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Reconstitution du raid israélien sur la Syrie

Signé Infolive:

Selon des sources officielles, Damas tente d’acquérir depuis six mois la capacité de développer du nucléaire et ce, avec l’aide de la Corée du Nord. Ces informations ont été communiquées aux officiels israéliens et américains. La réponse d’Israël n’a donc pas véritablement tardé. Retour en images sur opération israélienne au dessus de laquelle le silence plane toujours.

UPDATE: Un article pas très sûr (voir ici) indique que du matériel nucléaire nord-coréen (reconnaissable comme tel) aurait été prélevé en Syrie. Une agence de presse sud-coréenne signale que des ingénieurs syriens seraient instruits en Corée du Nord.

Voir aussi le commentaire de Charles Krauthammer et l’article de Newsweek (à paraître le 24 septembre), tous deux traduits par Sentinelle 5768:

Le volcan du Moyen-Orient prêt à entrer en éruption?
Par Charles Krauthammer

Le 6 septembre, quelque chose d’important est arrivé dans le Nord de la Syrie. Le problème est que personne ne sait exactement quoi. A l’exception des participants, et ils ne parlent pas.

Nous savons que Israël a réalisé une frappe aérienne. Comment savons-nous que c’était important ? Parce que en Israël, où laisser «fuiter» est une forme d’art, même les mieux informés n’ont aucun indice. Ils me disent qu’ils n’ont jamais vu de secret aussi bien gardé.

Ce qui suggère que, quoi qu’il se soit produit près de Dayr az Zawr, ce n’était pas une intrusion accidentelle dans l’espace aérien syrien, pas un vol d’essai pour une attaque sur l’Iran, pas une frappe sur quelque cible conventionnelle telle qu’une base des Gardes de la Révolution iranienne, ou une cargaison d’armes destinée au Hezbollah au Liban. Une preuve indirecte souligne que c’était une attaque sur une installation nucléaire fournie par la Corée du Nord. 

Trois jours avant, un cargo battant pavillon nord-coréen a mis à quai dans le port syrien de la ville de Tartous un chargement de «ciment». Longue route pour du ciment! Pendant ce temps, un officiel de rang très élevé au département d’Etat a prévenu qu’«iI pourrait y avoir eu des contacts entre la Syrie et certains fournisseurs secrets d’équipement nucléaires». Trois jours plus tard, la réunion à six partenaires sur le démantèlement des installations de la Corée du Nord, programmée pour le 19 septembre a été soudain retardée, officiellement par la Chine, et très certainement sur l’ordre de la Corée du Nord.

A l’exception des suspects habituels — la Syrie, l’Iran, la Libye et la Russie — seuls deux pays ont manifesté de fortes protestations contre la frappe israélienne: la Turquie et la Corée du Nord. Pour la Turquie, on peut comprendre. Son armée peut avoir autorisé un corridor de survol à  Israël sans même l’avoir déclaré au gouvernement islamiste civil. Mais la Corée du Nord ? En quoi cela concerne-t-il la Corée du Nord? A moins que ce n’ait été l’installation nord-coréenne qui ait été frappée.

Ce qui provoque des alarmes pour plusieurs raisons. D’abord cela saperait tout le processus de désarmement nord-coréen. Pyongyang pourrait bien vendre son truc à d’autres Etats voyous ou peut-être le cacher juste le temporairement à l’étranger, en autorisant ostensiblement le retour des inspections à domicile.

Ensuite, il y a des implications menaçantes pour le Moyen-Orient. La Syrie a depuis longtemps des armes chimiques – lundi dernier, l’hebdomadaire de défense «Jane» a rapporté un accident qui a tué des douzaines de Syriens et d’Iraniens chargeant une tête balistique de gaz innervant sur un missile syrien – mais Israël ne tolèrera pas une Syrie nucléaire.

Les tensions sont déjà extrêmement élevées du fait que l’Iran se précipite la tête la première vers le nucléaire. En repoussant les sanctions et une possible action militaire, le président Mahmoud Ahmadinejad a choisi une campagne radicalement agressive pour assembler, déployer, afficher et activer en partie les vassaux de l’Iran au Moyen-Orient arabe.

(1) Le Hamas lançe des roquettes sur les villes et les villages  israéliens au-dessus de la frontière depuis la bande de Gaza. Son intention est de provoquer la réaction israélienne, avec de préférence une attaque terrestre sanglante et télégénique.

(2) Le Hezbollah lourdement réarmé de roquettes iraniennes, transférées à travers la Syrie, pour se préparer au prochain round de combat contre Israël. La troisième guerre du Liban, désormais inévitable, attend juste l’ordre de Téhéran.

(3) La Syrie, seul Etat arabe client de l’Iran, rassemblant ses forces à travers les Hauteurs du Golan de l’autre côté de la frontière avec Israël. Et mercredi dernier, un autre membre anti-syrien du Parlement libanais a encore été assassiné lors d’un énorme attentat à la voiture piégée.

(4) La force al-Qods des Gardiens de la Révolution iranienne forme et équipe les milices extrémistes shiites à l’utilisation des «dispositifs explosifs improvisés» [IED] et des roquettes contre les troupes américaines et irakiennes. L’Iran aide aussi les Taliban à attaquer les forces de l’OTAN en Afghanistan.

Pourquoi l’Iran fait-elle cela? Parce qu’elle a l’oeil dans une seule direction: la bombe. Elle a besoin d’un peu plus de temps, sachant que dès qu’elle maîtrisera le nucléaire, elle sera la superpuissance régionale et aura l’hégémonie sur le Golfe persique.

Les atouts de l’Iran à Gaza, au Liban, en Syrie et en Irak sont plein d’assurance et prêts. Le message d’Ahmadinejad est celui-ci : si quiconque ose attaquer nos installations nucléaires, nous activerons totalement nos vassaux, déclenchant une destruction sans freins sur Israël, les  Arabes modérés, l’Irak et les intérêts des USA – en plus du «banal», comme le minage du Détroit d’Ormuz, et le déclenchement d’une crise pétrolière aiguë et d’une récession mondiale.

C’est un jeu avec des périls extrêmement élevés. Le délai de la fenêtre d’opportunité est étroit. En certainement moins de deux ans, Ahmadinejad aura la bombe.

Le monde n’est pas du tout prêt à acquiescer. Le nouveau Président français a déclaré un Iran nucléaire «inacceptable». Le Ministre français des Affaires Etrangères a prévenu qu’«il est nécessaire de se préparer au pire» et que «le pire, c’est la guerre, monsieur».

Ce qui rend pour le moins urgent que des sanctions puissantes frappent le régime iranien. Des sanctions n’arrêteront pas Ahmadinejad. Mais il y en a d’autres parmi l’élite iranienne qui pourraient l’arrêter, ainsi que le programme nucléaire, avant que le volcan n’explose. Ces élites rivales peuvent bien être radicales, mais elles ne sont pas suicidaires. Et elles croient, avec raison, quels que soient les dommages que la folie apocalyptique d’Ahmadinejad peuvent infliger à la région et au monde, aux «Croisés» et aux Juifs, aux infidèles et aux croyants, que le résultat certain d’une telle éruption sera l’enterrement de la république islamique d’Iran sous les cendres. 

* * * *

Une mission mystérieuse
By Dan Ephron and Mark Hosenball

Peu de choses motivent davantage les porte-parole arabes que l’opportunité de condamner Israël. Pourtant, ils ont été matés quand des avions de guerre israéliens ont volé en profondeur dans l’espace aérien syrien, plus tôt ce mois-ci. La Ligue Arabe a qualifié l’incursion d’«inacceptable», mais la plupart des gouvernements du Moyen-Orient sont restés cois. Leur absence de soutien à Damas a beaucoup à voir avec la relation étroite de la Syrie et de l’Iran, dont ils craignent la puissance montante. Mais certains officiels et analystes israéliens le perçoivent de façon optimiste, peut-être dangereusement aussi. «Vous pouvez tirer quelque chose de cela, à savoir comment le monde arabe pourrait réagir à une attaque israélienne ou américaine contre des cibles stratégiques en Iran», déclare Yossi Alpher, ancien officiel du renseignement israélien.

Quoi que les avions israéliens aient fait en Syrie, le programme nucléaire de l’Iran – dont Téhéran proclame qu’il est pacifique – ne pouvait que peser lourd dans leur mission. «C’est un rappel tacite à l’Europe et à Washington que s’ils ne prennent pas des mesures plus dures contre l’Iran, Israël pourrait devoir le faire seul», dit Avner Cohen, expert nucléaire et ancien membre de l’«Institut des Etats pour la Paix». Le détails de l’opération israélienne demeurent vagues.

L’ambassadeur de Syrie aux Etats-Unis a déclaré à NEWSWEEK que les avions de guerre israéliens ont lancé des munitions dans le désert proche de Dayr az Zawr avant de fuir ; il a promis que sont pays exercerait des représailles d’une façon et au moment de son choix. «Israël ne pourra pas faire ce qu’il fait sans en payer le prix», dit Imad Moustapha. Mais la censure sans précédent qu’Israël à imposée sur l’opération a alimenté la spéculation sur la cible potentielle, soit une usine de missiles ou de technologie nucléaire de Corée du Nord. (Certaines sources du renseignement américain déclarent ensuite que cette dernière hypothèse est peu fiable). L’histoire de l’opération israélienne semble avoir commencé par des photos aériennes prises par un avion espion ou un satellite. Un ancien officiel américain, sous couvert d’anonymat, a déclaré à NEWSWEEK qu’Israël a montré les images du site du Nord de la Syrie à un très petit groupe d’officiels à Washington le mois dernier, suggérant qu’il faisait partie d’un projet nucléaire en cours avec la participation de la Corée du Nord. Les «Néocons» de l’administration Bush ont depuis longtemps soutenu que Damas essayait d’acheter du matériel nucléaire et que Pyongyang, soupçonné d’avoir vendu des missiles à la Syrie et à l’Iran depuis les années 1990, pourrait être un fournisseur potentiel.

Quand la Corée du Nord a émis une condamnation inhabituellement tonitruante d’Israël la semaine dernière, des partisans de la ligne dure comme l’ancien ambassadeur des USA à l’ONU John Bolton l’ont interprété comme une preuve possible de la participation de Pyongyang dans l’affaire.

Mais les officiels actuels et anciens du renseignement des USA, sous condition d’anonymat, disent qu’ils n’ont vu aucune preuve crédible encore de liens nucléaires entre la Corée du Nord et la Syrie, que ce soit avant ou depuis l’opération israélienne. David Albright, ancien inspecteur des armements en Irak, dit que les allégations soulevées par Bolton ont conduit l’Agence Internationale de l’Energie Atomique à inspecter le petit réacteur de recherche nucléaire et d’autres sites en Syrie en 2003. Il dit que les déclarations sont «sans fondement». Même Bolton, qui a travaillé comme sous-secrétaire au Département d’Etat en charge du contrôle des armements et de la sécurité internationale, a admis pour’ NEWSWEEK qu’alors qu’il était au gouvernement, il n’a jamais vu la preuve que la Corée du Nord partageait la technologie nucléaire avec la Syrie.

Pour Israël, l’éventualité d’un adversaire disposant de l’arme nucléaire pourrait avoir été suffisante pour justifier l’opération. Officiellement en état de guerre avec la Syrie – et l’Iran – Israël a fait serment de ne laisser aucun pays obtenir des bombes nucléaires (bien que l’on considère qu’Israël détient au moins 200 bombes nucléaires dans son installation secrète de Dimona). Au début de l’année, selon une source israélienne bien placée, le Premier Ministre Ehud Olmert a demandé au Président Bush des assurances pour que, si les sanctions économiques et politiques échouaient à conduire l’Iran à fermer ses installations nucléaires, Bush ordonnerait à l’armée des USA de les détruire avant de quitter ses fonctions présidentielles. Bush n’a pas encore donné les assurances selon la source, qui a refusé d’être citée parce qu’elle n’est pas autorisée à parler au nom du gouvernement. La source dit que les Iraniens atteindront le ‘point de non retour’ dans leur programme d’enrichissement nucléaire à un moment de l’année prochaine.

Des agences de renseignement américaines, au contraire, pensent que l’Iran est encore de deux à huit ans avant de maîtriser la technologie pour fabriquer une bombe. Certains officiels préviennent qu’attaquer l’Iran plongerait les forces américaines dans une autre sale guerre et pourrait s’avérer inefficace, puisqu’on pense que les installations iraniennes sont dispersées à travers le pays et profondément enterrées sous le sol. Pourtant, du point de vue d’Israël, il pourrait bien ne jamais y avoir une Maison Blanche d’un aussi grand soutien. «Il est bien clair que si Israël doit le faire seul, il voudra le faire sous l’œil de Bush sans attendre de voir ce que sera l’attitude politique de la prochaine administration», dit Alpher. Que les Etats arabes, et le monde, regardent ailleurs la prochaine fois, ce serait trop hypothétique.

Avec Jeffrey Bartholet à Washington

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