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Entre deux sites

La première razzia (avec mort d’homme) réussie des premiers Musulmans fut un crime vil et facile, perpétré de nuit, à Nakhla, un bosquet de palmiers situé près d’un point d’eau, pendant la trêve du mois sacré, par des assaillants déguisés en pèlerins. Le prophète (qui n’était pas sur place) émit ensuite, à ce propos, le divin commentaire suivant (2.217):

Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés.Dis: «Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants. L’association est plus grave que le meurtre.» Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu: ils y demeureront éternellement.

 

Depuis lors, il n’est guère de traitrise qui ne soit permise, et encouragée, pour les criminels qui acceptent l’idée, devant leur conscience et devant les hommes, de se réclamer d’Allah et de son prophète. L’Islam est ainsi probablement la pire dégradation, la toute dernière déchéance possible, de la croyance, en soi moralement neutre, dans le surnaturel. Car même s’offrir au diable peut être considéré comme plus franc et honnête que d’associer les caractéristiques de l’immoralité à l’image de la moralité parfaite et de rendre cette vision universellement obligatoire. Ou seulement désirable.

C’est prometteur, quelque part, comme le signe qu’un cycle arrive à son terme.

L’Islam, le monothéisme, dans les âmes des croyants, c’est au fond le combat du Dieu unique contre les dieux «iniques». Et intellectuellement, un Dieu unique, qui rassemble en lui toutes les qualités, tous les pouvoirs, tous les savoirs, semble supérieur à une multitude de «petits» dieux aux prérogatives limitées. Plus proche de la réalité cosmique aussi, que l’esprit tend aisément à concevoir, dans l’idéal, comme l’émanation d’une unicité.

Mais par ailleurs, des dieux spécialisés, que l’on invoque tour à tour et qui parfois se jouent des créatures, voilà qui convient mieux au cours des pensées et à l’expérience de tout un chacun face aux aléas de la vie. De fait, les dieux multiples sont des illusions plus franches, plus droites, plus humaines. De grands esprits peuvent en décrire les aventures, et des esprits plus simples s’identifier à eux pour en acquérir les qualités, selon le besoin. Leur multiplicité reflète celle des créatures, et surtout des phénomènes relationnels qui donnent naissance à la civilisation. Ainsi, le monde progresse, les gens comprennent les grands comme les petits sentiments, internalisent les ressorts de la morale, les uns avec tels dieux, les autres avec d’autres, ou aucuns. Peu importe.

Mais qu’arrive soudain un Maître de l’Univers, tout-puissant, plus réel que tous les autres dieux et que même la plus présente des réalités, et tout change. En effet, alors qu’on peut très bien s’identifier même à Zeus sans ni commettre un sacrilège, ni renier ses propres sentiments, ni s’égarer gravement, il faut adopter un comportement tout différent avec le Dieu des monothéistes. Car à celui-ci, à cet absolu, il est interdit ou impossible de s’identifier. Ou malsain. Ainsi, s’il est bon et juste (de croire) que le Berger abandonne aussitôt son troupeau pour retrouver une brebis égarée, un berger humain, en adoptant un tel comportement, ferait cadeau de son troupeau aux loups, et sans garantie de retrouver la brebis égarée. Quel bon berger ferait cela? Plus intuitivement, s’identifier à Dieu, à l’ultime, parler et agir en son nom, c’est s’égarer totalement. Et c’est ce que fit le prophète de l’Islam.

Ainsi, aujourd’hui, comment, sachant cela, faire confiance à un Musulman déclaré? Comment savoir jamais, quoi qu’il dise, quelles sont ses intentions? Comment faire confiance à Musharraf?

Comment penser, surtout, que l’Islam, une quelconque forme de l’Islam, mérite d’être répandu, d’une quelconque manière? En vérité, le seul Musulman humainement, moralement bon est celui qui croit en quelque chose d’autre que l’Islam des textes et des origines, le seul authentique. Et il y en a, assurément, mais même ceux-là, aujourd’hui, leur action est-elle aussi bonne que leurs intentions?

Les Musulmans qui croient, et qui connaissent leur religion, sont tenus par leurs valeurs les plus profondes de ne rien respecter de ce qui fait «obstacle au sentier d’Allah». Et bien entendu de mentir à ce sujet dès que cela est nécessaire, pour les mêmes raisons. Ce sont de «parfaits» révolutionnaires. Et ceux qui aiment l’Islam simplement pour l’idéal de vie pieuse qu’il représente (aussi) servent – plus ou moins innocemment, car il est de plus en plus difficile d’être vraiment ignorant de ces choses – de paravent et d’intendance aux premiers.

Ainsi, les seuls Musulmans dignes de confiance, à cet égard, sont ceux qui luttent, ouvertement, concrètement, contre la propagation de l’Islam. Et, dans un second temps, pour sa réforme. Le moins qu’un Musulman informé et bon puisse faire est de refuser de participer aux activités directement liées à sa religion. Les autres, tous les autres, ne sont pas dignes de confiance: leur parole, du fait même qu’ils se disent Musulmans, n’a absolument aucune valeur pour un «infidèle».

Malgré tout, il faut faire crédit à Musharraf. Peut-être est-il sincère? Peut-être croit-il bien faire? Ce serait trop bête de le décourager. Mais il sait tout cela, aussi, et peut fort bien en jouer, comme Arafat le faisait, en pratiquant le double discours, et en expliquant à chaque camp qu’il est obligé de caresser parfois la bête dans le sens du poil.

Musharraf, en plein fief islamiste, peut-être. Erdogan, si proche de l’Europe, beaucoup moins. Les Musulmans suisses, pas du tout.

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