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Pourquoi, ô Arabes?

Traduction française, par Atanane, d’un texte en arabe de D. Fadel Al Khatib publié à l’origine sur rezgar.com (je n’ai hélas pas le lien direct original).

Le commentaire d’Atanane:

Voici la traduction «mot à mot» [j'ai un peu arrondi les angles -- ajm] de cet article rédigé en arabe; il ne représente rien de nouveau par rapport à ce que nous savons déjà de la mainmise de la pensée arabe sur toutes les richesses intellectuelles des autres pays où elle domine; nous dénonçons à longueur de posts ces falsifications de la pensée et de l’Histoire «arabes» et nous proposons les alternatives intellectuelles adéquates à ce marasme que subissent les Arabes et les autres peuples sous la férule dictatoriale de leurs régimes nationalistes et religieux, basés sur la fierté arabe (al qawmiyya al ârabiya) et la théocratie musulmane. Ce n’est pas du racisme ni du rejet, mais l’évidence, la solution logique et juste pour tous, pour le progrès et le développement de tous.

Traduire un article arabe, fût-il rédigé par un docteur, tel le signataire de ce texte, n’est pas une entreprise aisée, tellement la phraséologie arabe est pompeuse, redondante, digressive; ce qui est compliqué par l’absence de ponctuation. Une autre difficulté est l’absence de l’unité du sujet: le rédacteur parle d’abord de l’Histoire et termine par une défense de la laïcité. J’ai donc traduit les propos de ce monsieur mot à mot, en essayant d’exprimer au mieux sa pensée. Que je partage personnellement.

La traduction:

Pourquoi, ô Arabes, apparentons-nous tous les grands de ce monde et tous les dirigeants, les nobles des pays que nous avons conquis et arabisés, à la nation arabe, l’unique, l’éternelle, et nions-nous leur identité ethnique? Pourquoi refusons-nous d’admettre toutes nos défaites dans l’Histoire ancienne et moderne et en attribuons-nous les causes au colonialisme, ancien ou moderne, à l’impérialisme, au sionisme, etc.

Pourquoi, ô Arabes, occupons-nous, combattons-nous nos propres identités et celles des autres? Est-ce dû à l’absence, chez nous, d’une identité nationale ou raciale? Est-ce dû à l’esprit de conquête et de domination dont nous avons hérité? Quel mal y a-t-il à reconnaître les spécificités de chacun? Qu’il soit prestigieux ou anonyme, avec son identité propre et sa nationalité? Pourquoi ne sommes-nous pas sincères avec notre histoire et avec nous-mêmes?

Nous lisons dans le dictionnaire de langue et des noms propres — 22e édition — ce qui suit: «Ibn Rochd (Abu Al Walid Mohammad Ibn Ahmad, 1126/1198 ): Philosophe arabe né à Cordoue, mort à Marrakech, (…)»

Quelle différence cela ferait-il pour les conquêtes intellectuelles et civilisationnelles des autres pays au temps de gloire des Arabes, si l’identité arabe et le fait d’appartenir à cette identité était minoré, affaibli? Pourquoi refusons-nous de reconnaître aux autres l’appartenance à leurs propres identités? Pourquoi imposons-nous aux autres identités non arabes les Al Ghazali, Ibn Taymiya, Ben Laden, (…) Et pourquoi leur nions-nous Ibn Rochd, Ibn Tofayl et les dizaines d’autres penseurs qui sont le fruit de leurs peuples et de leurs identités? Nous leur imposons Al Ghazali qui dit dans son livre «L’Egarement des Philosophes»: «S’occuper des sciences naturelles est un péché». Et nous dénions aux Imazighens et à nous-mêmes ce qu’a dit Ibn Rochd: «Dieu ne nous donne pas la raison et des lois qui lui sont opposées.» Ceci est notre accomplissement, et cela est le leur!

Le peuple amazigh, dont les racines remontent des milliers d’années dans la passé, a produit trois dynasties pharaoniques et Ibn Rochd, et Ibn Khaldoun, le grand romancier libyen de réputation universelle Ibrahim Âouni, et Mohamed Choukri, et l’Algérienne Assia Djebbar, et des milliers de grands hommes qui ont beaucoup apporté à leur peuple et à l’humanité.

Ce peuple mérite le respect, ce peuple mérite qu’on lui reconnaisse ses droits identitaires légitimes. La poétesse amazighe Malika Mezzan dit: «Que la nationalité arabe aille en enfer si elle doit finir par éradiquer les peuples qu’elle a dominés et auxquelles elle a imposé sa présence et sa culture (…).»

Je salue cette poétesse courageuse qui écrit en langue arabe, la langue de ses oppresseurs et des oppresseurs de son peuple. Je salue Malika Mezzan, pour sa révolte parfois, et je respecte son attachement à son amazighité originelle; et je répète avec elle: que toute force, nationaliste ou religieuse, aille en enfer, si sa finalité est d’éradiquer et de marginaliser les autres!

De même que vous avez le droit de défendre les acquis de vos peuples oppressés et menacés d’extinction, nous avons le devoir de soutenir ce combat légitime de tous les peuples persécutés qu’ils soient amazighes, Kurdes, Syriaques, Chaldéens, Sabéens…

Comme c’est étrange que nous demandions à ceux dont nous avons dominé et conquis le pays, sous n’importe quel prétexte, de disparaître, au lieu de nous adapter à eux. Combien de justifications faudra-t-il aux générations arabes futures pour excuser notre Histoire et nos erreurs, nos conquêtes, si la condition des conquérants d’hier reste celle des dominateurs d’aujourd’hui? L’écrivain Haydar Haydar a donné dans son livre «Le festin des herbes de la mer» la plus belle des images à ce sujet: «La terre plate absorbe son eau et celle des autres terres.»

Est-ce que nous nous désaltérons, ô Arabes? Nous sommes fiers de notre Histoire, comme de cette courtisane vendue pour son pesant d’or à l’époque de Uthman. Une courtisane, éprise de son pays, conquise ou volée aux marchands d’esclaves. Et un acheteur qui la veille encore tuait pour se vêtir et se nourrir, devenu si riche qu’il en arrive à commettre un acte si bas et méprisable – acheter une courtisane pour son pesant d’or!

Mon Dieu, qu’est il donc arrivé aux gens des pays conquis et aux musulmans qui ne sont pas des «seigneurs» arabes, appelés des assujettis (mawalis), sans parler de ceux qu’on appelle des «dhîmmis»!

La misère des peuples et des nationalités non arabes vivant sur les terres de leurs ancêtres, longtemps avant les «conquêtes arabes», et que nous avons appelés de nom de notre choix – tout cela reste des invasions, du colonialisme. Ces peuples devenus des «minorités» resteront sans droits aussi longtemps que l’État de droit et de démocratie ne sera pas instauré, aussi longtemps que ces pays ne fonctionneront pas sous un régime laïque, la seule voie qui libère chaque individu et chaque peuple de sa servitude et de sa domination, qu’elle soit ethnique, nationaliste ou religieuse! La laïcité est la solution non seulement pour libérer les enfants des peuples arabes du sous-développement intellectuel, spirituel et économique, mais aussi pour le salut des autres ethnies et des peuples vivant sur cette terre.

La laïcité est l’alternative aux agressions, visibles ou non, d’une ethnie contre une autre. Et sans nourrir de haine entre les communautés! La laïcité unit la société dans les faits sur la base du Droit et de la liberté politique, raciale, religieuse ou non religieuse, car l’appartenance commune est la base de la nation commune. Dans les pays qui ont adopté la laïcité, la direction des affaires de l’État est répartie également entre toutes les ethnies, quelque soit leur importance numérique.

La diversité ethnique, confessionnelle, intellectuelle ou spirituelle est une richesse pour la société et pour l’État. Et nous voyons bien aujourd’hui que dans tous les pays développés, la diversité ethnique favorise la richesse et la prospérité des sociétés.

Comment se fait-il que dans tous les pays occidentaux où vivent des arabes, qu’ils soient quelques milliers ou des millions, il est possible d’enseigner et d’apprendre la langue arabe, alors que dans les pays arabes il est interdit aux non arabes, en fait les habitants historiques de ces pays, d’apprendre et d’enseigner dans leur langue maternelle?

La laïcité et la science apportent la solution aux problèmes psychologiques des Arabes, avant même celle des problèmes économiques et culturels. La science est la richesse dont nous avons besoin, le guide pour aller de l’avant dans cette voie.

La répression de la culture et de l’enseignement, telle qu’elle est pratiquée en Syrie, est d’un prix très élevé non seulement pour le régime, mais aussi pour le pays, pour la nation, pour le peuple et pour son avenir. L’acquisition de la science coûte cher, mais le prix de l’ignorance est encore plus élevé!

D. Fadel Al Khatib, Budapest, 27 juin 2006
Source: Le Dialogue civilisé, www.rezgar.com, n° 1607? 10/7/2006

Comments

  1. free
    May 15th, 2008 | 5:38 pm

    c’est de la pire falsification et ce D. Fadel Al Khatib dont on a jamais entendu parlé c’est un traitre car c’est vous que vou avez la mainmise de la pensée et non pas nous vous essayer de formater les gens comme des disquettes contre les arabes nous nous sommes pas des terroristes mais des humains comme tout le monde et on es entrain de défondre nos droits et la justice et notre religion que vous voulez faire disparaitre ce qui est impossible… vous chercher n’importe quel personne et n’importe quel articles méme ceux des gens qui sont malhonnéte comme ce DOCTEUR pour dire que les arbes sont les ennemis de l’humanité c’est vraiment lamentable monsieur nous on respecte tout les ésprit libres meme ceux qui nous critique et non pas ceux qui nous attaque de cette façon car c’est nul

    AJM: Vous exagérez. Il pratique simplement l’autocritique et cela est si exceptionnel dans le monde arabe (vous le traitez de traître à cause de cela, ce qui est si symptomatique) que cela méritait bien une publication.