonds d’origine criminelle se révèlent être de mauvaises affaires pour leurs promoteurs. Une offre excessive –qu’elle soit financée sur des capitaux d’origine licite ou criminelle- semble en effet se développer dans le secteur des services. Il ne faut pas pour autant se réjouir trop vite des pertes subies par les criminels, car les effets potentiellement perturbateurs de l’injonction de fonds d’origine illégale à l’égard des activités licites demeurent.

    Le surinvestissement probable dans le secteur des services et de l’immobilier (centres commerciaux, entrepôts, garages, petit immobilier professionnel, hôtels) pourrait produire des effets dépressifs dans les mis à venir.

    8) Le cas particulier de la fraude fiscale

    Il convient tout d’abord de préciser que l’évasion fiscale sous forme de sous déclaration ou d’absence de déclaration n’est généralement pas considérée comme une activité criminelle, même si cette évasion pénalise l’État considéré. En revanche, les « manœuvres frauduleuses organisées » consistant notamment à détourner des règles fiscales de leur objet pour générer des revenus sont assimilables à des activités criminelles. Dans ce domaine, on peut citer par exemple les montages visant à générer de la TVA récupérable (cas des « carrousels de TVA »), ou à obtenir indûment des subventions ou des déductions (activités de « chasseurs de primes », ou de détournement de subventions, ou de génération d’avoir fiscal).

    Au Kosovo, la sous-déclaration de revenus paraît fréquente.
    En revanche, la simplicité des dispositifs fiscaux, comme la surveillance opérée par les institutions internationales, ne laissent pas de place au montage de vastes détournements.

    9) L’absence des manifestations habituelles des activités criminelles

    Si l’économie du Kosovo comportait une sphère criminelle significative, il est vraisemblable que les manifestations caractéristiques du crime organisé apparaîtraient au grand jour.

    Or, force est de constater qu’au Kosovo on constate :

    - peu de règlement de comptes (nous ne sommes ni à Naples, ni en Calabre !)

    - peu de dépenses somptuaires, telles l’achat de voitures de luxe ou des trains de vie coûteux (là encore nous ne sommes pas dans certaines villes de l’ex-Bloc de l’Est !).

    10) Un contexte général peu propice à des activités criminelles de vaste ampleur

    Le Kosovo ne possède pas les conditions idéales pour que se développe une économie criminelle d’envergure :

    - contrairement à ce qui est souvent affirmé, le Kosovo ne saurait aisément constituer ni un «sanctuaire», car il n’est pas d’accès difficile, ni à l’inverse « une voie idéale » de passage ou de transit, car l’acheminement des drogues produites en Asie et parvenues jusqu’en Turquie est bien plus aisé via les grands axes de communications (axes Istanbul-Sofia-Belgrade, ou Istanbul-Thessalonique-Skopje-Belgrade, ou par voie maritime) que par le Kosovo, lequel compte peu de voies d’accès ;

    - le territoire du Kosovo ne compte lui-même ni aires géographiques naturellement isolées, ni conurbations offrant l’abri discret de l’enchevêtrement de zones urbaines et industrielles, pour y installer laboratoires ou imprimeries clandestines ;

    - le territoire n’est pas à l’abandon ou hors du contrôle des autorités, comme certaines régions d’Amérique du Sud, ou d’Asie ;

    - les entrées et sorties du territoire sont surveillées et ne laissent pas la place à des trafics de grande ampleur ;

    - le territoire est quadrillé par les forces de sécurité et les unités de renseignements de l’UNMIK et de la KFOR d’une part, par des organisations internationales et des ONG de toute sorte d’autre part, lesquelles auraient du remarquer des zones de non droit ou des activités criminelles significatives ;

    - de réelles activités économiques existent au Kosovo, de sorte que le crime organisé ou non ne constitue pas la principale ressource de la population ;

    - l’activité économique est analysée ou surveillée de prés par le FMI, la Banque Mondiale, les Douanes, la Banking and Payments Authority of Kosovo ; en particulier, les données en possession de ces institutions, bien qu’approximatives et imparfaites, ne font pas apparaître de « trous » ou d’inconnues notables dans les différentes approches conduites pour estimer le produit intérieur ; à l’inverse, dans certains pays, l’importance relative des revenus criminels dans l’économie conduit à ce que les différentes approches du PIB (par la dépense ou par les revenus) fassent apparaître des écarts significatifs non expliqués, si ce n’est par la part prise par l’économie criminelle ;

    - les différentes unités de police n’ont pas à ce jour révélé d’opérations criminelles d’envergure.

    Si aucune de ces observations n’élimine par elle-même l’existence d’une économie criminelle significative, leur juxtaposition exclut que cette économie ait pris une envergure particulière.

    Enfin, à supposer que l’économie criminelle représente une part significative des revenus de la population Kosovare, les montants potentiellement en cause sont à apprécier à l’échelle de ce qu’est le Kosovo au sein du continent européen.

    A titre d’illustration, le total des dépôts bancaires au Kosovo (hors PISG, UNMIK et PTK) ne dépasse pas 500 millions d’Euros, la masse monétaire M2 est évaluée à 1 155 millions d’euros, à comparer avec les 10,4 milliards d’euros déposés à Monaco par les non résidents, ou simplement au total des dépôts de la clientèle à la BNP (282 milliards d’euros) ou à la Deutsche Bank (329 milliards).
    Autre indication : le PNB du Kosovo est évalué à 2,2 milliards d’euros, celui de la Grèce est de 214 milliards.

    Conclusion :

    - des Kosovars exercent sans aucun doute des activités criminelles à l’étranger et une partie du produit de ces activités est investi au Kosovo notamment dans l’immobilier ou les services,

    - si l’investissement d’argent sale peut provoquer des effets négatifs sur l’économie réelle au Kosovo, rien ne laisse supposer qu’il s’agisse de phénomènes d’ampleur significative,

    - pour le reste, aucune des caractéristiques d’une économie criminelle ne se manifeste de manière évidente au Kosovo.

  11. Kae
    March 15th, 2008 | 1:45 am

    “L’histoire nous montre”… tout le contraire, quand on la connaît
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_12c7fqmz7r

  12. hunden
    March 18th, 2008 | 7:12 am

    “Le Kosovo est un Etat indépendant, et il n’existe aucune possibilité, même théorique, que l’on puisse rien changer à ce fait-là. Exprimer sa désapprobation, sa protestation, son émotion, son son désaccord, refuser de reconnaître cette situation – tout cela est prévisible, naturel, inévitable, légitime, et sans pour autant que l’existence dudit État en soit mise en cause. Tout le monde sait que cet acte-là est en fait irréversible.
    “Or, personne n’ose publiquement reconnaître cette réalité et, étant donné que la politique est l’art du possible, il est évident que « la lutte pour le Kosovo » n’est pas une politique, et que les citoyens, le public et les électeurs n’y voient qu’une “folie”, comme on en a déjà fait publiquement le diagnostic.
    “La DSS [de Vojislav Kostunica], la SRS [de Tomislav Nikolic] et la SPS [d’Ivica Dacic,l’ancien parti de Slobodan Milosevic] le proclament de nouveau : on est «patriote», quand on est fou.

    “Il y a pire, c’est que cette folie-là aussi est un simulacre. En effet, personne ne peut vraiment être dingue à ce point-là. L’objectif principal de cette dinguerie simulée est d’éloigner la perspective de notre entrée dans l’Union Européenne. Tel est l’objectif véritable de la DSS, de la SRS et de la SPS.
    “Dans les autres partis, et d’abord dans la DS [de Boris Tadic], cette folie simulée est pure démagogie : on n’ose pas reconnaître une vérité patente, parce qu’on craint que cette vérité-là ne soit tellement désagréable aux électeurs que ceux-ci se retournent contre le porteur du message. Il semble bien qu’une telle démagogie sous-estime le public, électeurs comme citoyens. La vérité, ils la connaissent déjà, de sorte que cette démagogie-là non plus ne sert à rien. C’est la raison pour laquelle cette démagogie prend avant tout un caractère répressif : on avertit les partis et citoyens pro-européens qu’on les taxera de trahison, s’ils proclament ouvertement la vérité.

    “Ces hommes politiques, ces partis et ces citoyens qui ont été les premiers à rassembler suffisamment de courage pour dire ouvertement que ce roi-là est nu, que le Kosovo est indépendant, et que “la lutte pour le Kosovo” est de la folie ou de la démagogie, la vérité est que nous devrions tous reconnaître non seulement leur loyauté et leur courage, mais encore leur patriotisme authentique. En effet, une stratégie d’état fondée sur des mensonges aussi colossaux ne peut conduire qu’à une nouvelle défaite, et une défaite lourde et durable.
    “Il n’y a pas d’espoir pour la Serbie tant qu’elle restera enfoncée dans la dénégation des hypothèques morales et politiques des années 1990, qu’à juste titre nous subissons aujourd’hui EN TANT QU’ETAT. C’est alors –dans les années 1980 et 1990 qu’il fallait lutter pour le Kosovo, et négocier avec les Albanais. C’est alors ce que personne n’a fait.”

    Srdja Popovic, “Faux dilemmes à propos d’un «pseudo-état»” Pescanik-Radio B92, 10 mars 2008
    http://www.fdesouche.com/?p=361#comment-93538