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L’ennemi a un nom


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 19 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5629

Comment vaincre un ennemi qu’on ne peut pas nommer? De même qu’un médecin doit identifier sa maladie avant de soigner un patient, un stratège doit identifier l’adversaire avant de gagner la guerre. Mais les Occidentaux se sont montrés réticents devant l’identification de l’ennemi dans ce conflit que le gouvernement américain qualifie diversement (et euphémiquement) de «guerre mondiale contre la terreur», «longue guerre», «lutte mondiale contre l’extrémisme violent» et même «lutte mondiale pour la sécurité et le progrès».

Cette timidité se traduit par l’inaptitude à définir les objectifs de la guerre. Deux citations de hauts responsables américains datant de la fin 2001 révèlent bien l’aspect brumeux et inefficace des déclarations des gouvernements occidentaux. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld définissait alors la victoire comme la mise en place d’«un environnement nous permettant effectivement de vivre notre vie et de profiter de nos libertés». De son côté, George W. Bush proposait un objectif plus limité: «la défaite du réseau terroriste mondial» – sans préciser ce que ce réseau pourrait bien être.

En fait, «vaincre le terrorisme» est resté l’objectif fondamental de la guerre. D’où on peut déduire que les terroristes sont l’ennemi et le contre-terrorisme la principale réplique.

Mais un nombre croissant d’observateurs ont relevé que le terrorisme n’est qu’une tactique, et non un ennemi. Bush l’a d’ailleurs admis également, en été 2004, en reconnaissant que «nous avons mal nommé la guerre contre la terreur». Alors, il qualifia cette guerre de «lutte contre des extrémistes idéologiques qui ne croient pas en les sociétés libres et qui utilisent le terrorisme comme une arme pour tenter d’ébranler la conscience du monde libre».

Une année plu tard, au lendemain des attentats à la bombe du 7 juillet à Londres, le Premier ministre britannique Tony Blair fit progresser le débat en parlant de l’ennemi comme d’«une idéologie religieuse, un courant évoluant au sein de la religion mondiale de l’Islam». Peu de temps après, Bush lui-même fit usage des expressions «radicalisme islamique», «djihadisme militant» et «islamofascisme». Mais ces termes suscitèrent de nombreuses critiques et il se rétracta.

À la mi-2007, Bush en était revenu à parler de «la grande lutte contre l’extrémisme qui s’étend maintenant à l’ensemble du Grand Moyen-Orient». Et c’est là où nous en sommes actuellement: les agences gouvernementales américaines ont été priées de désigner l’ennemi par des expressions aussi nébuleuses que «culte mortifère», «sorte de culte» «culte sectaire» et «violents adeptes d’un culte».

En fait, cet ennemi a un nom bien précis et concis: l’islamisme, une version utopique radicale de l’Islam. Les islamistes, partisans de cette idéologie totalitaire bien financée et largement répandue, tentent d’instaurer un ordre islamique mondial qui appliquerait la loi islamique (charia) dans son intégralité.

Avec cette définition, la réponse nécessaire se clarifie. Elle revêt deux formes: vaincre l’islamisme et aider les Musulmans à développer une forme d’Islam alternative. Ce n’est pas par hasard que cette démarche rappelle dans les grandes lignes celle mise en place par les puissances alliées contre les deux principaux mouvements radicaux utopistes précédents – le fascisme et le communisme.

Il faut commencer par vaincre un ennemi idéologique. Comme en 1945 et en 1991, l’objectif doit consister à marginaliser et affaiblir un mouvement idéologique agressif, de sorte qu’il cesse d’attirer des partisans ou de constituer une menace grave pour le monde. La Deuxième Guerre mondiale, remportée par le sang, l’acier et les bombes atomiques, propose un modèle de victoire très différent de celui de la guerre froide, basé sur la dissuasion, la complexité et un effondrement presque pacifique.

La guerre contre l’islamisme va vraisemblablement intégrer des éléments de ces deux legs pour former un mélange inédit de guerre conventionnelle, de contreterrorisme, de contre-propagande et de nombreuses autres stratégies. L’éventail va de l’action militaire qui a causé la chute du gouvernement taliban d’Afghanistan à l’effort qui consiste à repousser les islamistes légaux travaillant légitimement au sein des systèmes éducatifs, religieux, médiatiques, juridiques et politiques.

Le deuxième objectif implique d’aider les Musulmans qui s’opposent aux visées islamistes et qui souhaitent offrir une alternative aux dépravations de l’islamisme en réconciliant l’Islam avec le meilleur du monde moderne. Mais ces Musulmans sont faibles – ce ne sont encore que des individus isolés, qui ont à peine entamé le dur travail qui consiste à se chercher, à communiquer organiser, financer, mobiliser.

Pour faire tout cela plus rapidement et efficacement, ces modérés ont besoin de l’encouragement et du parrainage des non-Musulmans. Aussi peu impressionnants qu’ils soient à l’heure actuelle, les modérés sont les seuls en mesure de moderniser l’Islam, avec l’aide de l’Occident, et ainsi de mettre un terme à la menace islamiste.

En fin d’analyse, l’islamisme présente essentiellement deux défis pour les Occidentaux: ils doivent en parler franchement et aspirer à la victoire. Or aucune de ces deux attitudes n’est naturelle pour l’homme moderne, qui tend à préférer la rectitude politique et la résolution des conflits, voire l’apaisement. Mais une fois ces obstacles surmontés, la faiblesse objective de l’ennemi islamiste en termes d’arsenal, d’économie et de ressources permettra de le vaincre aisément.

Reprise: plan d’action contre l’Islam en Occident

Développé il y a près de deux ans dans le cadre d’une réflexion visant l’«interdiction de l’Islam» et publié sur precaution.ch, ce plan d’action a bien vieilli, je trouve, et il répond mieux que jamais à l’évolution de l’Islam vers son seuil critique et au-delà.

Ce plan permettrait de créer une boîte à outils extrêmement efficiente pour argumenter contre l’Islam — concrètement pour refuser la construction de mosquées, pour s’opposer à la vente de corans et autres textes islamiques, pour rejeter la pratique publique du culte islamique, la fondation d’institutions islamiques, l’exploitation d’écoles coraniques… Alors, des maires, des associations, des comités divers pourraient disposer d’argumentaires solides pour freiner, voire stopper la progression de la religion islamique dans leur zone d’influence, sur le terrain.

D’autre part, ce plan permettrait de former des juristes très rapidement aux arcanes de cette argumentation spécifique et leur fournirait en même temps des éléments que les hommes de loi peuvent comprendre aisément et intégrer valablement dans leurs considérants. Ce faisant, il transporterait le débat sur le plan juridique, où les journalistes pourraient le reprendre au vol sans risque, puisqu’il aurait trouvé ainsi une expression «officielle», devant les tribunaux.

De sorte que les meilleurs arguments contre l’Islam, les plus fondés, les mieux charpentés, descendraient ainsi dans le domaine public, dans toutes les langues européennes, participant à l’information à grande échelle de la population. Ensuite, le politique suivra. Mais voici le plan:

1ère phase: Liste d’experts

Les noms et coordonnées de personnalités et d’institutions capables de fournir de solides références sur les lois islamiques sont réunis. Ce sont des gens comme Rudolph Peters, professeur de droit islamique à l’université d’Amsterdam, et des institutions telles que l’université-mosquée d’Al-Azahr. Il faut se limiter ici à de purs experts, à des autorités incontestées dans leur domaine.

Outre les simples coordonnées (nom, adresse, téléphone, fax, e-mail, site), cette liste doit préciser certaines caractéristiques utiles (école de jurisprudence, langues de contact, particularités). L’ensemble est intégré dans une base de données ou un tableur. Les renseignements en sont confirmés (et le cas échéant corrigés/complétés) par les personnes et institutions mentionnées – cela fait l’objet d’une première prise de contact informative.

La liste est publiée en ligne et les visiteurs peuvent y proposer des ajouts ou en contester le contenu.

2e phase: Listes de références

Les experts ainsi répertoriés sont priés de fournir des listes d’ouvrages de références sur les lois islamiques. Il en résulte une liste de titres, en grande majorité arabes. Chacun d’eux doit être accompagné d’une série de renseignements aussi précis que possible: titre original, titre translitéré, titre en langue occidentale, références d’édition, école de jurisprudence, disponibilité (y compris adresses complètes) et provenances des recommandations.

Si les propositions sont trop nombreuses, priorité est donnée aux ouvrages qu’une majorité d’experts recommandent. S’il y a contestation quant à la validité des ouvrages proposés (recommandations négatives), priorité est donnée aux ouvrages qui ont fait loi le plus largement. Si les ouvrages sont disponibles en plusieurs volumes, seuls ceux concernant les thèmes suivants sont considérés: djihad, dhimma, houdouds, esclavage.

Ces listes aussi font l’objet d’une base de données publiée en ligne et pouvant être commentée par les internautes.

3e phase: Collecte et traduction des références

Les ouvrages de référence sont commandés auprès de leur source usuelle. Si nécessaire (pièces de musée), des copies sont réalisées sur place et authentifiées de manière aussi objective que possible. Les ouvrages, centralisés dans une chancellerie, sont ensuite traduits en langues occidentales (par ex. français, anglais, allemand, italien, espagnol) après que les chapitres qui nous intéressent en aient été déterminés par des personnes de confiance en maîtrisant la langue (si possible deux experts indépendants) et numérisés. Si des traductions existent déjà, elles peuvent être utilisées.

Les ensembles composés respectivement des textes originaux, de leurs copies numérisées et de leurs traductions sont ensuite confiés à des organes d’authentification (par exemple des notaires bilingues) qui confirment la rectitude des versions traduites ou en signalent les lacunes, auquel cas des corrections sont effectuées jusqu’à obtenir entière satisfaction à cet égard.

Les traductions sont ajoutées à la base de données et publiées en ligne, accompagnées des copies numérisées correspondantes, au fur et à mesure de leur authentification.

4e phase: Concours d’idées

Des juristes occidentaux sont invités (lancement officiel, avec annonces dans les revues spécialisées) à examiner ce matériel (le tout est dès lors disponible en ligne) et à proposer, anonymement s’ils le souhaitent, des procédures juridiques permettant de concrétiser «un moratoire de toute propagation de la religion islamique (…), jusqu’à l’abrogation définitive et crédible, par une institution ad hoc, de toute force obligatoire conférée aux textes sacrés de l’Islam» (selon les termes du Manifeste du 31 juillet).

Les projets sont publiés en ligne. Un panel d’experts indépendants est constitué. Ses membres évaluent les projets selon les critères propres au domaine du droit. Les projets les plus solides sont primés. Le panel d’experts émet des recommandations d’optimisation. Une cérémonie de remise des prix et une conférence de presse sont mises sur pied.

5e phase: Publication, réalisation

Le comité (…) publie un ouvrage présentant la description du projet, de son déroulement, de ses principaux enseignements et des idées primées ou simplement approuvées par le panel d’experts du concours. Les membres du comité offrent leur soutien aux personnes et institutions souhaitant lancer les actions légales ainsi définies. 

Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

Voici le septième billet d’une série (1-2-3-4-5-6-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant.

Ce billet se penche sur la question des blessures du père. Il n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

YouTube Preview Image

Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
- Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu – si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des témoins.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Voici le sixième billet d’une série (1-2-3-4-5-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues.

Ce billet examine les traces de la fusillade sur les lieux et cherche à établir si elles corroborent le récit. Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.
– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures du père.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où sont les balles?

Voici le cinquième volet d’une série (1-2-3-4-6-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt (et non le jugement, comme je l’appelais à tort jusqu’à présent, toutes mes excuses), prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce cinquième billet et les suivants se concentrent sur les éléments permettant, ou pas, de prouver que l’infanticide décrit par France 2 a bien eu lieu. En effet, comme nous l’avons vu dans les quatre premiers billets, l’arrêt de la Cour d’appel permet d’établir:

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant.

Il reste donc à examiner la partie du récit pouvant être démontrée d’une autre manière. Au sujet de l’ensemble de ces éléments de preuve, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal?

Où sont les balles qui ont tué l’enfant et blessé son père?
Où est le sang qui a dû gicler lors des impacts, puis suinter des blessures?
Où sont les cicatrices du père?
Où sont les témoins?

Voici aujourd’hui pour les balles: elles ont été recueillies par le caméraman et ne sont jamais réapparues:

 

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).
– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…
– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures mortelles de l’enfant.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Perles du Coran: les épouses du prophète

On dit souvent qu’il est possible de tout trouver et son contraire dans les grands livres de la foi, et tout particulièrement dans ceux qui inspirent le djihad. S’il est vrai que les ouvrages inspirés, religieux ou pas, misent souvent sur des contradictions apparentes pour faire réfléchir les lecteurs, cette affirmation n’est vraie que d’une manière purement formelle pour l’Islam. On peut certes se concentrer sur des éléments sélectionnés pour en donner une image orientée, mais une vision globale indique clairement et systématiquement que l’Islam est fondamentalement, intrinsèquement malveillant et que seules des approches terriblement négligentes ou hypocrites permettent de lui accorder un quelconque crédit. Voici un exemple basé sur une récente apologie de Hani Ramadan consacrée aux épouses du prophète.

Il y parle d’abord de Juwayriya:

Après l’expédition militaire contre la tribu polythéiste des Banu-l-Mustaliq, remportée par les croyants, le Prophète épousa et affranchit une captive : Juwayriya bint al-Hârith.

J’ai un peu honte de jouer ainsi les rapporteurs, mais je pense qu’il est indispensable de signaler ici, car tous les croyants dignes de ce nom auront lu le texte entier et le sauront, que cette tribu a été attaquée par surprise et que ses femmes ont été violées par les soldats d’Allah avec l’assentiment explicite de son doux prophète. Plusieurs hadiths, même dans la très sélective collection en anglais de l’université de Californie du Sud, relatent l’événement (ici, ici, ici), car le prophète, le beau modèle, en aurait profité pour recommander de renoncer au coitus interruptus (que ses hommes semblaient trouver usuel) en de tels cas. Progrès?

Cela eut des conséquences étonnantes, car la plus grande partie de la tribu défaite avait été réduite à la captivité. Les Compagnons du Prophète  eurent le sentiment qu’il ne convenait pas de garder en captivité des proches de la nouvelle épouse de Muhammad, devenue «mère des croyants». Une centaine de familles furent ainsi libérées. (On rapporte qu’ils étaient en tout plus de 700). Toute la tribu des Banu-l-Mustaliq bénéficia de ce mariage librement consenti, et chacun vit dans l’Islam une religion de paix et de miséricorde. (…)

Il s’agissait de la fille du chef de la tribu que les Musulmans venaient d’attaquer, de piller et de réduire en captivité (ai-je dit que c’était par surprise?). Elle était très belle, disait-on. Après sa capture, Mahomet l’a rachetée au Musulman dont elle faisait partie du butin et l’a épousée, certes, mais sa «libération» vient d’ailleurs. Peu après, en effet, le père de cette jeune femme était venu payer sa rançon, à Mahomet.

Alors, le père a demandé à la jeune fille, qui venait d’être ainsi libérée, réellement libérée, si elle préférait rentrer avec lui ou rester avec le prophète des Musulmans. Et elle aurait en effet déclaré préférer rester avec Mahomet, ce qui a entraîné la libération de son peuple, comme, sans doute, elle le savait. On raconte qu’elle était très, très pieuse, et qu’à chaque fois que Mahomet pénétrait dans sa case, il la trouvait profondément absorbée dans ses prières. 

Puis HR mentionne deux autres cas dans lesquels on peut certes exclure que le prophète ait agi par luxure, car il s’agissait de femmes âgées, auxquelles il accordait ainsi sa protection. Mais on peut tout de même s’interroger sur l’aspect fort indifférencié de l’institution du mariage dans cet esprit. Est-il bien souhaitable que des hommes puissants doivent épouser des femmes nécessiteuses pour leur venir en aide? Le mariage comme institution d’aide sociale? Le prophète faisait loi, à l’époque — en faisait-il une bonne avec de telles décisions?

Ensuite, HR nous enseigne la chose suivante:

Il faut savoir en outre que certaines épouses du Prophète, en tant que mères spirituelles des croyants, étaient des savantes dans divers domaines, notamment en matière de jurisprudence islamique (fiqh).

Le prophète aurait eu tant de femmes afin qu’elles soient en nombre suffisant pour porter témoignage de son génie juridique. En effet: 

«Et souvenez-vous (ô femmes du Prophète) des Versets de Dieu et de la Sagesse qui sont récités dans vos maisons. Dieu est, en vérité, Subtil Bienveillant et Parfaitement Connaisseur.» Coran 33/34

Oui, si bienveillant et connaisseur qu’il estime nécessaire de dire aussi (on ne sait jamais), à ces mêmes femmes:

Coran 33:30
Ô femmes du prophète! Celle parmi vous qui pratique une turpidure manifeste, le châtiment lui sera redoublé au double!

C’est aussi dans cette sourate que «Dieu» leur dit:

33:33
Fixez-vous dans vos maisons. Ne vous exhibez pas
comme l’exhibition de [l'époque (précédant l'Islam)] de la première ignorance. Élevez [la salat], donnez [la zakat] épuratrice et obéissez à [Allah] et à son envoyé. (…)

33:36
Lorsque [Allah] et son envoyé ont décidé d’une affaire, il n’appartient pas à un croyant ou une croyante d’avoir le choix dans leur affaire.

33:51
Tu fais attendre qui tu souhaites parmi elles, et tu abrites chez toi qui tu souhaites. Puis nul grief sur toi à rechercher l’une de celles que tu avais écartées. (…)

33:52
Il ne t’est pas permis
après cela [avoir pris une 7e épouse], de prendre des femmes, ni de les échanger contre d’[autres] épouses, même si leur beauté t’étonne, à l’exception de ce que ta main droite possède [les esclaves].

33:59
Ô prophète! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leur mante [jalabibihinna / jilbabs].

Puis le coran retourne à sa routine:

33:61/62
Maudits! Où qu’on les trouve, ils seront pris et tués impitoyablement. C’est la loi [d'Allah] pour ceux qui sont passés auparavant. Jamais tu ne trouveras de changement dans la loi [d'Allah].

33:64/65
[Allah] a maudit les mécréants et leur a préparé un brasier. Ils y seront éternellement, à jamais. Ils ne trouveront ni allié ni secoureur.
etc.

Et HR à la sienne:

Toutes [les femmes du prophète], sans exception, considéraient comme un honneur de vivre sous la protection de Muhammad, et aucune n’aurait cédé sa place, tant leur amour pour la personne du Prophète était grand. (…) toutes, sans exception, choisirent Dieu, Son Messager, et l’au-delà…

Autres perles:
Perles du Coran: «la liberté religieuse»
Perles du Coran. «La preuve»

Il faut se préparer à attaquer [l’Iran]


par Daniel Pipes
USA Today, 11 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5585

Dans un rapport déclassifié du renseignement américain intitulé Iran: Nuclear Intentions and Capabilities (Iran: intentions et capacités nucléaires), les agences de renseignement américaines annonçaient en décembre dernier: «Nous estimons avec une grande certitude que Téhéran a suspendu son programme d’armement nucléaire au printemps 2003.»

Cette conclusion extrêmement controversée a incité les dirigeants iraniens à écarter l’éventualité d’une attaque américaine, ce qui a permis à Téhéran d’adopter une position toujours plus belliqueuse et a rendu futiles, comme il fallait s’y attendre, toutes les négociations ultérieures.

Dans l’idéal, les Iraniens eux-mêmes doivent être conduits à stopper leur programme nucléaire, car les alternatives – lancer une attaque américaine ou israélienne, ou permettre aux dirigeants de Téhéran hantés par l’Apocalypse de se procurer la bombe – sont bien pires.

L’unique moyen d’y parvenir est de raviver un sentiment d’appréhension en Iran. Pour que Washington ait une chance de les persuader de mettre un terme à leur programme nucléaire, et d’éviter ainsi la nécessité d’une action militaire, il faut impérativement convaincre les stratèges de Téhéran qu’ils ne seront jamais autorisés à obtenir des armes nucléaires. C’est encore possible, mais à condition de modifier profondément la politique des États-Unis.

Premièrement, l’administration Bush doit se préparer à attaquer l’infrastructure nucléaire iranienne. Deuxièmement, elle doit le faire savoir bruyamment (et les leaders israéliens devraient faire de même, comme certains l’ont déjà compris). Troisièmement, l’administration doit supporter l’inévitable tsunami de critiques. Quatrièmement, elle doit encourager les gouvernements les plus opposés à une telle attaque – dont l’Union européenne, la Russie et la Chine – à faire pression sur Téhéran pour que l’Iran mette fin à son programme nucléaire.

Si cette démarche réussit, la crise est résolue. Si elle échoue, l’élection présidentielle américaine de novembre revêtira une importance cruciale. «Il n’y a qu’une éventualité qui soit encore pire que l’option militaire», a déclaré John McCain. «C’est un Iran doté de l’arme nucléaire.» De son côté, Barack Obama a parlé de «diplomatie résolue», de «sanctions [économiques] plus sévères» et de «sources d’énergie de remplacement» – au fond un appel à persister dans la voie actuelle.

Si la présidence de George W. Bush se termine sur une victoire de McCain, Bush va probablement temporiser et laisser McCain prendre les prochaines décisions. Mais l’intention affichée d’Obama de perpétuer la vaine politique actuelle indique que s’il gagne, Bush pourrait ignorer la tradition voulant que les présidents sortants ne prennent pas d’initiatives majeures pendant les dernières semaines de leur mandat. Et lancer l’action militaire contre l’Iran.

Retour sur la fauxtographie

À lire absolument, pour qui souhaite réfléchir au sens et à la mission des organes d’information modernes, cette excellente traduction d’une réfutation point par point d’un article du Monde (Claire Guillot) consacré au pratiques journalistiques douteuses dénoncées par la blogosphère pendant la guerre du Liban, en 2006. L’auteur, Richard Landes, est sans doute l’un des meilleurs spécialistes du genre.

Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

Voici le quatrième volet d’une série (1-2-3-5-6-7-8) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car il constitue le premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce quatrième billet se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens; que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l'enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, [...] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talal ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 du jugement):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment. On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? La Cour a aussi abordé ces éléments. À suivre.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

La traite musulmane — au-delà de l’horreur

Ce livre de Tidiane N’Diaye est l’une des choses les plus fortes et les plus douloureuses qui soient à lire:

Sous l’avancée arabe, (…) des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale.

Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrées en contrées, le Coran d’une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une «vie de prière», ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Et l’auteur nous livre (presque) tous les détails. Les tactiques employées inspirées du djihad (attaques surprises en pleine nuit, suivies du massacre des vieux) puis enseignées aux partisans, le cynisme, la zizanie, les justifications racistes bestiales, les motivations mercantiles, la légalisation et la sanctification de la traite, l’effondrement des civilisations africaines, le dépeuplement systématique de régions entières, grandes comme des pays européens, et les cortèges d’esclaves, le long de routes marquées de part et d’autre par les squelettes blanchis et les dépouilles plus récentes, mutilées, de leurs prédécesseurs tombés en chemin, les castrations systématiques, souvent totales (75% de mortalité, mais une valeur multipliée sur le marché), les avortements et assassinats réguliers des enfants des esclaves sexuelles, l’épouvantable «normalisation» de ces processus, des siècles durant:

Stanley constata que dans certaines régions d’Afrique, après leur passage [des négriers arabo-musulmans], il ne subsistait guère plus de 1% de la population. Dans le Tanganyika, les images des horreurs de la traite étaient visibles partout. Nachtigal, qui ne connaissait pas encore la région, voulut s’avancer jusqu’au bord du lac. Mais, à la vue des nombreux cadavres semés le long du sentier, à moitié dévorés par les hyènes ou les oiseaux de proie, il recula d’épouvante.

Il demanda à un Arabe pourquoi les cadavres étaient si nombreux aux environs d’Oujiji et pourquoi on les laissait aussi près de la ville, au risque d’une infection générale. L’Arabe lui répondit sur un ton tout naturel, comme s’il se fût agi de la chose la plus simple du monde: «Autrefois, nous étions habitués à jeter en cet endroit les cadavres de nos esclaves morts et chaque nuit les hyènes venaient les emporter: mais, cette année, le nombre des morts a été si considérable que ces animaux ne suffisent plus à les dévorer. Ils se sont dégoûtés de la chair humaine.»

Et les chiffres, les comparaisons, les estimations. Les dates, les décisions. Quelques dessins et photographies. La reconnaissance de la lutte contre l’esclavage par divers mouvements civiques, religieux et politiques de l’Occident, mais aussi les tergiversations des acteurs des grandes puissances après que tout cela ait été révélé et officiellement condamné. Les veuleries, les complicités. Mais surtout: la totale absence de repentir, de quelconque regret, des Musulmans ou des Arabes actuels:

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n’existe pas de degrés dans l’horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les jihâd (…) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert.

L’auteur décrit les différents types d’esclavage. Celui des Africains entre eux (qu’il assimile à un servage), celui des Arabes, puis celui des Occidentaux. Il passe en revue les grands événements, les capitulations et les actes de résistance (contre Saladin, par exemple, qui finit par écraser les révoltés noirs), fait le portrait des acteurs marquants, de criminels abjects, et de héros, et héroïnes, de la tragédie. Il dessine les routes de l’esclavage, en explique les motivations, les impératifs, les sources et les utilisations; il cite les témoins.

Son approche de l’Islam est très équilibrée. Il veut croire que le Coran permet des interprétations humanistes, digne d’une religion normale; il cite des hadiths utilisables dans ce sens, conteste la validité d’interprétations racistes des textes, mentionne des Musulmans qui ont combattu l’esclavage, et prend la peine, à plusieurs reprises, d’affirmer que les motivations religieuses des négriers servaient de paravent à des intentions purement criminelles. Mais il relève tout de même que

L’esclavage étant validé et institutionnalisé par l’Islam, il eût été impie chez les Arabes de le remettre en cause. «L’esclavage en terre d’Islam reste un sujet à la fois obscur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d’intentions hostiles», notait ainsi l’historien Bernard Lewis.
(…)
Ces Arabes commettaient les pires crimes en Afrique, mais pensaient qu’ils n’en restaient pas moins fidèles aux principes de l’Islam, qui autorisent l’esclavage. Leurs actions étaient favorisées par les moeurs et encouragées par des traditions religieuses qui, à leurs yeux, étaient plus fortes que toutes les lois de la terre. Ils n’avaient donc à cacher leurs crimes qu’aux croiseurs européens, puisque leurs gouvernements les approuvaient entièrement.

Et on ne peut pas manquer d’être troublé, même si l’ouvrage ne le signale pas, par le parallélisme entre le phénomène religieux islamique et ce que l’auteur nomme l’«extinction ethnique programmée» menée par des Musulmans en Afrique.

À lire absolument. Je recommande d’en acheter plusieurs exemplaires pour les bibliothèques de vos écoles.

Update: Une autre citation sur les relations du phénomène avec l’histoire européenne: 

L’Afrique du Nord que les Occidentaux ont longtemps qualifiée de Barbarie, du grec barabaros qui désigne tout étranger à la civilisation gréco-romaine, est une vaste étendue de terres en grande partie désertiques. Ses habitants, appelés Barbaresques, étaient des brigands qui, jusqu’au XIXe siècle, pillaient les navires européens en Méditerranée. Ils menaient également de nombreux raids sur la terre ferme en Corse, en Sardaigne, sur les côtes d’Espagne, de France, d’Italie et de Grèce.

Ils capturaient des Européens et ne les rendaient à leurs familles que contre rançon ou les réduisaient en servitude. Ces Barbaresques asservirent ainsi pendant des siècles de nombreux captifs chrétiens. On disait d’eux: «Plus que des marchandises pillées, les Barbaresques tiraient profit des captifs. Le chrétien cessait d’être un infidèle qu’on arrachait à son pays pour devenir un objet de négoce, dont on essayait de se débarrasser le plus vite et le plus cher possible.» Pendant des siècles, l’Église catholique n’eut de cesse de les racheter. C’est cette piraterie qui sera l’un des motifs essentiels de la colonisation de l’Algérie par la France.

Le rachat des esclaves de Musulmans par des organisations chrétiennes se poursuit. Voir par exemple:

Enfants esclaves: A nouveau, 200 d’entre eux ont été libérés. La plupart font état de mauvais traitements et d’islamisation forcée.

ou

2006 was a year of great achievement, especially in Sudan. (…) CSI also contributed to the liberation of 2,942 slaves.

Update: voir aussi cette interview de l’auteur:

.
Et, à propos de l’ouvrage:
http://wodka.over-blog.com/article-18205403-6.html
http://blog.france3.fr/BABABE-Loti/index.php/2008/05/06/71941-doro-biloh-boly-dem
http://www.lire.fr/critique.asp/idC=52137/idR=213/idG=8
http://www.volcreole.com/forum/sujet-35378.html
http://www.lecture-ecriture.com/critique_livre.php?livre=2418
http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_livre&no=7645

Voir aussi: Traite orientale, les esclaves de l’Islam

La foi musulmane compromet la santé mentale

Une psychiatre maîtrisant parfaitement l’arabe classique se penche sur les textes islamiques et sur les convictions qu’ils transportent. À visionner sans modération dans tous les lycées du monde libre.

Version avec sous-titres français signée Bivouac-id.com:

http://video.google.com/videoplay?docid=-6498002065126400290

et version avec sous-titres allemands:
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Perles du Coran: «la liberté religieuse»

Le verset 10:99 est régulièrement avancé par les islamistes légaux pour soutenir que l’Islam du coran, le vrai, le pur, assure la liberté religieuse. Le voici (toujours selon la version français-arabe dans l’ordre chronologique de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh):

Si ton Seigneur l’avait souhaité, ceux qui sont sur la terre auraient tous ensemble cru. Est-ce toi qui contrains les humains pour qu’ils croient?

La réponse à cette question commence de toute évidence par non, de sorte qu’il devient aisé d’affirmer la demi-vérité trompeuse selon laquelle qu’il ne saurait être question de forcer une conversion (à l’Islam). Et cela paraît suffisamment solide à un esprit de bonne volonté pour au moins douter du despotisme de la religion d’Allah. À moins de prendre la peine de lire la réponse du coran, tout simplement au verset suivant:

Il n’appartient à une âme de croire qu’avec l’autorisation [d'Allah]. Il met l’opprobre sur ceux qui ne discernent pas.

Pour le coran, la foi est une décision divine. Ceux qui ne l’ont pas sont donc désignés, par Dieu et non par leur volonté, comme des infidèles, car (2:6-7)

Cela est égal, pour ceux qui ont mécru, que tu les avertisses ou pas, ils ne croient pas. [Allah] a fermé leur coeur et leur ouïe et a mis une couverture sur leur vue; et ils auront un très grand châtiment.

Pour le coran, il n’existe pas de libre arbitre en matière de foi. La création, par la volonté divine, comporte des gens qui croient et des gens qui mécroient, et ces derniers, pour le coran, sont les pires de la création. Celui qui veut exercer tout de même son libre arbitre à cet égard, se range donc, selon la définition du coran, parmi les pires êtres qui soient. Aux yeux de ceux qui croient en le coran.

Perles du Coran. «La preuve»

Oui, je sais, l’exercice est si mal vu. Mais il faudra bien tout de même, pour nous débarrasser de ce fléau, que le Coran soit connu et reconnu, surtout par les Musulmans, pour ce qu’il est: une supercherie haineuse. Alors, quand j’aurai dix minutes, je présenterai rapidement un élément du Coran, en passant. Je me base essentiellement, ici, sur la toute récente version français-arabe dans l’ordre chronologique de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un compatriote d’origine palestinienne (mais on peut très bien aussi se référer à la version hautement officielle de l’UOIF).

Je complète simplement par quelques précisions qui me paraissent utiles. Ici, par exemple, je remplace «gens du livre» par «Juifs et Chrétiens» et «associateurs» par «croyants non monothéistes» et je restitue les termes arabes originaux là où le fait de les traduire me semble appauvrir le sens de l’ouvrage tel qu’il est perçu par un Musulman croyant (Dieu – Allah; prière – salat; aumône – zakat). Les modifications sont signalées par des crochets. Ah, et je supprime les «Au nom [d'Allah], le Clément, le Miséricordieux» qui chapeautent systématiquement toutes les sourates (sauf une).

Voici, donc, l’intégralité de la sourate 98 (sur un total de 114), intitulée «La preuve»:

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], ne seront affranchis de leur culte que lorsque la preuve leur viendra:

Un envoyé de la part [d'Allah] qui récite des versets purifiés, dans lesquels il y a des écrit élevés.

Ceux auxquels le livre fut donné ne se sont séparés qu’après que la preuve leur fut venue. Il ne leur a été ordonné, cependant, que d’adorer Dieu, en lui vouant la religion, d’accomplir la [salat] et de donner la [zakat]. Voilà la religion élevée.

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], iront au feu de la géhenne. Ils y resteront éternellement. Ceux-là sont les pires de la création.

Ceux qui ont cru et ont fait les oeuvres vertueuses, ceux-là sont les meilleurs de la création.

Leur rétribution auprès [d'Allah] sera les jardins d’Éden, sous lesquels courent les rivières. Ils y seront éternellement, à jamais. [Allah] les agrée, et ils l’agréent. Voilà pour celui qui redoute son Seigneur.

Voir aussi, notamment:
«Dialogue» avec Hani Ramadan
Petit défi aux islamologues amateurs
La paix des fourbes

Obama et McCain sur le Moyen-Orient


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 5 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5567

Maintenant que les primaires démocrates sont achevées, les électeurs américains peuvent se concentrer sur des questions politiques substantielles. Par exemple: Quelles sont les approches respectives des deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en ce qui concerne Israël et les thèmes apparentés? On trouve des éléments de réponse importants dans deux interviews parallèles du journaliste Jeffrey Goldberg, de The Atlantic, qui a rencontré le démocrate Barack Obama au début mai et le républicain John McCain à la fin mai.

John McCain et Barack Obama, en tête-à-tête

Confrontés à deux séries de questions à peu près identiques, ils ont choisi des directions opposées. Obama s’est servi de l’interview pour convaincre les lecteurs du sérieux de son engagement pro-Israël et pro-juif. Ainsi, il a affirmé à trois reprises son soutien pour Israël: «La conception d’un État juif en sécurité est une idée fondamentalement juste et nécessaire»; «le besoin de préserver un État juif sûr est (…) une idée juste et qui doit être soutenue ici, aux États-Unis, et dans le monde entier»; et «pendant ma présidence, vous n’assisterez à aucun relâchement de l’engagement pour la sécurité d’Israël».

Ensuite, Obama a détaillé son soutien dans quatre contextes spécifiquement juifs.

  • Développement personnel. «Quand je réfléchis à la notion de sionisme, je repense à la manière avec laquelle mes sentiments envers Israël se sont forgés dans ma jeunesse — dans mon enfance, en fait. En sixième année, j’avais eu un animateur de camps de vacances juif américain, mais qui avait passé du temps en Israël.»
  • Carrière politique. «Quand j’ai commencé mon travail d’organisateur, mes deux collègues de Chicago était juifs et j’ai été attaqué par association avec eux. De sorte que je me suis retrouvé dans la tranchée avec mes amis juifs.»
  • Idées. «Je dis toujours par plaisanterie que ma formation intellectuelle est fondée sur des érudits et des auteurs juifs, bien que je ne le savais pas à l’époque. Qu’il s’agisse de théologiens ou de Philip Roth, qui m’ont aidé à façonner ma sensibilité, ou d’écrivains parmi les plus populaires, comme Leon Uris.»
  • Philosophie. «Mon équipe critique parfois ma tendance à me préoccuper trop profondément de questions morales. Je pense tenir cela en partie de la pensée juive, qui rappelle que nos actes ont des conséquences, que cela est important et que nous avons certaines obligations morales.»

En revanche, McCain n’a pas ressenti la nécessité d’afficher son sionisme ou ses références pro-juives. Il a les a considérés comme des faits acquis et a utilisé l’interview pour soulever des questions politiques concrètes, notamment la menace iranienne. Par exemple, interrogé sur la légitimité du sionisme, il a répondu: «Il est remarquable de voir comment le sionisme a pu traverser tant de guerres et d’épreuves et rester tout de même attaché aux idéaux de démocratie, de justice sociale et de droits humains.» Et de poursuivre: «Je pense que l’État d’Israël reste soumis à une grave menace, de la part d’organisations terroristes et en raison des incitations constantes des Iraniens à supprimer Israël de la carte.» Toujours en parlant de l’Iran, McCain s’est engagé à «ne jamais permettre une autre Shoah». Il a déclaré discerner dans la menace de destruction d’Israël «de profondes conséquences pour la sécurité nationale» des États-Unis et a insisté sur le fait que Téhéran parraine des organisations terroristes visant «la destruction des États-Unis d’Amérique».

L’importance du conflit israélo-arabe constitue une deuxième divergence. Obama en parle comme d’une «blessure béante» et d’une «plaie ouverte» qui infecte «toute notre politique étrangère». Il précise notamment que l’absence de solution «fournit un prétexte aux djihadistes militants anti-américains pour commettre des actes impardonnables». Interrogé sur la déclaration d’Obama, McCain rejette l’idée selon laquelle l’Islam radical résulterait de la confrontation israélo-arabe: «Je ne pense pas que le conflit soit une plaie. Je pense que c’est un défi à relever pour la sécurité nationale.» Il continue en indiquant que si le conflit israélo-palestinien était résolu demain, «nous resterions confrontés à l’énorme menace de l’extrémisme islamique».

Enfin, les deux hommes sont en désaccord sur l’importance du fait que des Israéliens vivent toujours en Cisjordanie. Obama insiste beaucoup sur ce point et affirme que si leur présence continue de s’accroître, «nous allons nous retrouver coincés dans le même statu quo où nous restons bloqués depuis des décennies». McCain a reconnu qu’il s’agissait d’une question majeure, mais a rapidement changé de sujet pour évoquer la campagne de bombardement de Sdérot, la ville israélienne assiégée qu’il a personnellement visitée en mars et dont il compare expressément la situation difficile au territoire continental des États-Unis qui serait attaqué depuis l’une de ses frontières.

Les interviews jumelles de Goldberg mettent deux faits en lumière. Premièrement, les candidats des grands partis à la présidence américaine doivent toujours rendre hommage aux bonnes relations américaines avec Israël, même si, comme dans le cas d’Obama, cela contredit radicalement des opinions précédentes. Et deuxièmement, alors que McCain est à l’aise sur ce thème, Obama se soucie d’attirer les votes pro-Israël.

Tous ces esprits creux qui pontifient sur l’Islam en se fondant sur n’importe quoi d’autre

Le dernier exemple est Leïla Babès, professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille, qui a rédigé une «réponse à Robert Redeker» que Libération a cru bon de publier. Extrait:

Vous écrivez: «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.

Redeker affirme, avec raison, que le Coran est habité essentiellement de haine de violence, et Babès le contredit en se fondant non pas sur le contenu du Coran, mais sur son expérience familiale, personnelle. Alors que les jihadistes font généreusement référence au Coran et aux traditions les mieux ancrées dans la conscience musulmane, eux. Comme le constatent ceux qui se sont penché sur le sujet, au lieu d’en juger du haut de connaissances seulement apparentées:

Les écrits de Zawahiri puisent aux racines de la jurisprudence islamique; en fait, sur les plusieurs milliers de mots traduits ici et tirés de ses trois traités, largement plus de la moitié est constituée de citations directes du Coran, des hadiths et des consensus et conclusions des oulémas. (…) Les arguments d’Al-Qaïda sont extrêmement traditionnels et c’est pourquoi ils sont acceptés par des millions de Musulmans.

(En parlant du dialogue, de la compréhension partagée, Ben Laden) demande, sarcastique: «Quelles preuves avons-nous de la valeur de tout cela? Qu’a fait le prophète? Qu’ont fait ses compagnons après lui et nos ancêtres vertueux? Ont-ils lancé le djihad contre les infidèles, les attaquant sur toute la Terre, afin de les placer sous le règne de l’Islam, dans l’humilité et la soumission? Ou ont-ils envoyé des messages tendant à découvrir des approches partagées entre eux et les infidèles (…)?» (…)

L’histoire montre que Ben Laden maîtrise mieux la nature de l’Islam que les apologistes occidentaux; comme le résume Ibrahim «l’Islam radical est l’Islam — sans exception.» (…)

Zawahiri tire des traditions islamiques une argumentation parfaitement rationnelle et cohérente en faveur du terrorisme et des attentats-suicide à la bombe. (…)

Quant à tuer des femmes et des enfants, Mahomet lui-même fournit un précédent pendant le siège de Taif, où il utilisa des catapultes. La réponse du prophète à la question du meurtre de femmes et d’enfants, que les tirs de catapulte allaient forcément toucher, a été la suivante: «Ils sont des leurs.» (…)

(Le) simple fait qu’une telle démonstration soit réalisable — une chose impossible avec les traditions chrétiennes, hébraïques, hindoues ou bouddhistes — et que des millions de Musulmans croyants l’acceptent indique bien ce qu’il en est de la «religion de paix».

Mais Babès veut prouver que les extrémistes musulmans sont motivés uniquement par des prédicateurs marginaux en faisant valoir que ce fut le cas dans sa propre famille. Tant de nombrilisme et d’incompétence, dans un texte qu’elle a pourtant pris le temps de rédiger et sans doute de donner à relire, laisse sans voix. Et cela ne fait qu’empirer:

Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent.

Personne ne saura sans doute jamais ce qui s’est réellement passé, mais nous savons parfaitement, à la virgule près, ce que les Musulmans sont censés en penser et c’est cela qui compte. Nous savons qu’être musulman, c’est, entre autres, trouver légitime de massacrer une tribu entière. Cela n’a rien de troublant: c’est un encouragement à exterminer ses ennemis, comme l’histoire en contient de nombreux. Mais celui-ci a la bénédiction directe du dieu des Musulmans et s’appuie sur l’exemple du personnage religieux central de l’Islam.

Et il est dès lors pour le moins légitime, sinon tout à fait indispensable, à une époque, la nôtre, où l’Islam déborde de violence et de suprématisme tout en se vantant de son pacifisme à gorge déployée, de signaler que la religion islamique puise sa réussite en grande partie dans de tels enseignements génocidaires. Et que ce n’est pas le cas des écritures chrétiennes et de l’exemple de son personnage central, même si la lignée de Mme Babès regorge à tel point de prédicateurs sauvages.

Autre ineptie indigne d’une universitaire:

D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible.

Des tas d’apologistes disent ce genre de choses, c’est certain. Mais si c’était vrai, on trouverait sans doute des références plus sérieuses que de simples «d’autres l’ont dit». Si c’était vrai, on trouverait certainement des courants juridiques islamiques classiques (oublions les soufis) établissant des relations pacifiques, d’égal à égal, avec les non-Musulmans. Si c’était vrai, on pourrait citer au moins une dizaine d’ouvrages académiques (et non apologiques) de recherche et d’analyse de ces fameux éléments textuels coraniques prônant la réconciliation, la compassion, l’indulgence et la bienveillance envers les non-Musulmans. Si c’était vrai, Mme Babès, Redeker le saurait. Car il a lu le Coran, lui, semble-t-il, contrairement à vous, sans doute.

Il est d’usage, pour les apologistes, à ce point de la réflexion, de prétendre que le début de la révélation coranique fourmille de versets sympathiques et que le prophète n’est devenu haineux qu’après avoir subi des injustices. Mais la vérité est que les toutes premières sourates révélées (96, 68, 73, 74…) contiennent déjà, régulièrement et essentiellement, des malédictions, des menaces, des promesses de châtiments horribles contre «ceux qui mécroient» et que la seule issue proposée, de manière tout à fait univoque d’un bout à l’autre de l’ouvrage, est la soumission à l’Islam.

Simplement, après un temps, le prophète a commencé à faire usage de violence — pillage, mort d’homme (y compris pendant la trêve sacrée), assassinats politiques (avec mensonges délibérés), humilité feinte, massacres, commerce humain de masse (notamment pour acheter des armes), attaques systématiques, prise de pouvoir appuyée par la force militaire, avec assassinats des anciens adversaires politiques et exclusion (jusqu’à nos jours) de tous les cultes de la Mecque (anciennement multireligieuse). Voici son exemple, qui ne se dément jamais, envers les non-Musulmans, parce qu’ils ne croient pas.

Ainsi, au-delà de toutes les polémiques, au regard des simples faits vérifiables, Redeker voit parfaitement juste:

Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

Et que penser de ces gens qui, par le soutien aveugle et infondé qu’ils apportent à de pures illusions, encouragent les esprits crédules de notre temps à retourner ainsi à Mahomet et son exemple?

La montée du règne islamique en Turquie

Après celle de Daniel Pipes, la semaine passée, voici la prise de position de John Lewis (et non de Bernard Lewis, comme je l’ai d’abord écrit, tôt ce matin, en prenant mes rêves pour des réalités) sur la réforme ostensiblement entamée par le gouvernement turc (traduction intégrale, je met en gras):

Selon un récent article du Jerusalem Post («Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?» Daniel Pipes, 22 mai 2008), un ministère turc, la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un projet de trois ans visant à étudier et condenser des milliers de pages de textes liés à l’Islam. Le problème, selon les responsables du projet, réside dans le fait que 14 siècles de hadiths, des récits sur les paroles et les actes de Mahomet, ont faussé la signification de l’Islam tel qu’il est révélé dans son texte central, le Coran. Le projet se donne donc pour objectif d’éliminer tous les éléments qui ne s’accordent pas au Coran.

L’un des 80 théologiens islamiques travaillant sur le projet précise que «le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Mehmet Görmez, un maître de conférences de l’université d’Ankara, ajoute: «Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.» Les théologiens turcs se proposent de redéfinir la pratique de l’Islam par les Musulmans pour en promouvoir la diffusion dans le monde du XXIe siècle.

Le simple fait que ce projet soit mis en chantier par le gouvernement turc révèle la montée du règne islamique en Turquie. Tout gouvernement qui entreprend de décider de l’interprétation religieuse «correcte» établit ainsi une théocratie. Le premier pas d’une réforme authentique doit consister à couper tous liens entre le pouvoir politique et la religion, puis à affirmer le droit de chacune et chacun à penser et s’exprimer en toute liberté.

Les promoteurs du projet le présentent comme une tentative de pratiquer un Islam qui soit adapté au monde moderne. Comme le Coran est leur autorité centrale, la première question est de savoir ce que le Coran en dit?

En ce qui concerne les femmes, le Coran est clair sur leur statut subalterne, la supériorité mâle par la force physique et la nécessité pour les femmes de rester chez elles, d’être prises en charge par leur mari et d’obéir, sous peine d’être battues:

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les (légèrement). Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand! (Coran, 4.34)

Le passage est tout à fait univoque. Pour en adoucir le sens, le traducteur a ajouté «légèrement» après «frappez-les», comme s’il était légitime de battre une femme dès lors qu’on y met de la modération. Qui va décider de la force appropriée des coups? Des ecclésiastiques mâles, évidemment. Aucun effort de sophistique ne doit cacher le fait qu’il s’agit là d’un plaidoyer non négociable en faveur de la maltraitance des femmes.

Et qu’en est-il des gens qui ne sont pas musulmans, des «autres»? Le Coran indique clairement qu’ils doivent être soumis à l’ordre islamique, accepter une position sociale inférieure et payer un tribut pour éviter la mort:

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. (Coran 9.29)

La signification de cette exigence de soumission a été définie comme suit par l’un des philosophes islamiques les plus respectés, Al-Ghazali, un personnage central du courant soufi, soi-disant non violent, de l’Islam:

Il faut lancer le jihad au moins une fois par an [...] on peut faire usage d’une catapulte contre eux [non-Musulmans] lorsqu’ils se trouvent dans une forteresse, même si des femmes et des enfants se trouvent au milieu d’eux. On peut les faire périr dans un incendie et/ou les noyer [...]

Il est interdit au dhimmi de mentionner Allah ou son messager [...] Les Juifs, les Chrétiens et les Majians doivent payer la jizya [...] Le dhimmi doit baisser la tête pendant que le fonctionnaire s’empare de sa barbe et le frappe [le dhimmi] sur l’os situé près de son oreille [...] Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des Musulmans, même si ces dernières sont très basses [...] Les dhimmis doivent porter un signe [permettant de les identifier] [...] Ils doivent tenir leur langue. (Source: «Sufi Jihad?» par Andrew Bostom, 15 mai 2005)

Ce passage reste pertinent de nos jours. La hauteur des maisons (par ex. la hauteur insolente du World Trade Center), les injonctions à ne jamais critiquer l’Islam, l’exigence d’une attitude conciliante, effacée, des non-Musulmans, le paiement d’un tribut («aide étrangère») et jusqu’au signe distinctif des Juifs chez les nazis — toutes ces questions sont abordées dans les écrits d’Al-Ghazali, le plus mystique  des «modérés» de l’«âge d’or» de l’Islam et grand avocat du jihad.

Les responsables du projet turc revendiquent la prérogative de juger quels textes sont cohérents ou pas avec le message du Coran. Mais que dit le Coran sur notre aptitude à porter de tels jugements? Il la nie catégoriquement et à maintes reprises — c’est pourquoi de nombreux Musulmans fondamentalistes musulmans affirment que le Coran leur suffit. En ce qui concerne les combats, le Coran dit, par exemple:

Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. Allah sait, et vous ne savez pas. (Coran 2.216)

Ailleurs, le Coran affirme que le jihad doit continuer «jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah» (8.39).

L’objectif de tout ceci est un accord universel abject avec les élites ecclésiastiques: vous n’êtes pas capable de décider qui vous devez combattre et quand — et vous n’êtes pas non plus en mesure de déterminer quels aspects du Coran vous avez à respecter; votre esprit est incapable de porter un jugement indépendant; votre rôle dans l’existence est d’obéir aux Turcs.

Les passages mentionnés ici ne sont que quelques exemples de ce que l’agence du gouvernement turc va prendre pour guide en abordant ce siècle. Ainsi, on ne s’étonnera pas que les positions adoptées par ce même ministère soient ouvertement opposées à toute pensée, tout discours ou tout écrit faisant la critique de l’Islam. Voici par exemple sa position sur le film «FITNA», critique envers l’Islam, relatée dans un communiqué de presse du 4 février 2008 et figurant sur son site Web:

Ce film comporte des insultes directes envers le livre saint de l’Islam et la religion islamique, ce qui constitue une nouvelle manifestation d’hostilité, appelant à la violence et à la haine contre eux, alors que l’Islam est venu compléter les autres religions par son message axé sur l’égalité, la liberté de conscience et le respect mutuel entre les peuples [...]

Les Musulmans condamnent fermement toutes les formes de messages de haine et les idées fausses fabriquées de toutes pièces contre l’Islam. Le monde musulman est conscient des provocations qui tendent à présenter les Musulmans comme des terroristes potentiels et à les exclure graduellement, à les blesser dans leurs sentiments.

Relevons que l’évocation des «sentiments» et l’affirmation que ceux-ci sont «blessés» sont des motifs de censure, d’interdiction d’expression orale et écrite par les pouvoirs publics. Relevons aussi que ceux qui incendient, posent des bombes et décapitent des gens en scandant «Allahu Akhbar» ne sont pas censés insulter l’Islam ou blesser les sentiments de quiconque. Le reproche s’adresse à ceux qui observent le fait que ces incendiaires, ces poseurs de bombe et ces coupeurs de tête invoquent l’Islam en agissant.

Ceci n’est pas une réforme. C’est un élan vers un nouveau fondamentalisme basé sur l’autorité d’une fable malveillante, vieille de 13 siècles, et vers une lutte incessante contre ceux qui la critiquerait. En fait, l’utilisation de la terreur dans la lutte contre les ennemis de l’Islam est expressément approuvée par le Coran:

Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin de jeter l’effroi [dans le coeur de] l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. [...] (8.60)

Aucune réforme authentique de l’Islam ne peut être entreprise sans remise en question du Coran lui-même. Mais c’est là une chose que les théologiens turcs ne feront pas. Ils ont même nié énergiquement les suggestions dans ce sens parues dans la presse. Le chef du ministère, Ali Bardakoðlu, souligne ainsi que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes, nous réformons notre propre religiosité». Et Mehmet Görmez, son adjoint, va dans le même sens: «Notre projet ne vise pas à engendrer un renouveau radical de la religion, comme le prétend la BBC.» La presse «dénature les faits» en affirmant cela, poursuit Görmez. Nous ferions bien de le croire.

Toute «interprétation» de l’Islam qui s’aligne sur le Coran, considéré comme une autorité révélée indiscutable, débouchera sur une régression vers sa signification fondamentale brutale: la subordination des femmes et la soumission des non-Musulmans à un ordre dictatorial défini par une élite ecclésiastique.

«Dialogue» avec Hani Ramadan

Je réponds ici à un billet intitulé «Islam:Pour un dialogue interreligieux ouvert» publié sur le blog de Hani Ramadan. La présente a également été postée sous forme de commentaire de son billet.

Je me propose de démontrer ci-après, en contextualisant ses références coraniques, que HR induit ses lecteurs non musulmans en erreur et, d’une manière générale, travaille à la perte de la société dans laquelle il vit. J’encourage vivement les lecteurs à consulter systématiquement les liens, notamment vers les versets concernés du Coran, pour se faire une idée du contexte textuel de ces versets ainsi que du ton et de l’esprit général de l’ouvrage.

Voici le premier des versets du Coran cités par HR:

16:125
Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les hommes) à (suivre) la voie de ton Seigneur, et discute avec eux de la meilleure façon.

Au vu du contenu global de cette sourate, le choix peut paraître audacieux. La sourate 16 (les abeilles) date de la Mecque, soit d’une période à laquelle le prophète était encore très seul – les Mecquois sont alors multiculturels, acceptent de nombreux dieux, et Mahomet tente, en vain (il sera finalement chassé), de les inciter à les remplacer tous par celui qu’il présente comme le seul vrai dieu.

Cette sourate commence par glorifier dieu de diverses manières puis, dès le 20e verset, se consacre essentiellement à la condamnation et à la promesse de châtiments des infidèles, de (22) «Ceux qui ne croient pas en l’au-delà». Et il n’y a en fait pas grand-chose à faire contre cela, car (93): «Si Allah avait voulu, Il aurait certes fait de vous une seule communauté. Mais Il laisse s’égarer qui Il veut et guide qui Il veut.»

Il y a bien encore quelques versets qui vantent les qualités de Dieu, notamment les ordres qu’il donna aux abeilles (68), ou qui parlent de la chance de certains de ne pas être esclave (71), mais le texte revient sans cesse à son leitmotiv (85): «Et quand les injustes verront le châtiment, on ne leur accordera ni allégement ni répit.»

C’est aussi dans la sourate 16 qu’on trouve l’un des passages fondant la fameuse théorie dite de l’abrogation (101-102) (l’autre passage étant le verset 2:106):

Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait mieux ce qu’Il fait descendre – ils disent: ‹Tu n’es qu’un menteur›. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Dis: ‹C’est le Saint Esprit [Gabriel] qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur en toute vérité, afin de raffermir [la foi] de ceux qui croient, ainsi qu’un guide et une bonne annonce pour les Musulmans.

Des réformateurs affichés (le gouvernement turc actuel, par exemple) voudraient supprimer cette pratique, car elle a pour effet de prioriser les versets tardifs et guerriers de Médine par rapport aux versets seulement menaçants et parfois, quand on les sort de leur contexte, comme ici, apparemment raisonnablement pacifiques de la Mecque, mais, théorie de l’abrogation ou pas, n’est-il pas évident que les décisions récentes d’une autorité priment sur ses décisions plus anciennes?

Certes, on peut considérer que chaque cas doive être observé et jugé en fonction du contexte le plus similaire, mais on ne saurait pour autant nier l’enseignement de l’évolution d’une législation en fonction de celles des circonstances, comme on le verra plus bas.

Cette sourate se termine sur des incitations à répandre la «bonne parole», car (128e et dernier verset):

Certes, Allah est avec ceux qui [L'] ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants.

 Ce verset est très important pour le discours apologique envers l’Occident et les Chrétiens, car sa syntaxe permet de penser qu’Allah est (aussi) «avec» les bienfaisants qui ne l’ont pas «craint avec piété», c’est-à-dire avec les bienfaisants tout court, qu’ils soient musulmans ou pas. Hélas, si l’on observe l’ensemble des occurrences de cette expression dans le Coran, on s’aperçoit qu’elle ne saurait désigner, globalement, des gens qui se refusent à adopter l’Islam ou qui l’ont quitté.

En effet, dans le Coran, soit cette expression qualifie nommément des «croyants» ou des Musulmans, soit elle récompense, comme ici, des gens qui ont fait acte de bien sans préciser leur croyance. Mais jamais elle ne désigne un incroyant (qui aurait fait une bonne action). Ainsi, si une lecture rapide peut donner une impression d’universalité, la lecture assidue et complète de l’ouvrage incitera le croyant à éviter de considérer qu’un être incroyant en connaissance de cause puisse être bienfaisant. De sorte que plus les gens lisent le Coran et y prêtent foi, moins ils ont de considération pour les incroyants. Ceci à d’autant plus forte raison que le Coran, par ailleurs, condamne ces derniers avec une régularité et une violence stupéfiantes.

Mais si le verset proposé par HR, le 125, procède d’un artifice, c’est pour une autre raison. En effet, HR omet de nous dire que ce verset se rapporte à une situation dans laquelle le Musulman, pour qui Mahomet est un modèle à suivre, n’a aucune autorité et ne peut guère qu’argumenter. Il omet de nous dire que le prophète, dès qu’il a eu de l’autorité, a prôné l’attentat, le pillage, l’assassinat politique, la tromperie, la tuerie de masse (accompagnée de la mise en esclavage de masse), la torture et autres joyeusetés dont la suppression de tous les cultes de la Mecque, censée en accueillir de très nombreux à l’époque.

Il omet de nous dire que ceux qui connaissent et respectent sa religion, notamment qui connaissent l’entier du Coran et de la vie du prophète et tiennent à en faire leurs guides dans l’existence, en sont puissamment incités à nous assassiner et à supplanter nos lois et nos autorités, une fois en position de force, si nous continuons de réfuter leurs arguments.

Si HR voulait vraiment tenir un dialogue religieux, il commencerait par admettre ceci et par le condamner. Ensuite, il serait possible de dialoguer avec lui au sens usuel du terme. Mais en l’espèce, avec lesdites omissions, HR fait simplement du prosélytisme. Du prosélytisme pour une idéologie qui encourage ses adeptes à la subversion, la sédition, l’assassinat, le pillage, la suprématie théocratique. Et, en tant qu’expert et prédicateur, nous devons admettre qu’il le sait ou que son ignorance à cet égard relèverait de la négligence grave.

29:46
«Et ne discutez avec les gens du Livre[1] que de la meilleure façon.»

Ce verset est amputé. En voici la version intégrale:

Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites: ‹Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons›.

Il ne faut donc discuter «de la meilleure façon» qu’avec les «gens du livre» (désignation musulmane des Juifs et des Chrétiens) qui ne sont pas «injustes». Et, hélas, les termes «injuste» et «injustes» sont très souvent utilisés dans le Coran comme synonymes d’infidèle, de mécréant. Quelques exemples: la consommation du fruit défendu par Adam et Eve fait d’eux des «injustes», verset 2:35; tous les contemporains de Noé étaient des «injustes» destinés à être noyés, verset 11:37; tous ceux qui n’ont pas cru le message de Mahomet sont des «injustes» destinés à l’enfer éternel, sourate 52; seuls des «injustes» renient les versets du Coran, verset 29:49, trois lignes après la citation de HR…).

De sorte qu’un non-Musulman convaincu ne saurait être un juste aux yeux d’un esprit pénétré de ce livre. De sorte que plus un esprit est familier avec le Coran, moins il pourra considérer qu’un non-croyant informé de l’existence de l’Islam puisse ne pas être aussi, par là-même, un injuste. Et de sorte que HR, qui connaît sans doute le Coran sur le bout du doigt, induit ses lecteurs en erreur en prêtant à croire que son livre sacré l’invite à se montrer agréable envers les non-Musulmans, sauf bien sûr à s’efforcer ainsi de les convertir.

2:111
Dis: «Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques!»

Le verset complet a la teneur suivante: 

Et ils ont dit: ‹Nul n’entrera au Paradis que Juifs ou Chrétiens›. Voilà leurs chimères. – Dis: ‹Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques›.

Le prophète exigeait donc des Juifs et des Chrétiens une preuve que lui-même, qui répétera cette même promesse de paradis (et autres jardins) pour ses croyants à de nombreuses reprises, n’apportera jamais. Personne, sans doute, n’apportera une telle preuve et l’exiger est une gageure, la promesse de discussions sans fin ni débouchés.

La sourate 2 est la plus longue du Coran. C’est une sourate du début de la période dite médinoise du prophète, donc de son règne et de son autorité en tant que tel. Elle s’appelle La vache par référence à l’anecdote de la vache que Dieu (Bible : Nombres : 19) aurait ordonné aux Juifs (Moïse, Aaron) de sacrifier et dont Mahomet semble s’être inspiré pour réintroduire le rite du sacrifice d’animaux, mais cette fois de manière régulière et massive. La sourate 2 est trop longue pour en faire une description complète (résumé ici). J’en commenterai juste les passages les plus importants pour les non-Musulmans décidés à le rester.

2:217
Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. – Dis: ‹Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants. L’association est plus grave que le meurtre.›

Ce verset se rapporte à l’épisode de Nakhla, une petite oasis que les Musulmans avaient attaquée et pillée, tuant des gens au passage, pendant la trêve sacrée. Probablement le pire crime que l’on pouvait commettre à l’époque et en cette région. Mahomet aurait alors prononcé le verset ci-dessus, qui absout et justifie le crime de sang commis par traîtrise (pendant une trêve sacrée) en réponse, par exemple, à l’impiété et à «l’association», l’acte de prêter des associés à Dieu.

Depuis lors, le Musulman croyant peut invoquer le sens direct de la parole de Dieu, dans son contexte textuel et historique, ainsi que l’exemple du prophète pour tuer des gens simplement parce qu’ils appartiennent à une communauté de mécréants ou d’«associateurs» (polythéistes) ou de gens qui s’opposent à l’Islam d’une manière ou d’une autre. Et comme il s’agit, soi-disant, de la parole de dieu et des actes du dernier des prophètes, personne ne peut plus guère trancher cette interprétation avec autorité.

Autre verset important, le 2:193, que je vais citer depuis le 190 pour une meilleure compréhension (noter la répétition, au verset 191, de la phrase vue ci-dessus au verset 217 – «l’association est plus grave que le meurtre» – dont la lecture au premier degré autorise le meurtre pour incroyance en un dieu unique):

Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n’aime pas les transgresseurs!

Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés: l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants.

S’ils cessent, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes.

Le verset 2:193 (dont il est important de savoir que le contenu est répété au verset 8:39) est crucial car il définira l’objectif du djihad offensif pour toutes les écoles juridiques de l’Islam sunnite, à savoir «jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul». Le consensus de ces écoles sur ce point indique bien l’aisance avec laquelle un esprit familier du Coran peut arriver à la conclusion que l’Islam est suprémaciste par essence.

6:148
Dis: «Avez-vous quelque science à nous produire?»

Ici encore, HR ne propose qu’un fragment. Voici le verset entier:  

Ceux qui ont associé diront: ‹Si Allah avait voulu, nous ne lui aurions pas donné des associés, nos ancêtres non plus et nous n’aurions rien déclaré interdit.› Ainsi leurs prédécesseurs traitaient de menteurs (les messagers) jusqu’à ce qu’ils eurent goûté Notre rigueur. Dis: ‹Avez-vous quelque science à nous produire? Vous ne suivez que la conjecture et ne faites que mentir›.

L’utilisation de ce verset par HR suscite un certain malaise. On peut en effet penser, si l’on en connaît le libellé complet, que HR traite ici, a priori, ses interlocuteurs (qu’il suppose chrétiens) de menteurs. Et le malaise a tendance à se confirmer lorsqu’on connaît également le contenu du verset suivant (149), lequel explicite ce que «quelque science» peut dire dans ce contexte:

Dis: ‹L’argument décisif appartient à Allah. S’Il avait voulu certainement Il vous aurait tous guidés (sur le droit chemin).

Dans le monde spirituel de HR, et du Coran, c’est semble-t-il la ruse de la présentation suivie de la force de l’affirmation qui décident de l’issue d’un «dialogue».

Face à des Chrétiens qui tiennent à leur bonne conscience il a d’excellentes cartes. Surtout si ces Chrétiens refusent de le prendre au mot et de chercher à comprendre son univers, son Coran.

La religion d’Oussama

Reprise et traduction d’un commentaire posté cette nuit sur ce billet (un débat sur le caractère intrinsèquement terroriste de la religion musulmane mis sur pied par des Arabes chrétiens):

L’Islam est plus grand que ce que vous dites…

Cela n’en fait pas vraiment une grande chose…

Quoi que vous disiez, l’Islam est la religion éternelle et si vous voulez vraiment savoir qui gagne ce débat, je vous conseille de regarder vos églises vides pathétiques et de les comparer avec nos mosquées pleines de croyants cinq fois par jour. Alors ne vous réjouissez pas, car vous ne pourrez pas cacher la lumière de dieu par vos paroles. Dieu merci, il y a plus d’un milliard de Musulmans…

Pour être musulman, au sens de ceux qui veulent les compter comme ce distingué croyant, il suffit d’avoir eu un père musulman ou d’avoir prononcé une petite phrase (moins de 5 secondes) devant deux témoins. Quitter cette religion est interdit (par cette religion).

Maintenant, si tous priaient comme cet apologiste (il se nomme Oussama) le décrit, les mosquées seraient de loin les bâtiments les plus fréquents du monde islamisé, et donc, selon les voeux d’Oussama, de notre monde futur. Il en faudrait partout. Dans chaque village, sur tous les lieux de travail, dans les centres commerciaux, les bâtiments administratifs, les parlements, les aéroports, les écoles, les hôpitaux, les aires de repos des autoroutes, partout.

Et, cinq fois par jour, tout le monde s’y frapperait le front par terre en cadence, le regard tourné vers une ville qui, avant l’Islam, était ouverte et tolérante envers les divers cultes et où la religion d’Oussama a chassé toute présence non musulmane depuis lors.

Amen?

L’apocalypse, non. Mais des tentatives, oui…

Le quotidien suisse Le Matin rappelle aujourd’hui que «Pour les islamistes, l’apocalypse a commencé»:

Des dirigeants islamistes, dont le président iranien Ahmadinejad, annoncent la venue sur terre du Mahdi, descendant de Mahomet qui, à la tête des armées de l’islam, exterminera les «mécréants». Une littérature apocalyptique inonde actuellement le monde musulman.

C’était à prévoir. Et c’est bien visible depuis quelque temps déjà (quoique pas pour tout le monde). Mais, au-delà du message de haine anti-juive (une vieille tradition musulmane) et anti-occidentale que cela transporte, c’est surtout grave en relation avec les efforts de l’Iran visant à se doter de l’arme nucléaire tout en cultivant des dizaines de milliers de fanatiques qui rêvent de mourir en martyrs musulmans, c’est-à-dire en tuant des gens.

C’est donc l’occasion ou jamais de revenir sur une réflexion de Bernard Lewis publiée il y a deux ans dans le Wall Street Journal et que j’avais traduite sur precaution.ch. Texte intégral (je mets en gras): 

Pendant la guerre froide, les deux camps possédaient des armes de destruction massive, mais aucun d’entre eux n’y recourut, dissuadé par ce qu’on appelait le MAD, pour mutal assured destruction [NdT: littéralement «destruction mutuelle assurée», usuellement «équilibre de la terreur»; d’autre part le mot anglais mad signifie «fou»]. Des considérations similaires ont sans doute permis de prévenir leur usage dans l’affrontement opposant l’Inde au Pakistan.

À l’heure actuelle, une nouvelle confrontation de ce type semble se concrétiser entre un Iran doté d’armes nucléaires et ses ennemis favoris qualifiés par feu l’ayatollah Khomeiny de Grand Satan et de Petit Satan, à savoir les États-Unis et Israël, respectivement. Les bombes destinées aux États-Unis pourraient être transportées par des terroristes, une méthode qui présente l’avantage de dissimuler l’identité de l’expéditeur. Pour Israël, la cible est si petite qu’on peut fort bien tenter de la détruire par un bombardement direct.

Il est de plus en plus vraisemblable que les Iraniens disposent ou disposeront très bientôt d’armes nucléaires grâce à leurs propres recherches (entamées il y a une quinzaine d’années), à l’obligeance de certains de leurs voisins et aux dirigeants de la Corée du Nord, toujours prêts à rendre un tel service. Le langage du président iranien Ahmadinejad signale bien la réalité si ce n’est l’imminence de cette menace.

Les mêmes contraintes dissuasives, le même équilibre de la terreur empêcheront-ils un Iran nucléarisé d’utiliser de telles armes contre les États-Unis ou contre Israël?

Une différence radicale sépare la République islamique d’Iran des autres gouvernements détenant des armes nucléaires. Cette différence s’exprime dans ce qui ne peut guère être décrit que par la vision du monde apocalyptique des dirigeants iraniens actuels. Cette vision du monde et les perspectives qui en dépendent se révèlent de manière éclatante dans des discours, des articles et même des manuels scolaires – elle forge de toute évidence la perception et ainsi la politique d’Ahmadinejad et de ses disciples.

Même par le passé, il était clair que les terroristes se réclamant de l’Islam n’avaient aucun scrupule à massacrer leurs coreligionnaires en grands nombres. Les attentats à l’explosif perpétrés en 1998 contre les ambassades américaines d’Afrique orientale en sont un bon exemple: ils coûtèrent la vie à quelques diplomates américains et à un nombre beaucoup plus élevé de simples passants, en grande partie musulmans. Et les divers attentats terroristes des 15 dernières années ont fait de nombreuses victimes musulmanes.

La phrase «Dieu reconnaîtra les siens» est souvent mise à contribution pour expliquer ce manque apparent de compassion – cela signifie en clair que les victimes infidèles, c’est-à-dire non musulmanes, iront subir un châtiment bien mérité en enfer, tandis que les Musulmans seront transportés tout droit au paradis. Dans cette optique, les terroristes rendent en fait service à leurs victimes musulmanes en leur procurant un raccourci vers le paradis et ses délices – la récompense du martyr sans les tourments du martyre. Les manuels scolaires disent aux jeunes Iraniens de se tenir prêts à une lutte finale et mondiale contre un ennemi malfaisant – les États-Unis – et de s’apprêter à bénéficier des privilèges du martyre.

Une attaque directe des États-Unis est certes possible, mais peu probable dans le futur immédiat. Israël est une cible plus proche et plus facile; et Ahmadinejad a signalé que sa pensée allait dans ce sens. L’observateur occidental pense ici immédiatement à deux effets dissuasifs possibles. Le premier est le fait qu’une attaque éliminant Israël éliminerait certainement les Palestiniens. Le deuxième est qu’une telle attaque susciterait certainement des représailles dévastatrices d’Israël contre l’Iran, car on peut s’attendre à ce qu’Israël ait pris les mesures nécessaires pour lancer une contre-attaque même après un holocauste nucléaire dans le pays.

Le premier de ces effets dissuasifs a certes de quoi préoccuper les Palestiniens, mais pas, semble-t-il, leurs champions fanatiques du gouvernement iranien. Comme relevé plus haut, le deuxième effet dissuasif – la menace de représailles directes sur l’Iran – est déjà extrêmement affaibli par un complexe suicidaire ou un esprit de martyre qui accable certaines parties du monde islamique actuel avec une vigueur sans égale, ni dans d’autres religions ni même dans le passé de l’Islam. Ce complexe revêt encore plus d’importance actuellement à cause de cette nouvelle vision apocalyptique.

Dans l’Islam, de même que dans le Judaïsme et le Christianisme, certaines croyances portent sur une bataille cosmique marquant la fin des temps – Gog et Magog, l’Antéchrist, Armageddon et, pour les Musulmans chiites, le retour tant attendu de l’Imam caché, qui doit déboucher sur la victoire finale des forces du bien sur celles du mal, quelle qu’en soit la définition. Il est évident qu’Ahmadinejad et ses adeptes croient que ce temps est venu et que la lutte finale est déjà entamée, et même bien avancée. Elle pourrait même avoir une date précise, indiquée par plusieurs mentions du président iranien quant à sa réponse finale aux États-Unis sur la question nucléaire – le 22 août. D’abord, il s’agissait de «la fin août», mais Ahmadinejad a ensuite précisé cette date.

Quelle est la signification du 22 août? Cette année, le 22 août correspond, dans le calendrier islamique, au 27e jour du mois de Rajab de l’année 1427. Or, pour beaucoup de Musulmans, la tradition veut que cette nuit-là, le prophète Mahomet enfourcha le cheval ailé Buraq pour se rendre d’abord à la «mosquée la plus éloignée» [NdT: masjid al-aqsa, voir une explication complète], usuellement considérée comme se situant à Jérusalem, puis au paradis, et retour (Coran 17:1). Cela peut sans doute être considéré comme une date appropriée pour mettre un terme apocalyptique à l’existence d’Israël et, si nécessaire, du reste du monde. Il n’est pas certain du tout qu’Ahmadinejad prépare une telle opération cataclysmique pour le 22 août précisément. Mais il serait sage d’en considérer l’éventualité.

Une citation de l’ayatollah Khomeiny figurant dans un manuel scolaire iranien de 11e année est révélatrice à cet égard:

«J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde (c’est-à-dire les puissances infidèles) se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés.»

Dans ce contexte, l’équilibre de la terreur, la dissuasion qui fonctionna si bien pendant la guerre froide, n’a plus aucun sens. La fin des temps s’accompagnera de toute manière d’une destruction totale. Ce qui compte est la destination finale des morts – l’enfer pour les infidèles, le paradis pour les croyants. Pour des gens nourrissant un tel état d’esprit, le MAD n’est pas un empêchement, c’est un incitatif.

Comment affronter un ennemi animé d’une telle vision de la vie et de la mort? Certaines mesures de précaution immédiates sont possibles et nécessaires. À long terme, il semble que le meilleur et peut-être le seul espoir consiste à faire appel aux Musulmans – Iraniens, Arabes et autres – qui ne partagent pas ces sentiments et aspirations apocalyptiques et se sentent tout aussi menacés, et même bien davantage, que nous. Ils doivent être nombreux dans les pays de l’Islam, probablement même une majorité. Il est temps pour eux de sauver leur pays, leur société et leur religion, de la folie.

De l’indigence des grands médias occidentaux

Des gens font semblant d’être blessés, d’autres font semblant de s’occuper des premiers, des ambulanciers font semblant de les emmener, des tireurs simulent des échanges de coups de feu. Et des journalistes, du moins déclarés tels par les grandes agences du monde entier, font semblant d’y voir matière à illustrer l’actualité. Puis, des éditeurs et des diffuseurs font semblant d’informer leur public. Parfois avec la complicité du parlement entier, y compris les députés. Bienvenue à Pallywood, en Palestine.

Visiter: www.theaugeanstables.com | www.seconddraft.org/movies.php

La police dialogue avec les Musulmans — hallelujah

L’Office fédéral suisse de la police (fedpol) communique aujourd’hui qu’il a rencontré mercredi passé «plus de 30 représentantes et représentants des organisations musulmanes de Suisse». Je traduis:

Le thème central était la sécurité intérieure. Ce troisième volet du dialogue se serait déroulé dans un excellent esprit et aurait comporté des propositions très constructives (…).

Le communiqué n’indique pas quand les responsables de l’Office fédéral de la police ont rencontré les représentants du Christianisme, du Judaïsme, du Bouddhisme ou de la scientologie pour parler de sécurité intérieure. Peut-être que ces discussions-là n’ont pas été assez constructives ou que l’esprit n’était pas aussi délicieux qu’avec les Musulmans?

Une fois de plus, les Musulmans et Urs von Daeniken, le chef du Service d’analyse et de prévention, ont condamné l’amalgame souvent établi, à tort, entre la religion et la culture islamiques d’une part et l’extrémisme islamique et le terrorisme d’autre part.

C’est évident. D’ailleurs, il suffit d’écouter les terroristes et les extrémistes — ils se réclament clairement de l’exemple du prophète, du message coranique et de la charia, pas des Musulmans amateurs de dialogue avec les services de police non musulmans. Et l’Islam est bien entendu entièrement défini par les Musulmans amateurs de dialogue avec lesdits services de police, et certainement pas par l’exemple du prophète, le message clair au premier degré du Coran et l’interprétation unanime des juristes musulmans classiques.

La rencontre a permis de continuer de progresser vers l’objectif commun qui consiste à poursuivre le dialogue et à l’intensifier par des mesures concrètes.

Eh bien nous voilà renseignés.

Les souhaits des participants à la table ronde qui ne relevaient pas de la sécurité seront transmis par fedpol aux départements ou aux offices responsables.

J’espère que nos policiers ont également pensé à servir des boissons et des petits fours et à distribuer des bons cadeaux pour des massages et autres séjours en centres de bien-être.

Les rencontres devraient se poursuivre dans le même cadre, a-t-on appris. Il s’agira de continuer le dialogue, de réaliser des projets ou de discuter d’événements d’actualité.

C’est qu’il y en a, des choses à se dire, entre représentants d’organisations musulmanes et policiers.

Le coup d’envoi de ces échanges réguliers autour d’une table ronde a été donné en mars 2007. Le ministre de la justice de l’époque, Christoph Blocher, avait alors rencontré des représentantes et des représentants des organisations musulmanes. Une autre rencontre entre des représentants des Musulmans et des délégués de la Confédération s’est déroulée le 26 novembre 2007.

Ces échanges sont si rassurants. Ainsi, nous avons la garantie qu’aucune organisation musulmane importante ne va aller répandre les graines de l’extrémisme et du terrorisme dans notre pays et que les Musulmans suisses influents favoriseront simplement et pieusement la lecture et la récitation du Coran, la connaissance de la vie du prophète de l’Islam ainsi que, sans doute, l’étude de la pensée de ses grands philosophes modérés. Et tout ira pour le mieux.

Car, c’est bien connu, plus il y a de Musulmans pieux et pratiquants dans une communauté non musulmane, mieux les choses se passent, moins les jeunes sont extrémistes, moins les islamistes légaux peuvent se mouvoir à l’aise et trouver des soutiens pour faire appliquer la charia et plus les Musulmans en général se montrent compréhensifs pour les bases du système démocratique et antagonistes à la notion de suprématisme musulman. Tout cela est si évident.

La supercherie de France 2 en perspective

Au départ, il y a la supercherie coranique, qui sert de guide sanctifié de la criminalité et de permis de tuer pour des idées:

Coran 9:111-113

Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l’Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait: Et c’est là le très grand succès.

Ils sont ceux qui se repentent, qui adorent, qui louent, qui parcourent la terre (ou qui jeûnent), qui s’inclinent, qui se prosternent, qui commandent le convenable et interdisent le blâmable et qui observent les lois d’Allah… et fais bonne annonce aux croyants.

Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer.

Puis il y la supercherie d’Al-Aqsa, sorte de verrue spirituelle menaçante construite sur le Mont du Temple et où on peut lire, sur les parois (en arabe; traduction selon Bernard Lewis, Histoire du Moyen-Orient, p.80-81):

Loué soit Dieu qui n’engendre pas de fils et qui n’a pas de partenaire dans son royaume; qui n’a besoin de personne pour le protéger de l’humiliation; oui, exaltez-le pour sa grandeur et sa gloire!

Ô gens du livre! Ne dépassez pas la mesure dans votre religion; ne dites, sur Dieu, que la vérité. Oui, le Messie, Jésus, fils de Marie, est le prophète de Dieu… Croyez donc en Dieu et en ses prophètes. Ne dites pas: «Trois»; cessez de le faire, ce sera mieux pour vous. Dieu est unique! Gloire à lui! Comment aurait-il un fils?

Dieu témoigne et avec lui les anges et ceux qui sont doués d’intelligence: «Il n’y a de Dieu que lui; lui qui maintient la justice. Il n’y a de Dieu que lui, le Puissant, le Sage!» La religion, aux yeux de Dieu, est vraiment l’Islam… Quant à celui qui ne croit pas aux signes de Dieu, qu’il sache que Dieu est prompt dans ses comptes.»

Puis il y a les supercheries des dirigeants palestiniens (si bien vus en Suisse), manifestations modernes de l’intolérance musulmane fondamentale, dont voici juste un exemple:

Et puis enfin il y a la «petite» supercherie de France 2, le mensonge médiatique qui vient d’être reconnu pour ce qu’il est par un tribunal français:

C’est l’occasion de rappeler qu’il y a d’autres idées reçues qu’il devient urgent de mettre en lumière:

Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 22 mai 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5554

Des nouvelles de Turquie suggèrent que le gouvernement y met en chantier une vigoureuse réinterprétation de l’Islam.

Son ministère des affaires religieuses, curieusement nommé la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un «Projet Hadith» de trois ans dans le cadre duquel 162.000 hadiths doivent être révisés systématiquement et réduits à quelque 10.000, en vue de séparer l’Islam original des adjonctions qui y ont été apportées en 14 siècles.

Les recueils de hadiths contiennent des informations sur les paroles et les actes de Mahomet, le prophète de l’Islam. S’ajoutant au Coran, ils ont joué un rôle déterminant dans l’édification de la charia (loi islamique) et ont de ce fait exercé une profonde influence sur la vie musulmane. Malgré leur importance, les réformateurs musulmans ne leur ont consacré que peu d’attention en raison de leur volume, de leur nature encombrante et de la difficulté à distinguer entre les hadiths «valables» et «faibles».

L’un des 85 professeurs de théologie impliqués dans le projet, Ismail Hakki Unal, de l’université d’Ankara, explique l’objectif visé: «Le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Le site du projet indique que ces travaux constituent «un élément important de la diffusion du message universel du prophète de l’Islam au XXIe siècle».

Son directeur, Mehmet Görmez, ajoute que l’objectif est de nature académique et scientifique, qu’il s’agit de mieux comprendre les hadiths: «Nous allons réaliser une nouvelle compilation des hadiths et les réinterpréter si nécessaire.» D’une manière plus générale, dit Görmez, «le projet puise son inspiration dans les interprétations du courant moderniste de l’Islam. (…) Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.»

Cela implique, par exemple, de réinterpréter des hadiths qui «présentent les femmes comme des êtres inférieurs» tels que ceux qui encouragent l’excision, les crimes d’honneur et l’interdiction imposée aux femmes de voyager sans leur mari. L’un des participants, Hidayet Sevkatlı Tuksal, va jusqu’à déclarer certains hadiths falsifiés dès lors qu’ils visent à «instaurer la domination des hommes sur les femmes». Néanmoins et en dépit des intenses débats que la question du voile a suscité en Turquie, le projet évite d’aborder le sujet. Le droit des Musulmans à quitter leur religion est un autre thème très sensible – le projet prévoit d’autoriser de telles conversions.

Certains Turcs nourrissent de grands espoirs pour le Projet Hadith, qui devrait déboucher sur la publication, d’ici la fin de l’année, de plusieurs volumes en turc, arabe et russe. Taha Akyol, un commentateur politique, y voit le déroulement d’une révolution. «Dans d’autres pays, la réforme de l’Islam est imposée par des régimes despotiques ou modernistes, mais en Turquie nous assistons à une réforme réalisée par les classes moyennes. Et c’est cela, la vraie réforme.» Un autre commentateur, Mustafa Akyol, estime que les hadiths révisés «seront une étape vers un changement des mentalités».

Fadi Hakura, de Chatham House, va plus loin encore et parle du projet comme de «quelque chose d’apparenté à la Réformation chrétienne». Il se félicite que le projet soit parrainé par le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan. L’implication de l’AKP indiquerait que «ce mouvement de réforme n’est pas mis en œuvre par un groupe laïque, mais par le parti au pouvoir, qui est très religieux et conservateur. Nous avons donc ici un authentique processus de transformation interne.»

D’autres observateurs sont plus sceptiques. Hashim Hashimi, un ancien député, déclare par exemple: «Il existe des approches bien établies, depuis 1400 ans, de l’Islam et de la manière avec laquelle il doit être pratiqué. Et celles-ci ne sont pas près de changer.» Même le patron du ministère, Ali Bardakoğlu, admet que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes».

Que faire de cette initiative? Les efforts sérieux de modernisation de l’Islam, dont ce projet a l’apparence, sont extrêmement bienvenus. Mais en même temps, on doit s’interroger sur les motivations d’un gouvernement qui intervient ainsi dans le subtil et même subversif domaine des réformes religieuses. La nature islamiste de l’AKP, tout particulièrement, éveille le soupçon que le Projet Hadith se limitera à quelques questions sociales relativement bénignes et évitera les thèmes politiques plus ardus afin de dessiner un Islam plus défendable sur le plan idéologique tout en conservant certains de ses aspects plus problématiques. Le projet évite la question du voile – faut-il s’attendre à ce qu’il laisse de côté également les droits légaux de la femme, le mariage des Musulmanes avec des hommes non musulmans, la ribba (intérêt sur l’argent), le djihad, les droits des non-Musulmans et l’instauration d’un ordre islamique?

En limitant les sujets traités, le projet pourrait fort bien favoriser davantage l’islamisme qu’il ne modernisera l’Islam. Une réforme authentique exige d’authentiques réformateurs – pas des fonctionnaires islamistes, mais des personnalités indépendantes, modernes et décidées à aligner l’Islam sur les meilleures des mœurs de notre temps.

Notes du traducteur
Selon Fadi Hakura, l’un des experts cités ici, le Projet Hadith ambitionne aussi, apparemment dans un deuxième temps, d’abroger la théorie des abrogations (je traduis):

[Les théologiens de l'École d'Ankara] ont franchi un pas plus important encore, celui qui consiste à refuser une règle établie de longue date par les savants musulmans et selon laquelle les textes plus récents (et souvent plus conservateurs) abrogent et remplacent des textes plus anciens.

«Il faut les considérer touts dans leur ensemble», dit Fadi Hakura. «On ne peut pas dire, par exemple, que les versets violents supplantent les versets pacifiques. Ce type d’idéologie est très courant au Moyen-Orient.»

J’avais abordé cette idée si bizarre, selon laquelle, en somme, l’enchaînement des événements ne devrait pas jouer de rôle dans leur interprétation, dans un billet de février dernier:

La suppression de la théorie de l’abrogation, en revanche, est une simple supercherie. D’une part parce que le principe en repose sur des versets coraniques trop clairs (2:106, 16:101 et s.) pour qu’une interprétation d’intellectuels puisse en affecter vraiment le sens aux yeux des croyants (ou des juristes). Mais surtout parce que cette règle est purement normale et intuitive.

(…) Au début, à La Mecque, Mahomet insistait simplement sur l’unité de Dieu et se contentait de vagues menaces toutes théologiques à l’endroit des récalcitrants. Ensuite, à Médine, il devint chef de guerre, fit assassiner ses opposant(e)s politiques, pratiqua les exécutions de masse, utilisa la torture et les armes de destruction massive de l’époque et institua, avec le djihad, une véritable industrialisation de l’esclavagisme qui allait faire de l’Islam le plus grand producteur d’esclaves de l’histoire connue. Et bien sûr, les sourates du Coran sont à l’avenant, avec une concentration des chapitres les plus violents et haineux dans la deuxième partie du parcours prophétique.

La «réforme» consiste donc à ne pas tenir compte de l’évolution du prophète dans son contexte de l’époque et à traiter le Coran comme une source totalement indifférenciée, où chacun pourrait choisir les versets qui lui semblent les plus judicieux selon son humeur plutôt que selon la logique historique. Étant entendu que les bons Musulmans, dès lors, sont ceux qui se concentrent sur les versets (beaucoup plus clairsemés) exempts d’appels à la haine par trop juteux. (…)

Mais (…) rien n’empêchera le croyant, qui lira l’ensemble de l’oeuvre et en comprendra la chronologie, de s’inspirer de l’exemple du prophète, qui a commencé par exiger que tous révèrent son petit dieu unique à lui, puis s’est énervé devant le peu de succès de ses exhortations, s’est montré totalement intolérant, et, après avoir été chassé de sa propre communauté, s’est tout permis pour imposer sa vision des choses par la violence et la terreur. C’est là l’histoire même des communautés de Musulmans partout dans le monde.

Lire le tout. Il est évident que le gouvernement turc ne souhaite pas réformer l’Islam, mais seulement en redorer l’image, ce qui s’assimile à du prosélytisme, ce qu’on appelle la Dawa entre initiés. Et il fait face dans ce domaine à une forte concurrence.

Oslo: trois fois plus de viols qu’en Suisse. Pourquoi?

Les viols d’Oslo sont inquiétants depuis plusieurs années déjà. En l’an 2000, on y recensait 111 condamnations pour viol, dont 65% étaient le fait d’individus d’origine étrangère. En 2006, le personnel hospitalier parlait de doublement en dix ans. Et l’an dernier, ce total avait atteint 161 viols et 35 tentatives (196 cas, dont un grand nombre de viols en groupe), avec un pourcentage d’auteurs d’origine non norvégienne supérieur à 70%, alors que ces derniers composent quelque 20% des près de 700.000 habitants (Robert 2006) de la ville. Ces gens d’origine étrangère viennent essentiellement (larges communautés) des pays suivants: Pakistan, Sri Lanka,  ex-Yougoslavie, Vietnam, Philippines, Turquie, Somalie, Irak, Maroc.

Il vaut la peine de faire une comparaison avec la Suisse, qui offre des conditions de vie comparables, dans un milieu également européen et multilingue (Norvège: bokmal, nynorsk, anglais; Suisse: allemand, français, italien, romanche), compte dix fois plus d’habitants (7,5 millions) et un peu plus de 21% d’étrangers, mais d’origines différentes, plus européennes (dans l’ordre d’importance, en 2004: Italie, Serbie-Monténégro, Portugal, Allemagne,  Turquie, Espagne, France, Macédoine, Bosnie, Croatie, Autriche) et dont les nombres de viols recensés peuvent être consultés dans la statistique policière de la criminalité. J’indique ci-après le total des cas (viols + tentatives), le nombre commis par des auteurs identifiés et, parmi ceux-ci, le nombre, puis le pourcentage d’étrangers, de 2002 à 2006. Ce dernier pourcentage varie fortement (de 61,73% à 85,55%), car il contient un élément très aléatoire: il ne prend en compte que les cas élucidés.

2002: 484 cas, dont 372 élucidés, dont 254 commis par des étrangers (68,28%)
2003: 547 cas, dont 405 élucidés, dont 250 commis par des étrangers (61,73%)
2004: 573 cas, dont 404 élucidés, dont 259 commis par des étrangers (64,1%)
2005: 646 cas, dont 353 élucidés, dont 302 commis par des étrangers (85,55%)
2006: 639 cas, dont 486 élucidés, dont 309 commis par des étrangers (63,58%)

Il faut préciser ici que ces statistiques réunissent des indications peu harmonisées entre les différentes sources et ne peuvent guère indiquer valablement que des tendances très générales. Mais tout de même, entre 2002 et 2006, en cinq ans, le nombre de cas de viols en Suisse a progressé de 32% (alors que la population n’augmentait que de 2,6%), ce qui est alarmant, même si l’on considère qu’une partie de cette progression est à mettre au crédit d’une tendance accrue à signaler ces cas à la police. Il faut bien sûr aussi relever que le nombre total a connu un fléchissement entre 2005 et 2006, quoique cette évolution ne soit pas confirmée par l’évolution des cas élucidés. 

Mais si la Suisse devait atteindre le taux de viols de l’an dernier à Oslo (soit 28 cas par an et par 100.000 habitants), ce sont quelque 2100 viols qui y seraient perpétrés chaque année, soit plus de trois fois plus qu’aujourd’hui et plus de quatre fois plus qu’en 2002.

Pourquoi une fréquence de viols si élevée à Oslo? Plusieurs observateurs pointent l’Islam du doigt. L’an dernier, constatant que les étrangers étaient six fois plus souvent impliqués dans des affaires de viol que les Norvégiens et que l’origine musulmane semblait dominer parmi les violeurs, une commission chargée d’enquêter sur le problème proposa de faire intervenir les imams auprès de la population musulmane. Récemment des Musulmans norvégiens affirmèrent avec force que la fréquence des viols serait due au comportement insouciant ou provoquant des jeunes filles norvégiennes, par opposition aux Musulmanes. De fait, 80% des victimes de viol sont des femmes norvégiennes. Dans ce contexte, des analystes évoquent même une guerre mi-ethnique mi-religieuse des Musulmans

C’est que la religion islamique a de quoi inspirer des comportements de ce type. Pour violer une femme, il faut la mépriser et le Coran regorge littéralement de malédictions envers les gens qui n’ont pas leur foi (plus d’explications), ce qui incite certainement certains croyants musulmans à mépriser les femmes occidentales. Comme d’autre part, la religion islamique entérine la pratique de l’esclavage des non-croyants (jusqu’à en faire un pilier de son activité économique) et autorise le sexe avec les femmes esclaves, il est possible de s’attendre à ce que les gens qui puisent dans cette religion les bases de leur moralité y trouvent aussi des impulsions et une justification à traiter les femmes occidentales comme de purs objets sexuels.

Des affaires traitées en justice ou dans les médias ont permis de mettre au jour de tels sentiments liés au style de vie islamique, s’exprimant par des viols humiliants à caractère religieux et largement, quoiqu’indirectement, soutenus par des imams. Voir notamment le terrible récit des vagues de viols racistes à Sydney, qui réunit tous ces composants.

En l’état, ce ne sont là bien sûr que des hypothèses, sans preuves définitives. Mais le poids des indices devrait, dans un monde authentiquement libre et moderne, largement suffire à justifier des enquêtes sans complaisance à ce propos. Il faut étendre les statistiques jusqu’à inclure les sources de la morale et des motivations des violeurs, il faut établir avec la meilleure certitude possible l’impact de la foi islamique en la matière et observer si les cas de viols dans notre pays peuvent ainsi être valablement corrélés et expliqués. Systématiquement. Afin de les prévenir.

Nous devons faire la lumière. Nous le devons à toutes les victimes, passées et futures, de cet acte abject qu’est le viol, mais aussi à tous les étrangers sur qui ces statistiques criminelles indifférenciées font peser un soupçon trop vague pour être juste.

«Les Musulmans ne votent que pour Allah»

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Bienvenue dans l’avenir de l’Europe. L’«infime minorité» de Musulmans extrémistes (et encore, ils ne font que vouer tous les politiciens non musulmans aux gémonies — dans un sondage, ils ne passeraient même pas pour des extrémistes…) est ici à l’oeuvre en Grande-Bretagne.

Un énergumène vocifère au haut-parleur, parmi une foule de Musulmans (vêtements traditionnels), que seuls des infidèles peuvent voter pour des infidèles (il utilise un terme arabe péjoratif), que les Musulmans ne votent que pour la chahada (il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est son messager). Tous les politiciens infidèles sont voués à l’enfer. Qu’ils aillent tous en enfer. Etc. Un policier le prie de cesser en lui faisant observer qu’il commet là un délit (manifestation non autorisée, je suppose). Il s’obstine. Les policiers arrêtent sa voiture. Les occupants en descendent et, avec la foule, entourent les policiers (qui n’ont pas d’armes à feu) d’un air menaçant.

Ces fanatiques sont simplement habités par le message du Coran et l’exemple du prophète, qu’ils ont trouvé dans les textes qui accompagnent inévitablement toute présence du culte musulman. Ils font partie du paysage islamique normal.

Et pour l’instant, voici la réponse de l’Europe officielle (tongue in cheek):

UPDATE: Voici une version française, grâce aux bons soins de bivouac-id.com:

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