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Le Moyen-Orient est en train d’exploser

Un condensé des travaux de divers analystes nous apprend que la région englobant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, qui abritait quelque 112 millions d’habitants en 1950, en compte plus de 425 millions aujourd’hui et devrait atteindre la barre des 830 millions bien avant 2050. La Banque mondiale estime que 36% de la population totale de la région sont constitués de jeunes gens de moins de 15 ans, contre 21% aux États-Unis et 16% dans l’Union européenne. Dans le Golfe, près d’un habitant sur deux a moins de 20 ans.

Le problème est de deux ordres. D’une part, il sera très difficile de créer les infrastructures nécessaires (alimentation, habitat, eau potable, assainissement, éducation) pour accueillir convenablement cette vague de jeunes gens dans une région où ces installations sont déjà souvent largement déficientes actuellement. Et il faudrait qu’il s’y produise une explosion parallèle du secteur économique pour absorber cet énorme surplus de main-d’œuvre.

D’autre part, la région fonctionne mal aussi pour d’autres raisons. Comme le disait Abdelaziz Bouteflika il y a deux ans et demi déjà,

Par une sorte de coïncidence de l’histoire, c’est entre 1860 et 1880 que les Japonais, les Hindous, les Chinois, les Arabes et les Juifs ont simultanément pris conscience de leur décalage historique par rapport à l’Occident, et entrepris d’y remédier en jetant les bases de leur renaissance et de leur mise à niveau technologique. À l’exception de celui porté par la Nahda arabo-musulmane, tous ces projets ont débouché au bout de quelques décennies sur des puissances de rang respectable. (…)

Quand on médite avec le recul nécessaire sur les causes de l’échec de la Nahda arabe et sur ce «siècle pour rien» durant lequel nous avons connu «nakba» sur «naksa», on ne peut que se rendre à l’évidence que celles-ci ne sont pas d’ordre économique, politique ou militaire, mais qu’elles tiennent fondamentalement à nos représentations mentales, à notre manière de comprendre le monde et la vie. Ces causes ne ressortissent pas aux moyens, comme le disait le penseur algérien Malek Bennabi, mais aux idées.

Si nous avons tout fait faux, les uns et les autres, et ce, malgré la diversité des approches appliquées, c’est parce que nos idées, qui, elles, procèdent d’une même trame et d’une même matrice, nous ont porté aux mêmes erreurs et aux mauvaises décisions que nous avons parfois prises dans les domaines de la politique, de l’économie et des relations internationales depuis que nous avons repris en main nos destinées.

Et lorsque nous rapportons notre état général à celui des nations qui se sont développées au cours du XXe siècle, lorsque nous comparons leurs ressources naturelles aux nôtres, lorsque nous confrontons les facteurs favorables et les handicaps qui ont été le lot des uns et des autres, l’explication de notre retard et de notre échec collectif surgit d’elle-même: la vision des choses qui nous anime est inadaptée aux défis et aux réalités auxquels nous sommes confrontés.

Et si les efforts de réforme ont échoué jusqu’alors,  

C’est parce que nos élites ont été sourdes aux analyses et aux thèses de nombre de penseurs, c’est parce que notre frilosité religieuse a récusé leur sens critique et leurs audaces, qui, seules, permettent de dépasser l’horizon connu, que le projet engagé par la Nahda ne pouvait qu’échouer. Aujourd’hui, d’autres intellectuels arabes tentent, à la faveur d’une écoute mieux disposée, compte tenu du degré d’humiliation et de faillite atteint, de poser de nouveau les questions que nous avons longtemps refusé de regarder en face. (…)

Malheureusement, ces idées novatrices qui allaient s’implanter et s’acclimater sans heurts majeurs au Japon, en Chine et en Inde allaient être combattues dans le Monde arabe, à l’instigation du courant traditionaliste qui y voyait une dangereuse source de «bidaâ».

En langage clair, si la région ne réforme pas sa religion très bientôt, et très profondément, elle explosera bel et bien, à notre visage, ou à celui de nos enfants.

Demain, le 13 avril, l’un des grands partis politiques suisses, le Parti démocrate chrétien, dévoilera la version finale de son «papier» sur l’Islam intitulé «Identité et liberté de religion – à l’exemple des musulmanes et musulmans de Suisse». Il y a là le débat le plus vital pour l’Europe – et le monde – des prochaines décennies.

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