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Combien, pour l’âme de la démocratie?

La semaine prochaine, le gouvernement britannique annoncera s’il est prêt à lancer un emprunt d’État islamique, un sukuk, soit une sorte d’obligation, ici garantie par l’État. Cela ouvrirait ainsi à la finance islamique un nouveau marché dont la valeur globale est estimée par Standard & Poor’s à quelque 4000 milliards de dollars.

Pour les banques occidentales, la chose est considérée comme un simple instrument financier de plus, pour lequel il faut certes réunir certains critères bizarres, comme de camoufler le paiement d’intérêt par des conventions spéciales et de verser des honoraires à un collège de savants d’un autre temps, mais sans plus. Pourquoi pas? D’autant que le respect de ces quelques conditions baroques leur permet  d’accèder à des fonds d’investissement considérables. Si eux ne le font pas, d’autres s’empresseront d’en profiter. C’est la loi du marché. Seules des institutions de surveillance, soucieuses d’éthique, sont censées étudier les aspects problématiques d’une association des fonds occidentaux avec les objectifs de la loi islamique. Encore faudrait-il se pencher sur la question.

Mais un État occidental, en acceptant ce marché, met davantage encore dans la balance. À partir de quel degré de dépendance économique et financière à la loi islamique, un État occidental cesse-t-il de pouvoir garantir le maintien de ses caractéristiques occidentales? Pour mémoire, la charia prévoit toujours le djihad contre les incroyants (les islamistes intelligents ont simplement renoncé à l’aspect militaire), la ségrégation religieuse et sexuelle, les châtiments en place publique et toutes sortes de lois élaborées des siècles avant l’instauration des droits de l’homme et de l’État de droit. Et partout où la proportion de Musulmans dépasse un certain seuil, ces lois refont surface, dans la législation ou directement sur le terrain.

Ainsi, en liant son économie à des fonds (rappelons qu’il s’agit ici de milliers de millards) gérés ostensiblement selon des canons islamiques, un État occidental vend, dans une certaine mesure, sa liberté de manoeuvre et accepte officiellement, dans une certaine mesure, de se plier ou pour le moins de s’associer aux principes islamiques. Peut-il le faire sans examiner, ouvertement, la nature profondément criminogène et résolument antidémocratique de ces principes?

Dans une démocratie, une décision aussi lourde de sens doit passer par une vaste campagne d’information et par un référendum. Si le gouvernement britannique accepte, la semaine prochaine, de mettre son sceau officiel sur la charia financière, il aura vraiment franchi un grand pas. Hors de la démocratie.

Comments

  1. Norman
    March 8th, 2008 | 2:38 pm

    Rien n’arrêtera jamais le monde de la finance, ni les impératifs moraux ni même le fait de scier la branche sur laquelle elle est assise. Le profit n’est qu’une opération à court terme et exceptionnellement à moyen terme.
    Rien ne l’arrêtera jamais sauf peut-être… la peur.
    Ou… la terreur ;-)