February 25, 2006
Sommes-nous donc si aveugles?
Cette toile, signée par le fameux peintre russe Vasily Vasilevich Vereshchagin (1842–1904) et exposée aujourd’hui à la Galerie Tretyakov de Moscou, a été réalisée en 1871, sans doute pour exorciser, chez cet artiste dont l’œuvre puissante sinon foisonne de vie et de beauté, les visions qu’il ramena notamment de son contact, en 1868/1869, avec les hordes musulmanes de Samarkand. Comme le rappelle son biographe, Vahan D. Barooshian, citant l’auteur lui-même, «cette scène n’est pas due à l’imagination de l’artiste – elle est historiquement correcte». Le peintre la baptisa Apothéose de la guerre – je lui donnerais comme sous-titre Le legs de l’Islam.
Dans mon pays, on peut obtenir que les vaches paissent en silence le dimanche, leurs cloches au repos. C’est rassurant, quelque part. Mais pourra-t-on empêcher les minarets de mugir leurs appels aux cinq rassemblements quotidiens des croyants de Mahomet? La question est là. Car les projets sont déposés, ou prêts à l’être, et les moyens de se préserver de cette intrusion semblent bien éloignés, comme sur les hauteurs enneigées, un peu hostiles, des Alpes environnantes.
Cette fois, l’Islam est à nos portes. On a entendu ses cris en arabe, et vu ses prières peu décentes sur la Place fédérale. On a pu lire que certaine culture exige et mérite qu’on sépare nos garçons de nos filles dans les piscines, qu’on laisse certaines enseignantes se cacher le visage pour s’adresser à nos enfants, sous peine, par exemple, de troisième guerre mondiale. Et de plus en plus de gens s’interrogent – est-ce bien sérieux, avons-nous bien entendu? Ces gens réclament, l’air tranquille mais la conviction criarde, que leurs habitudes fossilisées, inspirées d’un livre qui doit davantage à la guerre et à l’imprécation qu’à toute idée de charité ou de tolérance, que cet amoncellement de coercitions barbares qu’on en a tiré, charié, que cette régression, en un mot, accompagne leur installation dans notre pays, dont des dizaines de générations d’hommes et de femmes croyant en un Dieu sacrifiant un fils à l’amour de ses créatures ont contribué à faire l’une des démocraties les plus abouties de l’histoire? Cela se peut-il?
Se peut-il que des gens censément persuadés qu’il peut être juste et légitime, parce qu’un soi-disant prophète y a mis le sceau de son dieu des sables, de décapiter des centaines de non-combattants, au couteau, devant leurs femmes et enfants, lesquels seront vendus comme esclaves au plus offrant, que ces gens viennent imposer à nos juristes ne serait-ce que l’ombre d’une revendication à modifier nos lois pour complaire aux injonctions de leur religion sanguinaire? Se peut-il qu’un patrimoine intellectuel inspirant les criminels les plus aveugles à leur conscience de notre époque, les dirigeants mahdistes les plus illuminés de leur chiisme, les projets de réveil d’holocauste les plus outranciers de l’histoire, s’impose dans notre pays par quelque lacune juridique ou morale de notre équilibre sinon si savamment maintenu?
N’avons-nous donc plus d’yeux pour voir, ni de cœur pour sentir, ni d’âme pour juger? Le Coran, un livre qu’on a oublié d’éditer, un amas de chapitres classés tel par un analphabète par ordre de taille décroissant, ordonne à ses gens de conquérir le monde; les traditions, interminables listes d’ouï-dire ayant patienté des décennies et jusqu’à des siècles pour atteindre l’état de chose écrite, confirment que la brutalité est bel et bien la règle, d’or et d’argent, des premiers adeptes de l’Islam; ses lois, toutes alambiquées de mièvreries pour cacher l’horreur de leurs sanctions inhumaines, affirment sans le moindre doute que la lecture littérale des écritures a toujours prévalu aussi longtemps que l’Islam était puissant. Cette religion est celle du djihad, de la guerre de conquête, supposée rendre à un dieu de haine et de revanche, qui manie l’enfer éternel comme feu Odin le javelot et Thor le marteau, un monde qu’il aurait peuplé sciemment de créatures par lui destinées à la damnation. Cette religion est celle de la dhimma, un contrat infâmant autorisant à peine à survivre parmi lui, dans l’humiliation, les ouailles des deux fois qu’il pilla pour meubler sa vacuité.
L’Islam est la sanctification du crime. Son prophète s’est tout permis: assassinat politique, traitrise, meurtre et rapine pendant la trêve sacrée, exécution en masse de prisonniers, mutilations, torture jusqu’à la mort, esclavage, luxure, malédiction – tout lui était bon pour plaire à son dieu. Appelle les gens à la foi, ordonnait-il en substance à ses chefs de guerre lorsqu’il ne les accompagnait pas, et tue-les à ta guise s’ils n’acceptent pas nos conditions. Et cette attitude a fait loi, dans toutes les écoles juridiques de l’Islam, de la plus dépravée à la moins cruelle. Voilà ce que révèle l’étude de cette chose qu’on veut nous rendre comparable aux religions qui ont su accompagner les vraies civilisations. Voilà l’essence de l’idéologie qui anime les muezzins, sur les minarets dont certains rêvent d’orner nos cités. Voilà l’âme de l’Islam. Noire, sanglante, abominable – telle l’heure la plus sombre du Moyen-âge dont il nous arrive directement, sans la moindre correction, si ce n’est le torrent de mensonges déversé par ses apologistes, parfois par ignorance aveugle, le plus souvent par une foi qui ne l’est pas moins en des préceptes que la lucidité abhorre, mais qu’ils acceptent sans moufter, par paresse spirituelle, par lâcheté devant une vie d’être libre – par la pesanteur de la croyance en la soumission, et non par la vigueur et l’élan de la foi qui mérite ce nom.
Si cette monstruosité médiévale est si dangereuse, c’est qu’elle a été préservée. La bête originelle est toujours là, intacte, ses lois sont inchangées, ses ambitions n’ont jamais été brisées, ses instruments de torture jamais émoussés. Et elle n’a jamais eu autant d’adeptes golemniques, autant de cœurs vides à la parole dictée et au poignard serré, prêts à lui donner leur vie en échange d’un espoir de paradis dont l’expression pourrait dignement servir d’enseigne aux lupanars les plus ostentatoires. Et si elle est aussi insidieuse, c’est que son nom même, outre soumission, signifie traitrise (4e forme dérivée du verbe aslama), et jamais paix. Elle promet tout et son contraire, et ne laisse jamais derrière elle que le sang séché, les crânes vidés, des innocents et des fous.
Sommes-nous donc si aveugles? Quel croyant s’offusque de la caricature d’un personnage historique, sinon l’idolâtre? Quel fidèle crie à la mort pour un manque de respect à un objet produit à des millions d’exemplaires, sinon le fétichiste? Quel être préfère préserver la pureté illusoire d’une idée jamais éprouvée plutôt que la vie de ses enfants, sinon l’égaré, l’égarée? Quel juriste souhaite répandre une loi qui, en 1400 ans de haine et de souffrance, n’a jamais protégé que l’apparence de la vertu, en légalisant les châtiments corporels en place publique et le crime de déshonneur, sinon le dément? Quel maître veut que ses sujets soient stigmatisés en fonction de leur foi, sinon le despote religieux, qui n’appelle à la tolérance qu’en position de faiblesse, et pour son seul bénéfice? Quel savant veut voir dans des salmigondis interprétables à l’infini la trace de révélations scientifiques là où ses prédécesseurs, générations après générations, n’ont jamais rien trouvé d’utile ni de sensé, sinon le charlatan? Quel prêcheur vante au nom de la paix et de la culture un message médiéval encore chaud de ses cruautés obligatoires, sinon l’hypocrite?
Que reste-t-il de la qualité d’un être soumis aux injonctions figées d’une bande de brigands qui s’inventèrent des lois les isolant de l’humanité, tels les occupants béats de fureur sanguinaire d’un radeau flottant sur les mares du sang de leurs crimes? Être Musulman, c’est avoir abdiqué son libre arbitre en échange de la certitude, à conforter chaque jour par des prières médiévales, gutturales, de faire partie de la race choisie par dieu pour rendre au monde sa vraie religion, la religion que Dieu lui aurait insufflé et continuerait d’insuffler à chaque naissance sur cette terre. Être musulman, c’est se forcer à croire, par d’interminables répétitions de mots si dénués de bon sens qu’il faut les grincer pour les bien prononcer, que le monde a besoin de l’Islam, que l’Islam est la solution, que rien ne peut empêcher l’Islam de s’étendre sur le monde. Être musulman, c’est admettre, au départ, avant toute étude, que l’Islam et le prophète sont sacrés et intouchables; c’est aimer ces deux choses plus que sa vie, plus que celle de son frère, de ses enfants. Être musulman, c’est se répéter plus de cent fois par semaine que les Juifs ont falsifié la parole de Dieu – le prophète l’a dit, alors cela est – et que les Chrétiens sont des égarés – le coran le clame, alors cela est. Être musulman, c’est observer tous les êtres à travers le prisme d’une religion conquérante, ennemie de l’autre, c’est ne considérer ses semblables qu’en fonction de leur foi. Et ne jamais rien remettre en question de tout cela. Être musulman, c’est être irrévocablement inapte à vivre en civilisation. Pour l’instant.
Et nous devrions croire que la solution sortira d’un regain de tolérance et de respect de notre part, d’une adaptation plus souple de nos libertés à la susceptibilité d’une humeur d’un autre temps, d’un dialogue des cultures plus intense? Nous devrions espérer que la civilisation islamique délabrée, déchirée, à la traîne dans tous les domaines objectivables, malgré les gigantesques revenus du pétrole, que cette banqueroute dégoulinante de corruption et de conspirationnisme qui s’installe partout où les gens se prosternent au nom d’un dieu de châtiments, que cette déliquescence spirituelle qui réduit la réflexion à la connaissance d’un livre, la raison à la soumission et la charité à des impôts communautaristes, que cette avilissement de l’âme créative qui écrase les êtres dans des gestes normatifs, obligatoires, totalitarisés, que cette chose va pouvoir, par quelque improbable miracle, se civiliser à notre contact?
Quel fou peut donc croire qu’un salaire raisonnable et la perspective de jouir de la vision de ses enfants qui grandissent et s’épanouissent vont changer le cœur d’un individu qui a accepté les termes du contrat spirituel musulman, le paradis musulman, la ségrégation musulmane, la juste conquête musulmane? Quel insensé peut donc prêter foi à quelqu’un qui a admis la supériorité ineffable d’une telle religion, lorsqu’il propose la discussion? Quel aveugle peut donc ignorer le sens derrière les mots, la guerre derrière la trêve, l’avidité de pouvoir derrière le sourire facile? Il n’est de bon Islam que pour le Musulman! Pour tous les autres, c’est l’enfer.
Et seul le Musulman qui reconnaît cela et s’engage à réformer cela est digne du début de l’ombre d’un commencement d’effritement de la saine méfiance naturelle qui doit habiter chaque être éclairé à son contact. Et seule l’affirmation, haute et claire, de cette demi-apostasie, de cette prise de conscience de la dignité intrinsèque de la vie humaine, supérieure au message meurtrier de tout prophète, sans aucune réserve religieuse, de cette promesse de refonte des éléments impardonnables des textes fondateurs et directifs de l’Islam, de cet engagement solennel, au risque de perdre sa vie et ce qui tient lieu d’honneur islamique, saurait justifier qu’on envisage seulement d’accepter la présence déclarée d’un tel être dans une société civilisée. Et ce à la condition expresse, et sévèrement contrôlée, que cette déclaration soit bel et bien suivie d’actes concrets, d’authentiques entreprises visant à expurger enfin l’Islam de ce qui en fait la honte de l’humanité.
Le reste, tout le reste, ne mérite, dans la sphère publique civilisée, que l’abolition la plus totale, l’interdiction la plus stricte, le rejet le plus absolu, la mésestime la plus inébranlable. Car c’est ainsi que les quelques réformateurs musulmans sincères, aujourd’hui isolés, fragilisés, intimidés, trouveront la motivation et la possibilité de travailler à leur dessein de manière concertée, efficace, puis de fissurer, de percer, de briser, petit à petit, par une multitude d’initiatives enfin inspirées d’un avenir serein et actif, la chape d’entêtement arrogant qui enferme les âmes des croyants de l’Islam depuis si longtemps.
Jusqu’au jour béni, d’ici une ou deux générations, où l’Islam, débarrassé, par une étude objective et largement popularisée, de ses dogmes assassins, de ses écritures usurpées et perverties, de ses lois scélérates, de ses anathèmes fantasques, de ses revendications tyranniques, sera devenu, pour nos enfants et les leurs, ce qu’il prétend souvent être aujourd’hui en vue de s’immiscer perfidement parmi nous – une simple foi, personnelle, orale plutôt qu’écrite, en Dieu.

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