Condensé des premières réactions critiques à la proposition d'Initiative populaire fédérale pour des religions au service du peuple
Est-il bien nécessaire, ou sage, de créer un rempart à l'Islam? Cette religion est le choix de centaines de millions de gens dans le monde, pourquoi intervenir, pourquoi ne pas laisser les choses se faire d'elles-mêmes?
L'initiative n'a rien à objecter ni à la religiosité en elle-même, ni aux piliers de la foi musulmane traditionnelle, ni à l'esprit de tolérance qui inspire l'objection en question. Elle tient à garantir la possibilité de choisir en connaissance de cause, ce qui n'est pas le cas actuellement.
L'Islam dit être la dernière religion, la perfection en la matière, et attaque sévèrement les autres religions, dans la lettre même de ses textes fondamentaux, les accusant de constituer des polythéismes coupables.
Il y a là un conflit fondamental avec la notion de tolérance: accepter l'Islam au nom de la tolérance revient à tolérer la condamnation des autres religions, ce qui est déraisonnable.
Certes, il doit rester légitime de choisir l'Islam pour sa religion au nom de la liberté de conscience, mais alors que ce soit clair: cette décision revient à qualifier toutes les autres religions, notamment judéo-chrétiennes, de tromperies, de théories mécréantes.
Une telle décision revêt une importance extrême et doit faire l'objet d'un large débat. L'Initiative pour des religions au service du peuple veut lancer ce débat et propose d'en laisser le dernier mot au Peuple.
Il s'agit ici de donner l'occasion aux religions représentées dans notre pays de défendre leurs valeurs, leurs principes, leurs idéaux, dans le cadre d'une campagne dont l'enjeu est leur survie sur le plan social. Et cela nous amène à la deuxième objection la plus fréquemment exprimée:
L'Initiative aurait pour conséquence de remettre en question la légitimité d'Églises aujourd'hui reconnues. Ces communautés n'ont pas intérêt à soutenir un projet qui risquerait de les priver de reconnaissance officielle.
À cet égard, l'initiative ne fait qu'anticiper une situation qui se dessine toujours plus clairement, et une action précoce, telle que celle déclenchée par l'Initiative pour des religions au service du peuple, donnerait très probablement aux Églises en question de meilleures chances de perdurer.
En Suisse comme partout en Europe, seule l'immigration permet de maintenir la population à un niveau et à un âge suffisants pour assurer la pérennité des activités socioéconomiques. Or, la religion islamique domine nettement parmi les candidats à l'immigration dans les pays européens. Et si la religion est un libre choix dans nos pays, elle est obligatoire dans l'Islam (où l'apostasie est passible de la peine de mort). Il n'est aucun exemple de pays où l'Islam s'est imposé sans exclure, chasser, brimer ou assujettir les membres d'autres religions, ce qui conduit systématiquement à la marginalisation de ces dernières.
La question peut être débattue de savoir si les conséquences historiques de l'islamisation sont inhérentes à la religion islamique ou seulement à certaines de ses franges extrémistes, ou politisées. Dans le cœur des croyants, le fondamentalisme islamique ne va pas forcément de pair avec l'aspiration à un islam politique dominateur. L'on peut être un Musulman fervent et tolérant.
Mais le fait reste que l'effet social d'une forte présence islamique a pour corollaire l'exclusion des autres religions. L'Initiative pour des religions au service du peuple souhaite prévenir cet effet en ancrant dans la Constitution une relation directe entre la liberté de conscience et la reconnaissance des communautés religieuses: l'Initiative oblige l'État à protéger les Églises que le Peuple dit approuver, dans le secret des urnes.
Ainsi, plus tôt le débat comparatif, semble-t-il inévitable, entre l'Islam et les Églises judéo-chrétiennes, sera engagé, meilleures seront les chances de ces dernières. Et il est dans sans doute dans l'intérêt de tous qu'un tel débat puisse se dérouler dans un climat empreint de calme et de recueillement. Quel autre pays que la Suisse s'y prêterait mieux?
La troisième objection la plus largement exprimée à ce stade est apparentée à ce dernier point:
Le projet a plusieurs décennies de retard. L'Islam est déjà trop présent en Europe, en Eurabie. Il n'y a plus rien à faire à ce niveau. Il faut au contraire tenter de promouvoir la tolérance, la compréhension, l'accueil, l'adaptation. Il faut faciliter la progression de l'Islam en Europe afin d'en désamorcer les tendances violentes et de favoriser une rencontre pacifique et mutuellement profitable. Il faut vanter les mérites spirituels, philosophiques de l'Islam, afin de faire pencher la balance vers une version progressiste et pacifique de cette religion.
Parlons-en. Organisons un grand débat public sur les mérites comparatifs de l'Islam. Donnons la parole aux experts, vulgarisons les connaissances historiques, philologiques dont nous disposons. Après tout, il s'agit de notre avenir, et de celui de nos enfants. Il est crucial de prendre de bonnes décisions en la matière. Et peut-on prendre de bonnes décisions sans une information et une discussion approfondies? L'Initiative pour des religions au service du peuple tente précisément de réunir les conditions nécessaires à l'instauration d'un tel débat. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.