Mahomet avait 57 ans et six femmes, dont l’une, Aïcha, fut épousée à six ans et déflorée à neuf (Boukhari, vol. VII), lorsqu’il s’éprit de Zaïnab, sa cousine et la femme de son fils adoptif Zaïd. Ce dernier la répudia pour permettre à Mahomet d’en faire sa septième épouse.
Il est intéressant d’observer la réponse, contenue dans la 33e sourate du Coran, que Mahomet proposa à ceux qui, à l’époque, trouvèrent cette union peu légitime.
Il faut ajouter, pour le contexte, que Médine, où se déroule la «révélation», était alors assiégée par quelques tribus qui souhaitaient rendre justice aux Juifs (Nadir), chassés de la ville par Mahomet qui s’était installé dans leurs propriétés.
Mahomet affirme d’abord qu’une épouse n’est pas comme une mère, qu’on peut bien répudier une épouse sur une simple déclaration (coutume arabe), et qu’un fils adoptif n’est pas comme ses propres enfants. Il affirme ensuite que le prophète a davantage de droits sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes, et que ses épouses sont comme leurs mères.
Puis il parle de bataille, rappelle à ses interlocuteurs qu’ils vivent maintenant dans les belles demeures des Juifs, grâce à Allah qui les terrorisa.
Ensuite, il s’adresse à ses épouses, les flatte, les dit incomparables aux autres femmes, leur récite leurs devoirs – rester chez elles, ne pas s’exhiber, prier, payer la taxe, obéir à Allah et à son messager, bien se souvenir de ses versets – et promet à tous les siens le pardon et une grande récompense.
Après cela, il en vient au fait. Il n’appartient pas à un/e croyant/e de remettre en question les décisions d’Allah et de son messager et quiconque désobéit à Allah est égaré, dit-il.
Puis, parlant maintenant au nom d’un Allah pluriel, il s’annonce à lui-même que «nous te la [Zaïnab] fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d’Allah doit être exécuté.» (33:37)
Suivent plusieurs invocations où Allah couvre le prophète de louanges et énonce quelques lois sur le mariage et le divorce accordant à son prophète les exceptions et les privilèges dont il souhaitait profiter, notamment de faire attendre, d’inviter, d’héberger et d’écarter librement ses épouses et esclaves, car cela «est le plus propre à les réjouir, à leur éviter tout chagrin et à leur faire accepter de bon cœur ce que tu leur as donné à toutes».
Il ajoute tout de même qu’il ne lui est plus permis désormais de prendre d’autres femmes ou d’en changer, les esclaves exceptées.
Suivent des instructions sur l’art d’approcher le prophète (n’entrer que si l’on est invité à manger, et alors manger et puis partir sans se faire prier) et ses femmes (ne leur parler qu’à travers un rideau et surtout ne jamais les épouser après lui). «Et craignez Allah. Car Allah est témoin de toute chose.»
Et Allah d’ajouter «Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées.»
Puis Mahomet revient à ses ennemis, les traite de maudits, affirme qu’ils seront tués impitoyablement, car telle est la loi établie par Allah, avant de dire encore quelques mots sur le jugement dernier et une fournaise éternelle d’où l’on ne s’échappe pas. Puis il conclut sur quelques malédictions et quelques promesses de plus.
* * *
Le prophète est un exemple pour tous les Musulmans. Le meilleur des croyants est celui qui guide les croyants, comme il le faisait. Quelle attitude un Musulman croyant et influencé par la présente sourate, extrêmement importante pour la place des femmes dans la société, est-il tenté d’adopter?
D’abord, il faut reconnaître la valeur que les Musulmans ont cru distinguer dans ce message au cours des siècles: la crainte d’un dieu vengeur impitoyable est un instrument dont on peut s’attendre à ce qu’il favorise la paix sociale et l’exercice de la vertu individuelle dans une société primitive.
Et, bien sûr, éliminer ce message eût signifié affronter ceux qui y croyaient. Or ceux-ci furent toujours les plus déterminés et les plus cruels, au niveau social, familial et personnel.
C’est là tout le secret de la réussite de l’Islam. Il fallait éviter l’affrontement, car vaincre des tueurs persuadés d’œuvrer pour le créateur de l’univers, que ce soit sur le champ de bataille ou sur le plan intellectuel, relève de la gageure. C’est pourquoi la soumission (islam) fut de tout temps le choix du plus grand nombre.
Ainsi les femmes, plus faibles physiquement, donc plus enclines à choisir la voie de la modération, ont développé dans l’Islam des vocations de sacrifice de soi et de sagesse sans doute inégalées.
Rappelons que 97% des femmes égyptiennes sont excisées, à notre époque, par d’autres femmes, généralement à domicile, et ce malgré une interdiction officielle qui date de plusieurs décennies. Pourquoi?
Dès lors que les femmes sont censées être pleinement heureuses dans la soumission, toute expression manifeste, publique, de leur sexualité doit être considérée comme un trouble. De fait, le terme arabe fitna désigne à la fois une jolie femme et un désordre civil. Dans l’inconscient collectif musulman, le désir érotique féminin est assimilé à une émeute.
Ainsi, un croyant sans autres références solides que le Coran et la tradition du prophète (aucun Musulman digne de nom ne se contente du Coran; le gros des écritures est en fait constitué des travaux de quelques historiens – la Sunna) va, en situation extrême, comme celle provoquée par le refus d’une femme de se soumettre à sa volonté, revenir aux certitudes prônées par le prophète. Et il va «étouffer l’émeute», convaincu de plaire à son dieu.
C’est très probablement dans ce type de réactions qu’il faut chercher la cause des crimes d’honneur et de certains gestes meurtriers apparemment inexplicables.
Je pense qu’il est grand temps de mettre un terme à cette horreur.
Certes, seuls des Musulmans peuvent décider de réformer enfin les bases inacceptables de leur religion, avec ou sans l’aide des philosophes et des représentants de religions raisonnables.
Mais, alors que se dessine une action concertée des dirigeants du monde musulman pour répandre l’Islam en présentant le Coran comme un message de paix, il faut que l’Occident résiste.
Il faut, comme Margrethe II, reine du Danemark, «montrer une opposition à l’Islam, (…) courir le risque d’avoir une image moins flatteuse, car il y a certaines choses pour lesquelles on ne doit pas faire preuve de tolérance.»
Il faut interdire l’Islam aussi longtemps qu’il restera incapable de tolérance.
April 17th 2005 Posted to
Islam