Coordonnées de l'auteurGuide politiquement incorrect de l'IslamComment vaincre l'Islam démocratiquementAccueil

À quoi pensent les «islamistes modérés»?

Selon un sondage réalisé par une université turque et publié avant-hier dans Milliyet, 83% des électeurs de l’AKP, le parti «islamiste modéré» d’Erdogan qui s’est adjugé la part du lion aux élections législatives de juillet dernier, pensent que cette femme (en maillot de bain en public) commet un péché (notez bien que les nationalistes de droite du MHP sont tout de même aussi 63% à le penser):

Autres éléments marquants: 59% des électeurs islamistes modérés turques estiment que les livres religieux sont plus utiles que les connaissances scientifiques pour comprendre le monde et l’univers; et 53% sont favorables à la fermeture obligatoire des restaurants et snack-bars en Turquie pendant le Ramadan. Selon le professeur Yilmaz Esmer, qui a dirigé les travaux, dans l’ensemble, les électeurs turcs n’ont pas voté rationnellement: ils ont choisi en priorité les partis plutôt que leur politique. Voici quelques autres sondages qui nous éclairent sur les pensées profondes des islamistes modérés turcs:

Un sondage réalisé l’an passé à Van, une ville de Turquie de quelque 250.000 habitants, donne une image plutôt sombre de la situation des femmes: 43% de mariages arrangés; 53% de femmes maltraitées physiquement par leurs proches; 49% préfèreraient ne pas être nées femmes si elles avaient eu le choix; 57% considèrent que l’adultère est un crime à punir.

Un sondage de 2004 auprès de plusieurs milliers de femmes turques révèle que 39% d’entre elles estiment que la violence conjugale est justifiée dans certaines circonstances et 57% des femmes vivant en milieu rural estiment que leur mari a raison de les battre.

Cela semble indiquer que les comportements machistes, ou leur bonne acceptation par les femmes, ce qui souligne leur aspect habituel, sont liés au manque d’éducation, mais un autre sondage réalisé l’an passé dans les universités turques semble prouver le contraire: 77% des étudiantes de l’une des universités les plus huppées du pays estiment qu’un homme a le droit de frapper sa femme, par exemple quand elle laisse brûler le repas. Cette même enquête indique que jusqu’à 30% des étudiants universitaires turcs approuvent les crimes d’honneur et que 55,3% veulent que la virginité soit «absolument» préservée jusqu’au mariage.

Sur un autre plan, un sondage Gallup de 2005 indique que pas moins de 89% des femmes turques souhaitent être autorisées à occuper des positions dirigeantes au gouvernement ou au parlement. Et, selon le magazine Newstatesman (traduit ici par Anne Collet), en Turquie, 40% des universitaires sont des femmes, [mais] il n’y a que 4,4% de femmes au Parlement, moins qu’à l’époque d’Ataturk.

Une grande étude de 2006 se veut rassurante, bien dans la ligne actuelle des Européens pro-AKP, indiquant que le port des différentes formes de voiles, foulards, turbans et autres par les femmes a reculé depuis 1999 et que la grande majorité des Turcs (73%) estiment que la laïcité n’est «pas en danger» dans leur pays. La même étude constate une baisse des opinions favorables à l’instauration de la loi coranique en Turquie – de 21% en 1999 à 9% en 2006 – parallèlement à une plus forte affirmation de l’identité musulmane: 46% étaient «assez religieux» en 2006 contre 25% en 1999, pendant que les «très religieux» passaient de 6% à 13%. Les responsables de l’étude en déduisent que la religiosité des Turcs se laïcise.

Il semble que la société turque, globalement, parallèlement à un manque de confiance croissant dans les instances politiques depuis les années 1980, veut se recentrer sur des valeurs morales et religieuses de base tout en restant attachée à la laïcité: les femmes envahissent les universités en quête de présence dans la vie publique (laïcité), mais elles y apprennent surtout à accepter la domination et la violence masculines (Coran 4:34) et pensent dès lors davantage à préserver leur virginité pour le mariage qu’à s’imposer dans les parlements; les gens rejettent l’idée d’instaurer la charia (laïcité), mais voudraient voir les restaurants fermés pendant le Ramadan et la religion prendre plus de place dans leur vie (Islam); on veut s’intégrer dans un système économique moderne (laïcité), mais on préfère trouver ses références dans les livres saints (Islam); on envoie les jeunes filles à l’école (laïcité), mais pas question de les tolérer en maillot de bain (Islam).

Outre pour ce qui est de la situation clairement dégradante de la femme, que l’évolution actuelle semble plutôt aggraver, ce tableau contrasté a de quoi encourager les esprits occidentaux à ouvrir les bras à la Turquie, qui paraît avoir trouvé un équilibre magique entre la religiosité (islamique) et la raison moderne.

Mais il y a un élément spécifique que tous ces chiffres font oublier: la Turquie est musulmane à quelque 99%. Le fait qu’une majorité de Turcs parvient à concilier religion et modernité au sein d’une société pour ainsi dire monocultuelle ne nous apprend rien sur ses pensées à l’égard du monde non musulman. Les Musulmans turcs, en s’islamisant toujours davantage, se montreront-ils plus tolérants envers les Européennes et les Européens qu’envers leurs femmes?

Pour croire cela, il faut croire que le Coran et l’exemple du prophète, des éléments toujours plus présents dans le mode de vie turc, peuvent encourager ou au moins autoriser une telle attitude. Est-ce bien le cas – que contiennent donc les textes sacrés islamiques sur ce sujet, concrètement? Et comment se comportent les grandes communautés turques implantées en Europe vis-à-vis de leurs hôtes non musulmans? Pourquoi y a-t-il si peu de non-Musulmans en Turquie?

Autant de questions, en tout cas, que les Européennes et les Européens devraient se préparer à maîtriser. C’est même devenu un devoir de précaution.

SITA un moment, SITA un timbre alors participe à l'opération SITA !

Comments

  1. Alexandre
    August 20th, 2007 | 8:45 am

    Une femme dans un costume de bain est un péché ? 77% des étudiantes d’université des plus huppées de Turquie estiment qu’un homme a le droit de frapper sa femme (quand elle laisse brûler le repas) ? etc ?

    Le monde musulman a un problème avec la femme. Un problème très grave et très profond. On lit et on entend souvent que “l’islam est en guerre contre la civilisation et la modernité” mais on affirme rarement que l’islam a lancé une guerre généralisée contre la femme. Or l’islam a fabriqué et légitimé un monde basé sur la déconsidération radicale du féminin. La différence sexuelle est vécue en islam sous forme de relation maître – esclave, l’homme, le père, l’époux, le frère ou le cousin étant le propriétaire de la “chose” qui peut être achetée, mariée, battue selon son bon vouloir. Le statut intellectuel et émotionnel et légal inférieur de la femme provient des attributs exécrables qu’on lui à associé: impureté, négativité, manque de discernement, lubricité – mot clé si on veut comprendre la haine que les barbus portent au corps de la femme. Cette détestation ne procède-t-elle pas de la peur des séniles impuissants face à leur phantasmes mal assurés, peur qui a dégénéré en agressivité, violence, l’emprisonnement domestique de la femme et sa séquestration sous un accoutrement étouffant. Quelle sont les causes psychanalytiques de cette mise à l’écart, de ces confinements, de cette ségrégation névrosée ? Nulle autre civilisation n’a engendré un tel programme délibéré d’asphyxie de la femme, d’anéantissement intellectuel, de strangulation émotionnelle et d’enlaidissement physique. Une burqa est non seulement un symbole d’esclavage et de propagande politique mais aussi, en Occident, une abomination esthétique, un attentat contre la beauté et la délicatesse de la femme, une insulte frontale crachée au visage d’une civilisation qui a inventé l’amour courtois, le romantisme, l’élégance féminine …

  2. Charles Martel
    August 28th, 2007 | 4:55 am

    Ce sont de grands jaloux …

  3. Charles Martel
    August 28th, 2007 | 4:56 am

    religion semitique de honte et de culpabilite, au ordre d’un dieu revanchard

  4. Beaugeard F.
    August 28th, 2007 | 5:00 am

    C’est la demographie.
    La population change en turquie.
    Les populations d’origines du Moyen-Orient, anatolienne des campagnes, et kurdes prennent le dessus.
    Et ca ne risque pas de s’arranger d’ici a l’adhesion…..

  5. Lola
    December 13th, 2007 | 1:18 am

    C’est drôle, on attend de gens des choses en une petite dizaine d’années alors qu’on a nous même mi des siècle à assimiler. je crois pas que la femme occidentale à aqcuis ses liberté en trois semaines, relisez vos cours d’histoire, c’est au prix de luttes et des revendications que ce sont émencipées les femmes en occidents et au bout de plusieurs siècles.
    AJM: Ce qu’«on» attend, ce n’est pas un résultat final quelconque, c’est un PROGRÈS. Pour l’instant, l’Islam régresse. Vers sa religion frelatée.