se sont réunis le mois passé pour étourdir le monde de leur science. L’Islam, religion dont la parole divine, l’exemple du personnage central, les lois et le cheminement historique dégoulinent littéralement de décapitations de masse et de l’esclavagisme le plus systématique qui fut jamais, n’aurait rien à voir, en tant que telle, avec les problèmes actuels du monde.
Avant de lire ce compte rendu, que nous devons au Comité Israël Hasbara, je recommande d’observer une carte du monde (celle-ci, par exemple) et de se demander où, sur la planète, subsitent encore des conflits et des risques de conflits notables non liés à l’hégémonie islamique? Le voilà bien, le vrai réchauffement planétaire.
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CNN Présente une autre réalité
par Salomon Benzimra
Le 22 septembre 2006, Christiane Amanpour a assemblé un illustre panel sur son plateau « CNN Présente… » avec, pour titre de programme « Au nom de Dieu ». Y étaient présents : primus inter pares, Bill Clinton, ex-Président américain; S.M. la Reine Rania de Jordanie ; George Mitchell, ex-Sénateur américain et négociateur d’accords de paix; Shimon Perès, premier Ministre adjoint israélien et lauréat du Prix Nobel de la Paix; Lakhdar Brahimi, ex-Ministre des Affaires étrangères algérien; Dina Habib Powell, sous-Secrétaire d’État américaine; et Rami Khoury, journaliste basé à Beyrouth.
Thème du programme : Pourquoi les gens se battent-ils au nom de Dieu ? Est-ce que la religion pourrait apporter des solutions aux conflits, plutôt que d’en être la cause ? Bien que ces questions fussent posées d’une façon générale, ni l’audience ni les téléspectateurs ne pouvaient douter de leur portée réelle : la violence islamique à travers le monde. Au vu des très nombreuses attaques terroristes qui ont eu lieu avant et depuis le 11 septembre, ainsi que des récentes manifestations de violence à la suite du discours du Pape Benoît XVI, le téléspectateur aurait pu s’attendre, en toute logique, à un débat sur les actes de violence déclenchés par les Musulmans au nom de l’Islam. En fait, Amanpour n’a jamais mis en relief cet aspect central de la question. Le panel, quant à lui, a généralement évité d’aborder cet aspect et, souvent, a détourné le problème en accusant Israël d’être la cause principale de la colère des Musulmans à travers le monde.
S.M. la Reine Rania fut la première à détourner le problème. Insistant, au départ, sur les principes de clémence et de miséricorde sur lesquels repose l’Islam, elle a très vite trouvé les raisons qui expliquent pourquoi ces nobles idéaux sont étouffés : Israël porte la lourde responsabilité de ne pas honorer les revendications des Palestiniens. Ce n’est que lorsque ces « revendications essentielles » auront été prises en compte, dit-elle, que le terrorisme perdra son élan, tout comme le feu perd sa fureur destructrice quand il est privé d’oxygène. Personne n’a paru scandalisé par cette étonnante inversion de la relation de cause à effet.
Dina Habib Powell a su, fort à propos, remettre les pendules à l’heure en rappelant brièvement que les nombreuses attaques terroristes survenues avant et après le 11 septembre n’avaient aucun rapport avec ces soi-disant « revendications ». Pressentant une réaction houleuse à ces remarques peu orthodoxes, elle s’est empressée d’insister sur l’importance du « dialogue des religions » entre prêtres, imams et rabbins.
Cherchant un consensus sur les causes du terrorisme, Amanpour a évoqué ensuite la guerre en Irak. Cette intervention étrangère, dit-elle, a eu « à elle seule, l’influence la plus marquante sur la radicalisation » du monde musulman. Amanpour trouva un écho favorable en Rami Khoury, qui fit remarquer que la confluence des dictatures arabes et du militarisme occidental ne pouvait que mettre le feu aux poudres islamiques. Mais tout de suite après, Amanpour ne manqua pas de ramener le débat sur la cause fondamentale : les « revendications palestiniennes » et le conflit Israélo-arabe.
C’est à ce moment que Shimon Perès aurait pu saisir l’occasion pour mettre les choses au clair et énoncer quelques vérités indiscutables sur le conflit. En quelques mots, il aurait pu rappeler à l’audience : le chaos qui s’empara de Gaza, après que cette enclave fut « épurée » de tous les Juifs de la région ; l’objectif réel des Palestiniens – décrit clairement dans les Chartes du Hamas, du Fatah et de l’OLP – et leur soutien inconditionnel au Hezbollah lors de la récente guerre du Liban ; l’endoctrinement implacable de la société palestinienne, visant la destruction d’Israël ; les tromperies d’Arafat au cours des « négociations de paix » et la violation des accord ultérieurs signés par les chefs palestiniens ; et enfin, la fausse notion d’un « peuple palestinien » surgi spontanément il y a quelques décennies pour des raisons purement politiciennes. Mais il n’aborda aucune de ces questions. Shimon Perès se borna à insister sur l’importance du « développement économique » pour mettre fin au terrorisme palestinien. Une intervention tristement décevante…
A l’écoute des mots « terrorisme » et « palestinien » prononcés dans la même phrase, Amanpour bondit sur la nécessité de distinguer le « terrorisme en tant que tel du terrorisme au nom de revendications légitimes ». Ce distinguo est absolument contraire à la position officielle du gouvernement américain. Cependant, personne ne réagit à ce chèque en blanc accordé tacitement aux organisations terroristes, à l’exception de Bill Clinton qui s’y opposa, aussi brièvement que fermement, en mettant en question la « légitimité des moyens employés pour faire valoir ces revendications ». Clinton se lança alors dans une suite d’arguments bizarres. Il défendit le « processus de paix », dont il a été le promoteur dans les années 1990, sur des bases on ne peut plus douteuses. D’après lui, « il y a eu trois fois plus de victimes après l’an 2000 que pendant la période des négociations ». Sans doute, dans son esprit, le succès du « processus de paix » ne serait plus en cause si le nombre mensuel de morts et de blessés était sensiblement réduit. Il enchérit ensuite sur cette absurdité en proclamant le refrain bien connu : « Tout le monde sait ce que seront les dispositions de l’accord définitif ; la question se pose uniquement en termes du prix à payer en victimes sacrifiées avant d’arriver à cet accord». Quel est vraiment cet « accord définitif » dont tout le monde connaîtrait le contenu? Serait-il semblable à celui que Ehud Barak proposa en 2000 et que Yasser Arafat rejeta d’emblée? Comment sait-il que tout le monde sait ? Après treize ans de méandres diplomatiques, il serait temps de s’atteler aux vrais problèmes : l’impossibilité géographique, stratégique et économique de créer un état palestinien viable entre le Jourdain et la Méditerranée ; l’absurdité d’une ablation de la Judée pour en faire un 22ème pays arabe ; les aspects juridiques qui découlent du Mandat de 1922, document fondateur qui, à ce jour, devrait régir toute décision de droit international dans la région. Bill Clinton conclut en exprimant son appui au gouvernement d’unité nationale proposé par Mahmoud Abbas, et en établissant un parallèle entre les négociations avec l’OLP et celles qui ont effectivement abouti au succès de l’Accord du Vendredi Saint avec l’IRA en Irlande. Clinton ne pouvait évidemment pas prévoir l’échec imminent de l’initiative de Mahmoud Abbas, pour cause de querelles intestines axées sur la non-reconnaissance de l’État d’Israël. En revanche, l’ex-Président américain n’est pas en droit d’ignorer que l’IRA n’a jamais eu pour objectif de détruire la Grande Bretagne.
Amanpour a ensuite soulevé la question des « conditions préliminaires » au dialogue avec les Palestiniens et les Iraniens. George Mitchell, le principal architecte de l’Accord du Vendredi Saint, souligna l’importance du « dialogue », la seule condition préliminaire étant « l’engagement des parties à renoncer à la violence et à respecter les stipulations des accords conclus ». Personne n’a souligné que, dès le début du « processus de paix » , ces conditions préliminaires n’ont jamais été reconnues – dans leurs déclarations en langue arabe – par les Palestiniens. Cette omission est particulièrement surprenante, notamment de la part de Shimon Perès et de Bill Clinton, deux des principaux protagonistes intimement impliqués dans ce processus depuis le début des années 1990.
Nullement concerné par ces détails, Lakhdar Brahimi propose alors d’étendre davantage la portée du « dialogue » en suggérant que le Hamas et le Hezbollah devraient en faire partie, vu que, d’après lui, le conflit Israélo-palestinien « constitue le problème fondamental ». Brahimi est d’avis que l’on devrait « mettre fin à toutes les certitudes enracinées » et montrer de la bienveillance envers « le point de vue de l’autre ». Brahimi devrait reconnaître que si Israël avait suivi ces conseils et accepté le « point de vue » des Palestiniens, il aurait cessé d’exister depuis bien longtemps.
Dina Habib Powell a su injecter un peu de bon sens dans cette conversation en distinguant les démocraties des tyrannies et en appelant au soutien des régimes démocratiques récemment établis au Liban et en Irak. Pour sa part, Bill Clinton souhaite que ceux qui, comme lui, sont « à l’écart de la politique » puissent promouvoir des réunions de réconciliation entre religions, soutenir des programmes tels que « Semences de Paix », et créer ainsi une « autre réalité ». Nul doute que l’on peut toujours faire confiance à Bill Clinton pour jongler avec les mots et masquer la réalité derrière le voile d’une morale relativisée.
Reprenant les remarques précédentes d’Amanpour sur la guerre en Irak et son effet de pépinière terroriste, S.M la Reine Rania déplora les conséquences de la dernière guerre au Liban, et notamment la recrudescence du terrorisme qui s’ensuivit. (Soit dit en passant : il y a eu également une recrudescence des opérations militaires de l’Allemagne nazie à la suite des premières offensives alliées, mais cela n’a nullement ramolli la détermination des Alliés de combattre les Nazis jusqu’à leur capitulation finale). Cependant, pour S.M. la Reine Rania, « il n’y a point de ‘méchants’, comme l’Occident voudrait nous faire croire ». Lakhdar Brahimi a exprimé plus tard le même déni de responsabilité en faisant allusion à la crise du Darfour. Cette tendance à nier la responsabilité, que l’on retrouve parmi les leaders arabes et ceux qui les soutiennent, et qui consiste à ne jamais reconnaître la cause initiale du conflit, à n’en retenir que certains effets choisis et à faire passer ces effets comme cause unique et originelle, est une des entraves majeures au débat rationnel sur le conflit Israélo-arabe. Cet état d’esprit persiste à ce jour.
Rami Khoury en fournit la preuve. Il accuse l’Occident de ne pas avoir mis fin à la guerre du Liban suffisamment tôt, ce qui, selon lui, a attisé l’animosité des Musulmans à l’encontre des États-Unis, tout particulièrement. Bien entendu, pas un mot sur le Hezbollah, qui a déclenché les hostilités sans aucune provocation, ni sur le gouvernement libanais qui a exprimé son appui quasiment inconditionnel au Hezbollah pendant toute la durée des hostilités. Encore une fois, une vision tronquée et déformée des évènements les plus récents, ce qui exclut tout optimisme sur la véracité des analyses arabes d’évènements plus lointains…
Sur ce point, au moins, Shimon Perès condamna fermement le Hezbollah pour avoir déclenché les hostilités en agissant avec le plein appui de l’Iran dont le seul but « n’est pas la paix, mais l’hégémonie ».
Le passage à la seconde partie du programme fit entrevoir une certaine ironie qui ne semble pas avoir été perçue par les participants au débat. Sitôt après les discussions sur Israël et les Palestiniens, Amanpour introduisit le problème du Darfour. Rappelons qu’au Darfour, des Musulmans sont massacrés par centaines de milliers, essentiellement par les forces militaires et paramilitaires du gouvernement islamique de Khartoum. Dina Habib Powell a souligné que la plupart des observateurs conviennent qu’il s’agit d’un génocide. D’où, la triste ironie de la question qui n’a jamais été posée : le conflit Israélo-palestinien est-il alors vraiment le « problème fondamental » que les participants ont identifié ? En quoi le barbarisme islamique et les querelles intestines de l’Irak et du Darfour seraient imputables à la non-résolution de la question palestinienne ? Faisons le point. Au cours des soixante dernières années, le bilan historique est indéniable : 60 000 Musulmans ont été tués par les Israéliens (au cours d’opérations d’autodéfense, dans l’immense majorité des cas), alors que des millions de Musulmans ont péri, de l’Algérie à l’Iran, aux mains d’Européens et d’autres Musulmans. Cette obsession sur Israël, que les médias alimentent sans cesse, est un affront à la vérité, une justification insidieuse d’un anti-Sionisme virulent.
En conclusion, Bill Clinton soutient que la religion n’est pas la cause essentielle des conflits. Selon lui, la plupart des conflits du monde arabo-musulman sont dus à des questions de « pouvoir et de ressources ». Il note, avec satisfaction, qu’aucun des participants n’a culpabilisé la religion dans les conflits actuels. Nul autre que Bill Clinton, dont la brillance des artifices est légendaire, aurait pu dire une chose pareille sans broncher et déclencher les applaudissements de la salle. De toute évidence, une « autre réalité » nous a été présentée.
Ce qui est particulièrement frappant dans cette émission, c’est la prédominance de perceptions erronées et ce, même parmi les experts présents.
L’uniformité des idées politiques, sur les questions les plus importantes, était manifeste tout au long du programme. Cette « pensée unique » ne peut en aucune façon éclairer l’auditoire.
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Source: Salomon Benzimra
Adaptation française de Salomon Benzimra
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