« Criminels ou djihadistes? | Main | La luxure »

La rancœur

Après la bataille de Badr, les Mecquois prirent leur revanche à Uhud, tuant à leur tour quelques dizaines de Musulmans. Mais ils ne s'acharnèrent pas, et laissèrent Mahomet, blessé au visage, s'échapper.

La sourate que le prophète concocta pour l'occasion, la troisième, est l'une des plus longues du Coran, qui les classe dans l'ordre de taille décroissant.

C'est aussi l'une des plus susceptibles de motiver un certain terrorisme. En effet, son contenu, lié au sentiment de défaite et de fatalisme qui en émane, constitue un puits de certitudes funestes pour des jeunes gens dépressifs ou aux prises avec un échec, tels que Raed Mansour Al-Banna ou Hasan Rafat Ahmed Bashandi.

D'abord (7e v.), Mahomet affirme ici que le Coran contient des versets sans équivoque et d'autres qui peuvent prêter à interprétation, et il ajoute que seuls les gens inclinés à l'égarement tentent d'interpréter les versets équivoques.

Les esprits immatures ou peu vigilants sont donc incités à s'attacher aux messages les plus évidents. Or, malgré son titre – Al-Imran – rappelant la famille de Jésus (en fait, le Coran nomme «Imran» tant le père de Marie, Joachim, que celui de Moïse, Amram), les plus clairs des 200 versets de la troisième sourate sont tout simplement lugubres.

Mahomet y dit à maintes reprises et sur divers tons qu'il n'est point de pardon pour les mécréants, qu'ils brûleront en enfer à jamais.

Il prétend qu'Abraham était en fait un Musulman, il maudit les gens du livre, traitres à la révélation divine, au nom d'Allah, des anges et de tous les êtres humains, les voue aux gémonies, pour l'éternité, sans répit, promet que leur repentir ne sera jamais accepté, que leurs fautes ne seront pas rachetées, que personne ne viendra à leur secours.

Il exhorte les Musulmans à rester entre eux, toujours, à ne rien partager avec les incroyants.

Il dit que la mort de chacun est prédestinée, qu'elle dépend de la permission d'Allah, de même que l'acte de tuer. Il affirme que ceux qui reculent devant le combat sont inspirés par le diable, alors que ceux qui y meurent méritent les bienfaits d'Allah, que ce sont eux, en vérité, les vivants authentiques.

Et de conclure:

Ô croyants! Soyez endurants. Incitez-vous à l'endurance. Luttez constamment (contre l'ennemi) et craignez Allah, afin que vous réussissiez!

Que fait un être sans convictions profondes qui se sent appelé par la foi en lisant, ou en entendant ceci, dans le silence de sa conscience? S'il est un bon croyant, il s'en va mourir au combat. Contre les mécréants.

Il y aurait sans doute mieux à suggérer à de jeunes gens désorientés. Non?

retour au site