August 18, 2007
Les minarets commencent à germer à Berne
Hier, l’exécutif du canton de Berne s’est déclaré opposé à la proposition du député UDC Thomas Fuchs d’interdire la construction de minarets au niveau cantonal. L’«Ours», comme on appelle volontiers le gouvernement bernois, s’est appuyé en substance sur le constat suivant:
«Cette obligation [constitutionnelle, de respecter la liberté de conscience, de croyance et de culte] implique que les différentes convictions religieuses et philosophiques qui existent dans une société pluraliste soient traitées de manière impartiale et égalitaire. Le droit à l’égalité de traitement entre les différentes religions ressort également des dispositions de la Constitution.»
C’est une vision étroite des choses, qui veut ignorer totalement l’argumentation de l’auteur du projet, selon laquelle
«Les minarets incarnent plutôt la prétention de l’islam, en tant que seule vraie religion, à dépasser les autres bâtiments religieux, et symbolisent la conquête d’un territoire.»
Mais il est vrai que Thomas Fuchs n’a pas fait grand-chose pour étayer son affirmation. Pour cela, il aurait fallu apporter la démonstration que la simple présence des minarets, en fait des mosquées, en fait de tout ce qui est ostensiblement islamique, participe toujours et forcément à un projet de subversion et de domination politique tout à fait antagoniste aux principes mêmes sur lesquels les autorités bernoises viennent de se fonder pour ouvrir un peu plus, béatement, les portes de leur canton à un Islam qu’elles méconnaissent.
Pour apporter cette démonstration, il faut se pencher sur l’Islam avec un esprit objectif et raisonnable. Il faut constater que le Coran contient des centaines d’incitations à haïr les non-croyants, qu’il s’agit là en fait du principal thème récurrent de l’ouvrage. Il faut ensuite observer que le contexte de l’époque, tel qu’il est décrit dans la tradition du prophète et dans sa première biographie, soit dans les textes qui servent de référence fondamentale à l’Islam, ne confirme que l’interprétation djihadique et suprématiste de la religion islamique. Le reste n’est que paroles, sans aucune portée réelle dès que les choses deviennent sérieuses, légalisées, étatisées.
Pour s’en convaincre, il faut étendre et approfondir le travail esquissé ici par Averroès en comparant les interprétations concordantes des différentes écoles juridiques de l’Islam sur les thèmes les plus problématiques (djihad, dhimma, houdouds, esclavage). Le mieux serait de donner un maximum de publicité à ces recherches. Alors, les autorités, les décideurs, les députés et le souverain sauraient à quoi s’en tenir et feraient enfin la différence entre l’esprit, éminemment respectable, et la lettre, insuffisamment réfléchie en l’espèce, de la Constitution helvétique en matière de religion.
Le Parlement cantonal bernois votera sur la question en septembre.

Comments(3)

vouloir interdire la construction de minarets en Suisse est à mon avis pas la solution première pour combattre l’islamisme radical, tant que ce n’est pas l’état (laïc) qui forme les immams. L’affaire de la mosquée de Genève est un exemple avec un immam à la solde de l’Arabie saoudite ne connaissant rien de la Suisse et qui semblerait franchement pas modéré.
D.J
AJM: Que vaut la parole d’un imam (de surcroît formé en Occident) en regard de celle de Dieu censément contenue dans le Coran, pour un croyant?
la seule solution consiste a EXIGER la réciprocité:
1 mosquée en europe implique 1 église en pays musulman et son libre accès ( de préférence dans le pays qui finance la mosquée ( donc le plus souvent l’arabie saoudite)!!!!
je pense que nous serions surpris du résultat!!
( si je ne me trompe vous avez la possibilité d’initier un référendum d’initiative populaire…c’est le moment de s’en servir)
AJM: Nous appelons cela le droit d’initiative populaire. Nous avons une telle initiative en route (au niveau fédéral, donc national) pour l’interdiction des minarets, par exemple (minarets.ch), mais avant de pouvoir imposer une idée comme la vôtre, il faudrait d’abord que la Confédération se dote du pouvoir de légiférer en matière de communauté religieuse, car cette compétence appartient actuellement aux cantons. Et c’est précisément l’idée que je cherche à promouvoir ici: http://ajm.ch/wordpress/?p=85
Bonjour,
Moi aussi je m’inquiète de la montée de l’Islam. Et je trouve que les Européens et les Canadiens sont beaucoup trop mous.
Bref, je suis d’accord avec vos analyses, mais comment réveiller nos concitoyens: la plupart des journalistes des grands quotidiens ont perdu leur sain esprit critique.
Je ne sais pas si votre blogue est très consulté. En tout cas, il le faudrait.
Bon samedi! Micheline