Qui sont les islamistes vraiment dangereux? Les jeunes écervelés qui se laissent aller à l’action suicide? Les prêcheurs de haine qui insistent sur les versets les plus agressifs du Coran (les derniers révélés, incidemment, donc les plus «valables» au sens des lois islamiques), sur les actes du prophète (décapitations de masse, campagnes militaires incessantes) et les législations djihadiques qui en découlent, et qui restent en vigueur à ce jour, faute de toute remise en question?
Je pense qu’il y a pire encore. Le pire, à mon avis, serait un Musulman d’apparence parfaitement raisonnable, imberbe, modéré, voire raffiné, plutôt soufi, pas prosélyte et même ouvertement critique envers l’Islam radical (wahhabite) mais convaincu en son for intérieur que l’Islam est la solution et que la civilisation occidentale et l’«homme blanc» sont des nuisances, provisoires.
En effet, un tel personnage pourrait s’intégrer aisément dans nos sociétés, et même dans l’appareil du pouvoir. Une fois là, qui sait ce qu’il fera? Jusqu’à quel point, jusqu’à quel niveau de propagande ambiante restera-t-il raisonnable et à partir de quand laissera-t-il libre cours à ses convictions profondes et agira-t-il pour favoriser l’avènement de ce qu’il considère comme le seul gouvernement légitime – l’Islam? Et de quoi, alors, sera-t-il capable?
Pour nourrir cette réflexion, je propose ici (pdf, 82 pages) le relevé d’un échange de courriels (anonymisés) avec un tel Musulman. Le débat est relativement large et profond – je pense qu’il permet de se faire une idée précise et fiable des convictions des deux participants. Mon interlocuteur occupe un poste à responsabilité au sein de l’administration fédérale helvétique. Son profil est parfait. Son parcours est sans faute. Mais ses croyances sont, à mon avis, apocalyptiques.
Voir aussi: Complément à «L’ennemi intérieur»