December 28, 2007
Pas d’Islam sans assassinats politiques
Je ne regretterai pas Benazir Bhutto. C’était une caricature de politicienne sans réelle moralité — née dans la soie d’une famille de politiciens, éduquée dans des pensionnats catholiques puis à Harvard, mais propulsée au pouvoir sous l’étendard socialiste et musulman, son seul legs concret aura été des hausses d’impôts, des affaires de corruption et des agitations populaires infructueuses.
Mais son cas montre surtout qu’il ne saurait y avoir de débat politique normal dans un contexte acquis à l’Islam. Selon les textes sacrés de cette religion, le prophète a fait assassiner ses adversaires politiques, dont une femme, allaitante. Pourquoi diable les gens qui croient à ces fadaises renonceraient-ils à tuer celles et ceux qui, parmi eux, prétendent réformer la perfection? Selon les meilleurs canons de cette soi-disant religion, les criminels qui ont assassiné Benazir Bhutto sont de meilleurs Musulmans qu’elle.
Il n’y a tout simplement pas de solution viable qui respecte le message de l’Islam.
UPDATE: Une remise à l’heure bienvenue de Laurent Murawiec:
Benazir Bhutto était l’héritière d’une dynastie de grands propriétaires fonciers du Sind, l’une des quatre provinces constituantes du Pakistan. Comme les autres latifondiaires, les Bhutto, immensément riches, sont virtuellement propriétaires des villages et des villageois, qu’ils traitent depuis toujours comme des serfs. On n’éduque pas, on taxe. On n’alphabétise pas, on rançonne. Mais le père de Benazir, Zulfikar Ali Bhutto, s’était déclaré «socialiste», étiquette qui recouvrait un populisme creux et corrompu, enrobé d’un charme indéniable. Pour lui, comme pour la quasi-totalité de la classe politique pakistanaise, le pouvoir était avant tout un moyen de s’enrichir démesurément en pillant l’Etat et la nation. Voleur de grande envergure, il ne se différenciait en rien des autres, sinon par le label. Il était aux affaires, quand l’Armée pakistanaise se livra à l’un des plus abominables massacres de l’histoire de l’après-guerre: les Bengalais (musulmans) du Pakistan oriental, ayant osé déclarer leur indépendance, la soldatesque pendjabi (musulmane) du Pakistan (alors «occidental») massacra sans retenue, jusqu’à ce que l’Armée indienne inflige à ces soudards une raclée mémorable et méritée.
Après la mort de Zia, Benazir reprit la franchise développée par son père : le Pakistan People’s Party (PPP) et s’en servit pour prendre le pouvoir. Premier ministre, elle accéléra la nucléarisation militaire ; elle ne fit rien, mais rien de rien, pour améliorer le sort des Pakistanais, pour améliorer le statut de la femme, pour améliorer la déplorable situation de l’enseignement, pour aider l’économie à prospérer. Elle continua la politique de haut vol de son père, avec corruption et vénalité en toile de fond. Elle continua également à exploiter la ferveur des miséreux, qui projetaient en elle tous leurs espoirs, comme il l’avaient fait pour son père : masse de manœuvre crédule, masse de mobilisation, jouets asservis aux ambitions des puissants, pions qu’ils poussent sur l’échiquier du pouvoir.
C’est quand elle était premier ministre que les services de renseignement de l’Armée pakistanaise, l’Inter-Service Intelligence (ISI) créèrent de toutes pièces les Talibans d’Afghanistan: le Pakistan considère qu’il doit dominer le voisin afghan afin de se donner, face à l’Inde, une «profondeur stratégique». L’idée est invraisemblablement stupide, mais elle va de pair avec l’orchestration par les militaires et les barbouzes pakistanais du plus vieux djihad existant sur terre : la guerre menée depuis 1948 contre l’Inde au Cachemire. Périsse la nation pourvu que le djihad triomphe! (…)
Comments(1)

Très curieusement, la description donnée pour la famille Bhutto, correspond à celle de Mossadegh, un autre grand propriétaire terrien, “immensément riche, virtuellement propriétaire des villages et des villageois, qu’il traitait depuis toujours comme des serfs.”
Islamiste convaincu, Mossadegh nous est présenté tantôt comme un laïc, tantôt comme un socialiste. Son nationalisme n’était pourtant que celui de l’Islam.