Coordonnées de l'auteurGuide politiquement incorrect de l'IslamComment vaincre l'Islam démocratiquementAccueil

Fitna — repousser le mal par ce qui est meilleur

Cette colonne de Mustafa Akyol parue ce matin dans le Turkish Daily News est un parfait exemple de la mauvaise foi opposée au film de Geert Wilders. Le texte commence par reconnaître l’évidence (je traduis les extraits cités):

Le message du film est clair: les racines de la «rage musulmane», comme Bernard Lewis l’a définie, est le livre sacré auquel croient ces Musulmans.

Puis il affirme que les choses sont plus complexes. Et les mensonges commencent:

Il y a aussi de nombreux messages de tolérance, de compassion et de paix dans le Coran. En usant de la même méthode [que Wilders] de sélection ciblée, nous pourrait aussi créer un film intitulé «Béatitude islamique» (Islamic Agape), pleines de scènes de Musulmans souriants et de versets bienveillants.

Mais Akyol oublie de préciser qu’il faudrait pour cela exclure les non-Musulmans du scénario, car jamais le Coran n’émet le moindre message de compassion à leur sujet. Sauf quand ils se convertissent, bien sûr. Mais nous y reviendrons plus bas. Il déclare ensuite:

(…) on pourrait utiliser la méthode sélective de «Fitna» pour condamner la plupart des autres religions – comme le Judaïsme, par exemple. En fait, si l’on se concentre sur les groupes radicaux évoluant parmi les colons juifs en Israël, on peut trouver un langage de haine très similaire et même des actes de terrorisme, tels que le massacre perpétré par Baruch Goldstein à Hébron en 1994.

Un seul acte, d’un homme isolé, universellement condamné, mis en équivalence avec des milliers d’actes considérés comme légitimes par des millions de Musulmans.

Akyol continue dans la mise en équivalence:

En fait, certaines parties de l’Ancien Testament, notamment le livre de Josué, jetterait dans l’ombre n’importe quelle sourate du Coran en termes de militance. Mais la très grande majorité des Juifs du monde savent que le livre de Josué, qui conte la guerre des Israélites contre les païens cananéens, est un récit historique qui ne répond pas aux réalités actuelles. De même, lorsqu’ils lisent les chapitres du Coran relatant la guerre de Mahomet contre les païens arabes, la majorité des Musulmans y voient de simples anecdotes historiques.

La majorité des Musulmans, peut-être. Mais Akyol oublie de rappeler (ce que fait ici Averroès) que l’écrasante majorité des Musulmans qui connaissent vraiment ces textes et y prêtent foi (et donc ont du pouvoir à ce titre dans les communautés fortement islamisées) y ont trouvé des ordres et des exemples, de nature universelle et intemporelle, visant à instaurer la domination mondiale de l’Islam. Et rien n’indique que les Musulmans croyants y trouvent autre chose aujourd’hui.

Ainsi, quand Akyol conseille, pour calmer la rage des Musulmans de «ne pas demander la révision du Coran, comme «Fitna» le fait naïvement, mais [de] tenter de débarrasser les Musulmans de l’idée qu’ils sont attaqués et humiliés», il met d’office hors d’atteinte les plus puissantes sources de ces convictions. Car le Coran fait tout pour que ses lecteurs crédules se sentent attaqués et humiliés, en tant que Musulmans, par les non-croyants. Avant de penser à soigner un mal, il faut commencer par cesser d’administrer le poison. Mais Akyol préfèrerait que nous nous montrions plus compréhensifs pour la rage des Musulmans. Le Mahomet du Coran ne souhaiterait pas autre chose.

Puis il conclut, doucement, en recommandant de répondre à «Fitna» non pas par la censure ou la rage, mais, comme lui, par l’explication, la dignité, la raison, la science. Et de proposer cet extrait d’un verset du Coran (41:34):

Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Mais cela ne sonne bien qu’aux oreilles des fourbes et de ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Islam. Les autres vont condamner le stratagème, s’ils en trouvent le courage, ou au moins ouvrir un Coran et chercher le contexte (41:30-34):

Ceux qui disent: ‹Notre Seigneur est Allah›, et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. ‹N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis. 
Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente et dans l’au-delà; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez, 
un lieu d’accueil de la part d’un Très Grand Pardonneur, d’un Très Miséricordieux›.
Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne oeuvre et dit: ‹Je suis du nombre des Musulmans?›  
Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Oui, la belle parole en question ne concerne que les Musulmans et les candidats à la conversion (pour les autres, retour à Averroès). Sur ce, Akyol invite Wilders à boire un café – turc – avec lui pendant qu’il lui expliquerait plus longuement comment il comprend l’Islam, en tant que croyant. En tant qu’islamologue, en tout cas,  Mustafa Akyol n’a pas passé mon test.

Comments

  1. April 5th, 2008 | 9:40 pm

    La taqqiyya (tromperie et dissimulation coranique) se porte bien..

  2. Nabila
    April 10th, 2008 | 12:26 am

    Justement, ce n’est pas en Turquie qu’il y a un ministère qui s’occupe des affaires islamiques, qui selectionne les sourates à diffuser et ce chaque jour(ce qui est meilleur?)!
    Je l’ai vu dans un reportage d’Envoyé Spécial à TV5 (il y a au moins deux ans), concernant la Turquie.
    Avant que Sarkozy décide, d’aller porter la civilisation! Il n’était pas encore au pouvoir!
    Les pays islamiques savent comment contrôler les textes de l’islam subtilement et en cachette!

    AJM: Cette époque est révolue, les sélections des diverses autorités ne sont plus guère que des simagrées. Aujourd’hui, les gens ont le Coran et savent le lire: http://www.telquel-online.com/301/couverture_301.shtml

    C’est en fait, ce que Geers Wilders évoque en voulant qu’on supprime certaines sourates du coran?

    AJM: À ce que j’ai compris, Wilders propose que nous interdisions le Coran et que les Musulmans se débrouillent pour faire le tri. À ce dernier égard, à mon avis, aucun travail sérieux ne peut commencer avant que l’on admette (au moins l’hypothèse) que cet ouvrage est une supercherie